Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez

Cybergourmandise

ou

cyberaddiction ?

Quand l'ado se visse à son ordinateur . . .
* biographie et recueil de publications scientifiques du professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.
Jean-Yves Hayez
a le plaisir de vous proposer




Cybergourmandise ou cyberaddiction ? Quand l'ado se visse à son ordinateur . . .



Une première version de ce texte est parue dans la revue Archives de pédiatrie, 16-7, 2009, 1000-1004.

... ordi cyber ...

J.-Y. Hayez (1)


§ I. Définitions

Un certain nombre de parents comptabilisent avec inquiétude le temps que leur fils ou leur fille passe devant l'écran de l'ordinateur ou celui d'une console de jeu (2) , parfois depuis un âge très tendre ( dix, onze ans ) Une petite partie de ces parents s'alarme bien trop vite et trop fort, dans un contexte d'angoisse, d'ignorance des vrais risques, de volonté de contrôle ou de résistance au changement des habitudes sociales et récréatives contemporaines : je ne les prendrai pas en considération dans la suite de l'article.

Un rien arbitrairement, choisissons une quantité de temps que nous considérerons comme préoccupante : ados rivés à l'écran d'un jeu vidéo ou d'autres applications d'Internet plus de trois heures quotidiennes les jours d'école et plus de cinq, six heures les autres. Et cette routine tenace est couplée à des critères qualitatifs : irritabilité du jeune si on l'invite à participer à la vie socio-familiale ; tâches scolaires bâclées ; fatigue par manque de sommeil, tricheries ou conflits pour maintenir ses habitudes, etc ...

A. Il faut néanmoins distinguer deux pôles où se satellisent ces excès, avec un gradient de fréquentation décroissante qui les réunit :

- Les adolescents grands consommateurs de loin les plus nombreux relèvent d'une « consommation abondante simple ». Ce sont des gourmands, ni plus ni moins ; ils le deviennent pour de multiples raisons, mais il n'est pas trop difficile de les en détacher si leur vie externe leur apparaît comme plus attractive.
Autant si se résolvent des problèmes externes ou internes par rapport auxquels la fréquentation des écrans constitue au moins en partie une compensation.
Fondamentalement, ils n'ont jamais perdu le principal de leur liberté de choix !
Ainsi en voit-on beaucoup désinvestir spontanément, totalement ou très largement, leurs interminables palabres sur MSN ou sur Facebook dès qu'ils entrent dans la vie universitaire, dans le monde du travail ou dès qu'ils ont un lien sentimental profond.

... jeune à l'ordi ...

- Au pôle opposé, les plus rares sont les jeunes devenus dépendants, cyberdépendants ou dépendants aux jeux vidéo, au sens psychiatrique du terme. C'est comme pour le cannabis : seuls quatre à cinq pour cent des gourmands sombrent lentement mais sûrement dans une dépendance parfois très profonde, le plus souvent vers seize dix-sept ans (3)

Quand il y a addiction, le jeune a bel et bien perdu sa liberté intérieure : ce sont l'ordi, les jeux et les sensations plaisantes qu'ils procurent qui dirigent sa vie ( Le Diberder, 1998 )

B. Il existe enfin une catégorie qui concerne au plus un à deux pour cent des ados, et qui coexiste fréquemment avec la première, c'est la passion. On ne peut pas vraiment parler de passion à propos du goût effréné pour les jeux vidéo : ici, c'est la langue populaire qui utilise ce terme. Par contre, tel ou tel jeune peut se passionner pour l'infographie, le maniement et la maîtrise des processus informatiques, la confection de sites ou de blogs ( passion POUR Internet ) Par ailleurs, Internet peut servir de véhicule privilégié à la réalisation de bien d'autres passions ( recherches, collections, etc : passions PAR Internet )
A la différence des autres consommateurs excessifs, les passionnés sont plutôt fiers de leur passion qui leur demande un vrai travail, et ils cherchent le plus souvent un partage social des processus et des résultats. Nous n'en dirons pas davantage sur la passion dans le cadre d'espace limité de cet article.

§ II. Les facteurs de mise en place

Ce sont les mêmes d'un pôle à l'autre, mais ils jouent souvent avec une intensité croissante au fur et à mesure que l'on s'approche du plus préoccupant :

A. On n'en trouve pourtant pas toujours qui soient très probants : tissu social et familles valables et adolescent « Monsieur tout le monde ». Mais voilà, ce jeune citoyen lambda a été pris comme tant et tant d'autres par un des grands slogans de la société de consommation, que même l'école propage à sa manière : « Pas moyen d'être heureux ni « gagnant » sans ordinateur » Et un peu par hasard, il a éprouvé de grands plaisirs lors d'un jeu vidéo ou d'une autre activité Internet et a vite appris à les reproduire, à les diversifier ou à les finasser à la perfection.
Ici, le plaisir recherché est donc gratuit, dans une ambiance hédoniste. Et par ailleurs beaucoup d'adolescents, surtout les plus jeunes sont dans une phase de leur vie où ils ont « normalement » du mal à contrôler leur avidité, leurs impulsions face aux tentations de plaisir et de décharge pulsionnelle.

... jeux vidéo 1 ...

B. Plus souvent cependant, dans le domaine social, nombre de jeunes concernés par la consommation excessive vivent dans des environnements pauvres en pouvoir attractif et en relations de qualité.

- Par exemple, leur scolarité est déjà peu gratifiante avant que ne s'installe le cyber-comportement problématique : J'en reparlerai plus loin.

 - Par exemple encore, leurs familles sont caractérisées par le banal manque de dialogue et de plaisirs pris en commun, ou par la fatigue des adultes le soir : nombre de ceux-ci sont contents qu'existe l'ordinateur-cocoon, mais voudraient que ce soit juste assez à leur mode. Plus rarement, c'est plus grave : l'ado fuit l'enfer du salon en se réfugiant dans sa chambre, avec les écrans chatoyants qui l'anesthésient.

C. Sur le plan individuel, sont davantage à risque les adolescents qui vivent sur de longues durées des états d'âme douloureux comme le manque de confiance en soi ; la timidité ; l'angoisse de séparation ; des sentiments d'échec ou d'infériorité ... D'autres encore ont l'impression de ne compter pour personne dans le monde incarné.
Pour tous ces ados en souffrance, se fixer à l'écran et y retrouver d'autres, même lointains, ou y faire des expériences de réussite, ou s'y laisser bercer et stimuler par des sensations sensorielles chatoyantes peut constituer une compensation et une anesthésie des plus consolatrices ( Valleur, 2002 )

D. Finalement, un facteur ultime et mystérieux fait passer à quelques jeunes la frontière qui sépare la gourmandise encore maîtrisée et l'abandon de soi aux démons du plaisir, gratuit ou compensatoire. Ce « facteur » n'est pas sans paradoxes, il s'agit de la liberté intérieure, qui va s'exprimer une dernière fois pour envoyer le jeune se noyer dans les multimédia : le jeune décide au moins intuitivement de ne plus décider : « J'abandonne la partie ... Que tous ces plaisirs que je connais envahissent ma vie et me téléguident ... je me donne à eux » Une fois fait ce passage, le voyage retour n'est pas vraiment impossible, mais beaucoup plus difficile ... les nouveaux maîtres du jeu repousseront sous l'eau la tête de la lucidité du jeune, les quelques fois où elle tentera d'émerger.

§ III. La phénoménologie

A. En commençant par la vraie dépendance, on constate, au centre du fonctionnement quotidien du jeune, la présence d'une conduite envahissante et tenace de recherche de plaisir, via l'ordinateur ou la console ( Matysiak et Valleur, 2003 )

... cyberdépendance au boulot ...

Les activités qui en sont la source sont, de loin en tête, la pratique de tel ou tel jeu vidéo, notamment les quêtes aventureuses qui font beaucoup rêver, et où l'on partage le jeu avec beaucoup d'autres joueurs ( « massive multiplayers games »)
Puis viennent les activités liées à la communication médiatée ( chats sur messagerie privée ou salons publics ; investissement rigide de l'un ou l'autre blog ; participation à une communauté à thème ou à un site pour ados, etc. ) Enfin le téléchargement, les collections, un peu tout et n'importe quoi. Quant aux addictions sexuelles, elles restent rares chez les ados à l'inverse des adultes dépendants ( Hayez, 2004 )
Quand la dépendance s'aggrave, finalement, c'est le processus, le rituel qui est investi davantage que des activités précises et répétées et que leur résultat ponctuel. L'esprit finit par décrocher des contenus successifs de l'écran, en une sorte de rêverie où le jeune ne fait plus qu'un avec sa machine : attitude visant nirvana, symbiose primitive, quelque chose de cette nature ( Tisseron, 2008 )

Le jeune a perdu sa liberté, il est incapable d'intégrer sa conduite comme élément raisonnable d'un projet d'ensemble ; il ne sait plus programmer son temps, ou, en tous cas, contrôler volontairement une diversité dans sa programmation.

Quand il est occupé par son activité addictive, le jeune voudrait que le temps n'existe plus ; il se dit vingt fois qu'il va s'arrêter, mais repousse toujours la limite : vaincre sa fatigue, en se soutenant parfois de cannabis ou d'un autre produit, se sentir invulnérable, désincarné, flottant seul dans des espaces nébuleux bien au-dessus de tous les autres ... cela fait partie de son plaisir ( Simon, 1999 )
S'il n'est séparé du moment de son activité que par un délai court, le jeune reste occupé à y rêver : des souvenirs liés aux bons moments tout juste passés sur l'écran se bousculent en lui et il prépare déjà ses coups suivants ; au fur et à mesure que l'heure des retrouvailles approche, c'est l'excitation, le craving ... si le délai est trop long ou si des imprévus surviennent pour déjouer ses prévisions, c'est l'état de manque : insatisfaction, tension corporelle, instabilité, passage à l'acte pour raccourcir le délai ...

Corollairement, le jeune désinvestit massivement la vie incarnée : scolarité en chute libre ( pas d'intérêt, pas le temps, et cyberrêveries en classe ) ; isolement en famille ; résistance colérique aux tentatives faites par les parents pour réguler sa conduite ; mensonges et tricheries ; irritation si on le dérange : les copains de toujours sont ignorés s'ils viennent frapper à la porte ; amputations sur l'alimentation, le sommeil, voire les besoins d'excrétion. Quand il transite brièvement par la vie incarnée, c'est pour parler d'Internet avec l'un ou l'autre aussi dépendant que lui, aller faire des achats pour son ordinateur, se documenter sur de nouveaux jeux, etc.

B. Quand il s'agit de consommation abondante simple, des plaisirs sont également recherchés via les mêmes activités. Mais ils demeurent davantage liés aux contenus précis des activités engagées. Ils ont le statut de plaisirs récréatifs gourmands. La cyberconduite n'est pas le centre du projet de vie du jeune, qui lui consacre moins de temps (4) que le véritable « accro » ; il sait davantage « aller et venir » par rapport à elle.

Le jeune l'oublie s'il a en vue une activité alternative agréable IRL ( « in the real life ») ( sortir avec des copains ; jouir de vacances ensoleillées ) ... des fois même s'il a une tâche scolaire importante ou pressante à boucler ...

De la même manière, si la vie familiale demeure attractive, il y reste partiellement engagé. Il finit aussi par accepter ... à plus de 50 % les règles qu'on met pour discipliner l'usage de son temps, si elles ne sont pas trop draconiennes : il existe donc moins de « triches » pour assurer la pérennité de sa consommation, de là à dire qu'il arrive « pile à l'heure » pour le repas du soir, qu'il ne ment jamais sur l'heure de son coucher ou qu'il ne bâcle aucun devoir ennuyeux au profit de sa cyber-activité, c'est une autre histoire ...

... ados jeux vidéo ...

C. Les descriptions qui précèdent ne se rapportent cependant qu'aux deux extrêmes. Un certain nombre d'adolescents se trouvent « au milieu du gué »

- Pas nécessairement sans lucidité ni de façon immuable d'ailleurs. J'en ai connu plus d'un qui s'était désengagé d'un début d'addiction, justement parce qu'il sentait sa liberté lui échapper, parce qu'il ratait d'autres opportunités intéressantes, ou parce qu'il avait l'intelligence de comprendre tout seul qu'il remettait son âme à un nouveau maître auquel il se soumettait : le créateur du jeu vidéo et ses objectifs commerciaux.

- Se retrouvent particulièrement dans la zone de l'entre-deux des adolescents qu'on laisse trop seuls ( Papa et maman au boulot et « Tu ne vas pas sur l'ordinateur avant 19 heures, hein ! » ) et qui ont avec l'école un rapport aride, fait de disqualifications, d'échecs et de difficultés de compréhension pas toujours avouées. Au début, l'ordinateur constitue pour eux une compensation royale. Mais, ils en deviennent vite prisonniers et alors, c'est l'histoire de la poule et de l'œuf : l'excès de consommation aggrave les difficultés scolaires et vice-versa.
Assez souvent alors, les réactions des parents ne font que provoquer des résistances rageuses ; disqualification grincheuse diffuse : « Encore fourré sur ton ordinateur ? Qu'est-ce que ça t'apporte, ces bêtises ? Tu ferais mieux d'étudier, tes points son catastrophiques. » ; pire encore, velléités tout aussi grincheuses de réduire ( ou de supprimer ) la consommation, suivies d'affrontements pénibles inconsistants et d'un retour à la case départ.

Ill. Valentin ( dix-sept ans ) passe quatre heures chaque soir à l'ordinateur principalement absorbé par le jeu multiplayers Counterstrike.

... counterstrike ...

Les parents consultent pour ce motif et pour sa scolarité pénible. Ils ont déjà reçu bien des conseils contradictoires pour gérer sa surconsommation d'Internet. Je découvre petit à petit un adolescent plutôt introverti, indépendant, collaborant à l'idée d'une consultation visant à son mieux-être, sans difficultés relationnelles avouées : le samedi et le dimanche, il se détend avec ses copains ( souvent pour faire d'autres jeux de société, il est vrai ) En misant sur l'empathie, en exigeant simplement que les deux parents soient présents aux consultations et en partageant mes propres expériences et mes idées sur Internet et les jeux  pas négatives par principe  je constate progressivement que le fond du problème n'est pas Internet. Valentin a un itinéraire scolaire des plus compliqués : il fait partie de cette catégorie d'adolescents intéressés par l'idée d'avoir un diplôme, soumis au principe de la fréquentation scolaire tout en en dénonçant les injustices et absurdités. Il n'est pas vraiment paresseux, mais n'a aucune méthode, ne sait pas comment il doit faire pour retenir certaines matières, ni pour répondre aux questions trop smart de certains professeurs qui les prennent déjà pour des universitaires. C'est à cette difficulté surtout cognitive que nous nous attelons, dans des entretiens familiaux où l'on met progressivement au point un accompagnement patient de la pesanteur scolaire de Valentin. Je suis persuadé, ici, de l'authenticité de ses propos : il ne va sur Internet que parce qu'il s'ennuie mortellement et qu'il ne sait pas comment occuper son temps. S'il gagne en efficacité scolaire, sa consommation peut se réduire significativement.

§ IV. Que recommander aux parents ?

A. L'essentiel, c'est de s'y prendre de très loin, quand l'enfant est encore petit et qu'il reçoit comme cadeau ses premières consoles de jeu ...

1. Qu'ils réfléchissent à des questions fondamentales comme : De quel témoignage de vie sociale l'enfant a-t-il l'occasion de s'imprégner à la maison ?
Parents disponibles, ou eux-mêmes fatigués et avachis devant une série TV de troisième ordre, un verre à la main ? Quelle place pour de la communication verbale fluide, autour de tout et de rien ou de thèmes plus sérieux ? Quels modèles de prise de plaisir ? Existence ou non de projets récréatifs, sportifs, sociaux ... individuels, en sous-groupes ou en commun ? La réponse à toutes ces questions devrait conduire si nécessaire à mettre en place une ambiance attractive de qualité pour la vie en famille ( autant pour l'environnement social élargi )

2. Corollairement, les parents peuvent prendre de bonnes informations, se sensibiliser au maniement des écrans, s'y intéresser, au moins un peu, participer aux découvertes passionnantes que le jeune peut faire sur Internet ou au plaisir d'un jeu vidéo excitant. Ils peuvent notamment l'aider à décoder les sentiments et idées qui lui passent par la tête en s'y livrant. Ceci, plutôt que de rester porteurs d'a priori les poussant à disqualifier tout ce que le jeune trouve sur son ordinateur, en le réduisant aux grands dangers de la violence déchaînée par les jeux vidéo ou du pédophile prêt à sodomiser les plus ingénus !

... s'intéresser aux jeux vidéo ...

3. Dans une telle ambiance positive, il pourrait s'ouvrir des moments de dialogue basés tant sur des expériences et découvertes ponctuelles faites sur Internet que sur ses enjeux les plus profonds ( gratuité ou commerce, libre expression ou persistance d'un contrôle social, etc. ) ( Hayez, 2005 )
Un des thèmes-clé de ce dialogue familial concerne le contrôle par chacun des plaisirs qu'il se donne : Qualitativement par exemple, que penser de la pornographie ? Et quantitativement, qui commande : le plaisir dont on devient de plus en plus esclave, ou soi-même ?

4. Il est important d'aider l'enfant jeune à acquérir et à maintenir de bonnes habitudes d'organisation et de contrôle de son temps : pour ce faire, il faut à la fois dialoguer, veiller à l'attractivité de la vie sociale incarnée et l'encourager à s'y investir et réguler si cela ne suffit pas !
Ceci étant, existe-t-il des règles incontestables ? A chaque famille de discuter et de décider la part qu'elle fait aux cyberdistractions et à d'autres activités de la vie incarnée. Au minimum, la fréquentation de l'ordinateur ne devrait pas mordre sur la scolarité, ni sur la quantité - variable - de sommeil nécessaire à chaque enfant, ni sur sa participation à quelques rites familiaux ( par exemple : repas ; certaines tâches matérielles )
Enfin, les parents doivent signaler qu'il n'est pas davantage tolérable de faire des activités antisociales sur Internet que dans la vie incarnée. C'est bien les activités qui sont interdites ( par exemple : tromper cruellement un autre Internaute ) et pas les fantasmes ( un bon massacre sur un jeu vidéo, ça permet à beaucoup d'évacuer un trop plein d'agressivité ! )

B. Et si, faute de cette vigilance précoce ou malgré tout, il s'est installé une consommation « abondante simple » dont les parents veulent réduire l'ampleur ?
Supposons en outre que, comme pour la poule et l'œuf, on puisse raisonnablement la relier à un problème de vie interne ou externe qui pèse sur le jeune.
Alors, il faut s'investir simultanément et énergiquement sur deux fronts, sans trop rechercher à les lier l'un à l'autre, dans ce qui serait une perspective simpliste de causalité linéaire (5)

... préado et ordi ...

1. Remédier le mieux possible aux problèmes de vie repérés ( Matysiak, 2002 )

 -  Mission parfois largement illusoire, par exemple quand le couple parental ne s'entend plus du tout, en milieu rural, et qu'il n'a pas les moyens financiers d'aller faire vivre l'ado ailleurs une partie de son temps ... si rien ne peut se mobiliser, on doit se résigner à admettre que l'ordinateur constitue une alternative compensatoire intéressante en plaisirs et en rencontres sociales, même si celles-ci sont médiatées. Déjà bien, alors, si l'on parvient à ce qu'il n'étouffe pas le principal de la vie scolaire.

 -  Et si, comme souvent, « le » problème c'est justement un vécu plus ou moins avoué d'aridité et d'incompétence scolaire ? Il faut sortir de l'ambiance négative où l'on en fait depuis très longtemps le reproche au seul jeune, censé être paresseux et de mauvaise volonté : c'est bien plus souvent tout le système qui s'est mis à dysfonctionner lentement et sûrement, parfois dès la maternelle ! Pas facile néanmoins de changer l'ambiance car, comme dans beaucoup de domaines, les adultes n'aiment pas être mis en question, et le jeune déteste l'idée d'être aidé, mais semble incapable de faire bouger les choses tout seul !
Un certain nombre de manœuvres pourraient néanmoins être tentées, du plus radical ( changer d'école, de type d'enseignement ... ) à de petites mesures concrètes ( Où étudier ? Seul ou avec une certaine aide ? Etc.) Ce n'est pas le but de cet article de les détailler : simplement le jeune doit-il se rendre compte qu'il n'est pas face à la nième tentative vite essoufflée, centrée sur les moralisations, les reproches, les chantages ou les promesses, mais que l'on prend vraiment à bras le corps le problème de son avenir cognitif. Et dans cette perspective, son rapport à l'ordinateur ne doit pas être placé en bouc-émissaire à abattre vite fait bien fait !

2. Mettre en place un cadre consistant pour l'utilisation du temps

a) Dans un tel contexte, il est rare que l'on obtienne d'emblée une collaboration significative de l'adolescent. Cela vaut néanmoins la peine de parler avec lui et de s'expliquer sur le bien-fondé du projet ( lui éviter la perte de sa liberté ; lui procurer du temps libre pour autre chose ) ; et de le faire sans s'énerver, sans mendier ni se laisser impressionner par ses grondements ou ses menaces supplicatives, sans parlementer à l'infini, en mettant un terme raisonnable à l'échange d'arguments.

A l'intérieur de cette conversation, on doit reconnaître qu'un usage modéré et contrôlé de l'ordinateur peut être enrichissant ou à tout le moins plaisant. On doit encore éviter d'évoquer des liens causalistes lourds du type « C'est pour que tu travailles mieux à l'école » : il ne le fera certainement pas sur commande.

... ados et ordi ...

b) On se retrouve donc souvent dos au mur, avec la nécessité d'imposer une règle de temps d'utilisation.

Il faut y croire, et croire que si l'on y met de l'énergie, de la coopération entre adultes et de la persistance, il y a beaucoup de chances qu'elle finisse par s'imposer et puis peut-être, un jour, pour qu'elle soit acceptée de l'intérieur par l'adolescent (6)

Mais ça n'a de chance de fonctionner que si existe coopération et vigilance durables entre adultes. Un logiciel de contrôle du temps peut donner un coup de main, si le jeune n'a accès qu'à l'ordinateur sous contrôle externe. Qui dit règles, dit également surveillance significative de leur exécution, sanctions et réévaluations. Il faut donc qu'il en existe et qu'elles soient mises en oeuvre.

Toutefois, il ne s'agit pas de se montrer persécutif et sadique. Mieux vaut  de loin !  que l'adolescent garde un droit solide à une utilisation raisonnable de son ordi ( par exemple : 90 minutes les jours d'école ... 2 à 3 heures les autres jours pour peu qu'il le souhaite )

Un droit solide ? La suppression de l'ordinateur ne peut-elle donc jamais fonctionner comme incitant intéressant ? Bof, c'est une perspective que je ne trouve guère productive. C'est en tout cas une idée nuisible si elle survient dans un contexte de menaces parce que l'ado ne résoudrait pas ses autres problèmes ( par exemple, parce que son travail scolaire ne s'améliorerait pas ) L'inverse n'est pas vrai : un supplément d'ordi peut venir sanctionner positivement un meilleur travail presté, mais comme une bonne surprise occasionnelle après coup, pas comme la carotte au bout du bâton.

La suppression d'ordi, pour des durées à la fois significatives et non-sadiques, peut néanmoins être envisagée dans deux types de circonstances, et pour peu que l'on ait un contrôle effectif dessus :

- Si l'ado triche effrontément et durablement avec les règles qui lui sont imposées

- A titre de punition, s'il a commis une faute grave non-spécifique, qui n'a rien à voir avec les problèmes de base pour lesquels l'ordinateur a été une compensation jusqu'à présent ! ( par exemple un vol, une transgression sexuelle inacceptable, etc. Hayez, 2004 )

ILL Vivant en foyer monoparental et peu autoritaire par nature, un père met en internat scolaire son fils de treize ans quasi accro au jeu vidéo The world of Warcraft, parce qu'il finit par reconnaître n'avoir aucun autre moyen de contrôle réaliste dessus. Le week-end, il instaure la règle « quatre heures d'ordi maximum par jour », et avec beaucoup de soutien de ma part, il lui faut passer par des affrontements et grondements des plus houleux pour la faire respecter, d'abord via des mois de contrôle externe éprouvant, avant que l'adolescent n'accepte de l'intérieur l'inéluctabilité de cette disposition d'autorité parentale et un mode vie plus équilibré.

... wow ...

Sur mon conseil, le père n'a cependant jamais exercé de « chantage à l'ordinateur » ( menace de réduction du temps-week-end ... si par exemple les résultats scolaires s'étaient avérés mauvais ) Il a géré la question scolaire par du dialogue, du soutien et parfois des sanctions positives et négatives, mais qui ne touchaient pas au droit à utiliser l'ordinateur de façon stable. Il a évité de la sorte la montée d'un sentiment de persécution face à ce qui aurait été vécu comme pur arbitraire des adultes.

C. Et s'il semble ne pas exister de problèmes externes ou internes qui ont précipité la gourmandise du jeune ? Le cadre temporel fort qui vient d'être évoqué garde tout son sens. Et si le jeune s'ennuie aux moments où il n'est pas face à ses écrans favoris ? Et s'il essaie d'abord de le faire payer par une bonne dose de mauvaise humeur protestataire ? Aux parents à faire preuve de patience, de ténacité et d'inventivité. C'est en bonne partie tout seul que le jeune doit résoudre les problèmes d'occupation de son temps. En partie aussi, mine de rien, sans lourdeur, sans prosélytisme, il peut être (ré)invité à participer à des activités socio-familiales, non pas « pour son bien », mais parce qu'elles peuvent procurer à tous leurs utilisateurs du plaisir ou un sentiment d'utilité sociale.

D. Quant aux vrais dépendants, ils relèvent d'approches spécialisées dont le contenu dépasse les limites de cet article ; leur problème est très comparable à celui de toutes les autres addictions, la dépendance physique en moins.

... jouer no life ...

Rien ne se passera vraiment avant qu'une partie majoritaire d'eux-mêmes  la plus vivante, la plus lucide  admette qu'il y a problème et que c'est dans leurs motivations et leur courage à venir que se trouve le principal de la solution.
Pour obtenir et surtout maintenir cette adhésion de l'intérieur, il faudra surtout les réhabituer à faire appel à l'introspection et à la pensée personnelle, plutôt qu'à s'étourdir dans des actions sans fin sur Internet ( Véléa, 2000 ) . Dialoguer, échanger des idées sur les projets de vie, sans faire pression sur leur liberté de choix. Les mettre en présence d'autres types d'investissements susceptibles d'être plaisants. Soulager leurs éventuels problèmes.
Il y aura besoin aussi de l'engagement de leur famille à leurs côtés, pour veiller sur eux, les soutenir et se rendre attractive. Dans certains cas, des mesures très énergiques sont indispensables : nous connaissons l'une ou l'autre famille où tous les ordinateurs de la maison ont été supprimés, à l'instar des bouteilles d'alcool chez les alcooliques.

Ailleurs, on a encore pu admettre une certaine fréquentation de l'ordinateur, dans une mesure que le jeune vivait déjà comme une victoire sur l'esclavage du plaisir ; mais pas question de faire exactement les mêmes choses qu'avant -  « The world of Warcraft », pour lui, c'est bien fini !  ni non plus de rester tout seul, bien perdu dans sa chambre : ce que nous voulons dire, en tout cas, c'est qu'il est très rarement possible d'amener le jeune à s'en sortir tout seul, sans engagement solidaire conséquent de son entourage.

En Europe francophone, nous n'avons certainement pas assez de thérapeutes qui se sont formés à la prise en charge de ces problématiques. Nous restons par ailleurs très perplexes devant certaines pratiques Nord-américaines qui soignent l'Internet addiction disorder via des thérapies on-line. De l'homéopathie made in USA, en quelque sorte.

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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 
Bibliographie.

Hayez J.-Y., La sexualité des enfants, Paris : Odile Jacob, 2004.
Hayez J.-Y., Les jeunes, Internet et la société civile, Acta Psychiatr Belg 2005, 10-53 ; 14-19.
Hayez J.-Y., La destructivité chez l'enfant et chez l'adolescent, Paris : Dunod, 2007.
Le Diberder A., Le Diberder F., L'Univers des jeux vidéo, Paris : La Découverte, 1998.
Matysiak J.-C., Tu ne seras pas accro, mon fils, Paris : Albin Michel, 2002.
Matysiak J.-C., Valleur M., Sexe, passion et jeux vidéo, Paris : Flammarion, 2003.
Simon V. La pratique addictive des jeux vidéo, mémoire de DEA en psychopathologie, université du Mirail, Toulouse, 1999.
Tisseron S., Virtuel, mon amour, Paris : Albin Michel, 2008.

Mots-clés

Cyberaddiction, cyberdépendance, dépendance à Internet, dépendance à l'ordinateur, addiction à internet, internet, médias, multimédias, jeux vidéos, jeux électroniques, messageries instantanées, cybersexe, cyberespace, forums et sexualité, identité et Internet, pornographie, sites de rencontre.

Notes.

1. Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur émérite à la Faculté de Médecine de l'Université Catholique de Louvain. Courriel : jyhayez@uclouvain.be. Site Web : http://www.jeanyveshayez.net/

2. Pour simplifier, je parlerai indifféremment du rapport à Internet ou au Net ou à l'ordinateur pour désigner tous les comportements dirigés vers les applications d'Internet stricto sensu, les jeux vidéo en dehors d'Internet et l'ordinateur en général.

3. Et c'est bien plus souvent à l'âge adulte, chez les isolés ou ceux qui se sentent seuls que s'installent les solides dépendances ( aux sites de rencontres plus ou moins coquins, au sexe, au jeu de casino, aux achats en ligne ... )

4. Toutefois, ce critère « temps » est un indicateur à manier avec prudence. Certaines vraies dépendances, par exemple à telle ou telle pratique sexuelle, ne demandent pas toujours beaucoup de temps ... mais elles sont très répétitives et privilégiées dans le psychisme du jeune.

5. Il n'est d'ailleurs pas toujours indispensable d'associer verbalement, explicitement et lourdement le jeune au projet ( « On va mettre tout le paquet pour bien t'aider » ) Formulées ainsi, les intentions préalables des adultes risquent trop de susciter sa méfiance ( « Bah, c'est quand-même pour me prendre mon plaisir » )

6. C'est le cas pour la grande majorité des adolescents « normaux » Je ne parlerai pas ici des adolescents très perturbés, caractériels, borderline ou psychopathiques, qui fonctionnent dans l'ensemble de leur vie sur le mode de la toute-puissance ; Adolescents-rois, que l'on n'aurait jamais dû laisser aller jusqu'où ils sont arrivés ; Chez eux, la toute-puissance face à l'ordinateur n'est qu'un symptôme parmi bien d'autres ( Hayez, 2007 )


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RESUMES.

Résumé en français.

L'article discute des occupations de l'ordinateur faites par les jeunes et estimées excessives par l'entourage. C'est bien plus souvent à une « consommation abondante simple » que l'on a à faire, davantage qu'à une vraie dépendance ou à une passion.
L'auteur passe en revue les mécanismes psychosociaux de mise en place de ces conduites et les critères spécifiques à chacune d'elles. Enfin, il décrit comment les adultes éducateurs et soignants peuvent prendre leurs responsabilités pour contribuer à un usage sain des multimédias chez les jeunes.

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Cybergreedy, no more, or cyberaddict ? When teens waste their time in using computer

Résumé en anglais : Summary.

This paper is about the computer use by teenagers, often estimated abusive by their family circle. In most cases, it is a « simple abundant use » more than a true addiction or a passion. The author describes the psychosocial mechanisms of such behaviours and the characteristics of each one. Finally, he describes how the adults, parents and therapists can face up their responsibilities to contribute towards a safe use of multimedia in young people.

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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 
Création le 01 août 2008.
Dernière mise à jour le dimanche 13 juin 2010.
DS.ds

 


Fin du dossier























































































































































































... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 
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Bravo de m'avoir trouvé

Félicitations

Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )

Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez

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... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 
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Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



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Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez

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Résumé - Abstract .     ici

Mots clés.     ici

Bibliographie.     ici

Notes.     ici

Télécharger.     ici

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RESUMES.

Résumé en français : Résumé.     ici

Résumé en anglais : Summary.     ici



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RESUMES.

Résumé en français : Résumé.     ici

Résumé en anglais : Summary.     ici

Résumé en néerlandais : Samenvatting.     ici

Résumé en espagnol : resumen.     ici



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Note 1.


(1) Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur émérite à la Faculté de Médecine de l'Université Catholique de Louvain. Courriel : jyhayez@uclouvain.be. Site Web : http://www.jeanyveshayez.net/


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Note 2.


(2) Pour simplifier, je parlerai indifféremment du rapport à Internet ou au Net ou à l'ordinateur pour désigner tous les comportements dirigés vers les applications d'Internet stricto sensu, les jeux vidéo en dehors d'Internet et l'ordinateur en général.



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Note 3.


(3) Et c'est bien plus souvent à l'âge adulte, chez les isolés ou ceux qui se sentent seuls que s'installent les solides dépendances ( aux sites de rencontres plus ou moins coquins, au sexe, au jeu de casino, aux achats en ligne ... )



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Note 4.


(4) Toutefois, ce critère « temps » est un indicateur à manier avec prudence. Certaines vraies dépendances, par exemple à telle ou telle pratique sexuelle, ne demandent pas toujours beaucoup de temps ... mais elles sont très répétitives et privilégiées dans le psychisme du jeune.



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Note 5.


(5) Il n'est d'ailleurs pas toujours indispensable d'associer verbalement, explicitement et lourdement le jeune au projet ( « On va mettre tout le paquet pour bien t'aider » ) Formulées ainsi, les intentions préalables des adultes risquent trop de susciter sa méfiance ( « Bah, c'est quand-même pour me prendre mon plaisir » )



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Note 6.


(6) C'est le cas pour la grande majorité des adolescents « normaux » Je ne parlerai pas ici des adolescents très perturbés, caractériels, borderline ou psychopathiques, qui fonctionnent dans l'ensemble de leur vie sur le mode de la toute-puissance ; Adolescents-rois, que l'on n'aurait jamais dû laisser aller jusqu'où ils sont arrivés ; Chez eux, la toute-puissance face à l'ordinateur n'est qu'un symptôme parmi bien d'autres ( Hayez, 2007 )



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- Bibliographie. -


Hayez J.-Y., La sexualité des enfants, Paris : Odile Jacob, 2004.
Hayez J.-Y., Les jeunes, Internet et la société civile, Acta Psychiatr Belg 2005, 10-53 ; 14-19.
Hayez J.-Y., La destructivité chez l'enfant et chez l'adolescent, Paris : Dunod, 2007.
Le Diberder A., Le Diberder F., L'Univers des jeux vidéo, Paris : La Découverte, 1998.
Matysiak J.-C., Tu ne seras pas accro, mon fils, Paris : Albin Michel, 2002.
Matysiak J.-C., Valleur M., Sexe, passion et jeux vidéo, Paris : Flammarion, 2003.
Simon V. La pratique addictive des jeux vidéo, mémoire de DEA en psychopathologie, université du Mirail, Toulouse, 1999.
Tisseron S., Virtuel, mon amour, Paris : Albin Michel, 2008.



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Pour télécharger ce site ...


 

Cybergourmandise ou cyberaddiction ? Quand l'ado se visse à son ordinateur . . .


... en format traitement de texte vous avez les choix suivants :

Format word 2000 pour imprimante couleur ( jyh 01.01.2010 )

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liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.

abus sexuel, accompagnement éducatif, adolescents abuseurs, adolescents, allégation d'abus sexuel, angoisse de séparation, angoisse, anxiété, assuétude, autorité parentale, beaux-parents, besoins psychiques des enfants, bizarrerie sexuelle infantile, cadre thérapeutique, confidences, confidentialité, conformisme, culpabilité, debriefing collectif, délinquance, dépendance, dépression, destructivité, deuil compliqué, deuil pathologique, éducation sexuelle, enfant abuseur, enfants, énuresie, éthique, équipes SOS-Enfants, famille, famille reconstituée, Familles restructurées, guerre, identité, infanto-juvénile, intervention de crise, Jean-Yves Hayez, jeux sexuels, livres, mendiants, mort, mort d'un proche, mots-clés, pédopsychiatrie, perversion sexuelle infantile, perversion sexuelle, peur, pornographie, protection, psychiatrie de liaison, psychothérapie, publications, relation de soin, réparations, réseau de santé, sanctions, secrets de famille, séparation parentale, sexualité infantile, sexualité normale, signalement, soins pluridisciplinaires, stress, SOS-enfants, suggestibilité, syndrome de stress post-traumatique, traumatisme psychique, trouble de l'endormissement, trouble du comportement, trouble psychique, urgences, violence, vulnerabilité.