Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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Enfants et famille

sans papier ;

considérations générales.

* biographie et recueil de publications scientifiques du professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.

Jean-Yves Hayez
a le plaisir de vous proposer




Enfants et familles sans papier ; considérations générales.



Mon identité de psychiatre d'enfants et d'adolescents m'amène à m'occuper centralement de mineurs d'âge. C'est d'eux dont je vais parler ; lorsqu'ils sont sans papier. N'en déduisez néanmoins pas que je considère leur sort plus digne d'intérêt que celui des adultes sans papier : il ne saurait y avoir de prise de position éthique ni de justice sociale à deux vitesses, en fonction de l'âge des personnes concernées.

Dans ce texte, je recours à la qualification " sans papiers " parce qu'elle est très parlante même si elle n'est pas strictement exacte sur le plan administratif à chaque étape du processus. Il désigne les mineurs d'âge ou/et leurs familles, fuyant la pauvreté ou/et la persécution dans leur propre pays et émigrant chez nous avec au mieux l'espoir d'y être officiellement accueillis et pire celui de gagner du temps et d'y survivre vaille que vaille dans l'illégalité pour une période indéterminable. On sait ce qu'il en advient : un petit nombre finit par être régularisé, le plus souvent au terme d'un parcours du combattant très éprouvant. Beaucoup se trouvent en période d'attente longue et incertaine de cette hypothétique régularisation, dans des centres ouverts ou ailleurs ; d'autres nombreux aussi vivent dans l'illégalité au vu et su de la communautéé, espéérant que lé'éépée de Damoclès de l'obligation de quitter le territoire ne leur tombera pas trop vite dessus ; d'autres - encore nombreux - vivent céachés dans la clandestéinité : quelques-uns sont éparqués dans les centreés fermés,é capturés dèès leur tentativée d'entrée en Belgique ou au terme de leur claéndestinité, sur base de critèères qui, vus de loin, ont l'aéir bien aléatoires puisqu'il s'agit fondamentalemeént d'une opération de marketing pour rassurer l'opinion publique sur la vigilance éet la fermeté du gouvernement ; beaucoup enfin finissent paér êêtre expulsés, dans un contexte de pseudo-soumission ou de violence, individuellement ou collectivement.

Pour décrire ces enfants sans papiers, je distinguerai schématiquement quatre situations :

I. les familles en attente d'une hypothétique régularisation de leur statut.

II. les familles vivant dans l'illégalité voire la clandestinité,

III. les familles parquées en centres fermés,

IV. les mineurs d'âge non accompagnés.

I. LES FAMILLES EN ATTENTE D'UNE HYPOTHETIQUE REGULARISATION DE LEUR STATUT.

1. Bien avant la sortie " définitive " de leur pays d'origine, les enfants de ces familles vivent très souvent dans des conditions matérielles et humaines éprouvantes :

* Pauvreté ; manque d'une partie des approvisionnements matériels et spirituels nécessaires à une bonne croissance ; indisponibilité relative des parents, pris dans le struggle for live, et obligation faite aux enfants de participer aux processus de survie, etc ...

* Ou/et persécution plus ou moins intensive de la famille : l'enfant est à tout moment le témoin impuissant des humiliations faites à ses parents voire des agressions qu'ils subissent : il " participe " à l'ambiance d'insécurité parfois violente dans lesquelles baigne sa famille.

S'ensuit, un jour, le départ du pays parfois sous forme de fuite avec obligation de se cacher ; une arrivée rapide dans la " terre d'asile " est loin d'être la règle : plus souvent, il y a errance d'un pays à l'autre et voyages dans des conditions parfois dantesques. L'insécurité vécue par tous et particulièrement par les enfants monte donc de quelques crans : néanmoins, au fur et à mesure, qu'ils grandissent, ces derniers apprennent souvent à n'en trop rien montrer : nous y reviendrons bientôt.

A l'occasion du grand départ, ces enfants vivent un premier et cruel déracinement : perte de leurs amis, de visages familiers, de leur famille élargie ... ; perte des objets et du territoire spatial auquel ils étaient attachés ... perte de leur culture ... toutes pertes parfois inattendues et brutales, et souvent sans l'espoir de retrouvailles : matériellement parlant, tout s'efface brutalement et définitivement.

2. Hélas, ce contexte relationnel défavorable ne disparaît pas totalement, loin de là, avec l'entrée de ces familles sur notre sol national.

Alors qu'une société riche et cultivée comme la nôtre devrait veiller activement à redonner la plénitude de leurs droits à ces enfants ( ... et à leurs parents ), on constate que cette attitude d'accueil et de justice désintéressés n'est le fait que de minorité. Les pouvoirs on place eux, sont des plus frileux et la majorité de la communauté fait la politique de l'autruche. Et donc, ces déracinés continuent à vivre des expériences matérielles ou psychologiques négatives ; analogues ou identiques à ce qu'ils vivaient dans leurs pays d'origine.

* Les familles sans papier ne reçoivent pas les marques de respect destinées aux êtres que l'on estime, elles passent souvent pour qualité négligeable, enlisées dans l'inertie d'une bureaucratie dont on se garde de leur expliquer les subtilités ... quand elles ne sont pas directement l'objet de vexations et d'humiliations.

Ces attitudes qui pèsent sur les parents rejaillissent sur les enfants et sont à l'origine de tenaces sentiments d'infériorité. Elles empêchent ainsi que naisse ou se développe le désir de s'intégrer dans une société " d'accueil ", vécue comme si malveillante : il s'ensuit notamment des difficultés scolaires ( p. ex : des difficultés d'apprendre et de manier la langue du pays réceptionnaire ). D'autres accumulent en eux une base d'abord bien rentrée, mais qui s'extériorisera plus tard dans la vie lors de l'adolescence.

* Les familles sans papiers en attente de régularisation, continuent à vivre dans l'insécurité : de quoi sera fait l'avenir ? Accueillis ou expulsés ? Comment se débrouiller matériellement, même petitement ? Celui qui nous parle, est-ce un vrai allié ou cherche-t-il à nous tromper, etc. Cette insécurité vécue par les familles rejaillit aussi sur les enfants : ceux-ci s'en retrouvent davantage sur le qui-vive, moins détendus, moins créatifs, moins fantaisistes que la moyenne des enfants de leur âge. Pire encore, ils continuent à ne pas se donner le droit de manifester leurs propres pensées, images et questions angoissées et de communiquer à ce sujet avec leurs parents. Ils essaient souvent, comme ils le peuvent, d'épargner de nouveaux soucis à ceux-ci et de se montrer solidaires avec les besoins de survie de la famille ( enfants " parentifiés " ).

Retenir et soi l'angoisse n'est néanmoins pas un procédé très protecteur de la santé mentale ( par ex. : décomposition psychologique à moyen terme ; à plus court terme, difficultés de concentration et instabilité, etc ...

* Les familles continuent à vivre dans des conditions matérielles précaires ; les nombreux soucis qui assaillent les parents et les nécessités économiques qui les accaparent, entraînent qu'ils sont émotionnellement moins sereins et moins disponibles pour l'éducation que la moyenne des parents. Les enfants ont moins d'occasion de faire des expériences de vie diversifiées ; les besoins d'intimité ne sont pas non plus toujours bien rencontrés ( par ex. : vie en centre collectif ouvert ).

Les conséquences sur l'épanouissement des potentialités positives de l'enfant ne sont pas spécifiques : on les retrouve chez tous les enfants des familles pauvres, elles tournent autour du manque relatif de stimulation du langage et d'autres schémas cognitifs, du manque d'occasions expérientielles proposées aux enfants, et des agressions répétées de leur territoire interne par de nombreux stress ( promiscuité, tensions, ...) qui empêchent d'élaborer sereinement leur projet de vie.

* Enfin, déjà dans cette première catégorie de situations de " simple " attente, l'enfant fait l'expérience que les lois et les règles qui régissent la vie en société n'ont pas la même juste sollicitude pour tout le monde. Théoriquement, les droits de l'homme sont universels et doivent être universellement protégés par ces lois et ces règles, au service de chacun ( qui reçoit une attention juste et égale aux autres ) et du groupe ( dont la convivialité est garantie).

Ici pourtant, en vivant avec ses parents le destin si aléatoire de sa famille et en observant les interactions de la société " d'accueil " avec elle, l'enfant fait surtout l'expérience de l'arbitraire et de la toute-puissance de certains et majoritairement des pouvoirs officiels en place.

Que lui importe, à lui, le cynique adage : " On ne peut pas soigner toute la misère du monde " s'il vit au quotidien que sa famille est traitée d'une manière radicalement différente de celle de ses condisciples ou camarades de rue !

Face à cette expérience de l'arbitraire, certains enfants s'étiolent et s'écrasent, et se soumettent de l'intérieur : les voici partis pour assumer des rôles sociaux passifs, d'assistés ou d'exécutants sans créativité ; ils croient de moins en moins en la valeur de leurs droits, en la force de leurs paroles, en l'intérêt pour eux et pour les autres de leurs idées et compétences les plus originales. Tout au plus risquent-ils par-ci par-là un petit message, une petite arnaque, pour échapper aux frustrations les plus criantes ... Rien à côté du professionnalisme de la KBLux, et pourtant s'ils sont pris sur le fait, on en profitera pour discriminer tous les étrangers " tous menteurs et filous ".

D'autres bien moins nombreux, développent une agressivité à l'instar de l'arbitraire qu'on leur destine ; agressivité qui se manifeste surtout à l'entrée de l'adolescence via des comportements de transgression et de délinquance. S'ils sont pris sur le fait, eux aussi, nous nous garderons bien de mettre en question notre responsabilité dans la genèse de leurs comportements ...


II. ET SI UNE FAMILLE SANS PAPIERS, DONT LA REGULARISATION A ETE REFUSEE, VIT DANS L'ILLEGALITE VOIRE LA CLANDESTINITE ?

Les facteurs que nous venons d'évoquer à propos des familles " simplement en attente " continuent à opérer avec davantage d'intensité l'expérience de l'humiliation, de l'insécurité, de la précarité et de l'arbitraire social.

* Comme leurs parents n'ont plus de moyens officiels d'assurer leur subsistance matérielle, c'est le plus souvent la nécessité et le règne de la débrouille et du travail en noir. Les conditions pénibles de celui-ci et l'irrégularité des rentrées financières accroissent encore l'insécurité et l'indisponibilité des parents. C'est ici par exemple que l'on voit de tout petits enfants accompagner leur maman mendiante sans guère de stimulation au fur et à mesure que passe la journée : couchés sur quelques chiffons sur le pas de la porte de nos grands magasins, ou somnolant dans le giron de leur mère, ils peuvent s'imprégner à longueur de temps de combien ils sont quantité négligeable, des comportements de quémande de leur mère, et des rebuffades qu'elle subit, ou de la pitié de quelques-uns comme signes les plus répétitifs des rapports sociaux qui leur sont destinés.

D'autres enfants, plus grands, participent directement à l'activité de mendicité : réfléchit-on assez aux dégâts psychiques qui s'ensuivent ? Comment un enfant peut-il vivre ce fait de devoir tendre la main et d'avoir à apitoyer pour survivre ? Comment peut-il garder confiance en la richesse humaine qui est en lui ? Comment peut-il continuer à se sentir l'égal des autres ? N'est-il pas inévitable que s'accumule en lui une charge de honte et d'infériorité, ou - au mieux - de haine rentrée et de désir de tromper ?

* La famille, ici concernée, témoigne au quotidien de sa capacité de transgresser les lois au moins dans certains domaines. Il reste rare qu'elle devienne franchement et gravement délinquante, mais pour les petites choses de la vie, elle se doit de tromper l'Etat pour survivre dans l'incertitude et la précarité.

* Quelle leçon de vie en tirent les enfants ? S'identifient-ils à cette dimension de fonctionnement de leurs parents ? En acquièrent- ils eux aussi un style de vie roublard et peu fiable ? Mais si c'est imité à une partie de leurs rapports humains, face aux forts et aux nantis, est-ce négatif ou est-ce une preuve de leur résilience ? Ne pas se laisser abattre par l'arbitraire, n'est-ce pas ici un signe de bonne santé mentale ? Oui, peut-être ... mais apprennent-ils à faire la part des choses ? Et plus fondamentalement, n'est-ce pas dommage de devoir construire une partie des rapports sociaux sur la force et la ruse, plutôt que de partager dans la justice et l'authenticité ?

* En principe, et même dans ce contexte d'illégalité, l'Etat belge, qui ne manque pas de paradoxes, voudrait maintenir et garantir un accès des personnes concernées à des équipements sociaux " basiques " : droit à l'éducation, à la médecine préventive ( ONE ) ou aux soins ... en constituent ici les principaux.

En ce qui concerne le droit maintenu pour les mineurs à l'éducation scolaire, il faut être conscient que, si un certain nombre de parents en font usage, portés par le désir de donner le meilleur à leurs enfants, ce n'est jamais sans avoir le coeur chargé d'angoisse ... en effet, quelles que soient les promesses faites par les autorités compétentes dans ce champ social de l'éducation, l'accueil sur place des enfants, école par école, reste inégal et surtout, les conflits de compétence étant ce qu'ils sont, il arrive encore de loin en loin, que des gendarmes viennent retirer sauvagement d'une école un enfant ou un adolescent, même s'il y était intégré depuis 3, 4 ans ... Même si de tels faits deviennent rares, ils existent encore et constituent des symboles et des raisons pour que les familles - et leurs enfants - doutent profondément de notre vraie justice sociale.


III. ET LES FAMILLES PARQUEES EN CENTRE FERMES ?

Cette éventualité,la plus lourde et la plus inacceptable, concerne régulièrement des enfants : ils sont parfois très jeunes, aux côtés d'une maman seule ; parfois c'est une famille complète : la durée de leur séjour est variable, mais a déjà atteint plusieurs mois.

Jusqu'en août 1999, ces enfants étaient abandonnés à leur sort sans sollicitation particulière, avec un bout de terrain vague entouré de barbelés pour taper la balle et en prime, un avion qui décolle toutes les soixante secondes à leurs oreilles. Après, sous la pression des organismes de lutte pour les droits de l'homme et de l'opinion publique, leur sort matériel s'est amélioré : quelques jouets, de l'instruction ... jusqu'à des invitations par les autorités communautaires pour qu'ils puissent bénéficier d'un enseignement à l'extérieur du centre.

Que l'on n'en retrouve néanmoins pas trop vite la douce certitude du devoir positif accompli ! En effet, ces mesures sociales d'amélioration de leur vie quotidienne comportent le grand risque d'assoupir les consciences, comme si le nécessaire avait été fait ! Comme si, maintenant, on avait le droit de se soumettre à ce qui est scandale de l'enfermement d'innocents enfants et adultes, sans décision ni contrôle judiciaire, pour seul délit la couleur de peau ! A quoi sert d'avoir mis sur pied tant de nobles structures, de délégués généraux aux droits de l'enfant jusqu'aux juges de la Jeunesse, à quoi sert d'avoir délégué au pouvoir des partis qui se disent progressistes s'ils disent ne savoir rien faire pour empêcher cette atteinte aux droits de l'homme ? Ce n'est en tout cas pas à partir de mesures qu'ils prennent pour améliorer le quotidien des familles enfermées qu'ils doivent regagner le plus profond de notre accord et de notre estime.

* Dans ces centres fermés, inévitablement le stress, la révolte d'adultes désespérés et qui n'ont plus rien à perdre, les germes de violence sont bien plus élevés que partout ailleurs tout comme l'est aussi la marque de territoire personnel de vie et d'intimité.

Et donc le vécu d'insécurité des enfants est bien plus élevé, lui aussi ; n'y sont-ils pas régulièrement exposés, par exemple, à des expériences effrayantes comme : mutinerie, bagarres physiques, violences sexuelles, désespoirs bruyants des parents ... Expériences effrayantes génératrices de syndrome de stress post-traumatique qui peuvent être intenses et de longue durée.

* Mais surtout, l'expérience de l'injustice et de la toute-puissance arbitraire de l'Etat atteint ici son paroxysme. L'enfant doit assimiler l'incompréhensible, c'est-à-dire le fait qu'il est mis en prison, lui et ses parents, sans avoir rien fait de mal : à cela s'ajoute que les critères et les procédures de sortie sont aussi illogiques que ceux d'entrée. Pas de chance à l'entrée et pour la sortie, c'est aussi bien la roulette russe !

Comment n'en résulterait-il pas un sentiment d'infériorité et un désespoir radicaux ? Avoir cinq ans et vivre en prison, sans indication de durée, sans que papa et maman puissent expliquer ou faire quelque chose ... devoir réintégrer la prison après quelques heures de classe " offertes par la communauté française " ... passer indéfiniment du chaud au froid, sans mot possible pour donner un sens ...

Comment n'en résulterait-il pas d'importants troubles de l'image et de l'estime de soi ... et un doute sur la valeur des parents et de la famille ? " Qui suis-je ? Qu'ai-je fait de mal pour mériter cela ? Où sont mes fautes et celles de mes parents ? ".

Comment n'en résulterait-il pas une appréciation erronée et pessimiste sur ce qui est permis et défendu et, plus radicalement, sur ce qui est Bien et Mal ... jusqu'à se sentir coupable de porter son nom, d'avoir son histoire et la couleur de sa peau !

IV. ET LES MINEURS NON ACCOMPAGNES ?

J'évoquerai seulement les mineurs entrés en terre belge avant l'âge de seize ans (3). Comme pour tous les sans-papiers, il est rare qu'ils y arrivent en dehors d'une histoire de vie éprouvante : familles éclatées, morts violentes, persécution subie par leurs parents, ... ou " au mieux ", misère, ...

Face à quoi d'emblée ou progressivement, ils font preuve de cette qualité d'être chevillée au cours d'une partie des situations que les psychologues viennent de redécouvrir, et que l'on appelle la résilience.

Résilience : capacité à rester debout sur les cadres de l'adversité et même, à puiser en elles l'énergie nécessaire à une vie psychique ( et peut-être même physique vigoureuse ). Capacité à se débrouiller seul, à ne pas avoir besoin de l'aide des autres dans des environnements indifférents et hostiles.

Peut-on se réjouir de l'existence et de la vigueur de la résilience de certains ? Oui, sans doute, et même l'admirer, mais seulement jusqu'à un certain point, car il y a un prix à payer : l'enfant résiliant, qui a vécu et continue à vivre dans un environnement dur, apprend à se méfier, à ne plus faire part de ses idées et de ses sentiments, à ne plus s'abandonner dans un lien intime. Il apprend à esquiver, à tromper son monde. Il est perpétuellement sur le qui-vive, ne sait plus se récréer, ne se reposer ... Il retrouve en lui quelque chose de l'animal sauvage et devient hypervigilant dans un monde hostile.

Mieux vaudrait donc que, tout en saluant au passage la force intérieure et la capacité d'autonomie de cet enfant résiliant, on lui offre à nouveau un environnement amical et accueillant qui lui donne la possibilité de se laisser aller parfois, de partager et de recevoir présence, aide et amitié (4).

Est-ce bien ainsi que nous fonctionnons à propos des mineurs non accompagnés ? Constituons- nous vraiment cette terre d'accueil sur laquelle ils pourraient enfin se reposer  ?

Jusqu'il y a peu, à leur arrivée, ils ne faisaient l'objet d'aucune considération spéciale à l'office des étrangers ... Aujourd'hui, la ligue des droits de l'homme, le délégué général aux droits de l'enfant, certains mandataires politiques s'émeuvent à leur sujet, et il circule des projets de loi qui garantissent mieux leur dignité et la protection de leurs droits ... pendant qu'ils conservent le statut de mineurs. Mais seront- ils votés un jour ?

Les autorités fédérales, en concertation avec des communautés, ont l'air de commencer enfin à réaliser qu'il est particulièrement scandaleux de les parquer en centres fermés, et l'on parle d'aménager à leur intention l'un ou l'autre centre ouvert (5) spécifique.

Très bien. Ou, plus exactement, c'est mieux que rien !

Il est néanmoins injustifié de se donner bonne conscience, une fois encore si ces mesures s'arrêtent à la fin de la majorité. Comme il est illusoire d'imaginer que l'on ramènera la paix intérieure et la confiance en l'être humain dans le psychisme de ces mineurs, s'ils savent que d'éventuelles mesures " davantage humaines " ne constituent qu'un sursis ... et que, juste après la majorité, ce sera le retour dans leur pays d'origine s'ils ne correspondent pas aux conditions les plus restrictives de la convention de Genève.

Ne serait-il pas éthique alors de prendre, radicalement, en considération les grands sacrifices qu'ils ont faits en se coupant de leur famille et de leur culture d'origine ? Sur cette base, pour cause de courage, ne serait-il plus humain de leur accorder l'aide et de leur rendre de la sorte confiance dans l'accueil de l'homme par l'homme ?



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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 

Création le 12 mars 2004.
Dernière mise à jour le dimanche 04 avril 2010.
Issu du site l'Observatoire citoyen
DS.ds


 


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... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 
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Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







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Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )

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La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez

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