Ados auteurs d’abus ou de pseudo-abus

 

 

                     Jean-Yves Hayez [1]
 

L’essentiel de ce texte a été publié dans la revue Neuropsychiatrie de l’Enfance et de l’Adolescence, 2010, 58-3,112-119.       

 
Résumé : La propension de nombre d’adolescents à l’agir facile les conduit régulièrement du côté de la transgression sexuelle et, pour quelques-uns, jusqu’à l’abus sexuel. L’article propose une catégorisation des adolescents qui abusent, entre ceux dont la santé mentale et l’avenir sont  préoccupants et les autres. Il décrit également les nombreuses situations de doute où il est et reste indécidable de savoir si l’on a à faire à un abus ou à de la sexualité consentie. Il propose un modèle de prise en charge pour ces situations de doute.
 
Mots-Clé : adolescent abuseur ; abus sexuel juvénile hédoniste ; abus sexuel juvénile post-traumatique ; adolescent pédophile ; pseudo-abus sexuel ;  activité sexuelle douteuse ; gestion du doute.
 
Summary : A lot of adolescents like acting quickly and intensively. It leads a part of them to the field of sexual transgressions and a little part to sexual abuse. The article proposes a categorization of these who abuse, describing juvenile sex offenders whose mental health and human future may really preoccupate and the others. It also describes the frequent doubtful situations, in wich it is impossible to decide whether it was abusive or consensual  sex activity. It proposes a way to care these doubtful situations.
 
Key-words : adolescent sex offender ;  hedonist juvenile sex offender ; abused juvenile sex offender ; paedophilic adolescent ; false sexual abuse ; pseudo sexual abuse ; doubtful sexual activity ; management of doubts.    

 

 

§ I. Les ados et les agirs faciles

 

 

I. Davantage qu’à d’autres âges de la vie, plutôt que de se centrer sur l’introspection et sur la planification mentale, nombre d’adolescents produisent des actes, à ciel ouvert ou dans l’intimité de recoins secrets, seuls ou avec l’un ou l’autre copain – ou copine – sûr(e), qui ont les caractéristiques que voici :

 

Ils peuvent être peu réfléchis, répondre très rapidement aux stimuli ou aux vagabondages de l’imagination du moment.

 

Ils sont souvent « forts », rudes, chargés d’énergie.

 

Ils peuvent être spectaculaires, destinés à se démontrer l’audace et la puissance que l’on ressent, et destinés aussi au regard de l’autre.

 

Et surtout, ils aiment explorer les zones-frontières et même franchement les dépasser : explorations de l’inconnu plus ou moins angoissant ; créations totalement innovantes ; flirts avec le danger ; défis face au défendu, et même explorations d’une puissance de Mal que l’on devine en soi. Milton Erikson disait « L’adolescent aime faire l’expérience de tout ce qui est possible, mais il voudrait que cela ne porte jamais à conséquence ( 43, in Haley, 1986) ».

 

La répartition dans la durée de ces actes forts, incongrus, inquiétants est très variable : de l’acte spectaculaire isolé, à ceux qui s’exacerbent et se répètent le temps d’une « passe » significative, jusqu’à la personnalité marquée habituellement par l’agir.

 

II. Pourquoi en va-t-il ainsi chez cette catégorie bien peuplée des ados avides d’agir ?

 

Il existe chez eux une résonance favorable entre des caractéristiques personnelles et d’autres, socio-familiales contemporaines :

 

- Caractéristiques personnelles : efflorescence des pulsions, des hormones, irrégularités des neurotransmetteurs diencéphaliques ; faiblesse de la mentalisation ; désir de s’affirmer, de briller, pour soi et pour les autres ; désir de dominer ; désir de défier, de ne plus accepter les limites ( O’Hanlon, 1998 ) ; attrait pour le résultat ; plaisir des nouvelles compétences conquises ; attrait des plaisirs nouveaux découverts ; faiblesse d’un Sur-Moi qui serait resté quelque peu contenant, etc.

 

Mais les motivations « originaires » sont parfois plus pénibles : angoisses nouvelles et désir de les dénier ; moments de chute de l‘estime de soi, ici déniés dans des actions « étourdissantes » ou vengeresses ; et plus banalement, frustrations de la vie que l’action permet d’oublier ( Lindsey, 2001 ).

 

- Côté socio-familial : Faiblesse de l’autorité paternelle ; incitation à la consommation ; pregnance du message « You like it, just do it » ; loi du plus fort ou du plus malin ; entraînement par la présence du petit groupe du moment, etc. …

 

III. Cet investissement privilégié de l’action concerne de nombreux domaines. Dans le cadre de cet article, je me limiterai à celui de la sexualité. On peut s’attendre à de nombreuses « sorties de route » par rapport à l’itinéraire adolescentaire standard que se représentent les adultes contemporains plutôt sages : la bonne et vieille masturbation, avec modération ; une consommation occasionnelle et plutôt précoce de pornographie ; l’éveil de l’amour couplé  plus tard au désir physique et à la première réalisation un peu anxieuse de celui-ci, mais pas avant quinze ans et onze mois, quand même …

 

 

Extrait de « la guerre des boutons » ( Yves Robert, 1961 )

 

Et donc, beaucoup d’ados sortent allègrement de ce schéma, souvent dans la discrétion – du moins si on appelle encore discrétion l’anonymat partagé sur Internet -. Ils en sortent pour faire des expériences « spéciales », précoces, parfois glauques, sans être pour la plupart franchement immorales. Citons :

 

Le goût prononcé pour le plaisir sexuel que découvrent et cultivent certains : éroto-philie qui peut aller jusqu’à la dépendance au sexe, avec ce que cela entraîne comme sexualité abondante dans la vraie vie – de la masturbation fréquente aux plans Q et aux fucking friends – et comme multiplication des contacts sexuels sur Internet.

 

L’audace à faire très tôt ce que d’autres n’osent pas faire : coucher avec sa petite amie de onze, douze ans ; draguer ou se faire draguer par un adulte et se faire initier par lui à treize ans, etc.

 

Se déclarer bi et vivre un certain nombre d’expériences avec les deux sexes.

 

Se livrer à quelques bizarreries : transvestissements, zoophilie, infantilisme, électro-stimulation à basse tension des parties génitales … pour beaucoup, ce sera quelques expériences sans lendemain, pour voir et pour jouir autrement ; quelques-uns s’y fixeront et vivront donc une dimension perverse de leur sexualité, et s’y réduiront même de loin en loin ( Hayez, 2003 ).

 

Utiliser les ressources de l’image et d’Internet pour promouvoir leur sexualité : clips vidéos perso et porno ; cyber-webcams et autres conversations et pratiques obscènes en ligne, etc. ( Hayez, 2009 ).

 

§ II. Les ados auteurs d’abus

 

I. Présentation générale

 

Ce goût pour une sexualité hors normes et agie rapidement peut-il inclure l’abus, c’est à dire une activité sexuelle avec un autre non principalement consentant, ou dont le soi-disant consentement, pas du tout éclairé, ne constitue qu’une apparence [2].

 

A. Oui, inévitablement, mais la proportion de ceux qui vont jusque là est bien moindre que le peuple des amateurs précités d’expériences sexuelles hors-standard, car la grande majorité des ados sait,  au moins d’intuition :

 

Que ce sera jugé grave si c’est découvert, et donc que c’est dangereux : Et tous n’ont pas un sentiment d’invulnérabilité et un besoin de défi qui les pousse à braver ce risque précis, loin de là !

 

 - Que c’est mal et qu’ils vont faire souffrir ou perturber leur partenaire ;

 

Même si, comme signalé plus haut, les ados veulent parfois expérimenter leur puissance de Mal, c’est rarement sans conflit avec leur conscience morale. C’est plus simple pour eux d’arracher les ailes d’une mouche ou de faire une traîtrise anonyme que d’affronter les larmes d’une petite cousine qu’ils auraient brutalisée sexuellement. Larmes qui peuvent revenir les hanter la nuit, juste avant de s’endormir, avec leur charge d’angoisse, de honte et de culpabilité.

 

Par ailleurs, quand ils franchissent le pas de l’abus, c’est très rarement en référence à une pression interne ou externe incoercible. Ils savent ce qu’ils font et ils pourraient choisir de ne pas le faire, même si des Voix internes ou externes leur soufflent à l’oreille d’y aller. Et donc, ils ont des comptes à rendre à leur conscience et à la société pour ce qu’ils font.

 

B. Lorsqu’ils commettent un ou des abus, on peut répartir schématiquement ceux-ci sur une échelle qui indique le pronostic de santé mentale et sexuelle rassurant ou inquiétant de l’auteur.

 

Au pôle « favorable », l’abus est comme la divagation d’un moment où s’égare un adolescent dont la personnalité n’est ni significativement perturbée, ni franchement immorale. Son acte est souvent isolé [3] ou  ne se répète que sur une brève unité de temps – moins de deux, trois mois par exemple -. Puis, l’adolescent se reprend et regrette plus ou moins fort. Cette catégorie d’abus constitue de loin la plus fréquente.

 

A l’autre pôle, c’est l’inverse : l’abus est répétitif, et la personnalité de l’adolescent qui s’y livre présente un solide et tenace mélange de perturbation psychologique et d’immoralité. Mais c’est nettement plus rare ; et entre les deux pôles, il y a un gradient de fréquence décroissante.

 

Ne faisons pas dire à l’échelle ce qu’elle ne dit pas !

 

 - Elle ne parle pas de ce que l’on pourrait appeler « l’intention du moment » de l’auteur par rapport à la victime. Il ne faudrait pas déduire que, au moment où ils commettent leur abus, tous les ados situés au premier pôle sont des doux, bien gentils, à peine égarés. Il est tout à fait possible qu’ils vivent alors une passe tout à fait négativiste de leur vie.

 

- De la même manière, l’échelle ne donne pas d’indication sur ce que sont la forme externe ni le contexte de l’abus.

 

- Elle ne parle pas non plus des effets sur la victime, encore que l’on sait que, statistiquement parlant, ce qui vient d’un adolescent est moins traumatisant à long terme que ce qui vient d’un adulte, et qu’un acte isolé est moins nocif qu’un acte répété, a fortiori lorsque la récurrence de celui-ci est imprévisible.

 

II. Premier pôle : les auteurs au devenir non (ou peu) préoccupant

 

A. Ce sont donc les plus fréquents parmi les auteurs. Ils arrivent à l’abus en raison du jeu combiné et momentané de facteurs personnels ou socio-familiaux déjà évoqués à propos des agirs faciles.

 

Dans leur vie, l’expérience de l’abus constitue une sorte d’accident [4] de parcours sur lequel ils ne s’attardent pas ( Laforest, Paradis, 1990 ; Haesevoets, 2001 ). A propos des adultes à qui il arrive de fonctionner de la sorte, eux aussi, j’avais évoqué la notion de dérapage ( Hayez, 2004, p. 167 et sq. ), mais celui-ci fait trop penser que la route de vie habituelle des ados est plutôt droite. En fait, ils prennent pas mal de chemins de travers, mais ici, leur vagabondage les fait aller jusqu’à cette zone noire que Mufassa avait pourtant strictement interdit à son fils Simba d’explorer ( référence au film Le roi Lion, R. Allen, 1992 ).

 

B. Difficile d’en proposer des illustrations pertinentes, puisque leur critère fondamental, c’est l’itinéraire de vie de l’ado qui abuse et son désir, finalement le plus fort, de redevenir « suffisamment bien » sociable. Très prudemment, évoquons quelques cas rencontrés sur le terrain :

 

 

«  Et maintenant, donne-moi mes dix sous ! »

 

- Grande sœur qui veut « sucer » un petit frère avec qui elle s’entend pourtant habituellement bien ; grand frère qui veut montrer son éjaculation ; cousin qui veut attoucher sa petite cousine en profitant d’un jeu de cache-cache ; baby sitter qui  utilise une situation de bain, etc. On devine bien le besoin d’affirmation de soi, un surcroît momentané et imprévu d’excitation érotique, l’angoisse quant à l’intimité avec un vrai partenaire du même âge, etc., qui président à de tels comportements, pas vraiment préparés stratégiquement.

 

- Frère de seize, dix-sept ans qui sodomise assez brutalement son jeune frère, juste après s’être fait humilier et jeter par sa copine avec qui, de surcroît, il avait des relations sexuelles très plaisantes.

 

- Comportements plus ou moins déchaînés en petit groupe : par exemple, réalisation d’un clip vidéo avec l’humiliation sexuelle d’un plus faible ; et même ce que vit une partie des participants d’un viol ( ou d’un demi-viol ) collectif : souvent les plus jeunes, les plus suiveurs se laissent plus ou moins gagner par l’excitation du moment, par l’abaissement des normes en groupe, et ne se permettent pas de dire non ( angoisse, image sociale ).

 

C. Indépendamment de la prise en charge de la victime et d’une réflexion menée avec les tiers associés à  l’événement, voici quelques objectifs de la prise en charge de ce premier pôle d’auteurs :

 

Certains peuvent être atteints via des interventions éducatives, et d’autres via des entretiens psychologiques, voire des psychothérapies [5], à public variable : séances individuelles ; séances père-fils ; séances familiales, etc. C’est tout, sauf facile, de mener un dialogue « autour de tout ça » avec les ados ici concernés. Après découverte des faits, beaucoup, morts de honte ou d’angoisse, se congèlent au moins transitoirement. Plus que jamais l’art de l’apprivoisement demande des intervenants chevronnés.

 

Les objectifs ?

 

- Maîtrise de leurs émotions par les adultes ; méditer longuement les paroles de Jésus lorsqu’on voulait lapider la femme adultère ( Jean, 8, 1-4 ) « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre … Et ils s’en allèrent un à un, en commençant par les plus vieux »

 

- Discrétion ; non-dramatisation ; non-ingénuité et vigilance plus efficace dans les temps qui s’ensuivent dans le chef des adultes et des éducateurs.

 

- Parler de l’adolescence en général ; rencontrer l’image du monde, les intérêts et les préoccupations globales de l’adolescent.

 

- Parler de la vie sexuelle des adolescents, de l’abus sexuel qui a eu lieu. Discuter du sens de la sexualité, de ce qui est permis et défendu et bien et mal en matière sexuelle. Vérifier le niveau de connaissances et d’éducation sexuelle.

 

- Parler de la Loi ; interdire la récidive ; chercher une sanction proportionnée et constructive.

 

- Parler du vécu des victimes ; améliorer la « connaissance empathique » de  la personne de la victime. Dans certains cas, un dialogue « adolescent-victime » est possible, les fois où l’auteur est prêt à présenter ses excuses, et la victime prête à l’entendre.

 

- Si des problèmes « émotionnels » momentanés peuvent contribuer à expliquer ce qui s’est passé, les prendre en charge.

 

III. Les abus relevants de personnalités inquiétantes

 

A. J’en distingue trois groupes :

 

1. Le plus fréquent est constitué par « les dominants, peu scrupuleux, peu sociables et avides de plaisirs sexuels ». Par argumentation intellectuelle sciemment fallacieuse, par séduction ou par la force, voire la terreur, ils se servent de plus jeunes comme de poupées sexuelles, parfois sur des durées de deux, trois ans dans le superbe isolement de leurs chambres au troisième étage, jamais surveillées par les parents. Tout au plus ont-ils parfois obtenu un « oui » hésitant au début, mais ils ne tiennent pas compte des « Non » bien plus clairs qui lui succèdent. Ils baisent et rebaisent, sans considération profonde pour le vécu de leur objet de jouissance, qu’il s ‘agit seulement de faire taire et durer.

 

On peut dire d’eux qu’ils font feu de tout bois. Parfois, ils trouvent des partenaires vraiment consentants ; ils ne sont pas strictement sous l’égide d’une dépendance psychique centrée sur les plus jeunes ou les plus faibles mais, quand ils sont en manque de sexe, l’idée ne les arrête pas non plus et leur donne même  parfois un piment d’excitation érotique supplémentaire.

 

Ils sont donc motivés principalement par un grand investissement du plaisir physique, pour certains pas très loin d’une addiction. Ils n’ont pas beaucoup de sens moral ni de valeurs sociales, peut-être même ont-ils introjeté, à partir du témoignage de vie quotidien de leur famille, des « valeurs faussées » ( droit à l’égocentrisme, à profiter de l’autre, etc.) ( Laforest, Paradis, 1990 ). C’est certainement à leur propos que D.  Frémy pouvait écrire : «  … L’agression sexuelle n’est pas repérée comme une effraction du corps de l’autre. Cet autre est mal différencié, il n’est pas considéré comme une personne mais comme une opportunité, comme celui ou celle dont on repère la vulnérabilité. La victime est instrumentalisée, réduite à l’état d’objet … » ( Frémy, 2001 ).

 

Les plus fréquents : hédonistes dominants peu scrupuleux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Erotophilie++, jusqu’à                                          Caractère dominant

la dépendance

                                                                         Peu d’empathie, de convivialité                                                                                                                                  

 

 

 

 

 

2. Déjà bien moins fréquents, mais très ciblés par la littérature scientifique, sont les adolescents qui ont eux-même vécu dans une ambiance de grande violence, globale, psychologique, physique ou/et sexuelle dont ils ont été témoins ou qu’ils ont directement subi ( Awad, Saunders, 1984 ; Berger, 2008 ; Vizard, Monck, 2006) Ils ont longtemps encaissé en silence, en essayant de se protéger vaille que vaille. Ils guère pu en parler ni bénéficier de solidarité.

 

 

Des représentations traumatiques continuent donc toujours à agir en eux, pas vraiment refroidies, mi-conscientes, mi-inconscientes, avec de loin en loin des moments de grande angoisse ou de rage. En effet, progressivement, pour retourner la situation interne ( et externe), ils s’identifient à l’agresseur … c’est souvent autour de leur pré adolescence que des fantasmes, puis des intérêts et des comportements commencent à les habiter, jusqu’à la brutalité apparemment insensible, la cruauté, le sadisme. S’ils y trouvent de la jouissance physique et du plaisir d’emprise vécu comme agréables, ils apprennent à reproduire ces comportements et à s’y fixer.

 

De tels ados sont comme des bombes à retardement : face à une occasion qui leur rappelle leur passé, même inconsciemment, ils peuvent décharger une grande masse d’agressivité et de sexualité brutales sur un plus faible ou sur une cible évocatrice. On les trouvera donc davantage du côté du viol ou du quasi-viol ( certaines conduites brutales à deux ou trois à la sortie d’une discothèque, l’alcool et les pilules aidant ). Dans les cas gravissimes, les voici serial-killer à l’âge adulte.

 

Moins fréquents : traumatic re-enactements

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


               

 

               

 

 

 

 

 

Goût du plaisir (rarement                                                 Ex-violentés qui

                                                                                               « déchargent »

                  érotophilie ou dépendance)                                               leur vécu       

                                                                                               pénible

 

 

             

Cette catégorie d’adolescents vit plus strictement que la précédente le  besoin d’agresser et de vivre de l’emprise sur un type de cible relativement précis, le plus souvent faible en statut [6].

 

 

 

3. Dans un autre ordre d’idées, du côté d’un amour immature, plus que d’une jouissance ou qu’une emprise, on trouve à un âge bien précoce les plus purs des pédophiles. Pas vraiment les pervers, qui ne sont intéressés que par quelques centimètres carrés de muqueuse-à-jouir, mais bien ceux qui, dès leurs onze, douze ans, idéalisent l’enfant plus jeune, idolâtrent son corps et son être si parfaitement pur, et qui veulent fusionner avec lui, reconstituant une sorte de nirvana primitive. Au fil du temps, les désirs et les fantasmes sentimentaux et sexuels de ces tout jeunes pédophiles ne vont guère évoluer. Il est bien possible que, pendant longtemps, ils s’en tiennent à l’amour ( souvent secret ), sans intention de sexualité physique. Mais, beaucoup arrivent quand même au contact charnel, plus tard dans l’adolescence. Et pour certains c’est immédiat ou quasi. Ils cherchent plus les caresses, la fusion des corps, l’impression de tout connaître  et partager de l’intimité de soi et de l’autre, que les débordements de la jouissance érotique. Mais ils se fixent très souvent dans de très solides habitudes ( Miner, 2002 ). Le cas de Tony est exemplatif à ce propos.      

ILL. Je m’occupe de Tony ( seize ans ) depuis plus d’un an, et il a fini par me faire part de sa pédophilie. Il n’a pas peur du terme, qu’il s’adresse à lui-même dans sa dimension « phile », « ami intense des enfants ». Tony « fond » devant les jeunes garçons en général, et à deux, trois jeunes amis entre onze et treize ans pour lesquels il brûle d’amour. Ce qui l’inquiète, et dont il a fini par s’ouvrir en consultation, c’est qu’il pourrait un jour passer à l’acte sexuellement avec un garçon qui n’y consentirait pas. Ça, il ne le veut pas ! S’il n’y avait que le sentiment amoureux, avec, au bout, de la sexualité consentie, il n’aurait jamais consulté, malgré la réprobation sociale qu’il commence à enregistrer autour de lui, même dans sa propre famille, mais qui le renvoie et le conforte plutôt dans «  de rêve » avec des enfants.

 

Mais il sent bien que sa sexualité pourrait échapper au contrôle de sa volonté et commence même à le faire. Juste avant de me consulter, il a de lui-même renoncé à collectionner des images de pornographie infantile et a détruit sa collection, et il me dit s’y tenir. Dans ses fantasmes masturbatoires, ses petits copains sont souvent présents, mais « on ne fait pas de sexe, me précise-t-il, je me mets dans des paradis avec eux ». Il commence à  penser : « Si un garçon me provoque et qu’il est vraiment consentant, je ne dirai pas non ». Mais j’ai peur, moi – et lui aussi, d’ailleurs – d’une dégringolade très rapide dans le champ du sexe-plaisir : s’il se met à toucher au sexe avec ses petits amis, lui si vulnérable risque fort de devenir très vite dépendant et d’oublier jusqu’à un certain point les principes de non-violence auxquels il tient pourtant sincèrement. 

 

Pourquoi est-ce que je vous parle de Tony maintenant ? Il existe un enracinement profond de sa pédophilie. Quand il me raconte son histoire et qu’il évoque ses liens familiaux, ça a l’air banal. Famille modeste, fonctionnelle, où il n’a été ni trop ou trop mal aimé, ni rejeté. Pas d’initiation sexuelle précoce, ni d’autres dysfonctions sexuelles. Peut-être existe-t-il en lui ce désir paradoxal de se conduire avec des plus jeunes à la fois comme une mère et comme Peter Pan. Nous cherchons honnêtement ensemble. Et s’il y avait aussi des implications génétiques dans tout cela ? Je ne pense pas qu’il existe un gène de la pédophilie ; par contre, il n’est pas impossible que la résultante de plusieurs tendances issues de la génétique, prédispose Tony à une manière tendre, protectrice, régressive d’aimer, et que ceci s’ajoute à des empreintes affectives encore à trouver.

 

Ce que je veux souligner aussi, c’est que Tony prend ses responsabilités in tempore non suspecto. Ce n’est pas sur injonction, ni pour échapper à quelque sombre sanction qu’il est venu me voir. Au fond, sa position est éthique : il veut aimer à sa manière, mais sans violer le consentement de l’autre ! 

 

En plus, il est d’accord de suivre mes propositions thérapeutiques : essayer de mieux comprendre la source de son attirance affective ; s’entraîner à des comportements qui réduisent l’envahissement de son psychisme par de la sexualité pédophilie ( s’obliger à changer de fantasme ou à se masturber à toute allure quand ce n’est pas possible ). Après maintes discussions plus philosophiques et scientifiques, il s’est engagé sur l’honneur, face à lui-même, à ne jamais provoquer un jeune de moins de quatorze ans, et même à ne jamais répondre aux provocations d’un moins de douze ans et demi. Ces limites d’âge peuvent vous faire sourire et évoquer l’arbitraire, mais elles ont été soigneusement pensées par lui. Je les respecte tout comme, globalement, je le respecte.

 

B. La prise en charge de ces adolescents relève de programmes structurés et longs, dont la description ne fait pas l’objet de cet article [7]. Tant par respect pour eux que pour protéger des victimes potentielles de récidives loin d’être impossible, il faut adjoindre à leur prise en charge éducative et thérapeutique un  contrôle social effectif et réaliste de leurs comportements, le temps qu’il faut, quand on les laisse libre d’évoluer en société. Contrôle social et traitement ne doivent en aucun cas être confondus : Je m’en étais expliqué dans un article inédit consacré à la prise en charge des délinquants sexuels ( Hayez, 2006 ), La mise en place « autorisée » de ce contrôle social suppose l’intervention des autorités judiciaires.

 

§ III. Activités sexuelles d’évaluation délicate

 

Dans certains cas, pas si rares, il n’est pas possible de déterminer objectivement s’il s’agissait d’un abus ou d’un acte consenti par les deux ( ou N ) partenaires impliqués ( Lamb, Coakley, 1993 ). Cette impossibilité s’avère souvent définitive. Elle est liée à la dynamique et à la nature des faits, au statut des personnes impliquées et au moins autant au facteur subjectif qui intervient lors de leur évaluation. Déjà en 1998, M. Heiman déclarait : « … même les professionnels n’ont pas les mêmes critères pour discriminer les comportements sexuels normaux des conduites sexuelles inappropriées ou pathologiques chez les enfants. La perception de la sexualité dans son ensemble, l’expérience personnelle et/ou professionnelle et le sexe de l’observateur influencent de manière considérable son appréciation et ses croyances … » ( Heiman, 1998 ).

 

 

 

En voici quelques exemples :

 

- Tel ado, souvent jeune, s’aventure à des attouchements sexuels avec un beaucoup plus jeune que lui. Il flirte avec la fameuse « différence d’âge limite  des cinq ans » érigée en standard, voire la franchit allègrement. Pas toujours facile de savoir qui a dragué l’autre au début. Il est d’ailleurs assez souvent faux de prétendre que les cadets contemporains, à partir de sept, huit ans, ne savent pas ce qu’ils font et ne veulent jamais rien de sexuel. Inversement, on est en droit de penser que le plus grand aurait pu – aurait dû ? – prendre un rôle davantage éducatif et laisser le plus petit dans le cadre plus strict de la différence de statuts qui les séparait. Oui, oui, mais on sait aussi que des initiations sexuelles peuvent être saines et font fréquemment partie d’un bon développement sexuel. Alors ?

 

- Il reste vrai que, en fin de soirée en discothèque, certaines grandes adolescentes, pas plus sobres que ceux qui les draguent, sont consentantes pour monter à l ‘arrière de la voiture de ceux-ci… Mais quand arrive le moment de l’action, corps dénudés ou quasi, elles prennent peur et crient un vrai « Non » Connaissez-vous vraiment beaucoup d’hommes capables de s’arrêter, le sexe déjà en érection, face à ce « Non » de la dernière heure ?

 

- Certains partenaires sollicités sont craintifs ou ambivalents. Ils se laissent faire plus ou moins passivement, sans énoncer des « Non » clairs. Ils pensent même trouver un plaisir momentané à l’activité sexuelle elle-même, mais après, ils regrettent, se sentent mauvais et coupables. Néanmoins, ils continuent à se soumettre. Et en face, l’adolescent qui les sollicite, démangé par sa puberté, n’a aucun intérêt à analyser les détails de leur : il voit quelqu’un qui se laisse faire et ça l’arrange

 

L’évaluation peut encore s’avérer délicate  parce qu’on n’est pas certain que ceux qui y ont été impliqués disent la vérité lorsqu’ils en parlent. On se demande s’ils ne cherchent pas à dissimuler non seulement la nature et l’amplitude des faits, mais aussi leurs motivations et ce qu’il en a été de leur consentement. Lorsque les adultes tombent sur le pot aux roses, les jeunes s’accusent mutuellement d’avoir été trompés par l’autre. Celui qui a le statut le plus faible aux yeux de la société en tire immédiatement profit et prétend qu’il a été la victime du plus fort : le cadet accuse l’aîné, et la fille, le garçon. Et le soi-disant plus fort proteste avec énergie pour dire que l’autre était d’accord, et même que c’est l’autre qui l’a séduit.

 

Il est  injuste et stérile de réduire ces situations à de purs abus, ou au contraire de les minimiser. Ce sont des situations de doute. Je note cependant que je me suis senti bien seul pour en parler, et proposer une prise en charge spécifique, avec mon expérience professionnelle comme outil principal. La littérature scientifique et ce qui se dit lors de congrès est bien plus manichéen, et ignore largement cette question du doute [8].

 

§ IV. « Je ne voulais pas, msieur … c’est lui qui m’a forcé »

 

De telles situations, où il existe un doute profond qui ne va pas pouvoir s’éclaircir, sont  assez fréquentes. Alors, la prise en charge ne devrait consister ni à trancher dans l’incertain ( Hadjiski, 1987 ), ni à s’obstiner à croire que la vérité finira par être « crachée » si l’on pousse les investigations au-delà du raisonnable.

 

Pour ne pas être paralysés ni « à côté de la plaque » il faut déclarer tout haut, sereinement et avec conviction, qu’il y a doute et que celui-ci n’est pas prêt d’être tranché. Il faut le déclarer à tout le monde, aux protagonistes directs, aux témoins et aux professionnels mêlés à l’histoire.

 

 

« le doute est un hommage que l’on rend à la vérité » ( Ernest Renan )

 

Et ce doute institué, base de référence de ce qui va suivre, ne doit empêcher aucune action, ni sociale, ni éducative, ni éventuellement psychothérapeutique, menée avec prudence et pondération ( Haesevoets, 1999 ). J’expose de façon détaillée en quoi peut consister cette prise en charge du doute, à propos d’une situation adulte-enfant, dans l’article « la fiabilité de la parole de l’enfant, p.  274 et sq. ) ( Hayez, 2007 ).

 

Comme le lecteur est probablement peu familier de la gestion sur le terrain de ces situations de doute, je terminerai par un exemple, dont je montrerai la gestion via une sorte de jeu de rôle schématique.

 

Dans une maison d’enfants, un éducateur surprend nus dans une chambre Johnny ( sept ans ) et David ( quatorze ans ). Les deux garçons se connaissent et se fréquentent vaguement. Ils n’ont pas la réputation d’être très perturbés, sauf que Johnny souffre d’une légère carence affective. Johnny prétend que David l’a forcé et David, que Johnny l’a dragué. Ils jurent aussi, bien sûr, que c’est la première fois. Après une investigation approfondie auprès des deux garçons, le doute subsiste.

 

I. Schéma d’un jeu de rôle pour gérer cette situation de doute :

 

C’est à la plus haute autorité morale de la maison, le directeur, que je confie les paroles fondamentales pour faire avancer la difficulté. Un psy peut être assis un peu en retrait, pour le soutenir techniquement si nécessaire …

 

A. Le directeur, en entretien individuel avec David :

 

- Le directeur explique que l’on doute et que l’on ne cherchera pas plus loin. Il met de l’énergie à ce que David assume ce point de vue, seulement inconfortable

pour lui dans l’hypothèse où il n’aurait pas menti jusqu’alors.

 

- Le directeur demande à David d’imaginer alors quel va être la réaction des adultes et pourquoi. Souvent, le jeune convient tout seul qu’il y a eu au moins désobéissance à  une règle institutionnelle, ce qui mérite sanction. S’il n’y arrive pas tout seul, le directeur le dirige dans cette direction.

On discute de la sanction, pour qu’elle reste constructive.

 

- Le directeur veille à ce qu’existe un dialogue sur la vie sexuelle qu’ un jeune est susceptible de gérer à quatorze ans, en général. A son propos, qu’est-ce qui est naturel ? Admissible ou non ? Bien ou mal ? Ce qui est vraiment mal, c’est  abuser d’autrui … voici donc ce qui se passerait si les adultes étaient sûr qu’un jeune avait abusé  d’un autre ( N.B. une sanction plus forte mais, je l’espère, pas l’exclusion si c’est la première fois !! ) 

- Que se passerait-il à l ‘avenir si David était à nouveau à l ‘origine d’un doute ( abus ou non ) , à propos d’une situation sexuelle avec Johnny ou avec un autre beaucoup plus jeune? Le directeur : « Je trancherais mentalement mon doute, en pensant que tu es davantage du côté de l’abus. Les sanctions seraient beaucoup plus graves, parce que récidive et parce qu’abus. Elles pourraient aboutir à ton exclusion.

Donc, si tu décides un jour d’encore désobéir aux règles, choisis un ou une partenaire costaud(e), courageux(se), par exemple, quelqu’un de plus âgé que toi. Celui-là, au moins, ne criera pas qu’il est une victime si vous êtes attrapés En te parlant ainsi, je ne t’encourage néanmoins pas à recommencer à transgresser les règles, car toute récidive est davantage sanctionnée que la première fois ».


B. L
e directeur, en entretien individuel avec Johnny :      


- Le directeur institue qu’il y a un fort doute rémanent ( cfr ce qui a été dit à David )   

- Le directeur demande également  à Johnny de deviner quelle va être la réaction des adultes. L'on peut imaginer que le jeune garçon ne sait pas bien. Le directeur explique que David, au moins lui, a commis une transgression. Et pour lui, Johnny, qu’en est-il ?

 

Il est peu probable que Johnny n’avait aucune idée du règlement de maison interdisant la sexualité à plus d’un, mais bon, c’est à voir. S’il le connaissait la règle, n’a-t-il vraiment aucun compte à rendre, même au cas où ce serait exact qu’il n’était pas consentant ? N’est-il pas responsable de s’être montré passif, d’avoir laissé faire un autre qui pourtant n’était pas une brute épaisse et ne le terrorisait pas ?

 

On peut donc rappeler aux petits leur droit mais aussi leur devoir de s’auto protéger, quand ils ne veulent pas et que l’intensité du danger ne justifie pas qu’ils se laissent faire de corps.

 

Mais on peut admettre que Johnny était jeune, peut-être mal informé, et qu’il n’avait  pas pensé à se protéger. Peut-être ne savait-il pas qu’il pouvait-devait ? - se protéger ? Donc pour cette fois, il n’y aura pas de sanction face à son éventuelle  « transgression passive ».

 

- Parler de sexualité avec Johnny, en termes simples et adaptés ( ou confier au psy ou à un éducateur le soin de la faire ) ( cfr ce qui a été discuté avec David )

- « Que se passerait-il si, à l’avenir, j’avais l’impression que tu te laisses encore faire, alors que tu pourrais davantage te défendre ou demander de l’aide ? Je serais fâché, ce jour-là. Et tu aurais une sanction, comme co-responsable à part entière d’une désobéissance aux règles. Et donc, si tu le veux bien, nous allons mettre en place des moyens pour accroître tes capacités d’autoprotection …

Et si tu avais envie de faire quelque chose de sexuel avec un(e) autre ? Eh bien le règlement de la maison l’interdit …. ».

 

II. Mesures sociales corollaires

 

- Garder la tête froide : discrétion, protection de l’intimité des jeunes, lutte contre un étiquetage social au demeurant peut-être injustifié ( « Signaler » toutes les activités sexuelles qui vont contre les règles, c’est procéder au « traçage » de la vie sexuelle des pauvres. Quelle injustice ! Le ferions-nous avec nos enfants ?)

 

- Accroître la vigilance, sans tomber dans la paranoïa ; viser à ne pas « tenter le diable » : meilleure surveillance, sans oublier les toilettes et autres recoins ; bon niveau d’occupation des enfants.

 

- Dans les petites collectivités, de tels événements sont quasi publics, connus de tous ; donc, en profiter pour parler de sexualité, entre adultes, avec le sous-groupe des aînés, avec celui des cadets.

 

- Comment mieux se protéger des agressions ? Accroître la compétence de ceux qui le désirent ( voire de tous les supposés plus faibles ) via programmes et exercices d’entraînement à la self-défense verbale et physique.

 

Bibliographie

 

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- inédit, disponible sur le site http://www.jeanyveshayez.net/543-pris.htm

 

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Notes

 



[1]   Jean-Yves Hayez, psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur émérite à la Faculté de médecine de l’Université catholique de Louvain. Courriel : jyhayez@uclouvain.be   Site web : www.jeanyveshayez.net

 

 

[2]  Je fais référence ici aux tout petits ou à ceux dont les facultés mentales sont significativement altérées.

 

[3]   Attention, le critère « Acte (quasi) isolé » doit être manié avec prudence. C’est vrai que, lorsque l’ado auteur n’a pas une personnalité préoccupante, sa « plongée » dans le monde de l’abus est très souvent de brève durée. Mais on ne peut pas en déduire l’inverse ! Tel ado très perturbé peut ne commettre que l’un ou l’autre abus, parce que le sexe ne l’intéresse pas trop, mais commettre par ailleurs mille autres actes inquiétants.

 

[4]   « Accident » serait néanmoins un terme inadéquat s’il faisait penser à « irresponsabilité, agression par un hasard externe ».

 

[5]   Pour la différence  faite ici entre entretiens, demandés par les professionnels, et psychothérapies, demandées avec ses modes d‘expression à lui par l’ado lui-même lire J.-Y. Hayez, « La destructivité chez l’enfant et chez l’adolescent », Paris, Dunod, 2007, p. 62 et sq. et 110 et sq.

 

[6]  D. Frémy ( 2001, p. 197 ) soulignait : « … Il faut donc être attentif à rechercher chez le mineur abuseur des symptômes de la série post traumatique et à identifier la part de victimisation qu’ils représentent. Dans cette démarche, il est fréquent de découvrir que l’enfant auteur a lui-même été abusé sexuellement ou maltraité et qu’il s’est engagé dans un processus d’identification à l’agresseur. Il n’a pas eu quittance de ce qu’on lui a fait subir et il calque sa survie sur ce qu’il a vu faire à son agresseur en l’imitant … ».

 

[7]  Programmes faisant preuve parfois de beaucoup d’originalité ( Lemitre, Coutenceau, 2006 ). A propos d’un cas très grave, avec récidives violentes et impulsives, M. Berger a même prescrit des hormones anti-testostérone, en même temps qu’une psychothérapie. Choquant, à première vue ? Il lui a néanmoins évité l’exclusion … On ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs …( Berger, 2008, p. 128 ).

 

[8]  A une exception près : le doute autour d’enfants jeunes peut-être attouchés en visite après une séparation parentale. Pourtant, les situations sont bien plus nombreuses : j’évoque ici celles qui se passent entre mineurs, mais on peut raisonner de même dans une partie des cas qui concernent des adolescents avant l’âge de la majorité sexuelle légale et des adultes.

 

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