Voici d'abord une synthèse personnelle que j'ai faite sur le sujet :
Comment l'orientation sexuelle se met-elle en place ?

ensuite une lettre reçue de la part d'une maman, inquiète et révoltée par le coming-out précoce de sa fille ( quatorze ans et demi )
Orientation sexuelle revendiquée précocement



            

Comment l’orientation sexuelle
se met-elle en place ?

 

 

                        Jean-Yves Hayez  [1]   

 

 

Les considérations qui vont suivre permettent de comprendre qu’il n’y a pas les hétérosexuels d’un côté et les homosexuels de l’autre, avec une frontière précise qui les sépare. Freud évoquait déjà la bisexualité inhérente à la condition humaine et dans les années 1960, le célèbre rapport Kinsey en a démontré les applications sur le terrain.

 

§ I. Le plus fréquemment, le voyage de la vie fait se développer en nous une orientation sexuelle principale.

 

Supposons qu’elle soit hétérosexuelle : Cela veut dire que l’objet central de notre désir, l’être qui peut nous satisfaire le plus radicalement, jusqu’à presque nous combler, dans le champ de l’amour et de la sexualité, est hétérosexuel. Mais même alors, la vie a souvent laissé en nous des dimensions, des « goûts » homosexuels, moins dominants et plus ou moins clairement auto perçus. Aujourd’hui, dans les pays industrialisés, les gens  les assument plus souvent et plus naturellement, sans chercher à les chasser de leur esprit et à les combattre comme si elles étaient mauvaises du seul fait de leur existence [2].

 

Quoique « secondaires », ces dimensions qui vont à l’inverse de l’orientation principale se répartissent chez les uns et les autres selon un gradient d’intensité. 

Je garderai comme point de référence le vécu d’un homme, ce qui est plus facile pour moi : Pas très loin d’être bi, au moins occasionnellement, on peut entendre tel homme qui se vit et se déclare  hétéro affirmer à l’occasion : « Wooo … bien foutu, ce mec … il fait vibrer mon côté homo ! » Pour beaucoup d’autres, c’est plus modéré et pas physique ou presque pas : à côté de leur lien sexuel principal, ils vivent des amitiés profondes, parfois tendres et sensuelles, pour d’autres hommes. D’autres vivent quasi exclusivement et sereinement leur hétérosexualité.

Par contre, ceux qui se défendent vigoureusement d’avoir la moindre tendance homo sont souvent suspects de faire la politique de l’autruche : quand un jeune adulte, type rugbyman, affirme vigoureusement « Je n’ai rien d’homo en moi. Les tarlouzes, je les hais », c’est souvent que lui, justement, refoule ses propres dimensions homosexuelles parce qu’elles menacent de l’intérieur son image de la virilité.

 

Un mot sur ce que l’on appelle aujourd’hui « être bi » : ce sont des adolescents ou des adultes qui se disent intéressés par des conduites sexuelles – voire des engagements amoureux – avec des partenaires des deux sexes : et ils le pratiquent ou visent à le pratiquer concrètement [3] : ils y voient un signe de leur bonne santé mentale, en ce siècle où nous avons une sainte horreur des limites.

Pour la grande majorité ce ces « bi », néanmoins, qu’ils le reconnaissent ou non, il finit par se former, au fond de leur désir et de façon stable, « le » partenaire de rêve, qui est nécessairement homo- ou hétérosexué. Leurs conduites bisexuelles sont donc des expérimentations plus superficielles.

 

§ II. Quels sont les facteurs qui président à ces mises en place, tant de notre orientation sexuelle principale que de ses éventuelles dimensions secondaires et inverses ?

 

 

Début du film Théorème (Pasolini, 1968) Cette paix à cinq n’est que provisoire ; Bientôt, ce sera Bonjour les dégâts !

 

I. Il est possible qu’il existe des facteurs génétiques, pas encore clairement identifiés, qui amènent des prédispositions. Ainsi, l’on peut penser que pour beaucoup de mâles biologiques, la génétique est à l’origine d’un reste d’instinct qui les pousse à s’accoupler avec des femelles. Mais la génétique pourrait aussi créer d’autres types de prédispositions, plus spirituelles, à l’activité ou à la passivité, à l’envie de pénétrer ou d’être capturé, de dominer ou de s’abandonner à l’autre. Chez les futurs homos, ces prédispositions seraient alors différentes de celles de l’hétéro.

 

II. Et puis, toutes les expériences relationnelles faites au cours de la petite enfance et de l’enfance, surtout si elles sont répétitives, laissent en nous des empreintes. Elles aboutissent à ce que, petit à petit, soit la femme, soit l’homme nous apparaissent comme des êtres ou très désirables, ou d’importance secondaire, ou frigorifiant ou détestables. Et complémentairement, elles  aboutissent de plus en plus à nous  faire nous identifier à une figure masculine ou féminine ( ce que j’appelle notre identité sexuée ) Ces empreintes les plus centrales exercent le plus souvent leurs effets depuis notre monde inconscient. Mais je n’irai pas au-delà, en simplifiant et en me réduisant aux schémas oedipiens classiques, certes pas inexistant bien trop réducteurs !

 

 

D’infinies variations sont possibles et c’est seulement en écoutant parler les personnes que l’on découvre petit à petit, avec elles, comment leurs expériences relationnelles ont pu influencer leur désir amoureux et la constitution de leur identité.

 

III. De façon plus inconstante, des expériences sexuelles fortes avec des adultes ou des grands adolescents, notamment au moment de l’éveil érotique (pré adolescence – début d’adolescence), surtout si elles sont répétitives   peuvent également constituer un coup de pouce qui influence l’orientation sexuelle. En voici trois exemples :

 

◊ - Des filles qui ont été abusées longtemps par des hommes, sans aucun respect, dans la violence, en sortent avec le dégoût de l’homme et avec le désir de voir combler leurs besoins affectifs par une femme : un très solide coup de pouce vers l’orientation lesbienne.

 

◊ - Des garçons préadolescents ou jeunes adolescents qui ont eu avec des pédophiles des relations sexuelles et affectives ressenties comme agréables et valorisantes peuvent s’identifier à ces hommes et se mettre eux aussi, à désirer des garçons ( plus souvent de leur groupe d’âge ) ou à continuer à désirer des hommes plus âgés. Autant sans doute pour des filles avec des femmes.

 

 

Extrait de For a lost soldier, (R. Kerbosch, 1992) Deux êtres à la dérive pendant la secondaire mondiale, un soldat et un tout jeune adolescent, chacun se sentant un peu seul, s’abandonnent l’un à l’autre … le soldat disparaîtra sans laisser de traces et le jeune en gardera toute sa vie une profonde nostalgie (d’après une œuvre autobiographique)

 

◊ - Et, bien que l’on ne dispose pas déjà d’études sérieuses à leur sujet, on peut se demander s’il n’existe pas non plus des cyber-influences : par exemple, des adolescent(e)s, souvent jeunes, se sentant hésitants quant à leur orientation sexuelle, veulent être quitte de leur indécision et se déclarent tout de suite gay ou lesbienne sur Internet. Pour peu qu’ils soient fureteurs et pas trop embarrassés par le monde du sexe, ils y trouvent beaucoup de renforçant positifs ( pornographie homo ; se faire draguer par d’autres, par écrit ou via de vrais R.V. ) Ou, plus grave peut-être, s’entendre dire « sérieusement » que leur orientation est plus forte qu’elle ne l’est en réalité. Ce petit groupe d’adolescent(e)s arrête donc d’explorer et de donner de l’alimentation à ses dimensions hétérosexuelles, et, vu le répondant qu’il trouve,  donne de plus en plus de place à sa partie homosexuelle.

 

IV. Dernier facteur d’appoint, certainement pas le plus fondamental ; les pressions sociologiques.

 

Dans nos sociétés occidentales, elles sont contrastées : une dimension d’homophobie existe toujours, par exemple, dans le chef de camarades de classe jeunes, ou émanent d’adolescents ou de jeunes adultes inconnus.

 

 

Mais l’inverse existe également, surtout dans les lycées des grandes villes et dans la société en général. Le jeune de plus de quinze ans qui a fait son coming out imagine parfois qu’il va recevoir davantage de valorisation que l’inverse :  cela peut le pousser à s’affirmer … et objectivement, il n’a pas toujours tort de le penser !

 

§ III. Ces facteurs de mise en place étant évoqués de la sorte, quelle liberté de choix existe-t-il pour orienter la sexualité d’un être humain ?

 

Pratiquement aucun : c’est comme un feu qui couve, grandit puis donne toute sa flamme, sans que le propriétaire puisse vraiment choisir le bois dont il l’enflamme.

Les personnes à orientation homosexuelle disent avec raison que leur orientation ne résulte pas d’un choix, mais que c’est un destin. Et nous pourrions en dire autant pour toutes les orientations, chacun avec la proportion de bisexualité qui nous constitue : La liberté ne joue pas [4] pour créer le cœur, le noyau dur de notre orientation sexuelle. Elle joue seulement pour que chacun, homo ou hétéro, décide :

 

◊ - s’il va se laisser aller … un peu … beaucoup … passionnément à une pure sexualité « d’éclate, de plaisir physique » ou s’il va essayer de conjuguer l’acte physique avec un investissement affectif privilégié du partenaire ;

 

◊ - jusqu’à quel point la fidélité sera une valeur de référence pour lui ou va-t-il plutôt promouvoir cette attitude contemporaine de faire et de défaire des liens, et ceci  à  fréquence variable ;

 

◊ - jusqu’à quel point il réprimera l’expression comportementale de sa sexualité ou jusqu’à quel point il y donnera cours, secrètement, discrètement ou ostensiblement ;

 

◊ - le moment où il déclarera être sexuellement actif avec partenaire. Pour les personnes homos, c’est le moment de leur coming out, qui peut ne jamais exister, pour les raisons les plus variées, toujours à écouter avec respect. Une fois qu’il est énoncé, difficile de faire marche arrière !

 

§ IV. On peut raisonner de la même manière tant à propos de l’orientation sexuelle qu’à propos du masculin et du féminin en chacun, c’est à dire à propos de l’identité sexuée.

 

Ce sont les mêmes catégories de facteurs qui  président à la mise en place de celle-ci, en référence à quoi :

 

◊ - Une majorité de personnes s’attribue une identité sexuée ( M ou F ) conforme à son sexe biologique. Néanmoins, comme pour l’orientation sexuelle, un homme (biologique) qui se sent bien homme (identité) peut avoir des « traits » féminins plus ou moins intenses.

Par exemple, on pense qu’il est difficile d’être un bon psychothérapeute, que l’on soit homme ou femme, sans avoir de bonnes dispositions féminines qui portent sur la non volonté de domination machiste, la réception de l’autre en-soi ( la fécondation par les idées et les sentiments de l’autre, en quelque sorte ) et parfois même  le portage.

 

◊ - Une minorité de personnes définit son identité en conformité à son sexe biologique. Par exemple telle fille (biologique) déclare « Je suis une fille ; je me marierai un jour et j’aurai des enfants », mais présente de très nombreux traits de l’autre sexe ( la fille ici, est dite garçonnière. Oublions l’expression affreuse « garçon manqué » )

 

 

Extrait du très joli film « Billy Elliot » (S. Daldry, 2000) Billy, onze ans, décide de faire la danse classique dans son rude milieu minier anglais … et persévère. Il se sent cependant parfaitement garçon, et hétéro de surcroît.

 

◊ - Une petite minorité de personnes n’accepte pas bien d’avoir le sexe biologique qu’elle a, avec ses apparences sexuelles spécifiques. Cette difficulté peut être vécue dès l’enfance, et parfois très intensément, avec une forte conviction douloureuse. Parfois, c’est d’installation plus tardive, au début de l’adolescence. Leur identité est « troublée » ou « croisée » (cross gender identity) ; elles auraient préféré avoir l’autre sexe. J’en parle dans l’article «  Identité sexuée (http://www.jeanyveshayez.net/identite.htm) Actuellement, on a tendance à remplacer ce terme, qui vient de la médecine et même de la psychiatrie, par le terme « identité trans », qui vient de la sociologie et n’a plus la moindre connotation de pathologie ni même de souffrance vécue

 

Dans les sociétés d’Europe occidentale qui abhorrent les limites, ces personnes se réclamant d’une identité trans tendent à aller plus loin que simplement acter leur état :

 

▪ - Moments de double vie où elles se présentent « dans leur 2e vie » comme étant de l’autre sexe, entre autres via leurs habits, les soins donnés à leur corps et via un discours typique. Elles le font le plus souvent sur Internet, dans des clubs spécialisés ou lorsqu’elles sont toutes seules … mais on les verra bientôt ouvertement en rue.

 

▪ - Volonté de se donner les formes corporelles de l’autre sexe (via hormones et chirurgie) et de changer leur identité officielle et leur style de vie dans la même direction : c’est la transsexualité, dans son acceptation la plus radicale. 

 

Faisant appel à son intuition, le lecteur aura déjà compris que, ici aussi, la liberté n’intervient pas pour mettre en place le noyau dur de l’identité sexuée (le masculin et le féminin en chacun) Elle intervient seulement, et encore avec certaines limites, pour en moduler l’expression, à l’instar de ce que nous avons décrit pour l’orientation sexuelle.

 

Il existe par ailleurs, des liens complexes entre orientation sexuelle et identité sexuée qu’il serait trop long de détailler ici. Je me limiterai à en esquisser deux exemples contraires :

 

◊ - La majorité des homosexuels hommes se sentent tout à fait masculins, tout en aimant d’amour d’autres hommes, n’en déplaise à Michel Serrault et à tous ceux qui les caricaturent en chochottes.

 

◊ - A l’inverse, il est très probable que si quelqu’un a un trouble de l’identité sexuée, c’est à dire voudrait avoir l’autre sexe, voire se sent de l’autre sexe, c’est en fonction de ce vécu interne qu’il développe son orientation sexuelle : donc celle-ci n’est homosexuelle que pour les observateurs externes, mais pas dans le vécu intime de la personne concernée.

 

§ V. Mon analyse par rapport à l’homosexualité inclut qu’elle n’a pas fondamentalement à voir avec  la santé mentale ou la psychopathologie.

 

Il en va pour elle comme pour l’hétérosexualité : elle constitue une dimension de l’être ni plus, ni moins et ce n’est pas elle, en soi, qui fonde l’équilibre ou la pathologie mentales. Cela n’empêche que :

 

◊ - Je reste réservé quant à l’adoption d’enfants dans les couples homosexuels, surtout s’il s’agit d’enfants « fabriqués sur mesure », parfois avec des techniques acrobatiques, et non d’enfants accueillis en référence à leur misère sociale. Je m’en suis expliqué largement, à l’intention du sénat belge, dans l’article  « Arguments relatifs à la psychologie de l’enfant, en défaveur d’une adoption dans les couples homosexuels »

http://www.jeanyveshayez.net/brut/388-argu.htm )


Que l’on me comprenne bien : Je ne diabolise pas cette catégorie d’adoptions, en affirmant qu’il faut l’interdire absolument. Je dis que, à égalité de valeur des parents candidats soit hétéros, soit homos, il manque irréductiblement une dimension au  couple homosexuel, dans son témoignage de vie spontané, autour de l’égale valeur attribuée à chaque sexe au cœur de l’intime, témoignage dont l’enfant s’imprègne pour mettre en place sa « sécurité sexuée » Par exemple, un petit garçon adopté par deux lesbiennes se pose tôt ou tard la question de la vraie importance du masculin, qui n’a pas l’air de combler ses deux « mamans » et dont lui est pourtant porteur …

 

◊ - J’aurais préféré que le terme « mariage » soit réservé à l’union officielle des couples hétérosexuels, et qu’on en emploie un autre, comme « alliance », pour les couples homosexuels. Ceci pour ne pas bouleverser à la légères les repères anthropologiques qui fondent nos sociétés et nos cultures.

 

§ VI. En guise de conclusion

 

Je dirai que l’orientation sexuelle homosexuelle est « naturelle » Pas au sens de ce que voudrait la biologie des corps. Mais naturelle en ce sens qu’elle n’a pas été créée artificiellement par quelque égarement pervers de la volonté. Elle se met en place petit à petit, sous le jeu combiné de facteurs individuels et relationnels qui font partie de la vie du futur porteur de l’orientation : A ses yeux,  ce sont bien des donnes naturelles de sa vie à lui.

Cette orientation sexuelle qui se constitue et qui le constitue n’empêche pas qu’il ait une sexualité sociable ou égoïste, inhibée, complexée ou florissante, mûre ou immature … et que sa personnalité soit porteuse soit d’équilibre émotionnel, soit des souffrances morales de tout le monde.

 

Mots clé

 

HOMOSEXUALITE, bisexualité, identité sexuée, identité trans,  orientation sexuelle (installation), trans genre.

 

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NOTES

 



[1]   Jean-Yves Hayez, psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur émérite à la Faculté de médecine de l’Université catholique de Louvain.

Courriel : jyhayez@uclouvain.be   Site web : www.jeanyveshayez.net

 

[2] Au début de l’adolescence, jusque quinze, seize ans, on rencontre néanmoins des jeunes qui disent avoir peur d’être gays ou lesbiennes. Pour beaucoup, justement, il s’agit d’une peur liée à la prise de conscience de ces dimensions secondaires. Eventuellement, ils se reprochent l’un ou l’autre jeu ou pratique sexuels avec quelqu’un de leur sexe, le plus souvent de leur groupe d’âge. Il n’est pas trop difficile de les écouter et de les apaiser en leur faisant prendre conscience précisément que l’objet central de leur désir est ailleurs. On voit aussi cette peur chez certains garçons qui ont été violés par un aîné, adolescent ou adulte. Ici non plus, ce n’est pas trop difficile de les  apaiser. Par contre, plus rarement, c’est bien contre une homosexualité dominante que ces jeunes combattent, par exemple, parce qu’ils ont peur de la peine ou du déchaînement agressif qu’ils pourraient provoquer chez leurs parents : leur accompagnement demande alors beaucoup de patience et de délicatesse.

 

 

[3] Concrètement mais, s’il s’agit d’un engagement amoureux, à des moments bien différents de leur histoire de vie la plupart des fois…La simultanéité est plutôt de l’ordre de la fiction cinématographique ( V p ex Théorème, Pasolini, 1968)

[4]  Elle ne joue pas ou, plus précisément, elle ne joue que peu et inconstamment : par exemple, de jeunes adolescent(e)s qui hésitent sur leur orientation sexuelle pourraient s’abstenir de faire des expériences qu’ils vivent comme positives mais qui constituent des renforçants d’une des orientations. Néanmoins, pas facile d’arrêter de donner suite à ce qui fait plaisir ou à  ce qui valorise. Et puis, une grande ambivalence était probablement déjà là, venue d’ailleurs, venue de leur génétique, peut-être, ou de leurs histoires de vie d’enfant, certainement. Et les facteurs contre lesquels ils n’ont pas voulu lutter ne sont le plus souvent que des facteurs d’appoint.