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 374-02 = corps
= Sujet bio-psycho-social, l'enfant est donc un corps

1.Je ne comprends pas ADD/H page 27

2. je suis incapable de corriger page 28 :

... à partir d’un certain moment dont le temps d’advenue précis. ...

3. biblio : manque référence pour :Graindorge C. Comprendre l’enfant malade.

4. dessins : corriger en casse similaire ... préciser sujet pour dessins 1 à 3 ...

 

Sujet bio-psycho-social, l’enfant est donc un corps

 

 

 

 

Jean-Yves HAYEZ

 

 

  Je me limiterai à sélectionner quatre champs décrivant le rapport de l’enfant à son corps : le corps est un objet de curiosité et de connaissance ; il sert au pouvoir ; le corps est un objet d’évaluation, d’amour ou de haine et s’inclut dans le narcissisme de l’enfant ; enfin, le corps est le chef-lieu du plaisir

Puis, réfléchissant à la pathologie et à la santé mentales, je développerai un  seul thème, celui de l’implication du génome  En tenons-nous compte et comment ? Qu’en résulte-t-il pour l’exercice de notre liberté et de notre responsabilité ?

 

Je n’aurai donc pas l’occasion d’aborder d’autres champs, comme par exemple, le corps, les performances et les sublimations, ou encore le corps dans la névrose et les maladies psychosomatique, où il constitue alors le lieu d’expression des conflits et des émotions difficiles.

 

 

§ I. Un rapport de curiosité et de connaissance

 

Lieu bien visible, audible et palpable, surprenant, grouillant de vie, source de phénomènes qui échappent parfois à la volonté, tant son propre corps que celui des autres sont d’abord pour l’enfant l’objet d’une grande curiosité scientifique : il en comprend progressivement la composition et le fonctionnement par l’observation, par la comparaison de soi avec les adultes ou avec des gens de son âge : « On a tous un nombril, alors, mais à quoi ça sert ? », « Ooooh, ma petite cousine dans son bain, elle a pas de zizi ». Il écoute les autres et les messages de média. Il fait de multiples expérimentations, et finalement réfléchit beaucoup pour décrire, classer, synthétiser et induire des hypothèses ou des lois de fonctionnement.

 

Tout ceci ne se fait pas sans grands moments d’angoisse, face à un inconnu désarçonnant – le sang qui coule ; ce qui fait mal – ou face au résultat inattendu d’une expérience.

 

ILL : Lilou ( seizeseize16 mois ) debout toute nue dans sa baignoire fait tout à coup pipi. Elle peut observer pour la première fois ce jet qui l’intrigue et l’insécurise à la fois. Soudain, c’est la grande panique, car toute cette eau dans la baignoire, serait-ce elle qui a fait tout ça ? Peut-elle s’y noyer ? Est-ce que son corps n’est pas occupé à se dégonfler comme un ballon ?

 

Elle hurle pour qu’on la sorte, en sauvant néanmoins du déluge les deux petits jouets avec lesquelles elle s’ébattait. Sa maman la calme, puis lui montre et lui explique que l’eau coule du robinet. Un peu inquiète toujours, Lilou veut bien reprendre son bain.

 

Angoisse plus intense encore et irrationnelle lorsqu’il va s’agir de comprendre l’existence et la fonction des organes internes, ce qui prendra beaucoup de temps !

 

 

ILL : Depuis ses deux ans, Amélie ne veut pas aller sur son pot pour sa grosse commission, alors qu’elle est  propre pour faire le pipi qu’elle voit bien jaillir, puis pour aller le jeter dans le WC. Crise de panique, bien plus que d’opposition les quelques fois où l’on a essayé pour la défécation. Probablement a-t-elle peur de perdre une partie d’elle-même, qu’elle sentirait disparaître dans le vide du petit récipient. Pendant quelques mois, elle demande encore la sécurité d’un lange, grâce auquel est largement atténuée cette expérience de la séparation d’avec quelque chose qui – pour elle – reste une partie de soi. Elle remarque à peine le deuxième temps de l’opération, quand on la change. Les parents s’avèrent  patients et tolérants, tout en lui montrant parfois le produit de sa défécation, et en lui expliquant qu’elle s’en est débarrassée en faisant caca à sa manière, qu’il ne s’agit que de déchets et pas d’elle, etc. Admise malgré ce petit point d’immaturité à l’école maternelle à deux ans et demi, Amélie, qui a été respectée dans son angoisse et bien informée, y a  l’occasion d’observer quelques collègues sur leur petit pot de WC et les produits qui en résultent. Dix jours après, elle s’y met aussi.

 

Au long de ce voyage de  prise de connaissance du corps, trois grands défis attendent  chaque enfant :

 

1.              1.       Assumer la différence des sexes, au moins son aspect somatique au début. Il travaille intensément là-dessus entre ses quatre et ses six ans, faisant intervenir plusieurs opérations :  il faut généraliser « C’est toutes les filles qui sont faites de la même manière, et pas seulement ma petite sœur qui serait une erreur de la nature » ; il faut comprendre qu’il s’agit d’une différence, autour de l’intériorité ou de l’extériorité des organes, et pas d’une déficience d’un sexe par rapport à un autre ; il faut faire sien le principe que la sexuation, c’est solide, chevillé au corps et irréversible ; enfin, pour les vrais curieux, c’est-à-dire pour le  grand nombre, reste à résoudre la question de l’origine et de la finalité : Pourquoi est-on différents dans certaines zones du corps ? A quoi cela sert-il ? Pas seulement à garnir et à faire pipi ?

 

Par la suite, durant l’enfance et l’adolescence, l’enfant aura encore l’occasion d’intégrer que la différence des sexes, c’est aussi du psychologique ; du masculin et du féminin ;

 

2. Appliquer

2.              Appliquant au corps l’idée piagétienne de  « permanence de l’objet ». Le corps reste le même, quelles que soient les manipulations ordinaires de la vie quotidienne. Aucune magie ne peut en détacher, en rajouter ou en transformer une partie : touttoutTout enfant de septsept7 ans  est presque complètement totalement sûr qu’il ne peut pas endurer pour du vrai les malheurs de Pinocchio!

 

L’enfant y intègre cependant un savoir sur la croissance, sur la maladie et l’accident,  mais en tant que phénomènes naturels ou événementiels, et pas en tant que coups de magie   : on perd ses dents de petit parce qu’on grandit, et pas pour avoir jadis mordu le sein de sa maman ou le bras d’un rival.

 

3. 3. Le troisième défi amène à intégrer un savoir plus triste et pour certains plus douloureux. Entre ses huit et ses dix ans, l’enfant va prendre conscience de l’universalité de la mort, c’est-à-dire de la condition mortelle de son corps à lui et du corps de ceux qu’il aime. Certes, depuis ses quatre-cinq ans, il commençait à apprivoiser le concept de la mort ; il avait même fini par comprendre que c’était une destruction irrévocable du corps, et non plus une sorte de voyage réversible dans un univers parallèle. Mais maintenant, il découvre qu’elle le touchera, lui aussi et qu’elle emportera ses parents. Beaucoup d’enfants mettent rapidement à distance cette idée – « La mort, c’est pour quand on est très vieux » -. Mais quelques-uns, les plus sensibles, connaissent d’énormes angoisses là-autour, surtout en période de problématique affective associée. Quelques autres, solitaires, désespérés ou terrorisés par leur environnement, commencent à caresser l’idée de se donner la mort et peuvent même passer à l’acte ; connaître, c’est aussi se donner le pouvoir d’actions bien conçues : chaque année quelques accidents domestiques ou de la circulation constituent en fait des suicides ou des tentatives de suicide de l’enfant, déniés par l’entourage.

 


 Quant aux enfants en phase terminale de maladie, la prescience de leur propre mort est variable, mais ceux qui y pensent sont parfois bien seuls, parce qu’ils ne veulent pas faire de peine à leurs parents en leur en parlant – un des derniers cadeaux qu’ils pensent pouvoir leur faire ! - et les soignants ne sont pas toujours ni matériellement ni émotionnellement disponibles pour interroger délicatement leurs pensées ou capter leurs allusions.

 

§ II. Le corps sert au pouvoir

 

A.            A. Dès leur plus jeune âge, une bonne partie des enfants en bonne santé aiment montrer qu’ils ont le pouvoir de décider du fonctionnement de leur corps.

Un bébé de six mois peut déjà détourner prestement la tête quand s’approche la cuillère de panade. Par la suite, il fera des histoires pour résister à toutes sortes de gestes de nursing.

 

Pendant la période de l’école primaire, beaucoup  deviennent passablement plus raisonnables à ce propos. Ils posent un choix sociable, tout en ayant beaucoup mieux concocté maintenant l’idée que leur corps est leur propriété [ (Hayez, 2004 ]. ).J’y reviendrai tout de suite. Finie, l’époque préscolaire où les enfants croyaient que leurs proches avaient tous les droits : « Viens te faire câliner sur mes genoux … va faire un bisou à ta tante ». S’il leur arrive encore d’obéir contre leur gré, c’est parce qu’ils cèdent à la force, tout en pestant in petto et en pensant que l’on abuse d’eux.

Ces considérations portent parfois sur des matières graves, comme l’abus sexuel : l’enfant d’âge préscolaire considère comme normal qu’on dispose de son corps, surtout si l’on utilise la pseudo-gentillesse. L’enfant plus âgé sait que l’on a abusé de son intimité, du moins toutes les fois où il n’est pas d’accord pour participer à une activité sexuelle, mais il peut se soumettre par peur et garder le silence par culpabilité.

 

A l’adolescence, réaffirmer son pouvoir via le corps, et souvent un pouvoir de contestation, redevient prisé par beaucoup. Ça peut aller de l’affirmation de soi originale et amusante, puis de la transgression encore mineure jusqu’à d’énormes provocations, actes antisociaux ou manifestations psychopathologiques.

 

Citons pêle-mêle : les revendications en matière d’habillage, d’alimentation, de sommeil ; les entraînements sportifs démesurés ; les aléas de la compliance médicamenteuse chez les malades chroniques, notamment les diabétiques ; les plaisirs plus ou moins abondants, licites et secrets que l’on fait goûter au corps, par les consommations de produits divers, la sexualité tous azimuts, etc. ; les conduites téméraires à plus ou moins grand risque ; les piercing et autres scarifications ; l’anorexie ; le suicide qui a parfois lieu surtout pour s’affirmer, définitivement, dans une zone où très peu osent aller, etc.

 

Dans ces revendications d’autogestion du corps, nous trouvons toujours opérantes une ou les deux dimensions de l’agressivité, dont nous reparlerons dans la cinquième conférence : une dimension gratuite de conquête joyeuse, inflative, de toujours plus de puissance et une dimension défensive, d’autoprotection, contre des menaces réelles ou imaginaires : Que leur veut vraiment leur mère, à courir derrière eux avec une écharpe quand il fait froid ? Les ligoter à nouveau, bien sûr ! Alors, il faut taper le poing sur la table pour bien montrer qu’on reste propriétaire [  (Laufer, 2000 ].].).

 

ILL. Dans le beau film de P. Weir « Le cercle des poètes disparus » ( 1989 ), le suicide du jeune Neil peut se comprendre de la sorte. Les symboles auxquels recourt le cinéaste à ce moment du film sont admirables. Après une dernière altercation avec son père d’une intrusion étouffante et sans la moindre protection de sa mère inconsistante, on voit Neil se dénuder, face à un paysage glacé, et se revêtir de la couronne qui représente la réalisation de son Soi artiste [1], avant de se donner la mort.

 

B. Pouvons-nous accepter que grands enfants et adolescents réclament un droit de propriété sur leur corps ?

 

Oui, dans le sens où nous n’avons pas à en user et à en abuser pour notre seul pouvoir ou plaisir. « Mon corps, c’est mon corps », chantait la pionnière des chansons québécoises portant sur la prévention de l’abus sexuel, début des années 1980.

 

Oui, à condition que la gestion reste fondamentalement sociable : pas de destructions de soi et des autres, bien sûr ; pas de provocations choquantes non plus : l’ado doit se laver, même si quelques uns aimeraient bien s’affirmer et se protéger par leur puanteur. Mais vous devinez bien les limites floues qu’un tel principe introduit : pour du piercing modéré …. Ou trois joints hebdomadaireshebdomadaires, qui décide ?

 

Oui, à condition qu’un « statut de l’enfance »»«  soit pris en compte : plus on est jeunes, moins on est lucides sur tous les enjeux, moins la liberté intérieure est capable de choix à long terme….donc, avec une intensité dégressive dans le temps, les parents ont un droit d’ingérence pour de bonnes causes : par exemple., exiger un nombre d’heures de sommeil raisonnable. Ici aussi, vous devinez bien les conflits d’appréciation qu’un tel principe peut générer. Ils font partie de la vie.

 

Plus fondamentalement encore se pose la question : chacun<Chacun est-il le propriétaire exclusif de son corps ou l’usufruitier, prié par l’Aventure de la Vie de gérer un capital corporel et affectif qui lui a été attribué. Si tel est le cas, il pourrait bien avoir des comptes à rendre à la Vie, in fine, c’est à diredireçàd à la communauté qui la représente, sur la manière dont il a fait fructifier ou dilapidé son capital.

 

B.             C. Les enfants ou les adolescents gravement malades

 

Ceux-ci sont largement dans l’incapacité de manifester leur puissance par les performances de leur corps et même de défendre les frontières de celui-ci. En effet, ils sont plus ou moins immobilisés et souvent dépendants de leur environnement pour leurs soins. C’est dur à vivre, pour des organismes habituellement en croissance débordante ! Certains abandonnent la partie et se laissent aller à une dépendance passive en en remettant une couche de régression. D’autres exercent une puissance stérile en se conduisant en tyrans, jouant alors sur la culpabilité qu’ils devinent chez leurs parents. D’autres encore se dépriment ou ne maîtrisent plus leurs angoisses – angoisses d’abandon, de souffrance, de mutilation, de mort - ils les gèrent éventuellement via une agressivité à visée auto-protectrice disproportionnée.

 

1. Pour les aider à bien assumer leur état, il nous semble essentiel de parler avec eux de leur maladie, pour qu’ils se la représentent, même avec quelques fantaisies de leur subjectivité, pour qu’ils lui donnent un sens et qu’ils intègrent cette partie d’eux-mêmes dans l’histoire de leur vie et celle de leur famille.

Parler avec eux, ce n’est néanmoins pas toujours aussi aisé qu’il ne paraît ! Parler d’infection, c’est parler de toutes petites bêtes qui grouillent dans le corps, n’est-ce pas ? Est-ce supportable avant l’âge de sept-huit ans ? Avant, ne vaut-il pas mieux s’en tenir au très simple « Tu as un gros bobo dans ta gorge ; nous allons le guérir ».

 

ILL. Renaud présente une maladie de Gilles de la Tourette depuis ses six ans. J’essaie de la lui expliquer, et je fais référence, de la façon la plus simple que je peux, aux mini-courants d’électricité qui parcourent notre cerveau et dontdontdonc certains seraient survoltés chez lui. Il semble comprendre et intégrer l’information.

 

L’intégrer, il ne l’a fait que trop bien, en l’incluant dans sa pensée magique et ses vécus d’enfants. Comme tout signifiant, celui de l’électricité fait son chemin en lui, c’est le cas de le dire, lui convient et le préoccupe à la fois et voici deux incidents ultérieurs où il ressurgit.

 

Presque deux ans plus tard, dans le centre d’un dessin, Renaud met en scène la relation d’aide – un docteur assis – bien loin – face à un petit garçon  ; à gauche, quelques pièces d’un puzzle ; en haut, il dessine les flans d’une montagne, pièce par pièce, et moi qui en descend, et à droite, un robot dont les piles sont plates ! Tout cela m’invite à  interpeller ses possibles modélisations de sa maladie : « En bougeant beaucoup comme lui, certains enfants peuvent-ils avoir peur que le corps ne se casse ? Que certaines parties – celles qui bougent tant – ne finissent par se détacher ? » … J’obtiens comme réponse un « NNNon » amusé, comme si seuls des bébés pouvaient penser cela, mais dans ce « Non », il y a aussi une curiosité qui ne dit pas son nom et l’autorisation d’en parler, ce que nous faisons : le corps est définitivement un, avec sa sexuation propre, il le reste même quand une maladie qui le secoue, comme la sienne. Complémentairement, son évocation du robot aux piles plates me rappelle ma présentation autour d’un surcroît d’électricité cérébrale. Je lui demande s’il s’en souvient. Oui, me répond-il, et il me explique approximativement ce que je lui ai dit. « Mais alors, les enfants peuvent-ils penser que cette électricité s’épuise, comme dans une pile, si la maladie dure longtemps ? ». Devinez le dialogue qui en a suivi…. Un mois plus tard, dans un autre  dessin, il est devenu pilote d’un super-vaisseau spatial et va s’envoler pour les étoiles ( loin dans l’univers, là où existe la paix électrique ?). Le vaisseau spatial est impressionnant, mais il faut remarquer aussi les trois fils d’enceinte qui le contiennent bien ( histoire qu’il ne soit pas secoué de tics ?).

 

 

 

 

2. On peut aussi s’ingénier à reconnaître les « coping process » personnels à l’enfant malade, c’est-à-dire les mécanismes – les trucs parfois – par lesquels il s’adapte à sa maladie, pour qu’elle ne l’empêche pas trop de vivre, et l’en féliciter. Ceci implique régulièrement que les parents acceptent la prise de certains risques : pour se sentir vivre, l’enfant et encore plus l’ado, ne prennent pas toujours toutes les précautions et n’ont pas toute la compliance du patient-idéal. Il devrait exister un seuil de tolérance raisonnable, entre la démission et l’hyper-protection.

 

3. On peut encore l’associer à la gestion du traitement et même à la prise de certaines décisions, à la mesure de son intelligence et de ses forces. Il ne faut cependant pas tomber dans la caricature, comme on commence à le voir dans certains pays anglo-saxons, via des informations détaillées surabondantes et en poussant l’enfant à prendre des décisions délicates, qui le mettent dans des conflits excessifs. Il y a un « statut de l’enfance » qu’il faut continuer à respecter et plus particulièrement un statut de l’enfant malade avec la charge de fatigue, de vulnérabilité et d’angoisse que cela connote.

 

4. Enfin, à nous de ne pas réduire l’enfant à sa maladie. L’autonomie et la réalisation de soi qu’il ne peut plus manifester par les prouesses de son corps, il peut encore souvent en faire preuve dans d’autres domaines : nous pouvons, par exemple, écouter tout simplement son opinion sur les événements du monde, jouer avec lui à un jeu de société, chercher à savoir ce qui l’intéresse et lui donner les moyens de le réaliser, veiller à ce que se poursuive son instruction scolaire en en décidant les modalités en association avec lui, etc.

 

C.             D. Ces considérations s’appliquent largement aux enfants porteurs de déficits cérébraux ou somatiques, innés ou acquis, qui présentent donc des handicaps dans leurs relations sociales.

 

1.              1. Eux aussi, ont un deuil à faire à propos de leur corps : son intégrité, son look, ses performances. Dur, dur, quand on a quinze ans et qu’on se déplace dans un fauteuil roulant ! Dur, et parfois tellement gênant à vivre, comme pour cet  adolescent sourd, qui a mis des mois avant d’oser demander si l’éjaculation, ça faisait beaucoup de bruit. Bien peu d’encyclopédies d’éducation sexuelle pensent à cet humble et sommes toutes, plutôt subtil, questionnement des jeunes  sourds !

 

      Un deuil, oui … mais un deuil, ce n’est pas ipso facto de la résignation souriante. Ne leur demandons-nous pas, parfois, d’accepter l’inacceptable ? Comment peuvent-ils se sentir vraiment bien dans ce parfait paradoxe d’une société qui, d’une part, s’efforce au moins de les insérer jusqu’à un certain point – c’est bien, les news de la Deuj avec, sur le côté, un présentateur qui utilise la langue des signes [2] ! -, mais qui, par ailleurs, pousse à un avortement quasi automatique des fœtus repérés avec un déficit.

 

On peut donc comprendre leurs moments de tristesse, leurs colères, qu’ils dépassent et organisent éventuellement, en vieillissant, en revendications intelligentes et pointues via leurs associations.

 

2.             2. Faire un deuil, cela concerne aussi les parents [ (Bénony, 2005 ].].). Certes, les soignants ne doivent pas se conduire en tueurs brutaux de toute espérance ; certes, l’information gagne à être progressive, laissant la porte ouverte à la possibilité d’une évolution positive ou à de nouvelles découvertes médicales – qui a vraiment le droit et le pouvoir de sceller dans ses mots le destin d’un enfant autiste ? – Ceci dit, ce coin de ciel bleu d’une espérance maintenue pour demain ne devrait pas conduire les parents à avoir des attentes et à exercer des pressions irréalistes aujourd’hui. Bien des enfants ayant un handicap se sont sentis mieux, par exemple, parce que, par fatigue ou par projet positif, on les a envoyé vivre à temps plus ou moins complet dans des collectivités dont la culture et les exigences étaient adaptées à leurs ressources et à leurs manques ; ils y ont trouvé des semblables à eux, à qui ils pouvaient s’identifier, et des occasions de réussite, ce qui était bon pour leur narcissisme.

 

1.3. Alors, que faire, qui soit potentiellement fructueux ?    

1. 
- Aider tout le monde à avoir une vue réaliste de l’enfant, qui reste un mélange de ressources et de manques. De la vie continue à se développer et à s’exprimer en lui, et c’est à cette part de vie qu’il faut certainement être attentifs ;

1. 

1.- Chercher
-chercher
, en association avec l’enfant, les meilleures conditions utiles à son épanouissement ; croire aux stratégies qu’il peut développer, spontanément ou sur conseils, pour bien gérer ses déficits ;

- Avoir

- avoir une perspective d’inclusion sociale qui n’est ni celle de l’intégration – à nous, tels que nous sommes -, ni celle de l’insertion – où nous, nous nous adaptons à lui - : c’est plutôt une perspective de dialogue et d’ajustement réciproque, celle d’un pas fait par chacun vers l’autre, tel qu’il est et en lui proposant de donner le meilleur de lui-même dans la relation.

 


Je vous renvoie à ce propos aux nombreux et pertinents travaux de Michel Mercier.

 

§ III. Corps aimé, corps détesté et narcissisme

 

A.    A. Une longue histoire

 

         Beaucoup d’enfants aiment leur corps et se sentent fiers de l’avoir .

     

C’est très intuitif  vers deux ans, âge où une sorte de fierté jubilatoire primitive habite déjà l’enfant ; il aime les productions qui  sortent de son corps, les bruits, les jeux de sa voix, les excrétions, tous signes de la puissance de son usine.

 

 Son corps est plus dans l’action que devant le miroir..,  L’enfant aime faire mille cabrioles et singeries, prendre des risques, se dépenser et se dépasser physiquement, car il croit son corps invulnérable ;  il n’a pas encore reçu assez de chocs en retour de la réalité externe pour assimiler la  prudence.

 

Vers quatre- cinq ans, cet amour est toujours là, mais plus réfléchi et identifié par l’enfant comme tel : l’enfant peut dire qu’il se trouve beau, se réjouir de qualités physiques ou morales qu’il trouve tout seul ou qu’on lui reconnaît, apprécier de porter des jolis vêtements et d’autre parures Les parties sexuées de son corps deviennent elles aussi l’objet de son amour et de sa fierté,  immédiatement chez la grande majorité d’entre eux. Chez quelques filles, c’est parfois précédé d’une petite période d’hésitation,  d’abord  dépitées qu’elles sont de ne pas avoir la même garniture visible et sautillante que leurs petits frères. Mais, en 2006, dans les familles où les parents sont eux-mêmes bien dans leur corps, cet occasionnel petit dépit ne dure pas bien longtemps : les filles comprennent vite la différence et l’égale valeur de l’intériorité ou de l’extériorité des organes sexuels. Complémentairement, autour de leur cinq- six ans, on voit aussi quelques petits garçons envieux ; ils voudraient rester garçons, certes, mais aussi avoir ce qu’ont les filles : les seins des grandes, les bébés dans le ventre, et tous ces beaux atours portés par leur maman, leur grande sœur et les dames clinquantes, affichées  partout autour d’eux : les voici donc exigeant de recevoir des poupées, portant vêtements et parures des filles, parfois au grand dam des parents inquiets pour l’avenir de l’identité sexuée de ces petits gourmands de tout.

 

A l’âge de l’école primaire, l’investissement positif du corps se poursuit chez le grand nombre : beaucoup de garçons l’incarnent surtout dans les prouesses de leur musculature, et les filles, dans le soin de leur look, destiné à recevoir sur elles le regard des autres. Pour une minorité, le mélange du masculin et du féminin en eux est plus subtil. Il existe donc des filles qui, en s’assumant et en aimant bien être filles, montent plus haut aux arbres que les garçons, et des garçons très attentifs à leur look, auquel ils donnent une touche un peu féminine – bracelets, ras de cous et anneau à l’oreille aidant -, tout en s’assumant comme de vrais garçons. Attention donc aux simplismes et aux préoccupations superflues sur l’identité sexuée et sur les orientations sexuelles à venir : ce n’est qu’en écoutant le sujet se dire, dire ce qu’il aime et n’aime pas en lui, notamment autour de sa sexuation, que l’on peut se faire une religion plus sûre.

 

Ensuite, pour beaucoup [3] d’adolescents, le corps demeure une dimension importante de l’être. Il s’agit d’en enregistrer et d’en assumer les mutations sexuelles primaires et secondaires, ainsi que les générales. Leurs réactions  face à ces mutations sont des plus variables : indifférence ou sérénité qui accepte le cours naturel de la vie, joie à grandir, mais parfois aussi des sentiments négatifs sur lesquels je vais revenir bientôt.

 

Ce que l’on constate aussi chez beaucoup, ce sont des fluctuations à rythme et à succession irrégulière : pendant quelques semaines, deux, trois mois, il y a une phase que l’on pourrait appeler raisonnable, oui, ça peut arriver, même aux ados ; puis une phase d’exaltation et d’exultation : le corps et ses parures sont très valorisés et exposés bruyamment au regard censé admiratif des autres. Et puis, c’est la phase de grand doute, de repli du corps sur soi, où l’ado, peut-être parce qu’il vient d’être critiqué par un pair important à ses yeux – donc un double, détenteur de beaucoup de vérité à ses yeux – l’ado donc se sent le plus con et le plus moche du monde. Heureusement qu’alors il y a les baladeurs MP3 avec, pour les garçons, la masturbation consolatrice et pour les filles, le chocolat, pour se redonner le courage de sortir du lit où l’on végète dans la morosité.

 

Je viens de faire quelques allusions aux rapports négatifs de l’enfant ou de l’adolescent avec son corps et je vais les synthétiser brièvement :

 

 -  -Le jeune peut être anormalement  inquiet, à propos de son corps en général ( surtout quand il reste trop longtemps trop petit ), à propos de sa santé, ou à propos de telle partie précise qui lui semble anormale ( la taille de ses seins ou de son pénis, par ex. : deux grands classiques, ce qu’il observe sur soi étant souvent bien bine plus modestes que les images porno arrangées du Net ) .)

 

- -D’autres  n’aiment pas une partie précise de leur corps : des taches de rousseur, une cicatrice, des oreilles décollées, le fait de rougir quand on les interroge, etc. Cette évaluation négative constitue souvent la synthèse de pensées personnelles, de moqueries par les pairs et d’attitudes de disqualification …. ou de surprotection maladroite dans le chef de l’entourage. Cette peur de se ridiculiser peut prendre des proportions telles et tellement tenaces que l’on  parle alors d’une dysmorphophobie pathologique : c’est plus une souffrance narcissique qu’une vraie phobie.

 

- -Chez quelques autres, cette haine pour une partie de leur corps a l’air plus personnelle : c’est le cas des enfants et adolescents qui souffrent d’un trouble de l’identité sexuée ; dans les cas les plus prononcés, ils ne se contenteront même pas d’une orientation sexuelle homosexuelle plus tard dans leur vie et iront jusque la demande transsexuelle.

 

- Enfin, dans les cas les plus graves, cette haine de soi est diffuse ; l’enfant pense massivement  : « Je suis con, méchant et laid … et donc je mérite qu’on ne m’aime pas ».  C’est souvent le cas lorsqu’il lorsqu’ il est rejeté par ses parents et ses proches, fratrie inclus, clairement ou perfidement, mais aussi parfois principalement par le groupe de ses pairs….enfin, j’ai déjà vu des situations où la haine de soi était principalement lié à une hypersensibilité maladive et pessimiste de l’enfant, et où les parents mettaient en vain beaucoup d’énergie à tenter de le valoriser. Il s’ensuit souvent des conduites négativistes variées, jusqu’à l’automutilation et au suicide.

 

     B. Les concepts d’image du corps et d’estime de soi

 

1. L’amour du corps s’appuie entre autres sur deux référents internes, deux représentations mentales permanentes partiellement conscientes, partiellement inconscientes. Il s’agit de ce que l’on appelle l’image du corps, telle que l’enfant croit qu’il est aujourd’hui, et aussi de l’image Idéale du corps, le corps de rêve qu’il voudrait avoir. Ces deux images en lui ne sont pas figées. Plus fondamentalement, l’image du corps aujourd’hui n’est pas la réplique, dans le psychisme de l’enfant, de l’enregistrement par lui de son anatomie. C’est une image remaniée par sa subjectivité, qui a elle-même enregistré mille expériences relationnelles, plaisantes, déplaisantes, douces, anxiogènes, énigmatiques, en référence à quoi il se construit une image chargée de symboles, d’énigmes et de valence affective.

 

  ILL 1. Rappelez-vous Renaud, sa maladie de Gilles de la Tourette et ses élaborations autour de l’agressivité. Au moment où il pense que ses piles pourraient s’aplatir, il pense aussi que son corps pourrait se disloquer, et que des parties pourraient en être jetées au loin par la violence des tics.

 

      ILL 2. Thibaut ( quatre ans) est très malheureux de la naissance de son petit frère, au point d’avoir développé un eczéma floride six semaines après la naissance de celui-ci. Il est désespéré parce qu’il estime que sa maman s’occupe bien trop du petit et que lui, a perdu sa place de petit prince adulé. Voici donc le dessin de famille qu’il fait. ( Dessin 4, le nombril ) : Rien qu’une maman et son bébé, avec de grands yeux et deux énormes nombrils. Pourtant, il me prétend ignorer à quoi sert le nombril !

 

  Et l’image du corps Idéal, celui que la nature n’a pas donné à l’enfant, mais qu’il rêverait d’avoir ? Pour beaucoup, avant l’adolescence, ce n’est pas vraiment un problème : ils s’accommodent bien du corps qu’ils ont ( dessin 5 : la voiture ) en voici une représentation symbolique chez un petit garçon de cinq ans ; il n’y a pas beaucoup de distance entre Idéal et réalité.

 

 Remarquons bien, dans ce domaine encore, l’importance de la subjectivité : les enfants dont le corps est définitivement marqué par un déficit – enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale par exemple – sont loin de toujours beaucoup souffrir de ne pas avoir un corps intègre. Ils souffrent davantage des restrictions qui en sont la conséquence. Les encouragements et le soutien de leur entourage, ainsi que le jeu de leur propre intelligence et de leur liberté intérieure, les amènent souvent à reconvertir leur Idéal de réalisation de soi ailleurs que dans la beauté et dans les prouesses du corps,

 

2. L’amour et la fierté pour le corps, c’est nombre de fils précieux tissés dans la tapisserie de l’estime générale de soi. Inversement, quand un enfant n’est pas content de son corps, c’est l’estime de soi générale qui baisse et les performances et le comportement en prennent un coup.

 

     B. Les concepts d’image du corps et d’estime de soi                         

Réciproquement, quand l’enfant ou l’adolescent pense du mal de lui, en tant que personne, il néglige son corps ou l’agresse, le faisant ainsi participer au processus de négativisme qui l’envahit.1.

 

§ IV. Le corps érogène

 

B.       Mille plaisirs se vivent dans le Les concepts d’image du corps et d’estime de soi

 

A.                   L’amour du corps s’appuie entre autres sur deux référents internes, deux représentations mentales permanentes partiellement conscientes, partiellement inconscientes. Il s’agit de ce que l’on appelle l’image du corps

 

1.        Le, telle que l’enfant croit qu’il est aujourd’hui, et aussi de l’image Idéale du corps peut constituer un lieu de fête, la source, le corps de bien des plaisirs dits « physiques ». Certaines sensations de plaisir arrivent spontanément, sans qu’on les ait demandées, mais la plupart sont artificielles : il faut des manœuvres volontaires pour les provoquer. Beaucoup de plaisirs physiques dépassent le seul moment de leur acmé corporel et s’intègrent dans une démarche d’ensemble, qui y mêle du plaisir psychique. ( Dessin n° 6 : le préado et la boum ).rêve qu’il voudrait avoir. Ces deux images en lui ne sont pas figées. Plus fondamentalement, l’image du corps aujourd’hui n’est pas la réplique, dans le psychisme de l’enfant, de l’enregistrement par lui de son anatomie. C’est une image remaniée par sa subjectivité, qui a elle-même enregistré mille expériences relationnelles, plaisantes, déplaisantes, douces, anxiogènes, énigmatiques, en référence à quoi il se construit une image chargée de symboles, d’énigmes et de valence affective.

 

Ainsi, tel adolescent sait déjà qu’il va se masturber de telle manière vers 18 heures ; il commence à y penser pendant le cours de religion si incroyablement ennuyeux ; il prépare sa masturbation par la mise en place d’un scénario ; il a des fantasmes pendant qu’il se caresse : il connaît donc un plaisir global, étalé dans la durée, fait à la fois d’idéation psychique et de sensations corporelles précises.

 

                              ILL 1. Rappelez-vous Renaud, sa maladie de Gilles de la Tourette et ses élaborations autour de l’agressivité. Au moment où il pense que ses piles pourraient s’aplatir, il pense aussi que son corps pourrait se disloquer, et que des parties pourraient en être jetées au loin par la violence des tics.

                  ILL 2. . Thibaut (4ans) est très malheureux de la naissance de son petit frère, au point d’avoir développé un eczéma floride six semaines après la naissance de celui-ci. Il est désespéré parce qu’il estime que sa maman s’occupe bien trop du petit et que lui, a perdu sa place de petit prince adulé. Voici donc le dessin de famille qu’il fait.  : Rien qu’une maman et son bébé, avec de grands yeux et deux énormes nombrils. Pourtant, il me prétend ignorer à quoi sert le nombril !

 

Pensons au fumeur habituel de cannabis : il éprouve des sensations physiques d’exultation, d’autres liées à un doux engourdissement de type opiacé - il plane dans d’autres constellations - ; il éprouve aussi le plaisir intellectuel et affectif  de réaliser tout un scénario ( penser à ce que l ‘on va vivre ; penser à acheter, se mettre en quête, etc.) ; il éprouve enfin le plaisir de  transgresser, de dépasser les limites de résistance habituelle de l’organisme, etc. C’est analogue pour l’accro aux jeux vidéo, pour les pratiques sexuelles normales ou déviantes, etc.      Et l’image du corps Idéal, celui que la nature n’a pas donné à l’enfant, mais qu’il rêverait d’avoir ? Pour beaucoup, avant l’adolescence, ce n’est pas vraiment un problème : ils s’accommodent bien du corps qu’ils ont

      Remarquons bien, dans ce domaine encore, l’importance de la subjectivité : les enfants dont le corps est définitivement marqué par un déficit – enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale par exemple – sont loin de toujours beaucoup souffrir de ne pas avoir un corps intègre. Ils souffrent davantage des restrictions qui en sont la conséquence. Les encouragements et le soutien de leur entourage, ainsi que le jeu de leur propre intelligence et de leur liberté intérieure, les amènent souvent à reconvertir leur Idéal de réalisation de soi ailleurs que dans la beauté et dans les prouesses du corps,

 

     

      ILL 2. Thibaut ( quatre ans) est très malheureux de la naissance de son petit frère, au point d’avoir développé un eczéma floride six semaines après la naissance de celui-ci. Il est désespéré parce qu’il estime que sa maman s’occupe bien trop du petit et que lui, a perdu sa place de petit prince adulé. Voici donc le dessin de famille qu’il fait. ( Dessin 4, le nombril ) : Rien qu’une maman et son bébé, avec de grands yeux et deux énormes nombrils. Pourtant, il me prétend ignorer à quoi sert le nombril !

 

  Et l’image du corps Idéal, celui que la nature n’a pas donné à l’enfant, mais qu’il rêverait d’avoir ? Pour beaucoup, avant l’adolescence, ce n’est pas vraiment un problème : ils s’accommodent bien du corps qu’ils ont ( dessin 5 : la voiture ) en voici une représentation symbolique chez un petit garçon de cinq ans ; il n’y a pas beaucoup de distance entre Idéal et réalité.

 

 Remarquons bien, dans ce domaine encore, l’importance de la subjectivité : les enfants dont le corps est définitivement marqué par un déficit – enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale par exemple – sont loin de toujours beaucoup souffrir de ne pas avoir un corps intègre. Ils souffrent davantage des restrictions qui en sont la conséquence. Les encouragements et le soutien de leur entourage, ainsi que le jeu de leur propre intelligence et de leur liberté intérieure, les amènent souvent à reconvertir leur Idéal de réalisation de soi ailleurs que dans la beauté et dans les prouesses du corps,

 

2.

2.       L’amour et la fierté pour le corps, c’est nombre de fils précieux tissés dans la tapisserie de l’estime générale de soi. Inversement, quand un enfant n’est pas content de son corps, c’est l’estime de soi générale qui baisse et les performances et le comportement en prennent un coup.

 

         ILL : AÀ neuf ans, Arthur souffre moralement beaucoup de son hyperkinésie. Il est rejeté par tous les autres et constamment réprimandé par ses professeurs. Son agressivité va en croissant : il cogne de plus en plus sur ceux qui le critiquent, selon l’adage bien connu : « un mauvais objet ne peut se conduire que de façon mauvaise », avec un peu d’impulsivité organique qui l’y prédispose en plus. Après trois ans de traitement où se combinent Rilatine, séances individuelles, guidance des parents et dialogue avec la nouvelle école vers où on l’avait sagement réorienté Arthur, celui-ci est redevenu confiant en lui, souriant et performant ; il est tellement content de l’aide reçue que, pour me dire au revoir à la fin de sa dernière séance de thérapie, il me modèle en plasticineplasticien un splendide symbole phallique, à faire pâlir d’envie le David de Michel-Ange.

 

 

 

Réciproquement, quand l’enfant ou l’adolescent pense du mal de lui, en tant que personne, il néglige son corps ou l’agresse, le faisant ainsi participer au processus de négativisme qui l’envahit.

 

§ IV. Le corps érogène

 

A.          Mille plaisirs se vivent dans le corps

 

Le corps peut constituer un lieu de fête, la source de bien des plaisirs dits « physiques ». Certaines sensations de plaisir arrivent spontanément, sans qu’on les ait demandées, mais la plupart sont artificielles : il faut des manœuvres volontaires pour les provoquer. Beaucoup de plaisirs physiques dépassent le seul moment de leur acmé corporel et s’intègrent dans une démarche d’ensemble, qui y mêle du plaisir psychique. .

 

 Ainsi, tel adolescent sait déjà qu’il va se masturber de telle manière vers 18 heures ; il commence à y penser pendant le cours de religion si incroyablement ennuyeux ; il prépare sa masturbation par la mise en place d’un scénario ; il a des fantasmes pendant qu’il se caresse : il connaît donc un plaisir global, étalé dans la durée, fait à la fois d’idéation psychique et de sensations corporelles précises.

 

 Pensons au fumeur habituel de cannabis : il éprouve des sensations physiques d’exultation, d’autres liées à un doux engourdissement de type opiacé - il plane dans d’autres constellations - ; il éprouve aussi le plaisir intellectuel et affectif  de réaliser tout un scénario ( penser à ce que l ‘on va vivre ; penser à acheter, se mettre en quête, etc.) ; il éprouve enfin le plaisir de  transgresser, de dépasser les limites de résistance habituelle de l’organisme, etc. C’est analogue pour l’accro aux jeux vidéo, pour les pratiques sexuelles normales ou déviantes, etc.

 

Les plaisirs recherchés par l’être humain peuvent être purement gratuits : c’est la démarche hédoniste ; non seulement l ‘humain le cherche, mais il s ‘interroge beaucoup à son propos ; par ailleurs, exactement les mêmes plaisirs peuvent  viser à anesthésier un inconfort, une douleur physique et morale ou à compenser ce qui manque. Ce qui se passe assez souvent, c’est qu’ils ont d’abord cette seconde signification mais qu’ensuite, même quand s’est colmatée la problématique qu’ils tentaient de soulager, l’être humain continue à les rechercher pour eux-mêmes, jusqu’à en devenir dépendant.

 

 C’est dès le plus jeune âge que l’on apprécie le plaisir : bébés gourmands, méricystes ; petits spécialistes des exploits de l’excrétion ; adeptes plus tardifs des plaisirs génitaux, dans leur parcours normo-développemental ou avec les mille déviations qui s’ouvrent sur la route. Suceurs de pouce, rongeurs d’ongle, trichotillomanes, spécialistes des mouvements dits stéréotypés, genre balancements rythmiques de la tête ou du corps. Enfants qui adorent jouir de leurs décharges agressives. Enfants plus âgés consommateurs de tabac, d’alcool et d’autres drogues. Accros aux jeux de casino, aux jeux vidéo, à Internet.

 

Croyez-vous que j’ai épuisé de la sorte la liste des principaux plaisirs possible ? Que nenni ! Ceci n’en constitue qu’une liste  la plus banalement standard qui soit. Il existe en effet une infinie variété d’implantations des lieux de plaisir dans le corps, le psychisme et les activités humaines. Ce qui est vécu comme érotique est toujours repéré et défini comme tel par la subjectivité de chacun. Après ses premiers repérages, elle posera ou ne posera pas des actes volontaires pour reproduire la sensation qu’elle trouve plaisante. Ce sera même parfois dans des expériences que la plupart identifieraient comme des expériences de douleur. Ainsi, par exemple, dans nombre de cas d’anorexie mentale des adolescents ; il y a très secrètement du plaisir : pas seulement le plaisir intellectuel de se sentir exceptionnel et de mettre en échec toute la communauté adulte ; je vise aussi des sensations corporelles plus directes liées à la gestion de l’alimentation, à la sensation de faim que l’on donne, etc. Par exemple, certains grands malades jouissent physiquement des soins répétitifs et parfois intimes qu’on leur pratique. D’où l’importance qu’ils se prennent en charge eux-mêmes dans la mesure du possible, et que ce ne soit pas leur mère qui se trouve à l’origine de ces plaisirs non-avoués. Une partie des enfants battus, rejetés ou sadisés génère du masochisme. Ce mécanisme de défense constitue un piège infernal : certes, l’enfant connaît alors une sorte de plaisir indicible, une douceur corporelle triste et parfois même une jouissance plus forte, de type sexuel, et ceci dans les moments précis où – vu de l’extérieur – on les fait le plus cruellement souffrir, physiquement ou moralement. Alors, pourquoi est-ce infernal ? Parce que, une fois installé ce masochisme, c’est très tenace ; ils vont provoquer leurs bourreaux et même, plus tard, les intervenants qui veulent les aider, pour obtenir le retour du couple souffrance-plaisir. Et les psychothérapeutes n’ont pas de trucs précis pour en faire quitte l’enfant, sinon d’essayer de l’éteindre tout doucement en résistant à ses provocations.

 

ILL : Laurent ( dixdix10 ans ), enfant intelligent, motivé scolairement, est élevé par sa mère seule qui vit chez ses parents. Son père a déserté la famille dès avant sa naissance ; Laurent ne le connaît pas, ne porte pas son nom et, de temps en temps, se dit très fâché de son absence. Il est sociable et charmant 75% de son temps. 20 % du temps, il se conduit comme un enfant unique gâté, mais dans des proportions encore banales et prévisibles dans un tel système familial. Mais les 5 % restant, soit lui et sa mère sont trop réciproquement sensuels ( ce que Françoise Dolto appelait « le pelotage des enfants »), soit, à partir d’une petite frustration, Laurent se déchaîne agressivement contre elle – et seulement contre elle – au point qu’elle collecte plaies et bosses et que c’est le généraliste, alarmé, qui me les a envoyés. La mère se conduit en mère suffisamment bonne 95 % de son temps – au point de l’avoir mis en internat en semaine – mais les 5 % restants, c’est plus mystérieux : je pense qu’elle le provoque, puis qu’elle s’en plaint. Un long travail de psychothérapie et de guidance a été mis en place, assortis de sanctions assez conséquentes dans la réalité. Je souhaite seulement attirer votre attention sur trois  points dans ce traitement. Quand j’ai demandé à Laurent, au début, pourquoi il faisait ça, il m’a répondu spontanément, avec un sourire carnassier, les yeux dans les yeux pour bien me défier, « Ça m’amuse ». Et je pense qu’il énonçait là, de façon très profonde et authentique, un rapport à un plaisir bien chevillé en lui. Puis, en thérapie, il m’a assez souvent parlé de sorcières ; il les a dessinées, avec des seins plantureux – il faut dire que la maman est assez corpulente - ; et plus précisément, il a souvent fait référence à l’histoire de Kirikou et de Karaba : puissance de David contre Goliath au féminin [4].

     

Enfin, le travail avec cette famille se bloque pour le moment, parce que je demande avec insistance aux adultes de prendre des engagements, et de les signer sur un pacte écrit pour l’honneur, où ils montrent aussi à Laurent qu’ils dominent leur rapport au plaisir : pour la mère, ne plus fumer, ce que son fils, préoccupé pour sa santé, lui demande avec insistance depuis le début. Pour tous, ne plus peloter le corps de Laurent, mais se contenter d’une saine tendresse plus discrète. Eh bien, ils sont incapables de s’y engager et très fâchés sur moi que je leur ai demandé. Le plaisir peut être chevillé au corps à tous les âges de la vie.

 

B.           « C’est moi qui commande à ma bite, et pas … »

 

Ainsi s’exprimait en psychothérapie, un adolescent de quinzequinze15 ans au langage un peu rude et provoquant, confiant en moi et à peine provoquant, et bien à l’aise avec une sexualité qui l’intéressait beaucoup. Je lui rétorquai du tac au tac « Super, t’as tout compris, pépèrepépèrepèpère ». Si ce fût très spontané de ma part, je persiste à penser que c’était bien envoyé. En effet, je lui ai dit :

 

« Super ! » et les adolescents apprécient grandement les valorisations brèves et authentiques.

 

« Pépère ».« Pèpère ». En effet, quelqu’un qui parle ainsi est son propre Père Intérieur. Il pilote sa vie sur des chemins socialisés, sans avoir besoin de conseils externes.

 

« T’as tout compris »  Mais oui, car un des très grands défis de nos vies, c’est d’en goûter les plaisirs, tout en restant aux commandes. De demeurer libres de décider quand nous y entrons et quand nous en sortons. Il est rare que nous y arrivions complètement : quasi chez tous, de ci de là, il y a bien un petit ou un gros plaisir, avoué ou non, qui a eu notre peau psychique, c’est-à-dire dont nous sommes plus esclaves que décideurs. Ce n’est pas figé une fois pour toutes, il y a des fluctuations, des combats intérieurs, mais nous devons bien admettre que nous perdons quelques batailles. Chez une minorité c’est pire, leur vie intellectuelle, sociale, quotidienne est empoisonnée par leur esclavage au plaisir : ils en sont conscients, telle l’adolescente qui en a assez de s’isoler à répétition dans les toilettes de l’école pour tirer sur ses cheveux, ou ils le nient ou en font une évaluation fluctuante, comme le font les pervers sexuels, les gros consommateurs de cannabis ou les jeunes que leurs habitudes alimentaires ont rendu très obèses. Néanmoins, il n’y a rien à faire, pour nous regarder avec fierté dans le miroir, sans faire la politique de l’autruche, il faut arriver à commander au plaisir, comme le disait tantôt mon jeune client.

 

Pouvons-nous aider nos enfants et nos adolescents à atteindre ce noble objectif ? Oui, bien sûr,  d’abord et avant tout par notre témoignage de vie ; la jeune génération s’y imprègne inévitablement de la manière dont nous, nous vivons le plaisir, nous l’intégrons ou non dans l’ensemble de notre projet existentiel, nous décidons ou nous en sommes dépendants. Mais voilà, bien le hic, car en référence à cette imprégnation opérée spontanément par les jeunes, nous devrions parfois nous mettre en question et changer nos habitudes, ce à quoi résiste pour le moment la famille de Laurent. J’en ai vu d’autres, incapables d’arrêter de fumer ou d’élever des pigeons malgré la présence d’un asthme allergique chez leur enfant pourtant chéri.

 

Et l’éducation plus directe ? Nous pouvons par exemple reconnaître positivement la découverte et la culture spontanées des petits plaisirs par l’enfant ; voire lui apprendre à en goûter quelques neufs. A la triple condition que l’enfant leur commande,  qu’ils ne soient jamais antisociaux, et que l’enfant sache en négocier l’utilisation de manière à ne pas trop incommoder les autres – c’est par exemple la question du volume de la musique sortant de la chambre de l’ado -. J’ajouterais  volontiers une quatrième condition, mais elle exprime davantage ma subjectivité et mes valeurs personnelles : c’est qu’il en modère l’usage : hédoniste, oui, mais à temps partiel ; il y a tant d’autres beaux projets à poursuivre dans une vie humaine !

Les parents peuvent encore participer explicitement au discours social de prévention qui s’efforce de dissuader tout le monde de recourir à des plaisirs toxiques ( le tabac ; les drogues ) et d’amener chacun à une gestion du plaisir qui soit socialement responsable ( la contraception ; le préservatif ; l’abstinence d’alcool au volant ). Il faut se rappeler que c’est vers la fin de l’école primaire que les enfants sont le plus réceptifs à des discussions de ce type et à en intégrer quelque chose en mémoire.

 

Actuellement, un des moments d’éducation les plus sensibles devrait se situer lorsque les enfants commencent à s’adonner aux jeux vidéo et à Internet. Pour un certain nombre, ces multimédia se transforment vite en perfides sirènes ; alors, si l’enfant n’a pas spontanément un bon contrôle sur le temps qu’il y consacre, il faut lui imposer un cadre solide. Pas chiche, mais très ferme : cette catégorie de divertissement ne devrait jamais mordre sur la qualité des tâches scolaires, ni sur les heures de sommeil, ni sur quelques rites familiaux minimum ( par exemple les repas ), ni sur un certain temps d’insertion dans la vie réelle. Croyez-moi, ça laisse encore beaucoup de temps pour chatter avec le petit copain de la maison d’en face ou pour se défouler sur Counter Strike, et il est beaucoup plus facile de maintenir de bonnes habitudes en commençant à dix-onze ans que de récupérer un vieil accro de dix-sept ans qui se drogue cinquante heures par semaine face à l’écran.

 

Rappelons-nous enfin que chacun, à chaque âge de la vie, est susceptible de se dévoyer dans la pratique d’un plaisir toxique et dégradant. Un peu par hasard, par suggestion des autres, parce qu’il traverse une mauvaise passe. J’ y reviendrai dans le chapitre 4, consacré à la sexualité.

 

§  V.  Les psy prennent-ils le génome en compte ?

 

Au fil de la vie, le génome individuel se déploie pour donner forme, non seulement au phénotypique somatique, sain ou porteur de maladies, mais aussi pour mettre en place certains « phénomènes », soit purement psychiques, soit à la limite du corps et de l’esprit. C’est de lui que nous héritons : 

 

- notre tempérament de base, nos traits de caractère les plus précoces et les plus stables. Par exemple, certains bébés et jeunes enfants sont déjà réputés avoir un tempérament easy going « qui ne s’en fait pas ; qui prend tout bien » ;  d’autres sont des dramatiseurs-nés. Certains sont passifs et indolents, d’autres curieux, entreprenants, fureteurs.

 

- La dotation basale  de ces deux grands dynamismes vitaux que sont l’agressivité et la sexualité. Pour ce qui est de l’inné, tous les enfants n’ont pas le même appétit sexuel ; certains ont le verbe haut et le poing facile ; d’autres sont des pacifiques conciliants ; d’autres encore ont tendance à se soumettre.

 

- Des dispositions affectives comme l’angoisse versus la témérité ; la tendance à la bonne humeur ou celle à la dépression ; la placidité versus le bouillonnement facile …

 

- La répartition du masculin et du féminin en chacun et peut-être, jusqu’à un certain point, des composants de l’orientation sexuelle.

 

- Les fonctions cognitives et leurs annexes les plus directes : la capacité langagière, l’eulexie ou la dyslexie ; les fonctions neuropsychologiques comme l’attention, la qualité du contrôle psychomoteur ( self-control d’une part et de l’autre hyperkinésie et/ou impulsivité et/ou maladresse motrice ) ; etc.

 

Par ailleurs, la franche pathologie du génome, déjà découverte ou à découvrir, intervient probablement ou sûrement dans des maladies  à expression comportementale comme l’autisme, la schizophrénie infanto-juvénile,  la maladie de Gilles de la Tourette, certaines énurésies, etc.

 

I. En tenons-nous vraiment compte ?

 

Pour ma part, jusque bien loin dans ma carrière, ma prise en compte du génome et de ses effets a été assez théorique. Ce n’est que progressivement que j’ai vraiment réfléchi à l’impact des « prédispositions » qui en sont issues , ce qui m’a amené à poser, quand c’était indiqué, les trois catégories de gestes que voici :

 

A. Le recours à une médication

 

La médication est susceptible d’exercer un effet radical sur certaines zones, circuits associatifs ou neurotransmetteurs cérébraux. Ici, le médicament s’attaque, en tout ou en partie, à la partie organique de l’ensemble causal d’un problème. Par exemple, en rééquilibrant autrement le jeu des neurotransmetteurs, les neuroleptiques améliorent parfois considérablement les délires et l’agitation incohérente des enfants psychotiques. Ailleurs, l’effet est moins radical, - il ne touche guère les racines les plus profondes d’un problème -, mais néanmoins l’amélioration de certains symptômes est déjà intéressante. Par exemple, lors des épisodes les plus aigus et les plus pénibles d’un stress post-traumatique, l’appoint d’une médication anxiolytique transitoire aide l’enfant à mieux dormir et à ressentir ses peurs avec moins de crudité. Nous savons qu’il ne faut pas abuser des psychotropes chez les enfants mais, par respect pour le mal-être du corps, il ne faut pas non plus les dédaigner. Ainsi, il est semble que la Risperidone améliore légèrement le contact social d’une partie des autistes. Allez savoir pourquoi ! La leur prescrira-t-on alors que par ailleurs, elle risque de leur faire prendre dix kilos de poids supplémentaire et qu’on ne connaît encore rien d’éventuels effets secondaires à long terme ? Décision délicate, à prendre au cas par cas, en co-responsabilité avec les parents et avec l’enfant dès qu’il peut comprendre les enjeux.

 

B. Créer de la pensée objective et efficace

 

Cette idée est centrale dans les thérapies cognitivistes dont j’ai déjà dit que j’utilisais des composantes « en amateur ».  A y recourir, mon objectif  est  d’amener l’enfant à modifier certains contenus erronés et pathogène de ses pensées, en « travaillant » -comme nous aimons dire- sur des images et des mots générés par sa propre pensée spontanée. Je l’invite à se raisonner, à  « penser à autre chose » qui soit plus agréable ou plus rationnel. Il n’a pas  de prise volontariste sur le flux mental spontané qui résulte, et de ses prédispositions génétiques, et des « albums de photos internes » issus de son histoire de vie, mais il peut y réagir autrement, créer des contre-pensées et donc en modifier la gestion.  Cette différence de perspective est essentielle !

 

Par exemple, en parlant avec un grand enfant dont l’angoisse reste tenace et abondante, on peut, dans des termes très simples, l’informer quant à probable prédisposition au stress existant dans sa « nature ». Prédisposition qui déchaîne chez lui une imagination  floride centrée sur l’agression de soi. On peut l’inviter et l’entraîner à se relaxer corporellement et à se créer des « stop mentaux » : « Stop, c’est mon imagination » quand il sent monter ses angoisses les plus folles – le revenant en haut de l’escalier ! - ; tout de suite après son cri intense « Stop ! », il peut  recourir à des pensées agréables de diversion, agrémentées éventuellement d ‘idées où il se raisonne. On peut encore l’encourager à poser des comportements courageux, où il affronte davantage ses dangers imaginaires. S’il y réussit, outre que son entourage le renforcera probablement positivement, le succès rencontré accroîtra son narcissisme et son envie de recommencer. Peut-être cela coupera-t-il aussi un cercle vicieux, où, au-delà du génétique, « il se montait le bourrichon », comme on dit familièrement, c’est-à-dire où il s’en remettait plus librement une couche en pensées négatives. A constater que le danger redouté ne s’est pas abattu, peut-être renoncera-t-il cette source secondaire de rumination délétère.

 

En voici une illustration dans un autre domaine, celui de l’impulsivité et des décharges agressives erratiques, disproportionnées aux stimuli qui les provoquent.

 

ILL : Justin ( seize ans ) a un équipement en agressivité et en impulsivité nettement supérieurs à la moyenne. Sans doute l’absence de son père au foyer et un première éducation par une maman gentille, mais craintive et démissionnaire, ne lui a-t-elle pas permis de bien penser la gestion de cette agressivité. Il n’a pas pu non plus s’appuyer sur des commentaires de valorisation de sa personne au moment où son agressivité fonctionnait comme une force positive. Il n’a pas pu non plus être encadré par un système solide de règles et de sanctions.
 Justin a donc le coup de poing foudroyant ; c’est son seul problème ; après, il est désolé, mais il a déjà blessé du monde et pour cette raison, il est placé et replacé dans des institutions résidentielles de plus en plus sévères et il reçoit une solide médication. Nous nous entendons très bien, lui et moi : quand les ados ont confiance dans leur psy, ils ont vraiment confiance, et ce peut être très bilatéralement agréable et productif. A cause de cela, parce que ses ennuis sociaux l’incommodent vraiment beaucoup, et aussi parce qu’il vieillit et qu’il est plus réceptif à seize ans qu’à quatorze, il accepte de s’entraîner avec moi, jeux de rôles avec vieux fauteuils à l’appui, pour se crier « Non », dans la tête au moment où son poing démarre et pour apprendre à dévier la trajectoire de celui-ci de quelques centimètres. Quand l’impulsivité est moins foudroyante, il apprend aussi à utiliser des mots plutôt que des actes, à recourir à un punching-ball, etc.
 A la fin d’une des séances suivantes, il se lève en boitillant, me regarde du coin de l’œil, un léger sourire aux lèvres et commente :
« Vous savez, je me suis cassé un orteil. J’ai suivi votre conseil et j’ai tapé dans un mur avec mon pied ». Je lui manifeste toute ma joie. On ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs, et je préfère cet accident, possiblement dissuasif, au nez cassé d’une éducatrice, qui le fait passer à tort pour un voyou.

 

C. L’aide au deuil

 

Créer de la pensée et s’entraîner à bien l’utiliser  pour mieux se gérer, cela ne réussit pas toujours, ou pas toujours suffisamment. Une intervention inverse vise donc à ce que l’enfant et sa famille acceptent la part de l’inné dans la problématique, sans se nourrir de l’illusion de la gérer beaucoup mieux, du moins actuellement. Qu’il l’accepte, confiant dans les richesses qu’il possède également, sans se sentir d’une moindre valeur que les autres. 

 

 Et que l’entourage en fasse autant : qu’il ne disqualifie pas l’enfant et qu’il ne se sente pas dévalorisé parce que la problématique de celui-ci ne progresse pas.

 

Enfin,  on cherche tous ensemble des stratégies pour s’adapter le moins inconfortablement possible à la situation.

 

Les parents d’enfants hyperkinétiques connaissent bien de l’intérieur la valeur et les combinaisons possibles de ces trois catégories d’intervention, eux qui naviguent à longueur de temps entre la médication de l’enfant, la création de pensée et la mise en place d’efforts là où c’est possible, et le renoncement là où ça ne l’est pas.

 

II.  Génétique, liberté et responsabilité

 

A. Il peut exister une franche pathologie génétique, en référence à laquelle on ne peut reprocher à l’enfant l’issue phénotypique du « noyau dur » de son problème.

 

B.       L’enfant qui souffre d’ un TDA/H correctement diagnostiqué ressort d’une causalité organique importante qui lui donne les allures d’un petit écureuil. En ce inclus quelques moments où il peut figer son attention quelques instants, face à un danger ou à un stimulus inconnu, qui excite son angoisse et sa curiosité. A cette causalité organique ; il s’ajoute le plus souvent progressivement une couche d’idées et de sentiments d’injustice et de colère, de dépression ( mauvaise image de soi ) et d’insécurité ( on n’arrête pas de le disqualifier  ) qui viennent encore aggraver son agitation, avec, cette fois, jusqu’à un certain point, l’implication de sa volonté ( de protester, de se laisser aller, etc. ).

 

A.          Il peut donc, comme on dit familièrement « faire des efforts », mais seulement jusqu’à un certain point, c’est à dire qu’il peut développer des stratégies mentales, avec issues rapides et brèves,, pour mieux gérer son agitation et son impulsivité. Ou, au contraire, il peut se laisser aller, voire décider plus ou moins consciemment de résister aux demandes de meilleure adaptation qu’on lui serine.

 

Autre illustration, très fréquente, c’est la nébuleuse des « problèmes d’apprentissage », plus ou moins diffus, plus ou moins spécifiques. Un certain nombre d’entre eux ont un « noyau dur » directement issu du génome, autour de l’équipement en intelligence et en fonctions « instrumentales » annexes. Or à égalité de déficit, on voit des enfants se battre pour donner le meilleur d’eux-mêmes, d’autres qui jettent le gant, d’autres encore qui mettent au point d’habiles mécanismes de résistance ou de focalisation de l’attention sur eux,  leur valant parfois d’avoir leur mère à leur côté chaque soir durant deux heures.

 

Ces enfants aussi ont une part de responsabilité dans la gestion et l’évolution de leur problème. Et pour une autre part, c’est leur nature qui est là, dont il faudrait accepter « l’épaisseur ». Et c’est parfois bien malaisé de décréter quand s’arrête l’une et quand commence l’autre 12.

 

D’autres enfants prennent leur pathologie comme prétexte pour obtenir des avantages ou éviter des punitions pourtant méritées. Par exemple, en dehors de ses phases les plus délirantes, un enfant schizophrène peut identifier approximativement le Bien et le Mal et contrôler son agressivité. S’il ne le fait pas, il a des comptes à rendre.

Djibah ( seize ans ) vit en institution résidentielle. Diagnostiqué schizophrène, fantasque, solitaire, passant sa vie à d'invraisemblables bricolages à la Bettelheim, ayant le rendement intellectuel d'une première année primaire, il ne pose cependant pas de problèmes majeurs pour gérer son quotidien et se montre plutôt affectueux avec les éducatrices. Arrive dans le groupe Raymond ( douze ans ) qui attire vite l'attention sur lui. L'humeur de Djibah s'assombrit ; si Raymond est sur son chemin, il le bouscule sans ménagements. Une nuit, l'éducateur de veille est attiré par des cris perçants : Djibah a marqué le ventre de Raymond par trois longues estafilades au cutter, qui restent heureusement superficielles. Écarté provisoirement du groupe, il y reprendra sa place et l'on s'y montrera davantage attentif à son « message ».

Manuel ( onze ans ) paraît - emprisonné » dans l'un ou l'autre rite étroit - par exemple, jouer des heures, tout seul (!), au Monopoly - il est très insécurisé par le changement non préparé, à l'origine d'agressions verbales et physiques impulsives.

Il est vite soupçonneux, interprétatif, se sentant visé par des « magouilles » contre lui. Dès qu'on le conteste, ou si l'autre l'insulte, il donne de violents coups de poing et de pied ou cherche à étrangler l'agresseur. Il met ses pairs à distance de lui en les effrayant. A l'école, il a demandé à être isolé pour que l'on ne voie pas les erreurs présentes dans ses exercices. Si l'on diminue sa dose de neuroleptiques, c'est le délire interprétatif il est persuadé que tel éducateur se moque de lui... ou que le diable l'attend dans sa chambre pour prendre son âme ... régulièrement, des fous rires le traversent, il les attribue à « ses idées bizarres » mais il ne peut pas faire part de celles-ci.

Un jour, en dehors de tout contexte de crise, il cherche à étrangler un éducateur au moment où celui-ci lui tourne le dos ; en  remontant le passé récent, il semble qu'il en construisait le projet depuis au moins deux semaines, suite à une petite altercation avec cet éducateur au sujet des règles de vie.

 

Enfin, l’enfant peut accepter ou refuser de recevoir de l’aide spécialisée. De son accueil ou de son rejet aussi, il est susceptible d’être tenu pour responsable dans une certaine mesure 13.

 

C. Cela revient à dire que, à mon sens, la vraie responsabilité, c’est dans la durée qu’il faut aller la chercher, bien plus qu’au coup par coup, en se centrant sur des actes isolés où il y aura inévitablement quelques dérapages.

 

Elle porte sur le projet de vie, elle se définit à partir des choix faits pour vivre, de façon plus ou moins sociable, en ce inclus le refus ou l’adhésion à l’idée de soins. Le point de vue psycho-éducatif, ici, pourrait largement diverger du point de vue criminologique ou pénal, qui se centre davantage sur l’acte délictueux.

 

En voici une autre illustration :

 

ILL : Je soigne depuis plus d’un an Tony ( seize ans ), un adolescent vraiment pédophile. Il n’a pas peur du terme, qu’il s’adresse à lui-même dans sa dimension « phile », « ami intense des enfants ». Pas pervers, mais vivant la grande immaturité amoureuse fusionnelle propre à bien des pédophiles. Tony « fond » devant les jeunes garçons en général, et a deux, trois jeunes amis entre onze et treize ans pour lesquels il brûle d’amour. Ce qui l’inquiète, et dont il a fini par s’ouvrir en consultation, c’est qu’il pourrait un jour passer à l’acte sexuellement avec un garçon qui n’y consentirait pas. Ça, il ne le veut pas ! S’il n’y avait que le sentiment amoureux, avec, au bout, de la sexualité consentie,  il n’aurait jamais consulté, malgré la réprobation sociale qu’il commence à enregistrer autour de lui, même dans sa propre famille et qui le renvoie et le conforte plutôt dans sa bulle avec des enfants. Mais il sent bien que sa sexualité pourrait échapper au contrôle de sa volonté et commence à lui échapper. Juste avant de me consulter, il a de lui-même renoncé à collectionner des images de pornographie infantile, et il me dit s’y tenir. Dans ses fantasmes masturbatoires, ses petits copains sont là à l’occasion, mais « on ne fait pas de sexe, me précise-t-il, je me mets dans des paradis avec eux ». Il commence à lui arriver de penser : « Si un garçon me provoque et qu’il est vraiment consentant, je ne dirai pas non ». Mais j’ai peur, moi – et lui aussi, d’ailleurs – d’une dégringolade très rapide vers le sexe-plaisir et le sexe-nirvana : s’il se met à toucher au sexe avec ses petits amis, lui si vulnérable risque fort de devenir très vite dépendant et d’oublier jusqu’à un certain point les principes de non-violence auxquels il tient pourtant sincèrement.

 

            Pourquoi est-ce que je vous parle de Tony maintenant ? Il existe un enracinement profond de sa pédophilie. Quand il me raconte son histoire et qu’il évoque ses liens familiaux, ça a l’air banal. Famille modeste, fonctionnelle, où il n’a été ni trop ou trop mal aimé, ni rejeté. Pas d’initiation sexuelle précoce, ni d’autres dysfonctions sexuelles. Peut-être existe-t-il en lui ce désir paradoxal de se conduire avec des plus jeunes à la fois comme une mère et comme Peter Pan. Nous cherchons honnêtement ensemble. Et s’il y avait aussi des implications génétiques dans tout cela ? Je ne pense pas qu’il existe un gène de la pédophilie ; par contre, il n’est pas impossible que la résultante de plusieurs tendances issues de la génétique, prédispose Tony à une manière tendre, protectrice, régressive d’aimer, et que ceci s’ajoute à des empreintes affectives encore à trouver.

Ce que je veux souligner aussi, c’est que Tony prend ses responsabilités in tempore non suspecto. Ce n’est pas sur injonction, ni pour échapper à quelque sombre sanction qu’il est venu me voir. Au fond, sa position est parfaitement éthique : il veut aimer à sa manière, mais sans violer le consentement de l’autre !

 

En plus, il est d’accord de suivre mes propositions thérapeutiques : essayer de mieux comprendre la source de son attirance affective ; s’entraîner à des comportements qui réduisent l’envahissement de son psychisme par de la sexualité pédophilique ( s’obliger à changer de fantasme ou à se masturber à toute allure quand ce n’est pas possible ). Après maintes discussions plus philosophiques et scientifiques, il s’est engagé sur l’honneur, face à lui-même, à ne jamais provoquer un jeune de moins de quatorze ans, et même à ne jamais répondre aux provocations d’un moins de douze ans et demi. Ces limites d’âge peuvent vous faire sourire et évoquer l’arbitraire, mais elles ont été soigneusement pensées par lui. Je les respecte tout comme, globalement, je le respecte.

 

III. Conclusion

 

En terminant cet alinéa, je me rends compte que, si j’ai parlé des prédispositions issues de la génétique, de leur dimension irréductible et pourtant d’une possible gestion, j’aurais pu parler de la même manière des prédispositions issues de notre histoire de vie et encore de celles qui sont issues de notre environnement social d’aujourd’hui. Elles, non plus, nous ne savons pas en changer la nature par de seules injonctions volontaires : seules des psychothérapies profondes ou des mesures sociales peuvent le faire, à l’instar de l’action que les médecins peuvent exercer sur les fruits somatiques de la génétique. Mais nous avons prise jusqu’à un certain point sur leur gestion. Ici aussi c’est la part de notre responsabilité, dont les frontières ne sont pas très claires.

 

D’ailleurs, les trois types de prédispositions – génétiques, historico-psychiques et sociales – s’entremêlent en une résultante sur laquelle travaille notre lucidité, notre intelligence et notre capacité de créer des projets personnels.

 

ILL. Justin n’a pas vraiment choisi son équipement anormalement haut en agressivité ni en impulsivité, pas plus qu’il n’a choisi qu’une mère démissionnaire ne lui donne pas de bonnes idées de socialisation. Mais il a accepté ses médicaments et un entraînement pour socialiser davantage l’expression de son agressivité. Rien à redire. S’il ne l’avait pas fait, on aurait dû le tenir pour responsable d’actes qui, pris chacun isolément, se seraient avérés être très impulsifs.

 

Quoi qu’il en soit,, je suis tout aussi attentif à interroger et à réinterroger ce champ mystérieux de la liberté qu’à spéculer sur la génétique. Je n’ai jamais dit à un petit hyperkinétique amélioré dans le contexte d’un prise de Rilatine : « La Rilatine t’a guéri » mais plutôt : « La Rilatine a créé un nouveau terreau en toi ; elle facilite la concentration ; et tu as décidé d’utiliser positivement cette opportunité ».

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

 

Aussilloux C. Handicap ( notion de - -), 314-316 in Dictionnaire de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, sous la dir. de D. Houzel D., Emmanueli.,, M. Emmanueli M.  et F. Moggio F., Paris, PUF, 2000.

 

Bénony H. Se construire avec un handicap. L’au-delàdelàdélà du développement : un destin ? Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, 2005, 53-8, 407-412.

 

Brun D. Maladie somatique chronique ou grave, 396-398 in Dictionnaire de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, sous la dir. de D. Houzel D.,.,, M. Emmanueli M.  et F. Moggio F., Paris, PUF, 2000.

 

Graindorge C. Comprendre l’enfant malade.

 

Hayez J.-Y. La sexualité des enfants, Paris, Odile Jacob, 2004.

 

Hayez J.-Y. Ouvre ta bouche. Tu ne sentiras rien. Journal de pédiatrie et de puériculture, 2004.

 

Laufer M. Corps ( appropriation du - -), 159-160 in Dictionnaire de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, sous la dir. de D. Houzel, M. Emmanueli et F. Moggio, Paris, PUF, 2000.

 

Mercier M. Points de repère pour définir le handicap et favoriser la participation des personnes handicapées, en santé mentale, Confluences, 2005.

 

Mercier M. Points de repères, pour définir le handicap et favoriser la participation des personnes handicapées, en santé mentale – inédit.

 

Rufo M. Détache-moi, essai, Paris, Anne Carrière, 2005.


 

Plan

 

§ I. Un rapport de curiosité et de connaissance

Assumer la différence des sexes

Appliquant au corps l’idée piagétienne de  « permanence de l’objet ».

Le troisième défi amène à intégrer un savoir

 

§ II. Le corps sert au pouvoir

A. Dès leur plus jeune âge

B. Pouvons-nous accepter que grands enfants et adolescents réclament un droit de propriété sur leur corps ?

C. Les enfants ou les adolescents gravement malades

1. Pour les aider à bien assumer leur état

2. On peut aussi s’ingénier à reconnaître les « coping process »

3. On peut encore l’associer à la gestion du traitement

4. Enfin, à nous de ne pas réduire l’enfant à sa maladie

 

D. Ces considérations s’appliquent largement aux enfants porteurs de déficits

1. Eux aussi, ont un deuil à faire à propos de leur corps 

2. Faire un deuil, cela concerne aussi les parents

3. Alors, que faire, qui soit potentiellement fructueux ?

 

§ III. Corps aimé, corps détesté et narcissisme

 

A. Une longue histoire

B. Les concepts d’image du corps et d’estime de soi

1. L’amour du corps s’appuie entre autres sur deux référents internes

 2. L’amour et la fierté pour le corps

 

§ IV. Le corps érogène

A. Mille plaisirs se vivent dans le corps

B. « C’est moi qui commande à ma bite, et pas … »

 

§ V.  Le sujet humain, entre génome et liberté

A.  Tenons-nous assez compte de cette réalité de l’implication génétique ?

1. Le recours à une médication

2. Créer de la pensée efficace

3. L’aide au deuil

B.     Génétique, liberté et responsabilité

Il peut exister une franche pathologie génétique

A noter que l’on pourrait raisonner exactement de la même manière

C. Les effets toxiques de la négation ou de la surévaluation de l’implication génétique

1. La négation de l’implication génétique

2. La surévaluation de l’implication génétique

 

§ VI.  En guise de conclusion

 

Bibliographie

Notes


 

Notes

 

1. Sa couronne m’avait fait penser aussi à la couronne d’épines du Christ, porteuse de tant de souffrances non dites !

 

2. La Deuj est la chaîne de TV d’Etat belge partiellement centrée sur les jeunes ( deuj = Deux-jeunes ) ; les news en sont le journal d’informations adapté.

 

3. Pour beaucoup ? J’emploie souvent cette expression ! On ne peut pas généraliser, en sciences humaines cliniques ; et ce que vivent les minorités n’est pas ipso facto pathologique, et mérite d’être écouté et pris en considération. Il y a donc une minorité d’ados qui n’attachent à leur corps qu’une importance irrégulière et faible, ou alors qui ne l’engagent émotionnellement que dans une zone précise ( le sport par exemple ).

 

4. Et le conte se termine à l’inverse de l’histoire d’Œdipe : parce que Kirikou lui a enlevé l’épine dans le dos qui la rendait enragée, Karaba devient belle et gentille, et Kirikou se transforme en super guerrier adulte, bien viril, qui l’épouse. Ça, c’est pour les déterminants plus inconscients du plaisir, que je ne nie pas, tout en disant que quand il est fort, le plaisir est aussi recherché pour soi, comme détaché de ses racines inconscientes.

 

5. Jésus avait déjà remarqué qu’il était plus difficile de doubler la mise quand un homme avait reçu un talent plutôt que dix. Et ses paroles très dures pour le paumé resté passif constituent pour moi, un des très rares mystères de l’Évangile. Un élément de preuve, peut-être que Jésus, qui parle alors comme un parent indûment déçu, n’était pas vraiment parfait, simplement « suffisamment bon », lui aussi.

 

Les images.

 

dessins 1  et 2

dessin 3

Dessin 4, le nombril

dessin 5 : la voiture

Dessin n° 6 : le préado et la boum

extraits de forums ados 7 et 8 : c’est quoi, le plaisir des filles ?

 



[1] Sa couronne m’avait fait penser aussi à la couronne d’épines du Christ, porteuse de tant de souffrances non dites !

[2] La Deuj est la chaîne de TV d’Etat belge partiellement centrée sur les jeunes ( deuj= Deux-jeunes) ; les news en sont le journal d’informations adapté.

[3] Pour beaucoup ? J’emploie souvent cette expression ! On ne peut pas généraliser, en sciences humaines cliniques ; et cececes que vivent les minorités n’est pas ipso facto pathologique, et mérite d’être écouté et pris en considération. Il y a donc une minorité d’ados qui n’attachent à leur corps qu’une importance irrégulière et faible, ou alors qui ne l’engagent émotionnellement que dans une zone précise (le sport par exemple).

[4] Et le conte se termine à l’inverse de l’histoire d’Œdipe : parce que Kirikou lui a enlevé l’épine dans le dos qui la rendait enragée, Karaba devient belle et gentille, et Kirikou se transforme en super guerrier adulte, bien viril, qui l’épouse. Ça, c’est pour les déterminants plus inconscients du plaisir, que je ne nie pas, tout en disant que quand il est fort, le plaisir est aussi recherché pour soi, comme détaché de ses racines inconscientes.

 

12   Jésus avait déjà remarqué qu’il était plus difficile de doubler la mise quand un homme avait reçu un talent plutôt que dix. Et ses paroles très dures pour le paumé resté passif constituent pour moi, un des très rares mystères de l’Évangile. Un élément de preuve, peut-être que Jésus, qui parle alors comme un parent indûment déçu, n’était pas vraiment parfait, simplement « suffisamment bon », lui aussi.

 

13   Une certaine mesure, car sa lucidité et sa liberté d’évaluation pourrait être brouillée, elle aussi, par des vécus d’origine génétique partielle : un vécu dépressif par exemple.

 

jeunes ( deuj= Deux-jeunes) ; les news en sont le journal d’informations adapté.

[3] Pour beaucoup ? J’emploie souvent cette expression ! On ne peut pas généraliser, en sciences humaines cliniques ; et cececes que vivent les minorités n’est pas ipso facto pathologique, et mérite d’être écouté et pris en considération. Il y a donc une minorité d’ados qui n’attachent à leur corps qu’une importance irrégulière et faible, ou alors qui ne l’engagent émotionnellement que dans une zone précise (le sport par exemple).

[4] Et le conte se termine à l’inverse de l’histoire d’Œdipe : parce que Kirikou lui a enlevé l’épine dans le dos qui la rendait enragée, Karaba devient belle et gentille, et Kirikou se transforme en super guerrier adulte, bien viril, qui l’épouse. Ça, c’est pour les déterminants plus inconscients du plaisir, que je ne nie pas, tout en disant que quand il est fort, le plaisir est aussi recherché pour soi, comme détaché de ses racines inconscientes.

 

12   Jésus avait déjà remarqué qu’il était plus difficile de doubler la mise quand un homme avait reçu un talent plutôt que dix. Et ses paroles très dures pour le paumé resté passif constituent pour moi, un des très rares mystères de l’Évangile. Un élément de preuve, peut-être que Jésus, qui parle alors comme un parent indûment déçu, n’était pas vraiment parfait, simplement « suffisamment bon », lui aussi.

 

13   Une certaine mesure, car sa lucidité et sa liberté d’évaluation pourrait être brouillée, elle aussi, par des vécus d’origine génétique partielle : un vécu dépressif par exemple.