Tout bien considéré, je suis Charlie

 

Jean-Yves Hayez

 

 

Je suis Charlie, à l’unisson de tant de personnes dans le monde qui ont revendiqué le droit à la liberté d’expression en se servant de ces trois mots symboliques.

 

Liberté d’expression par la parole, au moins cela, et non pas liberté d’exprimer n’importe quel comportement : Comme tous les humains, nous sommes tenus par quelques grands tabous qui garantissent aussi bien notre intégrité physique et celles de nos biens légitimes que l’intégrité des autres.

 

La mort des journalistes de Charlie Hebdo est une grande injustice, une grande cruauté, injustifiable. Leur mort,  comme celle de  milliers de victimes quotidiennes dans ce monde en proie à tant de guerres et d’injustices sociale. Victimes de l’ivresse de pouvoir et d’argent de quelques uns.

 

Je n’approuve pas pour autant tous les excès de textes et de dessins qu’avait publié et publiera  encore Charli Hebdo. J’ai bien conscience que, dans une société démocratique, il faut des caricaturistes, et que c’est bien délicat parfois pour eux de décider où mettre la limite. La limite, c’est quelque chose qui se décide librement, pour ne pas peiner gratuitement et injustement les autres lorsqu’ils n’ont rien fait de mal.

Charlie Hebdo a parfois dépassé cette limite, et je le désapprouve. Pas parce que j’ai peur mais parce que, comme le disait ma maman quand j’étais gamin ; « Il ne faut pas faire de peine aux autres. » J’ai ajouté par la suite, en référence à ma conscience morale : « Quand c’est injuste et gratuit. »

 

Donc j’ai parfois désapprouvé les oeuvres de Charlie Hebdo, mais certainement pas la couverture du dernier numéro. Là, pour sauver l’honneur et la dignité de la communauté, les survivants n’avaient pas vraiment le choix du thème … ils l’ont traité avec leur géniale acidité coutumière … jusqu’à la phrase soi-disant apaisante « Tout est pardonné », qui constitue une énorme provocation. Et peu de monde a osé faire remarquer que la tête du Prophète, c’était une énorme b., un énorme phallus occupé à sodomiser l’intolérance, le fanatisme, ceux qui veulent imposer la terreur : Emanant de cette équipe qui se définissait entre autres comme « chiant sur les symboles », cette application-ci, je la trouve très bien.

 

Mots Clé 

 

JE SUIS CHARLIE, Charlie, Charlie hebdo, libre expression.

 

 

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