Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez

Atteintes sexuelles

des

enfants.

Une perspective phénoménologique et de Santé Publique.

* biographie et recueil de publications scientifiques du professeur Jean-Yves Hayez.
cochez nouveautés pour voir les textes les plus récents
" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.
Jean-Yves Hayez
a le plaisir de vous proposer




Atteintes sexuelles des enfants :
une perspective phénoménologique et de Santé Publique.



J.-Y. Hayez (1).

§ I. Introduction.

I. Par " intégrité sexuelle ", il faut entendre l’état physique et psychique qui résulte du respect par autrui du développement et de la vie sexuels de l’enfant: (2). bon état de son corps sexuel, sérénité et confiance de l’enfant par rapport à sa sexualité et à celle des autres ; représentation positive de son Soi sexué et de sa propre vie sexuelle ; droit qu’il se donne à pratiquer une sexualité joyeuse, sociable et en concordance avec son âge développemental ; capacité de veiller sur son corps sexuel et de le protéger, etc.

II. Je distingue quatre catégories d’expériences susceptibles de porter atteinte à l’intégrité sexuelle de l’enfant : les dysfonctionnements éducatifs, les épines sexuelles, les dérapages sexuels et les agressions sexuelles graves ; de ces dernières, je ne traiterai ici que les abus sexuels graves.
Ces catégories se différencient par leur nature et leur fréquence : très élevée pour la première, élevée pour la seconde et rares pour les deux dernières. Elles se distinguent aussi par la gravité statistique (3). de leur impact. Le tableau I en rend compte : les catégories d’atteintes sont placées en colonnes, du plus au moins fréquent en allant vers la droite. La gravité correspond aux rangs du tableau, étant bien entendu que le contenu et les frontières des trois rangs sont évaluées de façon partiellement et inévitablement subjective.

Tableau I : Fréquences et gravité des atteintes à l’intégrité sexuelle


Commentaires :

A.Sur le plan qualitatif, l’impact d’une atteinte peut se déployer dans deux directions très différentes :

- L’allumage sexuel prématuré de l’enfant : l’expérience faite active sa vie sexuelle plus vite que prévu, sous des modalités variables : consentement à poursuivre l’expérience dans la durée, sans plus ; stimulation d’un hédonisme diffus et de comportements sexuels sans retenue ; pervertissement, stricto sensu ; droit que l’enfant s’arroge à abuser à son tour d’autrui...

Dans les cas les plus graves l’adulte, soit qu’il veut entrer en possession de tout l’être de l’enfant, soit qu’il est lui-même marqué par la perversité, corrompt globalement l’enfant; il le rend dépendant de ses opinions à lui l’adulte, mais aussi de l’argent, des biens de consommation ( vêtements ...) et même souvent des drogues. De quoi en faire un(e) petit(e) prostitué(e) de luxe, vedette à 12 ans d’une " écurie "; spécialisée.
- La traumatisation du psychisme : installation d’idées et d’affects d’angoisse, de culpabilité, de honte, de mauvaise image de soi, etc ...; ils vont infléchir le comportement général et sexuel de l’enfant (4).

B. Sur le plan quantitatif, l’appréciation de la bénignité ou de la gravité d’une atteinte possède et conservera inéluctablement une dimension subjective. Pas un arbitraire total, non, car une évaluation digne de foi s’appuie sur des données d’observation, des lectures, des grilles d’analyse validées (5) , ou/et des discussions inter-juges entre collègues. N’empêche que l’état émotionnel du moment de celui qui évalue, son histoire de vie, son contexte familial, son statut et ses institutions d’appartenance, son imprégnation par les idées sociales contemporaines, etc ... influenceront aussi son travail.

Quoiqu’il en soit, je parlerai de :

1. Bénignité ou gravité légère, lorsque l’atteinte de l’intégrité sexuelle :
* se cicatrise complètement et rapidement, en moins de quinze jours ;

* ne laisse persister qu’une légère blessure morale gênante pour une durée indéterminable ; l’enfant continue alors à projeter et à faire tout ce qu’il aurait réalisé s’il n’y avait pas eu l’atteinte avec, par moments, un peu plus d’inconfort intérieur ;

* ou entraîne un allumage sexuel de l’enfant qui reste modéré, sous le contrôle de celui-ci, et n’implique pas de comportements antisociaux.

2. Gravité lourde ( sévère, importante ) lorsque l’atteinte :

* entraîne un traumatisme psychique important et chronique avec dysfonctionnement général et dysfonctionnements sexuels associés ;

* ou provoque un allumage sexuel important et durable : la sexualité est devenue sans retenue ou perverse ; l’enfant est susceptible d’abuser sexuellement autrui.

3. Entre les deux, il y a la zone un peu floue de la gravité moyenne.

III. L’atteinte à l’intégrité sexuelle : événement isolé ou cascade de dominos qui s’abattent sur et dans l’enfant ?

Il est rare qu’une atteinte sexuelle se limite à un événement isolé, type confrontation fortuite à de la pornographie très hard sur internet. Bien plus souvent :

* la première phase de faits, au coeur de l’atteinte, est constituée par plusieurs expériences à récurrence prévisible ou non ( p. ex. être " embêté "; sexuellement pendant un bon mois par un grand ).

* Les remaniements intrapsychiques qui s’en suivent sont parfois eux-mêmes à l’origine de comportements sexuels inadéquats – par exemple de la provocation -; mais ceux-ci sont susceptibles d’exposer l’enfant à une seconde vague d’atteintes - par exemple - des " grands " adhèrent à ses provocations ... mais le malmènent.

* Lorsque les adultes sont informés de tout ou d’une partie de ce qui s’est passé, leurs réactions peuvent s’avérer maladroites et blessantes ; le problème posé par les traumatismes secondaires que ces adultes génèrent devient de plus en plus majeur dans notre société.

Retour au menu princeps.                                                         Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

§ II. Les dysfonctionnements éducatifs.

I. Catégorie de loin la plus fréquente d’atteintes à l’intégrité de l’enfant, j’appelle dysfonctionnements éducatifs toutes les réactions de l’adulte qui nuisent au développement sexuel sain de l’enfant ou qui aggravent son mal lorsque sa sexualité s’avérait déjà pathologique ... L’adulte en question ici, c’est nous tous : parents, éducateurs, travailleurs sociaux, thérapeutes et autres chargés de prévention, qui sommes pourtant auto-persuadés de notre rôle globalement positif auprès de l’enfant.

A. Idéalement, de quoi l’enfant a-t-il besoin de notre part pour garantir son bon développement sexuel ?

* Un témoignage spontané de vie qui soit de qualité dans des domaines comme : la sexualité, l’amour, la place faite à l’autre, l’équilibre réalisé entre plaisir et travail, etc ...

* Une acceptation sereine, par principe, de l’existence de la sexualité enfantine : celle-ci est d’abord une force de vie, d’amour et de lien aux autres, dont, de surcroît, l’exercice est bien plaisant. Tant mieux donc si l’enfant peut au moins pressentir que l’adulte apprécie que, parmi toutes les dimensions de son être, il soit aussi " sexuel "!

* Beaucoup de discrétion et de confiance faite à l’enfant pour que celui-ci définisse largement tout seul son territoire et ses projets sexuels ;

* Une disponibilité délicate pour dialoguer avec lui sur la sexualité s’il le veut ; de la sollicitude, de la prévenance pour aller vers lui lorsqu’on le devine embarrassé, inhibé, angoissé ou culpabilisé à propos de la sexualité.

* La mise en place tranquille d’une barrière intergénérationnelle en ce qui concerne les projets et les pratiques sexuelles ; corollairement, si l’enfant se culpabilise indûment à cause de l’énoncé de cette loi fondamentale qui sépare la sexualité des générations, on peut lui signaler ou lui rappeler qu’il peut réaliser sa sexualité avec ses pairs, pour peu qu’il se montre sociable ;

* Une capacité de régulation des formes de la sexualité infantile les plus étrangères à la culture de sa famille (de son école, de la société ….) P. ex., il est raisonnable de demander à un enfant de 10 ans de ne pas déjà pratiquer des fellations ou des sodo, même avec un copain consentant, parce que ces pratiques apparaissent trop précoces ou trop étrangères à sa famille. Néanmoins, si l’on veut l’en dissuader, ce n’est pas ipso facto parce qu’il est mauvais ou malade, c’est d’abord parce qu’il se démarque trop des attentes groupales à propos d’une personne de son âge. On peut donc interdire, mais on doit commenter correctement la raison d’être de l’interdiction.

B. Bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler de la réponse à un besoin de l’enfant, voici deux autres attitudes adultes qui, dans la plupart des cas, ne nuisent pas à l’enfant mais l’aident plutôt à rebondir et à se montrer autonome et entreprenant :

1. Lorsqu’ils sont confrontés de façon inattendue à une pratique sexuelle infantile, il est rare que les adultes restent neutres et bienveillants comme pourraient sembler y inciter les considérations émises ci-dessus. Cela n’arrive que de loin en loin : p. ex. tel parent s’excuse d’avoir surpris une masturbation d’allure banale ; tel autre ne fait aucune remarque à son fils de 6 ans qui gambade en érection dans le salon; un troisième ne dit à personne qu’il a remarqué que sa fille, jeune adolescente, allait parfois visiter des sites porno sur Internet. Plus souvent, l’adulte ressent un (petit) choc émotionnel et ne peut s’empêcher de réagir : " Arrête ... vous avez autre à chose à faire quand même ... tu es trop petit (ou trop grand) pour ... »; il conflictualise donc la situation sexuelle dont il est témoin. Néanmoins, si son intervention reste légère, l’enfant n’en est pas ou que peu troublé ; il comprend qu’il doit conquérir sa propre sexualité, en ne prenant pas en compte tout ce que l’adulte dit à son propos et en veillant de plus en plus à l’intimité de ses pratiques.

2. Plus rares, il y a les adultes du style " légèrement voyeur " ou " légèrement initiateur " : face à ce qu’ils surprennent, ceux-ci ont la réaction inverse de s’y intéresser ou de l’encourager un peu trop, sans toutefois franchir vraiment la barrière intergénérationnelle ni se transformer en partenaires de l’enfant (6). Ici aussi, l’effet sur l’enfant est léger ; ce dernier se sent " un peu autorisé " à pratiquer sa sexualité et cette réaction l’incommode plus souvent qu’elle ne l’amuse : il la ressent paradoxalement comme un emprise excessive ou une négation infantilisante du sérieux qu’il y mettait; donc, lui aussi, tôt ou tard, apprend à prendre ses distances.

C. Un certain nombre d’adultes réagit de façon habituelle dans le cadre des deux créneaux qui viennent d’être décrits. Tant mieux pour tout le monde ! Hélas, pas mal d’autres s’en écartent occasionnellement ou répétitivement.

Voici quelques illustrations de ces " dysfonctionnements éducatifs " dont les conséquences sont susceptibles d’être multiples et parfois lourdes :

1. Le plus fréquent, c’est la confrontation brutale de l’enfant au choc émotionnel intense et parfois très complexe que vit l’adulte : incrédulité, réveil chez lui de vieilles culpabilités liées à l’histoire de sa sexualité, colère … Angoisse aussi parfois, car l’enfant, son ex-petit ange, semble tout d’un coup transformé par quelque mystérieux diable ou débauché en perdition.

Arrivent alors des paroles très fortes de désapprobation et de culpabilisation au contenu incorrect et injuste. L’enfant qui transgresse une règle et fait l’expérience du plaisir, voire aussi de la rencontre affective, est pourtant appelé " sale ... pervers ... mauvais ... futur Dutroux… ";. On confond son écart par rapport aux règles familiales avec la désobéissance à une Loi naturelle qui indique où est le Bien et le Mal. L’adulte est incapable de chercher à comprendre : si c’est l’angoisse ou le vécu post-traumatique qui ont poussé l’enfant à en brutaliser sexuellement un autre, il ne voit que la brutalité, qu’il condamne en hurlant. Si c’est s’identifier à Monica et à Clinton, pour expérimenter ce que veut dire " sucer "; qu’une fillette de 8 ans a mis un zizi dans sa bouche, on ne voit en elle qu’une hystérique perverse précoce. Et dans un jeu sexuel à deux ou plusieurs, malheur à l’aîné, surtout si c’est un mec ! Il ne peut être qu’un abuseur ! Et si, en plus, son comportement général est un peu difficile et qu’il vit en institution, on en profite illico pour le guillotiner, pardon, signaler sa turpitude aux autorités compétentes.

En 2003, on ne commande peut-être plus les lits à cerceau antimasturbatoires du bon docteur Tissot, mais la dramatisation, la culpabilisation et la répression excessive de la pratique sexuelle infanto-juvénile demeurent très vives sous des formes plus subtiles.

2. Et il y a aussi le silence, alors que l’adulte ne devine que trop bien que l’enfant vit une préoccupation sexuelle. Il devine, mais il ne sait pas quoi dire, sauf gronder une fois de plus (" Mets pas tout le temps ta main dans ta culotte "). Et dans ce silence, l’enfant imagine en secret qu’il a fait des choses très graves, qu’il est radicalement pire que les autres, que son sexe est malade, qu’on va découvrir ce qu’il a fait avec Lulu, dans la cabane au fond du bois et qu’on va l’envoyer en prison, etc, etc.

3. Ailleurs ce sera la démission : le parent est incapable d'imposer une règle qui protège et garde l'enfant dans sa culture familiale, incapable d’interdire à sa fille de 11 ans de s’habiller comme un pute de 22, incapable d’empêcher son fils de 12 ans de recevoir sa gf (7) (girlfriend) pour la nuit, alors qu’on a déjà surpris trois fois comment ils " s’éclatent ", etc…

Retour au menu princeps.                                                         Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

§ III. Les épines sexuelles.

Il est très probable que, sur le chemin de leur vie, une grande majorité des enfants et des adolescents rencontreront quelques épines sexuelles, qui ne font qu’effleurer moralement ou qu’égratigner la majorité de ceux qui y sont confrontés.

Par définition, leur effet traumatique ou d’allumage précoce est bénin.

I. Ce qui caractérise les épines :

A. Ces " expériences ", au sens large du terme, sont parfois de purs hasards malencontreux, sans intention d’aucune sorte. Dans d’autres cas, leur agent humain voulait solliciter l’enfant sexuellement ou de façon trouble. Ailleurs, il souhaitait faire peur à celui-ci, blesser son image de soi, voire l’abîmer sexuellement.

Quant à l’enfant, il se situe chaque fois à un endroit précis sur une échelle " Subir - provoquer " ; lorsqu’il provoque, c’est la plupart des fois une expérience positive qu’il aurait aimé déclencher, et pas le traumatisme qui lui tombe dessus!

B. Certaines caractéristiques augmentent la probabilité que l’événement ne soit vécu que comme une épine bénigne par l’enfant :

* le fait qu’il soit isolé ( ou à récurrence très improbable), que l’enfant le sache ou qu’il connaisse et maîtrise les moyens de contrôler son retour ;

* qu’il émane d’une personne étrangère à sa famille. Si c’est un adulte, c’est encore mieux si cet étranger n’a aucune autorité officielle ou morale sur lui. Si c’est entre mineurs, le plus important, c’est que le mineur agent n’ait pas de capacité d’emprise psychique sur lui.

* Que l’enfant analyse par la suite qu’il n’y avait aucune intention volontaire de lui nuire, même s’il s’en suivi un effet négatif désagréable ;

* Que l’événement n’entraîne pas tout de suite une grande frayeur ; que sa remémoration ultérieure ne génère pas trop de honte, d’angoisse, ni de culpabilité ; que l’anticipation de son retour possible n’entraîne pas frayeur et sentiment d’impuissance ;

* Que l’événement soit suivi le plus rapidement possible par de la parole qui reconstruit : par exemple, parole qui l’explique, qui permet à l’enfant de comprendre qu’il n’était pas menacé dans son intégrité ; ou encore, parole qui tente de rattraper les choses, où l’agresseur rend compte de ses motivations et demande pardon à l’enfant, etc.

* Voici un critère à exploiter prudemment : on peut penser à une échelle " rester à distance du corps de l’enfant – le toucher – le pénétrer sexuellement (ou le blesser physiquement) ". Plus on va vers la droite, plus il y a de probabilité que l’impact soit grave. Mais l’inverse est moins strictement probable.

* Enfin, si l’événement vient à être connu par d’autres (les parents par exemple), mieux vaut qu’il n’en résulte pas de " vagues "; négatives : pas de traumatisation secondaire de l’enfant, mais plutôt de la compréhension et du soutien ! Dans cette perspective, et au risque d’en choquer plus d’un, il n’est pas toujours certain que l’enfant gagne à parler d’une épine sexuelle qu’il a bien affrontée : son intuition à propos de la discrétion peut être un excellent guide.

Je ne fais pas entrer dans les critères de bénignité le fait que l’enfant aurait lui- même été provocateur de l’expérience sexuelle qui allait suivre, sans deviner l’atteinte qui en résulterait. Au contraire, son manque de discernement, qu’il éprouve douloureusement et qu’il se reproche, est plutôt un facteur d’aggravation du traumatisme vécu!

Le tableau II expose, en rangs, ce que sont les critères de gravité et de bénignité en fonction de deux catégories d’atteintes sexuelles : les épines et les abus importants ; ceux-ci sont subdivisés en deux sous catégories, selon que l’atteinte qui en résulte est de l’ordre de la traumatisation intrapsychique ou de l’allumage prématuré.

Tableau II : Critères de gravité ou de bénignité de quelques atteintes sexuelles


II. Peut-on décrire quelques épines-type ?

C’est moins facile qu’il ne paraît (leur forme précise peut être très analogue à celle d’un abus grave : ce sont alors les critères contextuels décrits au tableau II qui permettent d’en différencier l’impact léger ou grave. Ailleurs, on a tout de suite l’impression que l’épine est plus " légère ".

En voici quelques exemples :

* Etre " bousculé " sexuellement, voire brutalisé, par un pair ou un jeune adolescent ; être fortement suggestionné par lui ou être forcé à : montrer son sexe, regarder celui de l’autre, le masturber, le mettre en bouche, etc …

* Etre confronté à une exhibition imprévue et sauvage d’un aîné, ou un adulte ; être confronté à des scènes sexuelles imprévues ou à de la pornographie, surtout hard et inattendue.

* Etre surpris dans une activité sexuelle par un tiers qui désapprouve ou se moque (humilie) ; être " cuisiné " pour avouer une activité sexuelle ; être sanctionné à son propos de façon trop négative ; être trahi par le(s) pair(s) partenaire(s) qui prétend(ent) avoir été forcé(s).

* Avoir une infection ou une (petite) blessure génitale consécutive aux activités menées et n’oser en parler à personne.

* Se faire disqualifier par des pairs à propos de son corps sexuel (" Petite queue, etc … "), de son ignorance des choses sexuelles, ou du manque de compétence lors d’un exercice pratique ; pire encore, se faire disqualifier allusivement dans ces domaines par un adulte.

* J’en arrive maintenant au thème le plus délicat, celui de la sollicitation sexuelle ou pas loin de l’être, faite par un adulte et de l’activité susceptible d’en résulter. Il n’est pas impossible que ce soit vécu comme épine sexuelle par l’enfant, et ce d’autant plus probablement que l’expérience répond plus complètement aux critères de bénignité évoqués plus haut.

Ces critères sont parfois rencontrés dans ce que j’appellerai tout de suite les dérapages sexuels: il existe des chances pour que ces dérapages – dans le chef de l’adulte – ne représentent pas plus que des épines – dans le vécu de l’enfant !. Mais ce n’est jamais certain, ni dans un sens ni dans l’autre.

III. Faire face aux épines sexuelles.

A. La majorité des enfants sont à même de cicatriser rapidement l’impact traumatique ou excitant de ces égratignures tous seuls ou avec un peu d’aide. Nous pouvons donc nous en tenir à :

* les préparer à la confrontation aux épines sexuelles : celles ci égratignent leur corps sexuel et génèrent un souvenir désagréable, mais leur âme et leur valeur n’en voleront pourtant pas en éclats.

* Préparer les enfants à se faire respecter. Les y encourager, notamment en acceptant qu’ils nous disent " Non " à nous, quand nous leur manquons de respect au quotidien.

* Les prévenir qu’ils ne gagneront pas tous ces petits combats sexuels ; nous en avons perdu quelques-uns aussi et la vie, c’est fait ainsi : même lorsque la route est belle et qu’il y a du soleil, il existe de loin en loin une ronce que l’on a vue à temps et que l’on peut enjamber … ou sur laquelle on s’écorche les mollets.

* Ne pas les traquer ; les laisser libres de se confier ou non à propos de ces incidents. Si un enfant décide d’en parler, commençons par bien l’écouter et par le consoler … puis étudions avec lui, de façon réaliste, les tenants et les aboutissants des réactions qui sont susceptibles d’exister … sur papier : alors, si nous faisons preuve de réalisme ensemble, nous pourrons parfois convenir que ça ne vaut pas la peine de courir le risque de la traumatisation secondaire et de la stigmatisation par les pairs pour une histoire – moche au demeurant – qui s’est passée dans les douches du club sportif. Mieux vaut parfois réagir discrètement, par exemple entre parents, sans dramatiser … voire même accepter d’avoir subi et " laisser tomber "; pour cette fois. Quitte alors à rendre l’enfant plus prudent ou plus assertif dans d’autres occasions.

B. Comment gérer la minorité d’enfants hypervulnérables, déjà bien traumatisés par leur confrontation à ces petites épines ? D’abord, à nous d’être sensibles à leur souffrance, qu’ils essaient souvent de dissimuler vaille que vaille : nous pouvons aller vers eux et les encourager délicatement à exprimer ce qui leur est arrivé. S’ils le font, il nous faut veiller à ce qu’ils reçoivent les soins psychologiques éventuels qu’ils requièrent. Par ailleurs, nous pouvons les entraîner, eux aussi, à mieux se défendre et à faire confiance dans leurs capacités.

Dans la mesure où l’on repère la personne qui les a malmenés, et quel que soit son âge – grande ou petite -, elle doit être confrontée à ce qu’elle a fait ; même si, éventuellement, elle avait des raisons subjectives d’agir comme elle l’a fait (par exemple, une mauvaise passe dans sa vie), même si l’on entend celles-ci, elle n’en avait pas pour autant le droit de disposer de l’enfant. Il faut le lui dire, s’efforcer qu’elle le reconnaisse et surtout qu’elle se contrôle mieux à l’avenir.

Retour au menu princeps.                                                         Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

§ IV. Les dérapages sexuels.

N.B. Je me limiterai à parler des auteurs adultes. On peut raisonner de manière analogue avec les auteurs mineurs. Il faut se souvenir en effet que la majorité des enfants ou des adolescents auteurs d’un abus sexuel ne s’en rendent coupables qu’une seule fois, ou durant les quelques semaines que dure " une mauvaise passe ". Il en est ainsi, même si l’application qui en résulte semble horrible, comme – au pire – leur participation à une " tournante ". Les auteurs d’abus répétés sont plus rares et relèvent souvent de fonctionnement mixtes de la personnalité, en partie pathologiques et en partie choisissant de faire le mal.

I. Présentation du problème.

Une représentation sociale contemporaine bien ancrée répartit les adultes en deux catégories : la grande majorité respecterait parfaitement les limites de la sexualité intergénérationnelle ; en contrepoint, il existerait une petite minorité de déséquilibrés, parents incestueux ou pédophiles, à sanctionner sévèrement et à soigner si possible …

La réalité n’est pourtant pas celle-là. Certes, une majorité d’adultes n’a aucune difficulté à respecter les limites sus-mentionnées. Mais les autres sont loin d’être une rareté et leur franchissement du feu orange, voir du feu rouge, ne les met pas tout de suite au rang de monstres ni de malades mentaux irrécupérables.

Il suffit pour s’en convaincre, d’aller écouter ces adultes là où ils osent exprimer leur désarroi et demander de l’aide. Non plus dans la majorité de nos consultations médico-psycho-sociales, largement dévastées par la logique tyrannique du signalement (ce que ces adultes n’ignorent pas). Peut-être encore parfois chez un vieux médecin généraliste de confiance, un prêtre ou un psychanalyste qui a une éthique différente du secret professionnel. Ou alors, sur des sites Internet de qualité et dont ils sont sûrs de la discrétion.

II. Caractéristiques des dérapages sexuels.

A. Le processus

* l’adulte concerné respecte habituellement les limites sexuelles inter- générationnelles.

* Pourtant, un jour, il se dévoie et entraîne l’enfant dans une expérience sexuelle ou pas loin de l’être ; il cède à une tentation transgénérationnelle sous la pression d’un ensemble de facteurs.

* Parmi ceux-ci, il existe parfois un certain degré de provocation émanant de l’enfant . L’on peut même admettre, bien rarement il est vrai, que la provocation par celui-ci a été très forte et que l’adulte, manquant d’assertivité, habité par un mélange de désir régressif et d’angoisse à l’idée d’y céder, s’est laissé faire une première fois comme un automate privé de sa liberté. Cette situation peut être assimilée, en miroir inverse, à l’impulsion irrésistible.

Dans la grande majorité des cas cependant, la liberté intérieure de cet adulte n’a pas été court-circuitée, et il est le responsable principal ou unique du dérapage.

* Ce qui se passe ensuite, et qui est définitoire de la notion de dérapage , c’est que l’adulte va se reprendre rapidement. Après une ou quelques fois espacées sur une brève durée (je propose : moins d’un mois), il va met fin à sa divagation et ne récidivera plus jamais ( ou alors, au pire, une ou deux fois sur la durée d’une vie ).

Ce qui le pousse à arrêter c’est, la peur d’avoir de sérieux ennuis, la voix de sa conscience et parfois aussi, la résistance et la désapprobation immédiate ou différée émanant de l’enfant.

* Alors, dans les meilleurs des cas, adulte et enfant en reparlent ensemble, le premier pour s’expliquer quelque peu et présenter ses excuses. Dans les cas moins favorables, un silence plus ou moins gêné et définitif fait suite aux événements.

B. Quant à leur forme externe , certains de ces dérapages sont des accidents graves, sortes de collisions frontales comme un viol ou une relation sexuelle complète apparemment consentie avec un enfant jeune.

Le cinéma populaire en donne de jolies illustrations qui se déroulent, souvent entre des femmes, pas très heureuses en ménage, et de jeunes adolescents. Ainsi dans Le souffle au coeur (L. Malle, 1970), il s’agit d’un inceste mère-fils, qui a eu lieu lors d’un 14 juillet bien arrosé . Le lendemain, la mère se reprend : " C’était une expérience merveilleuse, mais nous ne devons plus jamais faire ça " … et le fils d’aller honorer illico sa petite amie. Un peu facile, certes, mais les symboles proposés ne sont pas faux.
Il y a aussi des formes plus légères ou plus troubles, comme l’adulte qui commence par se laisser toucher au bain, s’y excite, et finit par demander à sa fillette de 8 ans de le masturber, en protégeant éventuellement le regard de celle-ci du spectacle de son éjaculation.

Néanmoins, il ne faut pas confondre cette lourdeur variable de la forme avec le degré d’inacceptabilité de l’intention, paramètre qui ne lui est pas corrélé : certains adultes, lors d’une passe très négativiste, nient la dignité de l’enfant et veulent le salir, et cela même sans le toucher, en lui proposant de regarder une vidéo porno ; d’autres, pris dans leurs propres réminiscences oedipiennes ou souffrant eux-mêmes de solitude sentimentale, le prennent l’espace d’un instant pour un partenaire sexuel possible, tout en continuant à le chérir et à vouloir l’éduquer !

Il ne faut pas non plus corréler strictement la dimension " dérapage " de l’acte à l’effet produit sur l’enfant. Je renvoie à ce sujet aux critères de bénignité-gravité des épines sexuelles et des abus graves, sans oublier une dimension d’imprévisibilité de l’être humain. En référence à ce quoi l’on constatera que les effets de ces dérapages sont parfois légers : alors, on peut pratiquement les assimiler à des épines. Ailleurs, les effets sont significatifs.

III. Faire face aux dérapages sexuels.

Il faut distinguer les intérêts humains de l’enfant et ceux de l’adulte qui dérape. Dans la mesure où l’enfant ne se guérirait pas tout seul de l’allumage ou du traumatisme subi, il a le droit de recevoir les soins que nécessite son état. Il faut en outre apprécier le degré de provocation ou de consentement actif qu’il a mis dans l’aventure. Lorsque celles-ci existent, sans faire de lui le principal responsable de ce qui est arrivé, on ne peut pas non plus le faire quitte de sa part de responsabilité. Entre autres, il est prié, lui aussi de mieux respecter les barrières sexuelles transgénérationnelles à l’avenir.

A. Comment traiter les adultes auteurs d’un dérapage ?

* Sur le plan qualitatif, il faut faire tout ce qui doit être fait ; nous en connaissons bien les ingrédients : désapprouver l’acte et rappeler la Loi, comprendre les éventuels problèmes de la personne et les soigner, l’encourager à utiliser ses ressources positives à l’avenir, veiller sur la non-récidive, s’efforcer qu’existe un dialogue avec l’enfant entraîné dans le dérapage, sans faire violence à celui-ci ; dialogue qui, s’il a lieu aboutit à des excuses présentées et à des actes de réparation.

* Sur le plan de la mise en oeuvre des institutions, il ne me semble pas absolument nécessaire de déclencher une guerre atomique là où sont possibles dialogue, bonne volonté et vigilance du tissu social informel.

Retour au menu princeps.                                                         Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

§ V. Les abus sexuels graves.

Je ne développerai pas en détail ce thème important mais archi-décrit ces dernières années ; dans la bibliographie, je propose quelques textes à leur propos, que j’ai rédigés personnellement ou en collaboration avec l’équipe " SOS- Enfants " des Cliniques Universitaires Saint-Luc (Dr E. de Becker).

Je m’en tiendrai à développer trois rubriques :

Les conséquences psychologiques de l’abus grave.

Il serait sot de nier une corrélation statistique entre la gravité de l’abus, dont le tableau II énumère les principaux critères, et celle du dommage causé à l’enfant pendant un premier temps ; toutefois, l’être humain est toujours susceptible d’évolution et l’on doit dénoncer l’inexactitude et la toxicité de certains slogans pseudo-scientifiques qui prétendent que, si l’abus a été grave, on reste toujours gravement marqué à vie ; ou pire encore, qui prétendent qu’un ex-abusé devient abuseur.

Même après abus grave, beaucoup de personnes cicatrisent leur trauma ou calment leur hyperexcitabilité et mènent ensuite une vie relationnelle et sexuelle normale ; c’est surtout le cas si elles ont pu parler de ce qui leur était arrivé, si elles ont été écoutées et bien aidées quand elles l’ont fait et si la traumatisation secondaire a été faible ou inexistante.

D’autres, malheureusement, restent bien traumatisées psychiquement, mais sans pour autant se mettre à brutaliser autrui.

D’autres encore, probablement une minorité, deviennent anormalement hyperactifs dans le champ sexuel, mais toujours sans que cela entraîne une compulsion spécifique à abuser des plus faibles. Il n’est jamais impossible qu’ils commettent un abus isolé, à un moment où la tentation sexuelle est trop forte, mais comme n’importe lequel d’entre nous pourrait y céder !

Alors, se cachent-ils ailleurs, ces ex-abusés susceptibles de se transformer en abuseurs ? Deux groupes sont davantage à risque :

* le premier, c’est une petite partie des personnes qui demeurent psychiquement traumatisées, après l’avoir été dans des circonstances bien particulières : enfants, ces personnes ont été victimes d’abus répétés et d’autres maltraitances physiques et morales, dans une ambiance de violent, voire de terreur ; Même après cessation des faits, elles restent porteuses d’un lourd syndrome de stress post-traumatique ; l'on sait que celui-ci peut donner lieu, de très loin en très loin, à des déflagrations compulsives, où l’être humain rejoue à l’envers ce qui lui est arrivé, sans liberté intérieure ou quasi, pour l’exorciser : des années plus tard, ce peut être au coeur d’une brutalité sexuelle inexplicable jusqu'au viol !

Et il y a plus préoccupant et moins rare : ces personnes peuvent s’identifier à leurs agresseurs et adopter un style de vie sexuelle, non sans liberté intérieure cette fois, où se reproduisent domination peu respectueuse du partenaire, si pas franc abus.

* L’autre sous-groupe à risques, ce sont, dans la suite de leur vie, des enfants qui ont été allumés sexuellement de façon intense et vicieuse (p.ex., participation à des partouzes).Par la suite, pour eux qui ont pris goût à des alcools forts, c’est plus difficile d’y renoncer que pour le commun des mortels.

Rappelons néanmoins qu’il ne s’agit que de risques ! Le jeu de la liberté individuelle, la libération par la parole et par l’action positive ainsi que le soutien et la vigilance ultérieurs d’environnements humains valables amènent régulièrement que ces personnes se conduisent de façon tout à fait sociable.

Enfin, la proposition Post hoc ergo propter hoc est des plus contestables: Un adolescent ou un adulte abusé pendant son enfance et qui abuse à son tour ne le fait pas ipso facto parce qu’il a été abusé, au sens où il serait habité par des pressions intra psychiques intenses, contraignantes et spécifiques qui l’entraînent à la reproduction de son drame.

II. Comment l’abus sexuel est-il pris en charge en France et en Belgique ?

Je distingue cinq chemins principaux de " prise en charge ", dans l’acceptation large du terme :

A. Le premier, et très probablement le plus fréquent, c’est le silence qui persiste.
Au moment où l’abus a eu lieu, l’enfant se tait ; après, il continue à se taire de façon habituelle ; tout au plus certains sortent-ils occasionnellement du silence, par exemple dans l’anonymat d’un forum Internet ; là au moins ils ont confiance et cherchent un peu de solidarité et d’explications auprès de leurs pairs ; ou encore, longtemps après, d’autres se confient à leur partenaire sentimental enfin déniché. Des règlements de compte tardifs comme on en voit dans le film Festen ( T. Vintenberg, 1996 ) sont beaucoup plus rares.

Ce silence prolongé est le fait d’enfants résilients qui se débrouillent et cicatrisent tout seuls ; à leurs côtés, hélas, bien des enfants traumatisés restent trop effrayés ou trop mal dans leur peau pour jamais risquer de parler ; enfin, presque par définition, les enfants " allumés " n’ont pas envie de dénoncer ce qu’ils considèrent comme positif : ils ne le font que si un jour on leur fait des reproches pour leur sexualité du moment et qu’ils se cherchent des excuses.

B. Il y a alors le petit groupe des familles qui règlent leurs problèmes toutes seules, sans aide externe. Elles le font surtout lorsque l’auteur de l'abus est un mineur, membre ou externe à la famille. Plus rarement, c’est un adulte qu’elles remettent vertement à sa place. Saluons au passage la résilience de ces familles, mais regrettons peut-être que les victimes ne trouvent pas toujours toutes l’aide spécialisée que leur état nécessite.

C. Il y a ensuite les cas qui, après avoir été révélés, font l’objet d’une prise en charge psycho-médico-sociale exclusive. Ils sont probablement moins fréquents en France qu’en Belgique ( +/- 25 % des cas de prise en charge officielles ) (8).

Le succès de l’entreprise est variable : certaines prises en charge s’effritent au fil du temps et la famille disparaît dans la nature, ou plus exactement dans l’inertie des rendez-vous manqués et le fatras des rapports inutiles. D’autres se soldent avec succès parce que, comme on l’espérait, tout le monde s’est montré raisonnablement réceptif à l’offre d’aide qui était faite (9) .

Dans d’autres cas enfin, la résistance au travail proposé est telle que les intervenants psycho-sociaux demandent le complément d’aide spécifique des intervenants judiciaires. On rejoint alors les deux chemins suivants :

D. Il y a alors le groupe assez important des enfants - et, plus souvent, de leur entourage - qui signalent les faits abusifs au système judiciaire pénal, alors qu’ils n’ont comme " preuve " que la parole de l’enfant. Ils le font tout de suite, spontanément ou c’est pris en charge par intervenants médico-psycho-sociaux interposés, dans le cadre de la culture du signalement très contraignante en France. Ou ils le font à un moment donné du chemin à l’amiable qui serait occupé à stagner ( pratique plutôt belge ).

Néanmoins que l’on soit belge ou français et quelles que soient les nuances de la porte d’entrée, ce qui s’en suit est du même ordre :

1. Dans une minorité de ces cas, des aveux sont obtenus de l’abuseur, soit parce qu’il craque, soit parce qu’il ne peut pas nier le poids d’autres indices matériels quand même découverts progressivement par les enquêteurs. Alors, normalement, les tribunaux pénaux le condamnent et le sanctionnent ; après quoi, il arrive qu’il soit bien aidé psychologiquement lors de son éventuel séjour carcéral ( mieux en France qu’en Belgique ).

Néanmoins la prise en charge conjointe de la victime et de sa famille est plus aléatoire ; lorsqu’elle existe, la coopération du système d’aide avec le système pénal est souvent faible ou nulle : aucun ne sort vraiment de sa logique pour accorder beaucoup d’importance à l’autre ; quoique non indispensables, des épreuves traumatisantes attendent donc la victime ( répétition des interrogatoires ; confrontations directes des enfants, même jeunes, avec les suspects etc. ) ; après condamnation, on ne prend pas bien en charge les actes de réparation destinés à la victime, etc... En outre, la libération des détenus est parfois bien rapide et faite sans précaution pour la victime. Que de fois celle-ci ne se retrouve-t-elle pas au foyer avec un père non repenti et qui lui en veut !

C’est le moment de signaler combien me heurte un autre slogan à la mode " La sanction pénale est thérapeutique " (10). ( pour qui ? l’auteur ? la victime ? les deux ? ). C’est une belle confusion de genres !

Une sanction méritée est juste pour l’abuseur ; elle l’aide éventuellement à réfléchir autrement sa vie et à réadapter ses comportements ; elle est une condition intéressante pour qu’il renonce à l’idée de sa toute-puissance et accepte de faire soigner la partie malade de son être.

Une sanction significative gagne donc à exister, mais ne doit pas nécessairement être pénale! Elle peut également émaner du groupe social qui inviterait fermement l’abuseur à mettre en oeuvre des réparations concrètes valables, tout en n’ayant pas le droit de l’y contraindre.

La sanction de l’auteur n’est pas non plus ipso facto thérapeutique pour la victime. C’est moins simple que cela ! Pour beaucoup d’enfants, elle aura un effet positif dans leur vie – comme la réparation d’une injustice subie – et les aidera à reprendre confiance dans les forces protectrices du monde ; elle ne remplace néanmoins pas ce que la rencontre de soi dans la parole peut leur apporter comme libération. Pour d’autres, la sanction de l’abuseur sera d’abord vécue comme triste, effrayante, culpabilisante et il faudra les aider à faire face à ces sentiments et à ces idées pénibles.

2. Mais dans la majorité des cas, l’on ne dispose jamais comme " preuve " que de la seule parole de l’enfant et ce qui s’en suit est encore pire : en face il y a un suspect dont la personnalité est souvent bien affirmée, qui sait qu’il joue sa peau ( perte d’image sociale et incarcération ), et qui a eu tout le temps de redonner une virginité à son ordinateur. Donc, il n’avoue pas ; et ses avocats, bien plus entraînés à ces problèmes en 2003 qu’en 1990, savent comment semer le doute. Alors, la traumatisation secondaire à bas bruit peut vraiment devenir effrayante. Par exemple :

* inertie du déroulement du processus judiciaire ; c’est la routine habituelle, ici, et pas vraiment la recherche du flag !

* interrogatoires, examens physiques, expertises et contre-expertises multiples, dans une ambiance émotionnelle et avec une compétence technique des plus variables ; confrontations directes éprouvantes entre l’enfant et le suspect (11) .

* Absence des mesures de protection pendant l’instruction judiciaire et persistance des contacts enfant-abuseur; (12) non mise en action parallèle du Tribunal pour mineurs pourtant apte à veiller spécifiquement sur les dangers toujours présents.

* Absence d’aide médico-psycho-sociale ou incoordination entre celle-ci et le système judiciaire.

Si nous voulons être honnêtes, n’est-ce pas le pain quotidien des enfants de ce vaste sous-groupe ?

3. On peut faire les mêmes observations lorsque le signalement judiciaire est fait par un parent dans le cadre d’une séparation parentale ; selon les cas, le suspect est l’autre parent, son compagnon ou sa compagne, ou un membre majeur ou mineur de la famille de l’ex.

Il n’est pas inutile de rappeler que dans ces contextes où ce sont souvent des enfants très jeunes qui sont concernés, les études réalisées montrent que les faits sont avérés entre 30 et 70 % des fois. Pourtant, l’inertie pour investiguer est souvent plus importante que jamais : pense-t-on, sans rire, qu’un enfant de quatre ans pourra encore dire quelque chose de crédible à un expert ou à un policier huit mois après la première plainte déposée ? Toujours pas de justice rapide, oh que non, pour les petits enfants!

Par ailleurs, les autorités pénales ne veillent pas toujours à faire suspendre les contacts entre ceux-ci et leur possible abuseur pendant la durée de l’investigation judiciaire, ni même à demander l’aide du Tribunal pour mineurs. Et l’on touche parfois même au surréalisme : chaque sous-institution y allant superbement de sa logique propre, on voit des parents condamnés pour non présentation d’enfants au suspect pendant le temps de l’instruction !

E. Reste alors le dernier groupe, pas très nombreux, où existent tout de suite des preuves matérielles aux côtés de la parole de l’enfant ( p. ex. jeune adolescente qui arrive en salle d’urgences après un viol ). Ce qui s’en suit correspond a ce qui a été décrit dans le chemin D1.

N.B. Et enfin, cerise sur le gâteau, il faudrait évoquer ces nombreux placement vite fait bien fait de l’enfant, voire de sa famille, qui lui tombent surtout dessus s’il est d’un milieu défavorisé, que sa famille à l’air brouillon et bouillonnant, n’a pas de bons avocats pour la défendre et est entouré d’un bourdonnement d’agences sociales. Placements erratiques, quelle que soit la qualité humaine de nombreuses maisons d’enfants, sans grande logique ni pour l’indication d’arrivée, ni pour celle de départ, ni pour fixer les contacts en cours de route avec la famille. L’inverse est tout aussi erratique : maintien de l’enfant en famille alors que le serpent du livre de la jungle s’enroule autour de son corps et séduit son âme chaque soir.

III. Après abus grave, quels sont les besoins de l’enfant victime ? (13)

A. Primum non nocere : il est impératif que la mise en place de l’appareil institutionnel de prise en charge ne soit pas plus traumatisante que l’abus. L’enfant ne fait pas la part des choses entre les bons et les mauvais agresseurs : il veut moins souffrir, un point c’est tout! Que l’on ne tue donc pas l’espérance qui l’a habitée au moment où il s’est décidé à parler!

B. L’enfant, a d’abord et avant tout besoin d’une présence bienveillante à ses côtés.

Présence qui puisse écouter et compatit. Ecouter, laisser parler, encourager à se déployer ... sans vouloir tout de suite reprendre et critiquer, au nom des meilleurs intentions du monde (" Mais non, petit, tu n’es coupable de rien ").

* Prendre au sérieux, gravement, ce que l’enfant raconte et vit.

* Partager avec lui des émotions et des idées ; donner de l’amitié bienveillante compatir ; s’indigner.

* Chercher à consoler et à réassurer l’enfant sur la valeur d’être qu’il conserve.

* S’engager aux côtés de l’enfant et de sa famille pour améliorer leur sort.

* Parler d’autre chose ; ne pas réduire l’enfant à sa dimension " abusé ".

C. Simultanément, il est souhaitable qu’une protection de meilleure qualité mette l’enfant à l’abri des récidives d’agression ; protection concrète, qui ne relève pas d’une sorte d’utopie bureaucratisée. Alors, à quel prix?

* L’activisme, le manque de discrétion et la précipitation sont très mauvais conseillers ; ils aboutissent surtout à rendre impossible la tâche des professionnels à venir et à permettre au suspect de bien organiser sa défense ;

* l’enfant gagne à participer à sa propre protection, à la mesure de ses forces et ce peut être plus efficace qu’on ne le croit ( " Non ", plus fermes ; mises à distance plus efficaces, etc.).

* La vigilance et la solidarité de l’entourage informel et sain de l’enfant peuvent également être des adjuvants précieux.

* Enfin, s’avère le plus souvent positif que l’on peut appeler un sentiment de sollicitude et de responsabilité de longue durée à l’oeuvre chez les professionnels. Certes, il est normal et structurant qu’existent des compétences complémentaires, que des tâches soient réparties et des relais pris. Mais l’ambiance de protection s’améliore si chaque professionnel présent le temps d’une étape ne se sent pas quitte de sa responsabilité une fois que l’enfant quitte son territoire, continue à sentir de la sollicitude pour ce qu’il devient et concrétise la permanence de sa vigilance en fonction des circonstances.

1) Les fois rares mais réelles où l’on ne peut pas gagner en protection matérielle, on peut s’efforcer de rester en contact avec l’enfant pour discuter avec lui de ce qu’est l’intégrité spirituelle : un adulte a peut-être le pouvoir d’abîmer son corps d’enfant mais jamais, celui de s’emparer, ipso facto, de son âme. Si l’enfant le veut de toutes ses forces, le plus pur de lui-même, - c’est-à-dire son psychisme et ses valeurs - resteront intégralement hors d’atteinte.

D. Tous les enfants n’aiment pas que leurs malheurs soient étalés sur la voie publique et nous avons donc un devoir de discrétion à leur égard. Beaucoup apprécieront néanmoins que, dans le cadre de cette discrétion, il existe une reconnaissance sociale du préjudice qu’ils ont subi, une sanction de l’abuseur et si possible une réparation concrète de sa faute.

E. Le cas échéant, ils apprécient aussi que l’on " rebondisse " sur leurs malheurs pour améliorer leur sort général : prise en compte d’éventuels besoins sociaux de leur famille ; prise en charge de leur problématique psychique, etc ... Néanmoins, et veulent encore plus fondamentalement, les enfants que l'on respecte leur liberté à dire " Non ", et donc, qu’on ne leur impose ni traitement ni autres réaménagements contre leur gré.

Retour au menu princeps.                                                         Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

§ VI. Quels souhaits pour quel avenir?

Après trente ans d’engagement professionnel dans la lutte contre la maltraitance sous toutes ses formes, je pense être en droit d’émettre les souhaits que voici :

I. Faire acte de réalisme et d’humilité ; arrêter de nous payer de mots et de faire du tapage socio-politique autour de notre soi-disant efficacité!

Nous avons mis au point des types d’intervention qui se centrent trop sur la mise en place d’institutions officielles spécialisées ; celles-ci exigent des moyens financiers que nous n’avons pas. Nous faisons la politique de l’autruche à ce propos ; nous faisons semblant que quelques expériences psycho-sociales pilotes suffisent à la tâche ( Belgique ) ; nous montons en épingle dans les statistiques la minorité de cas traités ou sanctionnés ( Belgique, France ) en nous gardant bien d’évoquer la majorité silencieuse des autres qui stagnent ou se retournent contre les victimes.

De lourds vécus émotionnels continuent à peser dans les institutions ( p. ex.; protéger des proches aimés ou estimés contre les assertions nécessairement fabulatrices des petits enfants – Il est tout-à-fait impossible que ce soit ce chef de service ou ce neveu célibataire si distingué! – etc... ). Nous sommes souvent bureaucratiques et sans générosité ( chacun son petit rôle et la patate chaude à passer au suivant et encore, lentement, dans l’enlisement des lettres et des rapports écrits ). Nos institutions respectives sont souvent en rivalité pénible les unes avec les autres sur le dos de l’enfant. ( Qui sera le plus fort ? Qui aura le pouvoir et qui se soumettra ?. C’est cela, entres autre, l’enjeu historique et secret de la pression au signalement qui s’est abattue en France ).

Face à ces limites et à ces risques, on devrait réserver la machinerie officielle lourde aux cas les plus pathologiques, dangereux ou scandaleux et pour tous les autres, qui sont majoritaires, on devrait trouver davantage de solidarités locales et d’engagements citoyens aptes à écouter et à protéger l’enfant dans et depuis son tissu social informel.

II. Mieux garantir l’accueil et la prise au sérieux de la victime.

Il existe une sinusoïde de l’Histoire en vertu de laquelle les enfants qui se plaignent sont successivement de plus en plus pris au sérieux, et après, considérés comme des fabulateurs et fauteurs de trouble, susceptibles de déstabiliser l’Ordre adulte en place.

Freud a vécu cet aller-retour de l’intérieur, lui qui a d’abord cru avec beaucoup d’émotion à la matérialité des révélations sexuelles de ses patients, puis qui, effrayé sans s’en rendre compte par l’ampleur qu’elles prenaient et par les conséquences concrètes qu’il aurait fallu en tirer, s’est mis à dénier cette matérialité et à faire de ces récits des fantasmes.

Et c’est ce qui nous arrive à nouveau! Après que Kempe, Silvermann puis tant d’autres nous aient ouvert les yeux sur la réalité de la maltraitance physique dans les années 70, on recommence à douter ferme.

Signe des temps, les séries télévisées populaires montrent de moins en moins d’enfants abusés qui ont peur de parler, et de plus en plus d’enfants suggestionnés par leur mère pour mentir.

Signe des temps : nombre d’intervenants courageux qui avaient voulu prendre le parti de l’enfant sont maintenant poursuivis par leur Ordre des médecins, insultés dans des jugements de Tribunaux , attaqués par des associations de pères dont chaque membre, of course, est au-dessus de tout soupçon, etc.. Quant à la manière dont on traite l’enfant, c’est souvent pire : on prétend publiquement qu’on l’écoute mieux, en se référant à l’existence de techniques d’entretien contemporaines mieux au point ... mais sur le fond, qu’en est-il ? On ne fait rien de sa parole, on le presse comme un citron d’expertises en contre-expertises ; les avocats utilisent la vidéo-cassette avec l’enregistrement de ses déclarations, censée le protéger, pour le massacrer en se focalisant sur ses quelques failles ...

Et même quand il reste vaillant face à toutes ces tempêtes, on finit trop souvent par déclarer, pseudo-désolés et la main sur le coeur que, même si sa parole suggère une très forte probabilité des faits, elle ne fait pas le poids devant la sacro-sainte présomption d’innocence.

Dernier acte de cette farce : nous sommes tous invités, lui le premier, à nous soumettre à la vérité judiciaire, même si elle ne sait que trop bien qu’elle n’est pas toujours celle des faits.

En résumé, quand il n’y a pas d’aveux ni de preuves matérielles, le match Enfant-agresseur que les campagnes de prévention annonçaient à celui-là gagné 6-0 en cinq secs, se trouve avec le score 1-6 après trois ans d’un parcours éprouvant du combattant.

III. L’invitation pressante à une vraie compétence et à la coopération.

A. Il est urgent que les psys, en fonction de diagnostic et experts officiels, connaissent bien les signes les plus fiables de la maltraitance, qui ressortent de l’analyse du comportement et du discours de l’enfant et de son entourage. Qu’ils arrêtent de se servir des réponses données à des tests projectifs tout comme de symboles et d’indicateurs indirects présents dans des dessins d’enfants en leur attribuant une valeur indicative puissante qu’ils sont loin d’avoir. En outre, si l’enfant révèle des faits d’abus, que chacun se réfère correctement à la seule grille d’analyse actuellement validée, la SVA (statement validation analysis).

Que les magistrats eux aussi aient une connaissance au moins générale de cette dernière, mais surtout, que l’on se mette d’accord pour admettre qu’un haut degré de probabilité de crédibilité à la SVA est équivalent à un élément de preuve matérielle. Alors, il n’y aura plus de recours ... abusif à la notion de présomption d’innocence, au demeurant excellente dans son principe.

B. On ne devrait jamais parler de judiciarisation d’un cas, mais de mise en oeuvre conjointe d’une dimension judiciaire et d’une autre, médico-psycho-sociale en charge de l’aide à la victime et à sa famille. Tout en respectant l’indépendance des deux catégories d’institutions engagées, chacune devrait être attentive à l’importance et aux besoins de l’autre, ainsi qu’aux intérêts profonds de la victime.

Il faut mettre également de l’énergie coordonnée à améliorer le sort de la famille et le fonctionnement psychique de l’abuseur. L’institution judiciaire pénale devrait associer précocement et quasi-systématiquement le Tribunal pour mineurs à son action, vu les enjeux protectionnels souvent délicats qui se posent. Ce dernier devrait exercer son droit d’agir au-delà d’un éventuel non-lieu prononcé par la justice pénale, s’il estime que l’enfant reste en danger.

Dans tous les cas où une instruction pénale a lieu dans le contexte d’une séparation conjugale, les contacts de l’enfant avec le suspect devraient être suspendus immédiatement et pour toute la durée de l’instruction ; ensuite, quelque que soit la position pénale, c’est au Tribunal des mineurs que devrait revenir l’appréciation de la conduite à tenir.

C. Enfin, plus radicalement, je reste convaincu qu’il ne faut pas demander l’intervention complémentaire de la Justice pour tous les cas avérés ou suspects de maltraitance physique ou sexuelle. Ce qui compte c’est de donner à la personne en danger la meilleure assistance qui soit. Ajouter des institutions complique parfois les choses et fait courir de nouveaux risques à tout le monde.

Pour vous convaincre que je ne dramatise pas et que mes considérations sont valides, je vous invite à lire en annexe des extraits du rapport de Mr Juan-Miguel Petit, commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, suite à sa visite d’inspection en France en 2002.

IV. Mes souhaits en matière de prévention.

Ils sont modestes et portent surtout sur la prévention secondaire.

A. Je voudrais que l’on encourage les enfants à comprendre leur propre sexualité et celle des autres et à en avoir globalement une image positive. Certes, il existe quelques zones noires qu’ils doivent repérer et éviter, mais la sexualité est d’abord et avant tout une richesse de leur vie et de la vie sociale.

Qu’on accroisse leur lucidité pour repérer quand ils sont menacés ; qu’on les encourage à se protéger eux-mêmes à la mesure de leurs moyens et qu’on améliore leur compétence pour y réussir. Intention à propos de laquelle il faut " partir de loin " : c’est en acceptant les " Non " des enfants dans la vie de tous les jours, face à nos injustices, qu’on installe en eux la confiance dans leur capacité à se défendre.

Qu’on informe authentiquement les enfants sur l’aide qu’ils peuvent attendre des adultes, en ce inclus ses limites, en les éclairant correctement ; et puis qu’on laisse davantage choisir à quelles portes ils iront frapper, plutôt que de les gargariser de promesses pour politiciens en période électorale.

B. Je voudrais aussi que l’on sensibilise l’entourage immédiat et " sain " de l’enfant à l’importance que revêt son engagement aux côtés de l’enfant. La solidarité de cet entourage, sa fermeté pour dire " Non " lui aussi, sa vigilance continuée, ainsi que son attitude juste par rapport à celui qui a maltraité sont des éléments très intéressants mais malheureusement sous-employés dans les processus d’aide contemporains.

C. Je voudrais enfin que l’on arrête de regarder, comme des monstres irrécupérables, celles et ceux qui ont dérapé, voire commis des maltraitances habituelles. Ce sont des êtres de la même chair et du même esprit humains que nous. Si l’on veut qu’ils changent, il faut aller vers eux, les accueillir, les écouter, désapprouver leurs actes mauvais, certes – sans l’alibi facile de la pathologie -, leur rappeler quelles sont les lois de la vie et l’obligation de les respecter, travailler leur mental pour que changent leurs idées toxiques et les surveiller ensuite dans le même état d’esprit que l’on encadre un ancien alcoolique. Ils doivent arriver à demander pardon pour ce qu’ils ont fait et réparer leur faute, mais tout ceci n’exige pas chaque fois la sortie d’une confidentialité partagée. (14)

Retour au menu princeps.
Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be



VIDEO et BIBLIOGRAPHIE.

1. Je vous recommande particulièrement une synthèse pluridisciplinaire que nous avons réalisée à plusieurs praticiens, de Belgique, France et Luxembourg, médecins, travailleurs sociaux, psychologues et éducateurs, et qui s’intitule : Le traitement pluridisciplinaire de l’enfant abusé et de sa famille ; trois vidéo-cassettes (ou 3 DVD) disponibles à l’adresse ANTHEA : Anthea@internet-club.fr

2. Parmi les livres et articles que j’ai écrits, il y a notamment :

1997.

J.Y. Hayez, E. de Becker, " L’enfant victime d’abus sexuel et sa famille : évaluation et traitement ", Coll. Monographies de la psychiatrie de l’enfant, Paris, P.U.F., 301 p.

1999.

J.Y. Hayez, E. de Becker, " Abus sexuel sur mineurs d’âge ", Encycl. Méd Chir (Elsevier, Paris), Psychiatrie, 37-204-H-10, 1999, 5 p.

J.Y. Hayez " Sexualité des enfants en âge d’école primaire ", Perspectives psychiatriques, 38-4, 282-299.

2001.

J.Y. Hayez " Pour battre en brèche l’idée qu’il y a des abuseurs sexuels partout, et dès la maternelle. " Enfance-Adolescence, 2001,1,67-76

J.Y. Hayez et E. de Becker, Perspective systémique et travail familial ou de couple dans la prise en charge des auteurs d’agression sexuelle, 237-254 in Psychopathologie et traitements actuels des auteurs d’agression sexuelle, Actes de la conférence de consensus de la Fédération française de psychiatrie.

3. Début 2004, je publierai aux éditions Odile Jacob un livre portant sur la sexualité saine et pathologique des 6-13 ans et sur leur accompagnement éducatif et thérapeutique. Le titre n’est pas encore fixé ; votre présidente, Madame le Docteur Coinçon m’a suggéré Je veux voir tes mains ( sous titre : les 6-13 ans, leur vie sexuelle et leurs parents ) Wait and see ...



ANNEXE.

EXTRAITS DU RAPPORT DU COMMISSAIRE DE L'ONU

COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME
Cinquante-neuvième session
Point 13 de l’ordre du jour provisoire

DROITS DE L’ENFANT
Note présentée par M. Juan Miguel Petit, Rapporteur spécial sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant des enfants, conformément à la résolution 2002/92 de la Commission des droits de l’homme.


Additif

Note préliminaire sur la mission en France (25-29 novembre 2002)*


13. Le Rapporteur spécial ne considère pas que les sévices sexuels contre des enfants constituent un phénomène plus courant en France que dans d’autres pays européens. On constate toutefois que de nombreuses personnes ayant une responsabilité dans la protection des droits de l’enfant, en particulier dans le système judiciaire, continuent de nier l’existence et l’ampleur de ce phénomène.

14. Les personnes qui soupçonnent et signalent des cas de sévices à enfant peuvent se voir accuser de mentir ou de manipuler les enfants concernés et risquent des poursuites ou des sanctions administratives pour diffamation si leurs allégations n’aboutissent pas à des poursuites suivies de la condamnation de l’auteur présumé des sévices. En particulier, les professionnels de la santé encourent des risques dans ce domaine et rien n’indique que les médecins bénéficient de l’aide et du soutien du Conseil de l’ordre des médecins français.

15. Dans un nombre croissant de cas, un parent séparé, habituellement la mère, choisit d’amener l’enfant ou les enfants à l’étranger plutôt que de se conformer aux décisions d’un tribunal accordant des droits de visite ou attribuant la garde à l’auteur présumé des sévices, ce qui, à son tour, pourrait exposer l’enfant à de nouveaux sévices sexuels. Il est même arrivé que des juges et des avocats au courant des faiblesses du système judiciaire conseillent, officieusement, à certains parents d’agir de la sorte. Ces parents se trouvent donc sous la menace de poursuites criminelles pour leurs actes aussi bien en France que dans le pays où ils se rendent.

16. Le manque de ressources, de formation et de spécialisation dont souffrent les juges et les avocats s’occupant d’affaires de sévices sexuels contre des enfants fait que les droits de l’enfant impliqué dans des poursuites judiciaires ne sont parfois pas suffisamment protégés. Il s’ensuit que les enfants concernés risquent souvent de continuer à subir des sévices.

17. Il est certes possible que de fausses allégations de sévices sexuels contre des enfants aient été faites dans le cadre de procédures visant à attribuer la garde de l’enfant. Toutefois, le Rapporteur spécial, après avoir examiné les preuves concernant les affaires portées à son attention, a pu conclure que ces allégations étaient sérieuses et fondées et que la suite qui leur avait été donnée ne correspondait pas à l’intérêt supérieur de l’enfant.

18. Dans les affaires civiles visant à attribuer la garde de l’enfant, celui-ci ne bénéficie pas d’un droit automatique d’être entendu. Bien que les tribunaux civils puissent entendre l’enfant à la discrétion du président du tribunal, l’enfant n’est quasiment jamais entendu.

19. Lorsque des poursuites pénales sont engagées contre les auteurs présumés de sévices, les tribunaux civils ne sont pas supposés prendre de décisions quant à la garde ou aux droits de visite jusqu’à ce que la procédure pénale soit menée à son terme. Dans la pratique, toutefois, cette disposition n’est pas respectée, ce qui donne lieu à une situation où l’enfant est obligé de rester, souvent sans surveillance, avec une personne faisant l’objet d’une enquête pénale pour des sévices infligés à ce même enfant.

Recommandations

21. Il convient de respecter l’article 12 de la Convention relative aux droits de l’enfant, qui consacre le droit de l’enfant d’exprimer ses souhaits et son opinion et, notamment, " la possibilité d’être entendu dans toute procédure judiciaire ou administrative l’intéressant ". Le Rapporteur spécial comprend certes qu’il importe d’éviter une situation où un enfant est obligé de répéter plusieurs fois des allégations, mais il est encore plus important de prendre au sérieux et de croire un enfant qui parle de sévices.

24. Étant donné le nombre de cas laissant apparaître un grave déni de justice pour les enfants victimes de sévices sexuels et les personnes qui tentent de les protéger, il serait bon qu’un organe indépendant, de préférence la Commission nationale consultative des droits de l’homme, mène de toute urgence une enquête sur la situation actuelle.

26. Le système judiciaire devrait se voir allouer des ressources suffisantes pour être en mesure de dispenser une formation en matière de droits de l’enfant et de suivre convenablement les affaires s’y rapportant.

27. Lorsque des poursuites pénales sont engagées contre les auteurs présumés de sévices, les tribunaux civils ne doivent pas statuer sur la garde ou les droits de visite tant que la procédure pénale n’a pas été menée à son terme. Dans l’intervalle, l’auteur présumé des sévices ne devrait avoir accès à l’enfant que sous une supervision constante.

28. Le Conseil de l’ordre des médecins français doit de toute urgence revoir ses procédures, de façon à soutenir, au lieu de les condamner, les médecins qui font part de leurs soupçons de sévices à enfant.


Retour au menu princeps.
Retour au début.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 

NOTES.


(1). Jean-Yves HAYEZ, psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, premier chef de l’Unité de pédopsychiatrie, Cliniques universitaires Saint-Luc, 10, avenue Hippocrate, B-1200 Bruxelles – Courriel : jyhayez@uclouvain.be

(2). Les termes " enfants " et " mineurs avant la majorité sexuelle " sont synonymes, sauf spécifications indiquées dans le texte.

(3). Je ne puis raisonner ici qu’en termes statistiques en décrivant l’impact d’une atteinte précise sur la majorité des enfants qui la subissent. Mais n’oublions jamais qu’il y a les hypersensibles et les hyposensibles.

(4). Le corps peut être traumatisé, lui aussi, surtout dans ses parties sexuelles ( ou/et via une MST, une grossesse précoce ... ). Le trauma physique va souvent de pair avec un trauma psychique mais les intensités respectives peuvent être dissociées.

(5). A ma connaissance, le SVA québecois – statement validation analysis – est le seul convenablement validé. Il statue sur la probabilité de crédibilité des dires d’un enfant ; les items qu’il propose sont néanmoins très intéressants et peuvent être utilisés à des fins diagnostiques plus larges.

(6). Ce " partenariat " commence néanmoins parfois beaucoup plus vite que l’on pense, p. ex. quand adultes et enfants acceptent de regarder ensemble de la pornographie ( ... la cassette louée le samedi soir).

(7). Ou son bf, modernité oblige ...

(8). Elles portent principalement sur des cas d’abus sexuels intra-familial où l’on a une première intuition que les faits seront reconnus, y inclus par celui qui abuse, et que la collaboration sera positive.

(9). Même si les motivation de cette réceptivité et l’engagement de chacun dans le processus restent très variables.

(10). Les tenants de ce slogan lui donnent même une signification encore plus contraignante " Sans sanction pénale, pas de thérapie possible ... ceux qui ne recourent pas à la sanction pénale sont eux-mêmes des tout-puissants hors-la-loi. "

(11). Quand on veut bien y réfléchir, seuls quelques adolescents - qui pratiquement ont demandé eux-mêmes la confrontation – regarderont leur abuseur dans les yeux et maintiendront ce qu’ils auront à dire! Pour tous les autres, c’est une expérience effrayante et anti-contributive à la vérité : l’enfant se liquéfie de peur, en le montrant ou pas, et l’adulte rentre dans sa forteresse, et achève sa trahison!

(12). A tout le moins peut-on " espérer " que, en cette période d’incertitude, leur dimension sexuelle est mise entre parenthèse.

(13). Et, par analogie, ceux des parties saines de sa famille, que nous ne détaillerons pas ici. La personne qui a abusé a aussi ses besoins, mais ce ne sera pas non plus l’objet de ce texte.

(14). Partagée : avec les éléments sains de la famille ou/et de la famille élargie, avec l’un ou l’autre voisin ou intervenant de première ligne prêt à l’engager.


Retour au menu princeps.

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 

Création le 27 avril 2003.
Dernière mise à jour le dimanche 11 avril 2010.
Issu du document " atteinte " du 24.04.03 en word 6.0 pour win95 et d'un texte de 34 pages imprimé en Word reçus du professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds

 


Fin du dossier























































































































































































... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be












 

































































































































































































Bravo de m'avoir trouvé

Félicitations

Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )

Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez


je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be












 







































































































































































































































































































































































































... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be












 




















































































































































































Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.








Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez


je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be












 
























































































































































































































 



Plan.     ici

Bibliographie.     ici

Notes.     ici

Télécharger.     ici





je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 



































PLAN.

Cochez ici pour télécharger
le texte original et intégral de ce site en format traitement de texte.

Cochez ici pour voir le texte original et intégral immédiatement sur votre écran.
Atteintes sexuelles des enfants :
une perspective phénoménologique et de Santé Publique.


§ I. Introduction.

I. Intégrité sexuelle.
II. Quatre catégories d’expériences.
III. L’atteinte à l’intégrité sexuelle.
§ II. Les dysfonctionnements éducatifs.

A. Idéalement, de quoi l’enfant a-t-il besoin de notre part pour garantir son bon développement sexuel ?

B. Voici deux autres attitudes adultes qui, dans la plupart des cas, ne nuisent pas à l’enfant mais l’aident plutôt à rebondir et à se montrer autonome et entreprenant.

C. Quelques illustrations de ces " dysfonctionnements éducatifs " dont les conséquences sont susceptibles d’être multiples et parfois lourdes.

§ III. Les épines sexuelles.

I. Ce qui caractérise les épines
II. Peut-on décrire quelques épines-type ?
III. Faire face aux épines sexuelles.
§ IV. Les dérapages sexuels

I. Présentation du problème.
II. Caractéristiques des dérapages sexuels
A. Le processus.
B. Quant à leur forme externe.
III. Faire face aux dérapages sexuels
§ V. Les abus sexuels graves

I. Les conséquences psychologiques de l’abus grave

II. Comment l’abus sexuel est-il pris en charge en France et en Belgique ?

A. Le silence qui persiste.
B. Des familles qui règlent leurs problèmes toutes seules.
C. Une prise en charge psycho-médico-sociale exclusive.
D. Qui signalent les faits abusifs au système judiciaire pénal, alors qu’ils n’ont comme " preuve " que la parole de l’enfant.
E. Où existent tout de suite des preuves matérielles.

III. Après abus grave, quels sont les besoins de l’enfant victime ?

§ VI. Quels souhaits pour quel avenir ?

I. Faire acte de réalisme et d’humilité ; arrêter de nous payer de mots et de faire du tapage socio-politique autour de notre soi-disant efficacité!
II. Mieux garantir l’accueil et la prise au sérieux de la victime.
III. L’invitation pressante à une vraie compétence et à la coopération.
IV. Mes souhaits en matière de prévention.
Video et bibliographie

Annexe : extraits du rapport du commissaire de l'Onu.

Notes.



je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 


































notes automatiques.
.
.
Note 1.


(1). J.-Y. HAYEZ, pédopsychiatre, docteur en psychologie, coordinateur de l’équipe SOS Enfants-Famille et responsable de l’Unité de pédopsychiatrie, Cliniques universitaires Saint-Luc, 10 avenue Hippocrate, B-1200 Bruxelles – E-Mail : jyhayez@uclouvain.be

Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 2.


(2). Les termes " enfants " et " mineurs avant la majorité sexuelle " sont synonymes, sauf spécifications indiquées dans le texte.

Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 3.


(3). Je ne puis raisonner ici qu’en termes statistiques en décrivant l’impact d’une atteinte précise sur la majorité des enfants qui la subissent. Mais n’oublions jamais qu’il y a les hypersensibles et les hyposensibles.


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 4.


(4). Le corps peut être traumatisé, lui aussi, surtout dans ses parties sexuelles ( ou/et via une MST, une grossesse précoce ... ). Le trauma physique va souvent de pair avec un trauma psychique mais les intensités respectives peuvent être dissociées.


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 5.


(5). A ma connaissance, le SVA québecois – statement validation analysis – est le seul convenablement validé. Il statue sur la probabilité de crédibilité des dires d’un enfant ; les items qu’il propose sont néanmoins très intéressants et peuvent être utilisés à des fins diagnostiques plus larges.


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 6.


(6). Ce " partenariat " commence néanmoins parfois beaucoup plus vite que l’on pense, p. ex. quand adultes et enfants acceptent de regarder ensemble de la pornographie ( ... la cassette louée le samedi soir).


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 7.


(7). Ou son bf, modernité oblige ...


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 8.


(8). Elles portent principalement sur des cas d’abus sexuels intra-familial où l’on a une première intuition que les faits seront reconnus, y inclus par celui qui abuse, et que la collaboration sera positive.


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 9.


(9). Même si les motivation de cette réceptivité et l’engagement de chacun dans le processus restent très variables.


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 10.


(10). Les tenants de ce slogan lui donnent même une signification encore plus contraignante " Sans sanction pénale, pas de thérapie possible ... ceux qui ne recourent pas à la sanction pénale sont eux-mêmes des tout-puissants hors-la-loi. "


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 11.


(11). Quand on veut bien y réfléchir, seuls quelques adolescents - qui pratiquement ont demandé eux-mêmes la confrontation – regarderont leur abuseur dans les yeux et maintiendront ce qu’ils auront à dire! Pour tous les autres, c’est une expérience effrayante et anti-contributive à la vérité : l’enfant se liquéfie de peur, en le montrant ou pas, et l’adulte rentre dans sa forteresse, et achève sa trahison!


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 12.


(12). A tout le moins peut-on " espérer " que, en cette période d’incertitude, leur dimension sexuelle est mise entre parenthèse.


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 13.


(13). Et, par analogie, ceux des parties saines de sa famille, que nous ne détaillerons pas ici. La personne qui a abusé a aussi ses besoins, mais ce ne sera pas non plus l’objet de ce texte.


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be


Fin du dossier






















































































































































































.
.
Note 14.


(14). Partagée : avec les éléments sains de la famille ou/et de la famille élargie, avec l’un ou l’autre voisin ou intervenant de première ligne prêt à l’engager.


Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir



je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 


Fin du dossier






















































































































































































Pour télécharger ce site ...


 
Atteintes sexuelles des enfants :
une perspective phénoménologique et de Santé Publique.

... en format traitement de texte vous avez les choix suivants:

Format word 6.0.


Format word 8

Format word 9.0 pour imprimante couleur ( 30.10.2005 ).

Pour retourner à l'endroit dont je viens de partir


Retour au menu princeps
Retour au début

je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 


Fin du dossier






















































































































































































liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.

abus sexuel, accompagnement éducatif, adolescents abuseurs, adolescents, allégation d'abus sexuel, angoisse de séparation, angoisse, anxiété, assuétude, autorité parentale, beaux-parents, besoins psychiques des enfants, bizarrerie sexuelle infantile, cadre thérapeutique, confidences, confidentialité, conformisme, culpabilité, debriefing collectif, délinquance, dépendance, dépression, destructivité, deuil compliqué, deuil pathologique, éducation sexuelle, enfant abuseur, enfants, énuresie, éthique, équipes SOS-Enfants, famille, famille reconstituée, Familles restructurées, guerre, identité, infanto-juvénile, intervention de crise, Jean-Yves Hayez, jeux sexuels, livres, mendiants, mort, mort d'un proche, mots-clés, pédopsychiatrie, perversion sexuelle infantile, perversion sexuelle, peur, pornographie, protection, psychiatrie de liaison, psychothérapie, publications, relation de soin, réparations, réseau de santé, sanctions, secrets de famille, séparation parentale, sexualité infantile, sexualité normale, signalement, soins pluridisciplinaires, stress, SOS-enfants, suggestibilité, syndrome de stress post-traumatique, traumatisme psychique, trouble de l'endormissement, trouble du comportement, trouble psychique, urgences, violence, vulnerabilité.