Pratiques et intérêts  sexuels des jeunes sur

 

 Internet and co

  

 

J.-Y. HAYEZ [1]    

 

Ce texte est une mise à jour (juin 2011) d’un article du même intitulé,  publié dans la revue Neuropsychiatrie de l’Enfance et de l’Adolescence, 2009, 57, 231-239. Nous recommandons aux psychologues, psychothérapeutes et pédopsychiatres francophones de s‘abonner à cette excellente revue.



Je distingue quatre catégories  de pratiques sexuelles on line :

 

I. Echanges verbaux non-obscènes autour de la sexualité

 

A. Sur les forums

 

Des échanges verbaux portant sur des thèmes sexuels sont bien présents sur les forums des sites prisés par les adolescents. Ils concernent des échanges  d’informations, des partages d‘expériences ou de questionnements, tant concrets qu’existentiels. La limite avec l’échange obscène, celui qui provoque directement l‘excitation, n’est pas toujours simple à démarquer ( «  Eh, les gens vs pensez koi de l’anulingus ? »)

 

Les sites prisés ? Je pense d‘abord et avant tout à ceux où les jeunes ont la certitude d’être entre eux, sans bon psy spécialiste des ados pour les guider, mais avec quand-même une modération basique exercée par des non-professionnels de l’enfance, non-moralistes, non-pervers.

 

L’un d’entre eux me servira de référence  paradigmatique dans cet article ( 90.000 inscrits francophones de treize à dix-sept ans, à peu près autant de filles que de garçons )  Les forums « sexualité » (n’y) représentent (que) 12 % de l’ensemble des forums. Bien des questions s’y bousculent, depuis des interrogations sur l’anatomie intime, jusqu’à savoir comment  donner le plus de plaisir possible au partenaire, en passant par ce que les autres pensent de la zoophilie ( réponse la plus fréquente : « Beek ! ») Beaucoup sont avides de parler de masturbations, de coups de langue et de pénétrations en tous genres, avec des partenaires grosso modo de leur âge,

 

masturbation, plaisir jusk ou ?  de lola, 14 ans

Je voudrai s’avoir si vs arivétoute au nirvana quand vs vs masturbé. Je ve dire a vraiment jouir parce ke moi ca me fai du bien mai cé pa nn plu enorme, je croi pa ke j’ariv a vraimen jouir, é vou ?

 

 

 

 

Extrait du site sus mentionné, parmi des milliers d'autres courriels du même genre … Lola reçoit des dizaines de réponses plus ou moins pertinentes.

 

Le langage est clair et direct ( encore que les francs échanges obscènes y sont approximativement censurés, de même que toute promotion des perversions les plus antisociales )  Les jeunes y connaissent et commentent en gens soi disant avertis pratiquement tous les recoins de la sexualité « normale » et déviante des adultes. Et pourtant, dans les sondages du site, 70 % de ces treize-dix-sept ans reconnaissent qu’ils n’ont jamais fait l’amour. Donc, pas mal de « frime » ! …  Pour tous la sexualité agie, seul ou avec le consentement du (des) partenaire(s)  est un droit qui ne requiert aucune permission : je ne me souviens pas d’avoir lu le moindre texte qui faisait référence à l’avis des parents ou d’autres « figures morales » adultes : ils ne sont plus positionnés ici ni comme Loi, ni comme modèles de référence, ni même comme interlocuteurs intéressants. Beaucoup font référence au « droit du plaisir », mais partagé par les deux ( et moins fréquemment X ) partenaires : ils ne plaident donc pas pour une sexualité égoïste. Les lois naturelles sont bien respectées ( pas de violence admissible ) Les rares références à des perversions ( par exemple zoophilie – « uro-scato ») provoquent la réprobation du  plus grand nombre. Bref, ils se font les chantres d’une sexualité  libérée, mais qui reste sociable et dans laquelle ils ne  plongent   pas concrètement aussi vite qu’on ne l’imagine, en dehors du rite de la masturbation.

 

B. Et en d’autres lieux

 

Impossible de recenser toutes les pages de tous les sites concernés. Je me limiterai à deux illustrations :

 

◊ - Des échanges d’idées autour de la sexualité s’expérimentent également dans les blogs créés par les adolescents, à partir des  coms  ( commentaires ) des autres face à tel thème ou telle image proposée. Ce n’est cependant pas l’objectif le plus central de la majorité des blogs ados, qui portent surtout sur la quête et l’exposition de leur identité ( ex-timité ) et, sur le partage d’intérêts quotidiens typiques de leur âge, voire sur des engagements socio-politiques.

 

◊ - Il existe des sites Web pour ados clairement gérés par des adultes professionnels  de l’adolescence ( psychologues, sexologues, etc. ) Sur ces sites, des rubriques sont traditionnellement réservées à la sexualité ( informations, témoignages, questions-réponses par l’adulte ; forums avec participation ) Les expériences et les idées qu’y s’y exposent sont importantes et bien utiles pour ceux qui les lisent, mais la fréquentation de ces sites est souvent bien plus minoritaire que celle des sites free évoqués plus haut : L’ambivalence et la méfiance des ados face aux « bons  adultes » ne sont pas près de s’éteindre ! Seule une minorité, suffisamment confiante ou préoccupée par un problème jugé grave, s’adresse aux adultes pour avoir un dialogue et du répondant.

 

II.  La consommation de  pornographie 

 

        
Elle connaît probablement un « pic » vers les débuts de la puberté, en tant que gourmandise récemment découverte et qui chatouille agréablement la montée hormonale du moment. A cette époque où s’installe la capacité d’un vrai plaisir  sexuel et s’exacerbe le désir  de transgression, un grand nombre d’usagers  va explorer beaucoup d’illustrations pornos, celles d’éclate sexuelle « ordinaire » mais aussi, plus occasionnellement  des perverses ou des antisociales,  histoire de savoir de quoi il retourne et de bien défier secrètement les adultes.   

Au fur et à mesure que l’adolescence avance, pour le grand nombre toujours, cette fréquentation a tendance à baisser : c’est du déjà vu qui n’est donc plus très excitant ! Paresseusement néanmoins, une partie ouvre l’ordinateur au moment des séances de masturbation et fait défiler quelques images choisies : c’est plus économique pour le mental que de se créer des fantasmes érotiques perso, comme nous le faisions à l’ère préhistorique d’avant Internet ; Dame, aujourd’hui, c’est l’ère de la consommation où tout arrive tout cuit dans la bouche, si j’ose dire …

 

Une minorité d’adolescents se fixe malheureusement sur de la pornographie ordinaire au point d’en devenir dépendant. Et pour une minorité de cette minorité, c’est pis encore, c’est sur tel ou tel chapitre de pornographie perverse qu’ils peuvent se fixer. Les relations entre ces fixations à des images et une vraie sexualité sans retenue ou perverse sur le terrain de la vie de la vie sont variables : nombre de « collectionneurs » le restent en chambre, inhibés par la vraie vie. Inversement, chez tel ou tel jeune fragile, peu socialisé ou négativiste un passage à l’acte n’est jamais impossible,  avec la pornographie comme coup de pouce déclencheur, ou comme modèle à imiter à la virgule près … Je vous renvoie pour plus de détails à l’article « La confrontation des enfants et des adolescents à la pornographie » [2]

 

III. Le cybersexe et les pratiques analogues

 

 

A. Je définis comme « cybersexe » [3] :

 

◊ - des activités à finalité érotique, ou proche de celle-ci ;

 

◊ - activement voulues par leur protagoniste, spontanément ou suite à une sollicitation ;

 

◊ - qui ne se déroulent que sur Internet  et instruments apparentés ( portables ;  appareils photo ou caméras, etc.)

 

Ces qualifications n’empêchent pas que l’ado soit parfois trompé par son (ses) cyberpartenaire(s)  Par exemple : tel préado qui se montre nu  ou se masturbe via sa webcam ne devine pas nécessairement que son image ou ses exploits pourront être diffusés sur toute la toile. Ce risque est encore plus commun et plus dramatique pour les filles ; On parle parfois de leur « image volée » qui fait les choux gras d’une cour de récréation au lycée … ou circule au vent de la toile ? C’est parfois tout simplement l’ex-petit copain, furieux d’avoir ramassé un râteau, qui se venge en l’humiliant, histoire de lui faire bien regretter son ingénuité érotique des beaux jours.

 

Quelques exemples, qui ne prétendent pas à l’exhaustivité :

 

◊ - Il y a les conversations franchement obscènes faites pour  s’exciter, exclusivement écrites et plus rarement orales, via un microphone. Elles ont lieu sur une page de chatt public [4], dans un « salon » clairement dédié au sexe ou non et où il est toujours loisible de s’isoler pour une conversation « privée » [5] Elles peuvent aussi avoir lieu sur la messagerie privée de l’ado ( MSN ; chatt perso d’un réseau social comme Facebook, etc. )

L’interlocuteur du jeune est quelqu’un de son âge, un adulte qui fait semblant d’être de son âge (grooming), voire un adulte qui se déclare comme tel et à qui l’ado veut se mesurer sexuellement, ou de qui il veut arracher les secrets du plaisir : je vous invite à lire sur mon site web un échange de courriel avec un adolescent, intitulé Je me masturbe avec des adultes sur ma Webcam [6]  

 

◊ - Il y a les  sex-webcams  : même principe et même type de « partenaires », et  ici, l’image accompagne la parole. Ca se passe aussi dans une messagerie privée ou dans un site de sexe proposant entre autres des vidéocassettes « amateurs », le plus souvent contre espèces sonnantes ( et trébuchantes, si j’ose dire ) : le contrôle exercé par les modérateurs sur l’âge réel des participants est souvent fort approximatif et aléatoire : un jeune plutôt costaud, qui a l’air d’avoir autour de quinze ans a beaucoup de chances de passer, au moins un certain temps … et s’il est banni, il s’arrange pour revenir depuis un autre récepteur du Web et sous une autre identité.

 

Depuis quelques temps fleurissent aussi les chatroulettes. Roulette ? Le nom évoque les hasards du casino : on y est mis en contact cam avec un interlocuteur aléatoire : ce peut être un vieux turc de septante ans comme une jeune starlette aguichante : on débranche et une autre personne apparaît dès qu’on n’est pas satisfait … Cela plaît donc aux exigences de rapidité et d’inattendu d’un certain nombre d’ados ; les rencontres qui y sont faites peuvent être de simples dials, parce que l’on s’ennuie et que l’on est curieux de « clavarder » avec un parfait inconnu, ce peuvent être des quêtes sentimentales, mais plus souvent il s’agit de chercher « du sexe » pour une brève durée.

 

Dans tous ces lieux, souvent, on ne montre ne montre pas son visage d’emblée, mais bien le reste du corps, habillé, nu ou dévoilant progressivement ses charmes les plus intimes. Quant au  visage, c’est plus inconstant : le jeune ne le dévoile que lorsqu’il croit pouvoir avoir confiance en l’autre ou parce que cela ajoute un piment  d’excitation supplémentaire.

 

◊ - Tel jeune peut aussi éditer, exposer ou diffuser des images ou des clips vidéos érotiques de soi, avec ou sans visage, avec ou sans partenaire(s) Ces oeuvres d’art porno ( ou érotique ? )  peuvent encore être gardées en secret sur  son ordinateur, sur un CD, une clé USB. Il peut aussi les exposer sur un blog, habituellement sans que sa vraie identité soit détectable, voire accepter ou subir qu’elles circulent au vent de la toile ( pour les plus exhib  ou les plus naïfs/ imprudents ) Pour les plus perturbés de ces jeunes il peut même s’agir de pratiques sexuelles tout à fait perverses. J’y reviendrai par la suite.

 

 Ces derniers aspects du cybersexe dépassent le strict champ d’Internet : grâce aux petites caméras qui pullulent, ainsi qu’aux aux portables, les  photos ou vidéos amateurs pornos ( ou érotiques ?)  peuvent  circuler dans des cercles de copains plus ou moins contrôlés, et non sans risque de perte de contrôle. Il en va de même pour les textes obscènes : ici, les adolescents participent au sexting ( envoi de sextos ) dont certains adultes sont friands. On peut le faire aussi bien entre douze ans et dix-huit ans que pour chanter le cul d’une collègue, quand on est un député lambda de quarante et qu’on s’ennuie au Parlement ! Malheureusement, les dérives sont fréquentes, ces fioretti obscènes sont vite utilisés dans le cadre de chantages, de harcèlement ou de vengeance, et peuvent  faire cruellement souffrir les récepteurs.

 

◊ - Beaucoup plus sinistre ( mais rare ) : filmer l’humiliation ou le viol d’un autre par un petit groupe [7].

 

B. Les motivations en jeu

 

Le cybersexe des jeunes a donc des formes très diversifiées et l’on ne peut pas l’analyser ni l’évaluer de façon simplificatrice.

 

1. Quel est l’ordre de fréquence des pratiques existantes et quelle proportion de grands enfants et d’adolescents concernent-elles ?

 

A titre de pratique occasionnelle, probablement 10 à 15 % des préadolescents et des adolescents sont-ils concernés. De façon durable, nettement moins ( 1 à 2 % ? )  Par ordre de fréquence décroissante, il s’agit d’abord des conversations  obscènes et des pratiques sur webcam avec des partenaires du même groupe d’âge ; viennent ensuite les self-pics (= photos) ou self-vidéos mises en réserve à des fins personnelles ou destinées à un public apparemment choisi ( par exemple, s’exposer nu ou de façon suggestive/provocatrice sur un site de rencontres ou carrément sexuel ) ; puis fréquenter des adultes on line avec des intentions sexuelles. Le reste me semble beaucoup plus rare.

 

2. Les motivations à l’œuvre chez ces jeunes sont variées. Je cite d’abord celles qui ne sont très probablement pas pathologiques lorsqu’elles ne sont actualisées que de façon occasionnelle :

 

◊ -  Une affirmation de soi rude, comme étant déjà « au parfum du sexe », qu’on voit parfois chez des très jeunes, délurés : Par exemple, filles de onze–douze ans interpellant sur un chatt des garçons plus âgés voire des adultes, avec le langage d’un vieux charretier.

 

◊ - Le narcissisme ; la fierté de son corps sexué ( voire de sa compétence sexuelle ) et le désir de se le montrer ou de le montrer à d’autres ( tendance exhibitionniste … ) ;

 

 

Avant, les ados allaient de temps en temps se regarder nus ( et pour les garçons, en érection ) devant un miroir … aujourd’hui, ils se font une petite vidéo bien  hard. Le problème, c’est lorsque les parents tombent dessus : c’est encore plus la honte que d’être surpris en pleine branlette. C’est ce que je décris et discute dans le texte Self sex vidéo d’un préadolescent.

 

◊ - l’auto-érotisme ; un clip-vidéo de soi se masturbant entraîne une excitation sexuelle lors des masturbations subséquentes : le serpent qui se mange la queue, en quelque sorte …

 

◊ - la quête érotique partagée, à travers la lecture ou le spectacle de l’autre qui en fait autant … partage d’actes, mais aussi d’un savoir obscène et excitant, partage de fantasmes, etc. 

 

Ill. Brillant étudiant, extraverti, riche en copains et copines dans la vie incarnée, Maxime ( seize ans ) finit par me raconter qu’il lui arrive d’aller vagabonder sur des salons « cénar » [8] de l’un ou l’autre chatt public. Là, il trouve toujours des partenaires des deux sexes, souvent plus âgés, pour mettre en scène son scénario favori : faire l’amour avec son frère ( dix-neuf ans ) et ses deux parents. « Ca m’excite à mort, me dit-il, j’ai déjà éjaculé sans me toucher » Juste après, quand il pense pouvoir avoir confiance dans son co-scénariste, il aime donner un coup de téléphone ( sur le portable de l’un ou l’autre, pourtant inconnus ), puis se parler, rigoler un peu et, débriefer ce qu’ils viennent de faire : ça ne devrait pas déplaire à Serge Tisseron, au fond, cette manière de reprendre ses esprits et de commenter les images après les  avoir agies … [9]

Comment ai-je réagi ? Avec délicatesse, j‘ai voulu comprendre pourquoi Maxime m’avait raconté cette pratique particulière, et ce qu’il attendait de moi en me la narrant. Ce n’est pas tant son comportement on line qui le préoccupait [10] que la « normalité » de son fantasme et donc de lui qui le générait. Matière donc à continuer à écouter, puis à mener de passionnants échanges de vue : je ne peux pas les relater en détails car ils ont trop à voir avec son histoire d’enfant très aimé et plein d’admiration et de reconnaissance pour sa famille … tout en prenant aujourd’hui son indépendance affective, poussé par une force confiante de vie en lui. Je me suis fait l’hypothèse que, à l’instar d’un nounours avec lequel certaines ados s’en vont, ce fantasme gardait en lui une référence des plus centrales et intimes à sa famille : dans un rêve, il restait le totalement désiré, sans barrières, en compagnie de son frère. J’ai entre autres cherché à savoir jusqu’à quel point le fantasme était envahissant et invalidait l’élaboration d’autres fantasmes sexuels plus banals, voire jusqu’à quel point il occupait ses investissements énergétiques quotidiens. Les réponses m’ont paru plutôt rassurantes, en ce moment de sa vie : laisser venir son fantasme et le jouer on line constituaient plutôt pour lui des moments récréatifs espacés ; j’ai quand même voulu attirer son attention sur les risques de dépendance, particulièrement sournois sur Internet et sur l’importance pour nous tous de commander au plaisir plutôt que d’être commandé par lui … va savoir, néanmoins, ce qu’un ado de seize ans a vraiment fait de cette mise en garde préventive !

 

◊ - du marivaudage « hard » : la prolongation des jeux sexuels de l’enfance ; avant il n’existait rien entre ceux-ci et « la première fois » : maintenant, on peut tâtonner ; même découvrir les réactions sexuelles de l’autre ( et surtout de l’autre sexe ) ; comment ça lui plait ou pas d’être dragué ; découvrir du vocabulaire ou des techniques érotiques, etc. …

 

◊ - le désir de défier l’adulte : lui montrer ce que l’on vaut sexuellement ; rivaliser et le dominer ; le faire mendier ; percer ses derniers secrets sexuels

 

.

 

Toutes ces motivations deviennent préoccupantes lorsque le jeune s’y fixe avec intensité, lorsqu’elles deviennent une condition nécessaire, contraignante et durable à son sentiment de se réaliser sexuellement et à son plaisir sexuel.

 

Il existe, par ailleurs, des motivations d’emblée plus préoccupantes :

 

◊ - Lorsque le jeune fait sciemment souffrir l’autre via le cybersexe: p. ex. ,  humiliation si pas viol d’un tiers filmés à la caméra ; s’imposer à un beaucoup plus petit, en le désinformant, en le séduisant, etc.

 

◊ - lorsque le jeune se limite à des pratiques perverses répétées ou les privilégie fortement. Je vous invite à lire sur mon site web l’échange de courriel intitulé  Echanges avec Mathieu, où un jeune adulte me raconte comment il est enlisé depuis ses dix ans dans la fréquentation de salons de chatt « Maître cherche lope », et cherche à en sortir [11].

 

◊ - lorsque le jeune monnaie répétitivement et intensément ses charmes. Pas si rare que cela, néanmoins, à titre de pratique isolée ; par exemple des filles ( et quelques garçons) se font un peu d’argent ou se font fournir des unités SMS en réalisant un strip-tease pour de vieux voyeurs ... Quand cela perdure, il y a confusion dans les valeurs. Au sens technique du terme, c’est de la prostitution.

 

IV. Partir du Net pour faire des rencontres à finalité sexuelle dans la vie réelle

 

A. De quoi s’agit-il ?

 

Certains ados utilisent des applications d’Internet [12] pour initier des rencontres où le sexe constitue une dimension importante et qu’ils espèrent concrétiser dans la vie réelle. Ils cherchent en effet un partenaire et éventuellement d’éventuels et successifs partenaires souvent, mais pas toujours, de leur groupe d’âge :

 

◊ - intéressés par un ( ou des) strict(s) « plan(s) Q » sans engagement affectif  ;

 

◊ - intéressés par une relation totale, incluant amour et sexe ; la seconde dimension est clairement annoncée à l’avance ou non. L’inverse existe au moins aussi souvent : l’attachement amoureux finit par s’installer s’il y a harmonie sexuelle : et plus, si affinité, cela fonctionne donc dans les deux sens !

 

Comment procèdent-ils ? Un peu via leur messagerie privée, leurs blog, les réseaux sociaux, les chatts et forums publics, en y vagabondant dans des « salons » dédicacés au sexe. Davantage via les bons sites pour ados : il y existe toujours des pages où chacun peut déposer son profil, expliquer qui il est et ce qui l’intéresse, mettre une photo, … Alors les âmes-sœurs potentielles se mettent en chasse.

 

Mais certains ados, davantage poursuivis de l’intérieur par la pression du sexe, franchissent hardiment un pas de plus : on les voit s’aventurer dans des sites de rencontre pour adultes, même à finalité clairement sexuelle. S’il faut plus de dix-huit ans pour y entrer, ils mentent sur leur âge. C’est le plus souvent le cas d’ados dans la seconde adolescence ( à partir de quinze-seize ans ), notamment ceux qui aiment le sexe avec des adultes ( être initié par une femme mûre, ça ne se passe pas que dans les romans … )

 

 

Dans le film «  préparez vos mouchoirs » (B. Blier, 1978), un tout jeune adolescent séduit une femme adulte … ou est-ce l’inverse ? le résultat est le même ...

 

Les jeunes qui se reconnaissent comme gays et lesbiennes ont parfois plus de mal que les autres à trouver facilement un partenaire concret : leur proportion sur ces sites de rencontre, ados et autres, est donc assez élevée ( 20 à 25 % des demandes sur le site ado qui nous sert de référence )

 

◊ - A un certain moment, et bien que la frontière soit floue, le mineur entre dans le domaine de la participation volontaire à la pornographie commerciale : Tel jeune ado accepte d’être « modèle », avec poses suggestives, à moitié nu,  moyennant rémunération, chez un photographe trouble ; Tel autre se laisse photographier sur une plage par un vieux chasseur d’éphèbes ; finalement, le voici  volontaire pour participer à des activités pédophiliques ou éphébophiliques structurées, parfois avec un engluement dans de sordides perversions [13] sont incluses ici la prise de photos et de vidéos, avec le risque de leur commercialisation ou d’une diffusion à des fins de jouissance de l’adulte.

 

B. Evaluation de ces pratiques

 

Ces comportements doivent-ils être considérés comme préoccupants ou restent-ils indicateurs d’un bon développement, avec des ados suffisamment futés pour utiliser des outils contemporains qu’après tout, les adultes leur proposent ?

 

J’y reviendrai en dernière partie de l’article. Pas de réponse générale, bien sûr !

 

Limitons-nous à avancer ce que probablement vous deviniez déjà : serait préoccupant l’ado qui, à travers ces pratiques, s’avérerait esclave de plaisirs sexuels et uniquement d’eux, surtout s’ils sont pervers. Autant pour celui qui ne saurait jamais s’engager affectivement avec un partenaire de la vie incarnée.

 

A partir de la seconde adolescence en tout cas, le fait de désirer s’adresser à des adultes – hommes ou femmes – pour connaître des satisfactions sexuelles ou sentimentales ne me paraît pas pathologique en soi : c’est la diversité de la vie qui s’exprime, entre partenaires ici complémentaires et volontaires. Pourquoi admettre, avec juste un sourire entendu, qu’une femme de vingt ans épouse un « vieux » de cinquante-cinq, mais hurler s’il s’agit d’un ado pubère.

 

Pour mémoire, Marie a accouché à seize ans. Le père biologique était un être mûr, sage, bien plus âgé, puisqu’on l’appelait Dieu le père. Et pour mettre en route l’enfant, il y a eu des manœuvres avec l’archange Gabriel pas loin d’être une FIV. De quoi calmer quelques vieux papes grincheux !

 

A l’ado donc de se montrer bien prudent et d’assumer aussi que la grande majorité de ces liens ont une durée plutôt brève.

 

V. Comment réagir à ces pratiques sexuelles ?

 

L’espace me manque pour une réflexion détaillée à ce propos. Je vous propose de lire deux de mes écrits et d’en faire la synthèse :

 

◊ - ce que je recommande aux parents ( et aux professionnels ) face à la sexualité des enfants, considérations largement applicables pour les adolescents également, que vous trouverez dans mon livre « La sexualité des enfants », Odile Jacob, 2004, p. 188 et suivantes.

 

◊ - Ce que je leur recommande à propos de l’utilisation d’Internet chez les jeunes ... Voir  mon site www.jeanyveshayez.net le dossier thématique consacré à Internet.

 

Je me limiterai donc à quelques considérations complémentaires :

 

A. Nous devons assumer que nous n’avons qu’un contrôle très partiel sur les comportements de nos grands enfants et de nos adolescents, et notamment leurs comportements sexuels.

 

 

Ils prennent beaucoup de décisions sans demander notre avis, ouvertement ou secrètement, seuls ou en compagnie de leurs pairs. Une partie de ces décisions concerne leur vie sexuelle, avec ou sans transgressions. Cela vaut pour tous, y inclus ce petit(e) dernier(e), chérubin à qui nous donnerions le Bon Dieu sans confession.

 

Autour de ses quatorze ans, Pierre me demande en six mois deux rendez-vous d’urgence via courriel. Pierre, jeune homme bien élevé, un peu trop sérieux, un peu coincé, qui  a du mal à trouver sa place de cadet respecté et qui a longtemps souffert d’une mystérieuse énurésie. Les deux fois, c’est parce qu’il est allé brièvement se vautrer dans la boue et qu’il ne se reconnaît plus lui-même. N’est-on pas devenu une âme définitivement perdue quand on va voir de la pornographie sur Internet, ou la seconde fois quand on se fait lécher le sexe par son chien et qu’on éjacule même sur la bête ? Effrayé et ayant perdu son estime de soi, Pierre – tout comme Maxime précité - voulait voir dans mes yeux, sans le déclarer explicitement, si je le considérais toujours comme normal et s’il conservait mon estime. En outre, la première fois, les images de partouze bien arrosées auxquelles il ne s’attendait pas l’avaient traumatisé, au sens du traumatisme psychique, et il était envahi de reviviscences traumatiques, au moment de l’endormissement et via des cauchemars ; puni par où il avait péché, en quelque sorte …

 

Visons donc seulement à ce que ces jeunes restent « suffisamment bien » [14]  sociables sans nous faire d’illusions sur ce que nous ne connaîtrons jamais. Visée raisonnable qui peut s’opérationnaliser via : notre témoignage de vie, dont il faut espérer qu’il est lui aussi « suffisamment bien » sociable ; un dialogue de qualité, qui ose aborder le thème de la sexualité, du sens que nous lui attribuons, du bien-être ou de la souffrance qu’elle peut générer ; la mise en place de repères clairs, l’expression de nos attentes et de nos règles en veillant à ce qu’elles aient du sens et en prévoyant qu’elles ne seront jamais complètement pris en compte ; une présence matérielle et spirituelle bien dosée dans la vie des jeunes, ni trop, ni trop peu.

 

B. Il nous revient encore de nous intéresser positivement aux nouvelles technologies, et notamment à Internet, aux portables, aux images et aux clips vidéo et à tout ce que les jeunes peuvent en faire : utilisation poétique, informative, humoristique, transgressive, érotique … ; transformations et circulations multiples des images, etc. Au-delà de notre intérêt participatif, nous pouvons dialoguer avec les jeunes sur le droit à la vie privée et sur les usages inattendus des images : instruments de marivaudage, de sexualité, de commerce ou d’agression d’autrui, etc.

 

Ceci s’inscrit dans le cadre d’un dialogue plus vaste, qui ne s’improvise pas avec l’entrée du jeune dans l’adolescence. Internet, les valeurs de vie, le sens que nous attribuons à la nudité ou à la sexualité pourraient en être des composantes, échangées par petites touches, depuis précocement dans la vie de l’enfant.

 

A l’intérieur d’un tel dialogue, comment évaluons-nous les comportements qui ont été décrits dans ce texte, et aussi, jusqu’à quel point et comment souhaitons-nous les réguler ? Il ne me revient pas de le décréter à la place des lecteurs, et c’est probablement variable d’une famille à l’autre. Je conçois qu’existent des attitudes de tolérance plus ou moins souriante à propos des comportements et des motivations les plus banals que j’ai évoqués. D’autres familles peuvent s’avérer plus exigeantes. Et le thérapeute aussi peut y aller de son témoignage personnel, et encourager le jeune à installer ses projets et pratiques dans un cadre sociable. En l’aidant à ne jamais confondre d’une part obéissance ou désobéissance à des normes, et de l’autre adhésion ou non à des valeurs de vie fondamentales, autour du respect de soi et des autres, dans la dignité que mérite l’humain.

 

ILL. Hugo ( quatorze ans ), élève bien motivé de troisième année secondaire, s’affronte beaucoup à sa maman ; ils aiment jouer au jeu « Qui sera le plus tout-puissant ? », Et un sourire discret leur échappe parfois lors de leurs affrontements les plus homériques. Hugo est enragé par les incessants contrôles ou tentatives de contrôle de sa mère et est peu sensible à ses propres provocations. Encore assez « bébé » ( « his majesty the baby » ) jusqu’il y a peu, voici qu’il se met à vivre sa toute jeune adolescence ; certains indices me font penser que sa sexualité naissante le démange et le préoccupe à la fois. J’aborde donc de front la question ( « Comment ça se passe, pour le moment, avec ta sexualité ? » ) Et Hugo est bien vite en veine de confidences. Assez excité, il me raconte qu’il va consulter « de temps en temps » des sites pornos où des femmes se font pénétrer par des objets les plus variés ( en ce inclus pour l’une d’elles : « Vous n’allez pas me croire, me dit-il, un cône de signalisation ( le début, je suppose … ) dans le cul ) Je ne peux pas m’empêcher de penser « Ben oui, elle l’a dans le cul  », et d’exprimer plus poliment  « Quelle vengeance tu prends sur les bonnes-femmes toutes puissantes avec tous ces machins qui entrent dans leur corps » Hugo éclate de rire tout en protestant « Non, non, non  » d’un air où il semble me dire « Comme vous avez l’esprit mal tourné »

Mais juste après cette interprétation un rien hard, nous avons un dialogue sur la pornographie. Il me dit lui-même qu’il sait bien que ce n’est pas de l’amour. Je lui ajoute « Maintenant que tu as vu qu’on pouvait ridiculiser et soi-disant maîtriser sexuellement une bonne femme, es-tu sûr que tu dois continuer à aller voir ces sites où des vrais gens se dégradent ? »  Il me répond Non, mais bien sûr, wait and see.

 

C. Il peut encore nous arriver, bien rarement il est vrai, d’être confronté à une pratique réellement abusive : par exemple, être mis au courant de l’humiliation filmée d’un tiers par un petit groupe. Mis en face des auteurs, il revient au thérapeute de maîtriser ses émotions et de chercher à comprendre. Le signalement pur et simple serait pour lui une façon de se décharger à bon compte de ses responsabilités directes et de ses émotions négatives.

 

Comprendre ? Dans le petit groupe auteur, tous les jeunes n’ont pas n’ont pas le même statut ni les mêmes motivations. Peut-être le meneur est-il plus perturbé que les autres, et relève-t-il d’une approche plus spécialisée ? Peut-être les autres sont-ils de jeunes adolescents ordinaires entraînés à cette mauvaise action par certaines caractéristiques de la psychologie des groupes ? S’il faut rappeler la Loi, qui interdit la destruction d’autrui, et exiger de tous une sanction-réparation, c’est bien plus le dialogue, le soutien et la réponse à leurs besoins personnels qui les aideront à mieux fonctionner à l’avenir ! Impossible néanmoins de mener un tel programme à bien sans y associer au moins les parents des auteurs, donc sans sortir de la confidentialité stricte.

 

D. Moins rare : si le jeune nous identifie nous, les professionnels, comme dignes de confiance et ouverts à l’écoute de ses vrais embarras, il nous fera plus facilement part de telle ou telle situation  préoccupante, dont il redoute les conséquences : Il a éjaculé sans précaution sur la vulve de sa petite copine et a peur qu’elle ne soit enceinte ; il « fait des choses » avec un plus jeune et n’est pas fier de lui ; il a été piégé à la Webcam et ses exploits masturbatoires pourraient bien faire les délices des  pervers du Net ; peut-être même le fait-on chanter ; il a accepté de l’argent d’un adulte pour être filmé nu(e), dans le cadre d’un RV pris sur le Net ; ou, comme Mathieu précité, peut-être en a-t-il assez d’être devenu dépendant d’une pratique perverse …

 

 

Entrer activement dans la vie sexuelle ? Pas toujours sans risques …

 

Comment gérer ces confidences bien contemporaines dans le cadre d’entretiens psychologiques ou de psychothérapies ?

 

Une fois évoqué par le jeune son embarras, il demeure rare qu’il s’agisse d’une vraie urgence : Nous pouvons donc nous donner le temps de bien comprendre, quitte à le recevoir à haute fréquence ( sous un prétexte quelconque ) La confidentialité reste une valeur, que je sache, et il ne va donc pas de soi que nous devions nous précipiter sur les parents pour les mettre au courant, pas plus que sur des agences sociales, ou sur les institutions de police ou de justice.  L’inverse n’est pas plus certain : Il faut vraiment bien réfléchir aux dangers futurs [15] que court le jeune ou qu’il fait courir à autrui et à l’efficacité plus grande que nous attribuons à ceux qui seraient informés, seuls motifs valables pour sortir de la confidentialité avec ou sans le consentement du jeune.

 

Pour sortir du mauvais pas où il s’est mis, le jeune pourrait parfois réfléchir tout seul et modifier certains comportements, en échangeant des idées avec nous et en s’appuyant sur nos encouragements : c’est la voie la plus simple !

 

Parfois, il aurait bien besoin d’aide extérieure ( ses parents … un service de police spécialisé en informatique, etc. ) Nous pouvons prendre des renseignements et accroître notre propre information, par exemple, en présentant nous-mêmes le problème de façon anonyme à un policier spécialisé. Par la suite, nous discuterons avec le jeune et pèserons avec lui le pour et le contre de parler de son problème au dehors.

 

Parfois enfin, le jeune s’est mis dans un mauvais pas irréversible : je ne vois pas très bien comment nous pouvons vraiment faire en sorte que soit rattrapée une image qui vagabonde déjà sur la toile. A nous alors de travailler sur ses angoisses et son sentiment de honte, à lui redonner confiance en lui, et aussi l’envie et les moyens d’être plus prudent à l’avenir.

 

 

« Cette toute jeune adolescente a voulu faire une sex-webcam …

Mais sur qui donc est-elle tombée ? »

 

Je ne détaillerai pas ce que peuvent faire les parents ou d’autres éducateurs ( par exemple, les enseignants ) lorsqu’ils sont confrontés à de telles préoccupations. Ce que j’ai dit à propos des psychothérapeutes peut inspirer leur action. Le concept de confidentialité, ici, est remplacé par celui tout aussi important de discrétion. Ils ont également la responsabilité directe de décider s’il faut sanctionner ou non.

 

Résumé : L’auteur passe en revue les principales occupations sexuelles des jeunes sur Internet : les échanges verbaux non-obscènes sur la sexualité, la fréquentation de la pornographie, le cybersexe activement mené et les rencontres dans la vie incarnée générées par Internet. Il procède ensuite à l’évaluation de ces comportements et à quelques recommandations destinées aux adultes.

 

Mots-clés : CYBERSEXE, adolescents et cybersexe, forums sur la sexualité,  pornographie, sites de rencontre, webcam, self sex vidéo, sexto.

 

Summary : The author describe the main teenagers’ interests and occupations about sexuality online. They are no-obscene discussions in the forums, consummation of pornography, active practical of cybersex and concrete sex-meetings generated from sex-encounter-sites. The author propose an evaluation of those comportments and makes some recommendations for the adults, parents and therapists.

 

Key-words : forums about sexuality, pornography, cybersex, encounter-sites, webcam.

 

 Notes

 

1. Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur émérite à la Faculté de Médecine de l’Université Catholique de Louvain.

Courriel : jyhayez@uclouvain.be.

Site Web : http://www.jeanyveshayez.net/

 

2. Hayez J.-Y., La confrontation des enfants et des adolescents à la pornographie  Arch. Pédiatr. 2002 ; 9 : 1183-1188.

 

3. Nombre d’auteurs considèrent que la consommation de pornographie décrite à l’alinéa II, c’est aussi du cybersexe. Soit ! Moi, je n’ai fait une distinction que pour la clarté du raisonnement.

 

4. Donc éventuellement dans un site dédié aux adolescents, où existent nombre de dérapages !

 

5. Privé ?? Au moins en apparence ; mais des contrôles par les responsables du site ou du serveur, voire par la police, ne sont jamais impossibles. En outre des pirates (hackers) sont toujours susceptibles d’espionner en secret ou de faire des intrusions actives.

 

6. Référence http://www.jeanyveshayez.net/906-eric.htm

 

7. On peut y adjoindre la pratique du happy slapping.

 

8. C’est à dire salons de chatt dédiés à la mise en dialogue de scénarios sexuels.

 

9. Ce n’est pas non plus sans évoquer le beau film Une liaison pornographique (F.Fonteyne, 1999) : Ici aussi les protagonistes ont besoin (ou désir?) de se parler, au-delà de celui de jouer leur fantasme. Dans le film, les deux adultes concernés ne parviennent pas à se lier et à s‘engager pour du vrai, au-delà de leurs moments de délire à deux …Je gage que ce ne sera pas le cas de Maxime, mais je pense qu’il ne le fera jamais avec un des partenaires avec qui il a joué « le » fantasme oedipien le plus central …

 

10. Il n’a pas été loin de me dire : « Tout le monde fait des trucs comme ça ! »

 

11. Référence http://www.jeanyveshayez.net/t15-math.htm

 

12. Il existe d’autres moyens qu’Internet, bien commercialisés, pour faire des rencontres sexuelles et les ados les utilisent aussi à l’occasion : via appels téléphoniques, voire chatts télévisés ( sur MTV francophone par exemple ), etc …

 

13. Par exemple, il figure avec des langes et une sucette en bouche dans un site infantiliste ; il apparaît ligoté ou recevant une fessée sur  un site SM, etc.

 

14. Ceux qui me connaissent savent aussi toute l’affection que j’ai pour la célèbre expression de Winnicott (in de la pédiatrie à la psychanalyse, Payot, 1974) Je la mets un peu à toutes les sauces, c’est vrai mais, comme lui, je suis convaincu que l’humain VRAIMENT bien n’est jamais que SUFFISAMMENT bien et que viser la perfection est une utopie destructrice.

 

15. Par exemple, il a donné ses vraies coordonnées sur le Net, ou son numéro de portable,  et on le harcèle ou le fait chanter.

 

 

 



[1]  Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur émérite à la Faculté de Médecine de l’Université Catholique de Louvain.

Courriel : jyhayez@uclouvain.be.

Site Web : http://www.jeanyveshayez.net/

 

[2]  Hayez J.-Y., La confrontation des enfants et des adolescents à la pornographie  Arch. Pédiatr. 2002 ; 9 : 1183-1188.

 

[3]  Nombre d’auteurs considèrent que la consommation de pornographie décrite à l’alinéa II, c’est aussi du cybersexe. Soit ! Moi, je n’ai fait une distinction que pour la clarté du raisonnement.

 

[4]  Donc éventuellement dans un site dédié aux adolescents, où existent nombre de dérapages !

 

[5]  Privé ?? Au moins en apparence ; mais des contrôles par les responsables du site ou du serveur, voire par la police, ne sont jamais impossibles. En outre des pirates (hackers) sont toujours susceptibles d’espionner en secret ou de faire des intrusions actives.

 

[6]  Référence http://www.jeanyveshayez.net/906-eric.htm

 

[7]  On peut y adjoindre la pratique du happy slapping.

 

[8]  C’est à dire salons de chatt dédiés à la mise en dialogue de scénarios sexuels.

 

[9]  Ce n’est pas non plus sans évoquer le beau film Une liaison pornographique (F.Fonteyne, 1999) : Ici aussi les protagonistes ont besoin (ou désir?) de se parler, au-delà de celui de jouer leur fantasme. Dans le film, les deux adultes concernés ne parviennent pas à se lier et à s‘engager pour du vrai, au-delà de leurs moments de délire à deux …Je gage que ce ne sera pas le cas de Maxime, mais je pense qu’il ne le fera jamais avec un des partenaires avec qui il a joué « le » fantasme oedipien le plus central …

 

[10]  Il n’a pas été loin de me dire : « Tout le monde fait des trucs comme ça ! »

 

[11]  Référence http://www.jeanyveshayez.net/t15-math.htm

 

[12]  Il existe d’autres moyens qu’Internet, bien commercialisés, pour faire des rencontres sexuelles et les ados les utilisent aussi à l’occasion : via appels téléphoniques, voire chatts télévisés ( sur MTV francophone par exemple ), etc …

 

[13]  Par exemple, il figure avec des langes et une sucette en bouche dans un site infantiliste ; il apparaît ligoté ou recevant une fessée sur  un site SM, etc.

 

[14]  Ceux qui me connaissent savent aussi toute l’affection que j’ai pour la célèbre expression de Winnicott (in de la pédiatrie à la psychanalyse, Payot, 1974) Je la mets un peu à toutes les sauces, c’est vrai mais, comme lui, je suis convaincu que l’humain VRAIMENT bien n’est jamais que SUFFISAMMENT bien et que viser la perfection est une utopie destructrice.

 

[15]  Par exemple, il a donné ses vraies coordonnées sur le Net, ou son numéro de portable,  et on le harcèle ou le fait chanter.