La sexualité des adolescents

 

J.-Y. Hayez [1]      

 

§ I. Le chemin sexuel de la majorité (silencieuse ??)

 

I. L’activation pubertaire[2] n’est évidemment pas que physiologique. La psychologie du préadolescent change, elle aussi, et entre autres le regard qu’il porte sur son corps en mutation sexuée. Il lui faut parfois un certain temps pour accepter les changements de celui-ci, qui échappent largement à sa volonté (rougissements, mue de la voix, sautes d’humeur …) Chez beaucoup, quelques mois suffisent cependant à installer une acceptation et une appropriation majoritairement positive de ce corps nouveau.

Corps nouveau qui est bien un corps « sexuel », possédant des signes, des capacités, et un potentiel de sexe et de plaisir que ne connaissait pas l’enfant. Et qui intéresse diablement le tout jeune adolescent ! Plutôt secrètement et avec des moments de gêne en famille (ah ! ces remarques des grands sur les seins qui poussent ou l’érection qui se devine sous le pyjama !) … et bien plus ouvertement dans l’intimité de la chambre (ou de la douche) … et les échanges de cours de récré !

 

II. Au début, vers 12-13 ans, la grande majorité de ces jeunes ne vit pas déjà  un vrai sentiment amoureux. Pour les quelques Roméo et Juliette qui y font exception, il est encore plus rare qu’ils aspirent alors à une activité sexuelle complète et partagée, comme consécration de leurs amours !

 

A. Jusque 14-15 ans, il  peut persister encore transitoirement quelques jeux sexuels hérités de l’enfance, avec en prime davantage de plaisir spécifique : l’une ou l’autre masturbation à deux (ou plus) devant de la pornographie ou dans une tente scout ou  un vestiaire sportif … de l’exhibition cousins-cousines ans la chambre partagée, pendant que les adultes font la fête en bas …

Il n’est pas impossible que ces jeux sexuels se déroulent encore dans la fratrie, entre mineurs d’âge et de statuts similaires. Même s’ils sont consentis par leurs acteurs, les parents doivent y mettre fin fermement à partir de la puberté, sans crier ipso facto à l’inceste[3].

Il n’est pas impossible non plus que, boosté par « les démangeaisons de la puberté », l’un ou l’autre ado, pourtant fondamentalement sain et sociable, ne recueille qu’à moitié … ou au quart … le consentement de l’enfant parfois (bien) plus jeune auquel il s’adresse. J’en reparlerai plus loin dans l’article, à propos d’abus sexuels isolés.

Enfin, durant l’enfance ou l’adolescence, beaucoup de mineurs rencontrent l’une ou l’autre épine sexuelle[4] : ici, c’est leur consentement à eux qui n’a pas été recueilli. L’événement est isolé, ou n’a lieu que deux trois fois, et est traumatisant sans l’être excessivement : Ca cicatrise tout seul ou avec un peu d’aide.

 

II. Ces passages par des jeux ou des épines sexuelles ne sont cependant pas systématiques. Pour beaucoup, la quête de la sexualité-plaisir, le désir de maîtriser la sexualité des grands, le désir « d’être au parfum », cela se concrétise d’abord par des activités menées tout seul [5], : la première partie de l’adolescence, c’est l’âge d’or de la masturbation, chez quasi tous les garçons et juste un peu moins chez les filles : masturbations fréquentes, pimentées  parfois d’expérimentations originales pour avoir plus de plaisir ou pour se montrer qu’on ose : le (jeune) ado les estime souvent abominablement sulfureuses, mais elles feraient sourire par leur créativité ingénue tout adulte sexuellement épanoui qui en serait informé.

 

Le monde d’Internet et des réseaux sociaux sert (très) souvent d’appoint – et parfois plus – à cette quête ! J’en parle en détails dans l’article présent sur mon site « Pratiques et intérêts sexuels des jeunes des jeunes sur Internet and co » (http://www.jeanyveshayez.net/brut/703-inte.htm) Pour beaucoup, cela se limite à de la consultation de pornographie, avec constitution de petites collections – extraits choisis pour agrémenter les masturbations. On glane aussi nombre d’informations coquines, avec le frisson de l’interdit quand on s’aventure du côté du vraiment glauque. Les plus hardis sortent un peu du monde du « tout seul », en fréquentant des sites où l’on se montre en cam, voire en échangeant l’une ou l’autre photo érotique d’eux-mêmes avec une fille du fond du Québec. J’en ai connu un qui, à treize ans, avait fait un petit clip vidéo de lui, acteur d’un strip-tease langoureux, avec exploration anale, autour d’une barre. Le clip était mal protégé sur son ordi et sa mère – plus rigide que la barre – était tombée dessus !! Provocation inconsciente ? Va savoir !  Bah, il a sans doute bien évolué et est maintenant professeur de religion, de morale ou de citoyenneté dans une bonne école…

 

III. Un peu comme les vagues de la mer qui  se superposent et se fondent, l’étape du vrai amour succède naturellement à cette phase de préparation en solo. Bien des garçons « tombent » amoureux vers quinze, seize ans … et les filles douze à dix-huit mois plus tôt. Et dans beaucoup de ces amours, il persiste d’abord une étape de découverte de la personne de l’autre, ainsi que d’exploration sensuelle, avant la « première fois » Les chiffres nous apprennent d’ailleurs que l’âge moyen de cette « première fois » reste stable, autour de seize ans. En anticipant cette première rencontre sexuelle, les jeunes ne se sentent guère anxieux parce qu’ils s’apprêteraient à transgresser un « ordre familial, ou social » plutôt effrité, mais toujours anxieux de bien réussir leur prestation, tout comme nous avons pu l’être nous bien avant eux : « Suis-je capable d’aimer ou d’être aimé jusque là ? Vais-je assurer ? Vais-je me donner et lui donner du plaisir ? Que pensera-t-il (ou elle) de moi ? Vais-je avoir mal ?» Mais bon, l’histoire montre que ça passe, parfois un rien péniblement, cette première fois, mais que la suite est beaucoup plus délectable …

Quand « ça a l’air sérieux », tôt ou tard arrive la demande : « Peut-il (elle) venir dormir à la maison ? » Entendez : reconnaissez-vous officiellement le droit que nous nous sommes donné à nos relations sexuelles ? Chaque famille a sa politique à ce sujet, mais mon impression est que, au-delà de seize-dix-sept ans, la réponse est souvent « Oui », après s’être fait un peu prier (pour la forme ?) Fin de l’histoire. Reste tout juste le jeune frère de quatorze ans, un peu jaloux et locataire de la chambre d’à côté, qui se plaint parce que « ils font du bruit ! »

 

IV. Pour conclure ce premier paragraphe, si je résume mon impression sur l’évolution de la sexualité  majoritaire  des ados, ces vingt-cinq dernières années, il me semble que :

 

- Ce qui est neuf, c’est le droit que chacun se donne à avoir une vie sexuelle personnelle. L’ado s’est approprié sa sexualité, et ne pense pas avoir de compte à rendre sur son existence. On pourrait dire aussi qu’il l’a désacralisée, banalisée … il ne se sent pas coupable de la pratiquer. Il se donne le droit de sa curiosité et de ses explorations sexuelles.

Des angoisses résistent cependant : angoisse fréquente de rater la première fois ; angoisses occasionnelles d’embrouilles sur les écrans ou d’avoir été trop loin (« Cinq branlettes par jour, ça pourrait me stériliser, quand-même ?) …

 

- Ce qui me semble persister – et, personnellement, j’en suis heureux – c’est : une vraie importance attribuée à l’amour ; une bonne distinction entre la sexualité dans la vie amoureuse et la pornographie ; une large aversion pour les perversions les plus glauques ; une reconnaissance positive de la place du partenaire (reconnaissance de sa liberté ; partage du plaisir ; négociations) ; le refus d’activités sexuelles menées dans la famille proche ou avec des enfants impubères et, pour beaucoup, le choix d’un partenaire dans grosso modo le même groupe d’âge.

 

§ II. Comportements sexuels minoritaires

 

I. C’est pendant l’adolescence, et parfois même à la fin de l’enfance, que sept à dix pour cent des jeunes se découvrent une orientation homosexuelle[6], pour certains en l’assumant tout de suite pleinement, et pour d’autres avec davantage d’ambivalence, voire de honte et d’angoisse qui, le plus souvent, s’atténuent avec le temps si l’orientation est forte.

Cette orientation concerne d’abord et avant tout le sentiment amoureux. Par contre, des jeux sexuels homosexuels, surtout pendant la première partie de l’adolescence, n’ont que rarement[7] une signification pronostique quant à l’orientation. Un petit pourcentage (trois, quatre pour cent) d’ados se déclarent « bi », parfois simplement pour frimer, parfois parce qu’’ils ont des fantasmes et des intérêts érotiques et éventuellement des activités sexuelles avec des partenaires des deux sexes. Mais à mon avis, au fil du temps, chacun finit par découvrir que l’autre fondamentalement aimé – celui qui peut vraiment rendre heureux – a et n’a qu’un des deux sexes ; donc les comportements bi ne sont qu’un passe-temps avant un engagement plus stable … ou une manière subtile d’éviter celui-ci.

Il existe aussi une petite minorité d’adolescents qui s’adresse à des adultes, jeunes ou non, pour leur initiation sexuelle, leur découverte du plaisir, et même pour vivre le grand amour au moins pendant le temps de leur adolescence.

Difficile de se prononcer sur la normalité profonde ou la pathologie de tels comportements….A quel âge et par une fille ou une femme de quel âge Emmanuel Macron a-t-il été dépucelé ? ; De toute façon, ces comportements sont illégaux avant l’âge de la majorité sexuelle.

 

II. Voilà ce qu’il en est pour ce qui concerne le « sexuel/relationnel » Qu’en est-il, chez ces minorités en ce qui concerne la quête de la sexualité-plaisir, (largement) dissociée de l’idée d’une relation affective profonde ?

 

A. Côté restrictif d’abord,

 

Une petite minorité d’ados n’est en rien intéressée par « les choses du sexe » Quelques autres désirent rester chastes, en référence à un Idéal personnel, familial ou/et religieux : Choix à respecter car la pratique sexuelle n’est pas, que je sache, une nouvelle obligation contraignante pour jeunes « libérés, mais vers de nouveaux standards »

 

Quelques autres encore éprouvent angoisses, inhibitions ou/et culpabilité à propos de leurs activités sexuelles. Ils peuvent se punir plus ou moins cruellement pour se masturber, ou présenter éjaculation précoce, impuissance ou frigidité … ou simplement aversion plus ou moins dissimulée pour la rencontre sexuelle lorsqu’ils ont un partenaire amoureux. On le voit notamment, mais pas systématiquement, chez ceux ou celles qui ont été victimes d’abus sexuels graves.

Tous problèmes pas faciles à signaler par l’ado, mais qui existent toujours, dont il faudrait pouvoir parler dans les séances d’éducation sexuelle et pour l’allègement desquels de bons psychothérapeutes peuvent vraiment rendre service.

 

B. Côté forte appétence ensuite ;

 

1. Un sous-groupe d’ados relativement important (entre dix et quinze pour cent, souvent dans la seconde partie de l’adolescence) apprécie fort le plaisir sexuel et recherche d’abord et avant tout celui-ci, mais pas en solitaire ! Ils sont donc réputés « sexuellement très actifs » avec recherche de partenaires multiples et faciles, à eux ou davantage. Corollairement, ce sont de grands consommateurs de pornographie et d’autres pratiques sexuelles liées aux écrans.

C’est dans ce sous-groupe que la pornographie visionnée peut servir de modèle, surtout dans les premiers moments de la vie sexuelle, avant que chacun trouve son style personnel. Des filles, parfois bien jeunes, s’imaginent donc qu’il faut passer d’emblée par la fellation ou la sodomisation, et les garçons, qu’il faut se conduire en grosses brutes macho.

 

2. Un autre sous-groupe, moins important (trois à cinq pour cent) privilégie tout autant le plaisir sexuel, mais sans oser s’aventurer à aller solliciter des partenaires « dans la vraie vie » Ils se limitent donc à d’abondantes masturbations, pimentées à l’occasion de l’une ou l’autre activité perverse (zoophilie, introduction d’objets dans l’anus, travestissement, etc …) Eux aussi furètent sur le web à la recherche de sexualité à bas coût (d’engagement) Ils collectionnent éventuellement de la pornographie, parfois déviante, jusqu’à en devenir dépendants. On les voit encore participer répétitivement à des chatts érotiques, à des échanges érotiques par vidéo (« chatroulettes » et autre sites du genre)

 

3. Plus rares encore (autour de un pour cent), il faut mentionner deux comportements sexuels plus préoccupants :

 

- Quelques tout jeunes ados (douze, treize ans) veulent déjà avoir une relation sexuelle complète, le plus souvent hétéro, avec un partenaire de leur âge, sans avoir la maturité affective pour la gérer, ni les connaissances « techniques » pour maîtriser la contraception. Ils ne le font souvent que l’une ou l’autre fois à titre d’expérience et de preuve de leur audace avant de revenir à la parenthèse masturbatoire. Mais l’existence de cette sexualité précoce plaide pour une éducation sexuelle complète et réaliste en sixième primaire et en première secondaire : j’y reviendrai par la suite.

 

- Quelques jeunes ados commettent de vrais abus sexuels sur des enfants plus jeunes, souvent dans leur famille d’origine ou recomposée. Leur puberté les démange, certes et en outre, ils peuvent avoir envie de se démontrer leur puissance (puissance sexuelle ; audace, puissance de mal) ou encore, inconsciemment, de salir la petite demi-sœur tellement choyée alors qu’eux se sentent à la dérive. Bien sûr, il faut intervenir, chercher à comprendre, s’occuper de la victime, sanctionner intelligemment et parfois séparer… mais il faut savoir aussi que, dans la plupart des cas, ce sont des phénomènes transitoires qui n’ont aucune incidence négative sur la carrière sexuelle future des jeunes auteurs concernés.

 

4. Voici donc pour le plus fréquent. Cette liste n’est pas exhaustive, mais l’espace me manque pour détailler davantage. Il existe des adolescents pédophiles (et qui le restent) D’autres pratiquent de façon privilégiée telle ou telle perversion sordide.  Il existe des adolescents violeurs, abuseurs sexuels bien plus chronifiés que ceux que je viens d’évoquer. D’autres encore vendent leur corps pour se faire du blé, sans se sentir pour autant des prostitué(e)s professionnel(le)s. D’autres se vendent corps et âme pour être aimés. Je vous renvoie à d’autres textes pour découvrir ces « déviances » plus en détails. En ce qui me concerne, vous pouvez lire mon livre « La sexualité des enfants » (Odile Jacob, 2004) : une bonne partie de ce qui y est écrit vaut pour les adolescents. Vous pouvez aussi consulter mon site, où un certain nombre d’écrits concernent la sexualité. Par exemple, entrez d’abord : www.jeanyveshayez.net et ensuite :

/brut/626-ados.htm Ados auteurs d'abus ou de pseudo-abus

/biza-se2.htm Bizarreries sexuelles, actes pervers isolés et perversions sexuelles chez l'enfant.

/brut/408-adol.htm Adolescents à la sexualité très préoccupante

Sur mon site enfin, si vous ouvrez la page « Echanges interactifs de courriels » (www.jeanyveshayez.net/28echcou.htm) vous découvrirez de nombreux témoignages reçus par courriel, où des internautes me font état de leurs errances et souffrances sexuelles d’adolescents.

 

§ III. La responsabilité des adultes

 

Je l’ai décrite en détails à propos de chaque adulte en position d’éducation dans la seconde partie du livre précité « La sexualité des enfants », et je vous renvoie à sa lecture. (p. 198 et sq.). Je me limiterai à donner mon point de vue sur deux responsabilités spécifiques de l’école.

 

I. La première concerne les moments réservés à l’éducation affective et sexuelle.

A mon sens, ils sont très importants, car quoi qu’en pensent les intéressés, trop d’adolescents conservent des zones d’ignorance, parfois importantes, sur des thèmes essentiels. Dans mon esprit, idéalement, je souhaite trois moments d’au moins trois heures chaque fois, le second semestre de la sixième primaire, puis de la première et de la troisième secondaire, moments interactifs confiés à un animateur externe ou à un professeur réellement motivé, ouverte et qui ose sereinement appeler un chat un chat ! Moments vécus dans une ambiance de discrétion et peut-être même d’anonymat. D’initiative ou en réponse aux questions des élèves, on y aborderait, non pas principalement, la mécanique de l’activité sexuelle, mais plus essentiellement ce qui s’y vit, le sens de la sexualité, les valeurs qu’elle véhicule, la prudence et la maturité que requiert son exercice.

 

En sixième primaire, il faut notamment parler de la puberté, de la masturbation, de la pornographie, du plaisir que procure la sexualité … et de bien d’autres questions davantage liée à l’affectivité.

En première secondaire, idem et en outre : c’est quoi la sexualité ? A quoi sert-elle ? Y a-t-il des valeurs et des règles autour ? ; On peut encore parler de la prudence à avoir si l’on va sur son smartphone ou sur Internet avec une idée sexuelle en tête … ; on peut déjà évoquer la contraception, et sa raison d’être ; on peut aussi parler des lieux ou demander de l’aide si on a une « embrouille » sexuelle, etc …

En troisième secondaire, idem et une information plus détaillée sur la contraception et les MST… Comment se procurer un moyen contraceptif ? La perte de la virginité chez les filles après le premier rapport « normal »… les grossesses adolescentes, les droits des adolescentes enceintes la responsabilité des deux parents adolescents. Où demander de l’aide ?, etc …

 

Voilà mes propositions … elles ne constituent que l’avis d’un praticien qui a été associé pendant des années à des souffrances et des drames dont certains auraient pu être évités moyennant de bonnes informations.

 

II. L’autre responsabilité de l’école, c’est de veiller à ce que ses réactions restent humaines et humanisantes lorsque la sexualité fait directement irruption dans ses murs. L’exemple classique, ce sont des jeunes surpris à avoir des relations sexuelles dans des toilettes ou un dortoir quelconque … ou encore les photos de nu d’un élève qui sont diffusées sur les smartphones …

Trop souvent, c’est le scandale, la propagation voyeuriste des faits, la désignation rapide d’un « coupable », l’exclusion, voire même la transmission rapide aux autorités judiciaires de choses qui ne sont souvent que de l’ordre de la précocité et de la transgression du règlement de l’école. Quels traumatismes et quelle image désastreuse de la sexualité on insuffle alors aux jeunes concernés !

 

Je plaide donc pour que l’école concernée se donne le temps d’une réflexion sereine et de la discrétion. Avec l’aide de son PMS, et, éventuellement d’un professionnel des adolescents bien au fait de ces matières.

Il faut chercher à comprendre, en parlant avec chaque jeune impliqué ! Il faut protéger l’un ou l’autre de ceux-ci de la vindicte populaire (par exemple, agressivité de quelques parents) Il faudra sanctionner, probablement, parce qu’il y a eu de toute façon transgression d’un règlement, mais sanctionner constructivement, autrement que par une exclusion immédiate, qui évoque diablement une sorte de castration vengeresse ! Et ce sera une occasion en or pour les adultes de parler avec les jeunes, les concernés et les autres, du sens de la sexualité.

Je souhaite dire pour terminer que si une école est légitimement soucieuse de son image sociale, il y a bien des chances que celle-ci « clignote » positivement dans la communauté si cette école assume : « Chez nous, il y a des ados et donc parfois du sexe (de la drogue, des bagarres) et nous les éduquons en l’assumant », bien plus positivement que si cette école claironne : « Chez nous, il y a des ados, mais ce sont des moutons et il ne se passe jamais rien. »

 

Mots-clés

 

SEXUALITE DES ADOLESCENTS, développement sexuel, masturbation, première fois, jeux sexuels, abus sexuel, homosexualité, pornographie, addiction sexuelle, culpabilité sexuelle, relations sexuelles (âge), sexualité normale, sexualité préoccupante, non-retenue sexuelle, hyperérotisation,  éducation sexuelle.

 

 si vous voulez en discuter avec moi

 

Pour télécharger en Word 2000 

 

 

Notes

 



[1]  Jean-Yves Hayez, psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur émérite à la Faculté de médecine de l’Université catholique de Louvain.

Courriel : jyhayez@uclouvain.be   Site web : www.jeanyveshayez.net

[2] L’espace me manque pour parler des angoisses et du sentiment de différence liés aux pubertés précoces. Autres genres d’angoisse – autour de la normalité – pour les pubertés tardives, qui n’empêchent cependant pas la montée des intérêts sexuels !

 

[3]  Le vrai inceste fraternel existe, mais il présente des caractéristiques de possession affective et d’exclusivité qui ne sont que rarement rencontrés.

[4] Par exemple, une tante célibataire qui, par un bel été, glisse sa main sous le slip de bain de son neveu de quatorze ans, et en palpe avec insistance le contenu …Lire La sexualité des enfants, J.-Y. Hayez, Odile Jacob, 2004, p 160 et sq.

[5]   Je n’aime pas trop le mot « solitaire », qui me fait penser à un repli triste, anxieux ou égoïste sur soi, ce qui n’est pas souvent le cas !

 

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[6]  Pour plus de détails, lire sur mon site « Comment l’orientation sexuelle se met-elle en place ? » (http://www.jeanyveshayez.net/brut/712-homo.htm)

[7] Rarement ? Ce pourrait cependant constituer un indicateur d’homosexualité si l’ado ici concerné, sans être pour autant amoureux n’avait sur une longue durée que des fantasmes et des activités sexuelles homo

[6]  Pour plus de détails, lire sur mon site « Comment l’orientation sexuelle se met-elle en place ? » (http://www.jeanyveshayez.net/brut/712-homo.htm)

[7] Rarement ? Ce pourrait cependant constituer un indicateur d’homosexualité si l’ado ici concerné, sans être pour autant amoureux n’avait sur une longue durée que des fantasmes et des activités sexuelles homo