Mégane : une énurésie secondaire précoce

 

 

Une maman m’écrit

 

Mégane, mon aînée de cinq ans, a été propre le jour à l'âge de 26 mois, sans aucune difficulté. A ce moment, là, elle était également propre à la sieste, et faisait encore quelques petits pipis la nuit. A l'âge de 28 mois, elle a eu une petite soeur, et là, lors de mon retour de la maternité, elle avait tout perdu ! Elle n'avait que 28 mois, donc on n'a pas eu d'inquiétude particulière.
Lors de son entrée à la maternelle chez les moyens, elle a rencontré de gros problème avec sa maîtresse. J'ai fini par l'emmener chez une psychologue. Mais elle a fini son année scolaire dans un état second :
- otites à répétition (en fin de compte, on a fini chez l'ORL car otite séreuse avec perte d'audition). Sa maîtresse ne voulait pas reconnaître qu'elle avait un problème d'audition pour elle ma fille était tête en l'air, et rêveuse.... une fois qu'elle a fait le test, elle a accepté le résultat mais à une semaine de la fin de l'année !
- violence de la part de Mégane : ma fille qui n'a jamais été porté sur la violence, c'est mise à mordre/griffée ces copains à l'école ! J’en suis arrivé à me prendre la tête avec la maîtresse, qui refusait d'admettre que ma fille n'avait pas de problème de ce type en dehors de l'école.
- nette régression au niveau du pipi au lit ! où l'on avait des nuits sèches régulières, on n'a plus aucun progrès. La couche est pleine toutes les nuits. Devant cet état, j'ai remis la couche, car je ne suivais plus avec le linge.
La maîtresse m'a soutenu durant toute l'année scolaire que ma fille ne travaillait pas, n'écoutait pas. Elle leur a fait un test de niveau en fin d'année scolaire (un peu tôt à ce niveau, je trouve, mais bon). Et là, tout l'inverse est sorti : ma fille était dans le top de la classe. La maîtresse a fini par reconnaître que vu que c'était une classe double ma fille écoutait ce qui se disait dans l'autre niveau. Ma fille me réclame le CP depuis le mois d'octobre, mais elle a encore une année de maternelle à faire.

Je culpabilise beaucoup, en me demandant ce que je fais mal pour qu'on en arrive là. Je passe beaucoup de temps avec Mégane à courir chez des personnes pour l'aider au détriment de sa petite soeur. Mais j'ai vraiment l'impression d'aller dans le vide.
Et bien sûr, vu que je le vis mal, l'ambiance à la maison n'est pas super, son père ne comprend pas le temps que je passe pour elle. En fin de compte pour rien : selon lui, elle le fait volontairement pour que je m'occupas d'elle, que je passe du temps avec elle au détriment de sa soeur.

J'aimerais beaucoup l'aider pour son problème de pipi au lit, car elle réclame la colonie de vacances. Mais là, ce n'est pas possible.
Merci de m'avoir lu, et merci pour vos conseils.

 

Je lui réponds

 

Bonjour madame,

 

Quand je vous lis, il me semble que chez Mégane, l’appareil urinaire est un « point sensible » dans son corps qui « craque » la nuit quand elle n’est pas bien dans sa peau, quand elle vit des souffrances morales.

 

C’est probablement ce qui s’est passé lors de la naissance de sa petite sœur, qui a dû l’insécuriser. Mais probablement qu’à l’école, elle ne se sent pas toujours bien non plus parce que sa maîtresse a  du mal à l’accepter comme elle est. Peut-être aussi votre petite fille a-t-elle mal vécu des tensions qui ont pu exister entre la maîtresse et vous, si vous avez essayé de la défendre ? L’épisode de violence que vous racontez en plus se rencontre chez des enfants sensibles quand ils ne se sentent pas heureux, désespérés !

 

C’est dommage bine sûr qu’il existe des tensions entre votre mari et vous à propos de l’éducation de Mégane : quand un enfant sensible sent ces tensions, il stresse, se culpabilise et son comportement devient plus « bloqué » que jamais…essayez donc de parler ensemble pour au moins éviter à l’enfant d’entendre vos divergences. Par ailleurs, proposez des compromis à votre mari : je ne crois pas que Mégane fait pipi au lit pour se faire remarquer, mais il a quand même peut-être raison quand il pense que vous en faites trop, donc pas assez pour lui et la petite sœur. Par ailleurs, essayez de rapprocher Mégane et son papa : ça peut faire beaucoup de bien à l’enfant

 

Les épisodes de pipi au lit vont aller en diminuant avec le temps, parce que l’appareil urinaire va se renforcer progressivement. Mais ils ne disparaîtront pas en une fois. Vous avez bien raison de lui remettre des couches quand un épisode recommence. Mais surtout vous devez ressentir ces épisodes comme des signaux d’alarme. Y a-t-il quelque chose à ce moment-là, qui l’inquiète ou la rend  plus malheureuse que d’habitude ?

 

Par ailleurs, je suis pessimiste à propos de la maîtresse, sur base de ce que vous racontez : elle a du mal a bien accepter votre enfant et votre famille, et je ne crois pas que cela va s’arrêter.

Le mieux, pour moi, c’est que vous arriviez à changer de maîtresse pour l’enfant ! Si vous n’y arrivez pas, il faudra être très patiente et bien tenir votre langue : inutile de vous plaindre de la maîtresse devant Mégane, ceci ne fait qu’insécuriser votre petite fille, si elle doit continuer à passer sa vie scolaire avec elle. Essayez quand même alors de parler des bons côtés de sa vie en classe.

 

Bien cordialement.

 

                                               Professeur Jean-Yves Hayez    

 

Mots clé

 

ENURESIE,  énurésie nocturne, énurésie secondaire, traumatisme.

 

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