Phobie alimentaire chez un enfant de 30 mois

 

 

 

Une maman m’écrit

 

Bonjour, nous avons un petit garçon de bientôt 30 mois, Liam,  qui prend quand il le veut un petit suisse et le mange en entier mais ne mange pas les gâteaux, pain, quiche, pizza (alors qu'il les demande de lui-même), il préfère jouer avec. Liam à refusé les biberons vers 4 mois, la puéricultrice nous à conseillé de mettre de la compote ou des céréales, ça à marché. Liam à pris la cuillère très tôt et l’a très bien acquis, puis de nouveau refus de tout.

Nous avons fait un séjour d'une semaine chez mon père quand Liam avait 6 mois, cela c'est mal passé (beaucoup de tension), puis il s'est étouffé avec un petit morceau de gâteau.

Nous avons fait un séjour à l'hôpital, niveau médical il n'y à rien (radio poumon, écho du foie, prise de sang, test de la muco)

Il parle très bien, sait faire plein de choses seul, souriant…. Notre but est de l'aider à avancer, à affronter cette peur alimentaire et de nous permettre à nous aussi d'avancer. Nous voudrions savoir ce qu'a Liam. Pouvez-vous nous éclairer?

Merci d'avance

Maman de Liam

 

 

Je lui réponds

 

 

Liam souffre probablement d’une phobie de l’alimentation solide, qu’il essaie de cacher vaille que vaille parce que c’est un petit garçon énergique ( il détourne l’attention en jouant avec les morceaux solides ) C’est très probablement la conséquence de l’expérience d’étouffement chez son grand-père avec, en plus, l’ambiance de tension existant lors du séjour : il a tout mélangé dans sa tête, ça l’habite encore et il est trop petit pour comprendre que le danger est passé ou, en tout cas, n’était pas aussi mortel qu’il en a eu l’impression.

 

Comment l’aider ?

 

C’est difficile, car les petits enfants « s’obstinent » parfois longtemps dans des imaginations effrayantes puis, un beau jour, ils comprennent que leur imagination n’est pas fondée et alors, ils peuvent faire des progrès très rapides. Mais l’arrivée de ce « beau jour », c’est assez imprévisible et on le retarde certainement si on met de la tension autour de l’enfant par ex. pour le faire manger de tout !

 

Ce qui l’aide parfois à comprendre plus vite et à s’épanouir, c’est ce que l’on appelle une « Psychothérapie mère-enfant » ou « père-mère-enfant » : un psychothérapeute bien formé  fait évoquer par la maman (ou la maman et le papa) devant Liam les étapes de sa vie, notamment les étapes traumatiques, et les dédramatise à haute voix : et l’enfant en capte souvent quelque chose, même s’il fait semblant de jouer.

Si le problème persistait au-delà de quatre ans et demi, cinq ans ( ce dont je doute ) d’autres types de thérapie, appelés cognitivo-comportementales, peuvent aussi aider l’enfant à modifier plus volontairement certains comportements progresser.

 

En attendant, que faire à la maison ?

 

- D’abord et avant tout ne pas dramatiser la situation « dans votre tête » Le temps va lentement arranger les choses et Liam ne court vraisemblablement aucun danger physique car il s’alimente alternativement. Demandez à votre médecin de suivre sa courbe de poids, par exemple tous les trois mois et voyez peut-être avec une diététicienne comment ses besoins caloriques et autres peuvent être largement rencontrés via une alimentation « molle » 

 

Ensuite, je vous recommande vivement de parler le moins possible à haute voix de ce problème devant lui ; Parlez de mille autres choses avec lui, et ne braquez pas son attention là-dessus ! Ne le mettez pas au centre du monde à cause de ce problème !

 

- Je vous propose aussi de réglementer les moments où il peut s’alimenter, pour créer de temps en temps de vraies sensations de faim : par exemple, trois repas de vingt minutes ( pas plus, pas moins ) et deux en-cas ( dix minutes ) vers dix heures trente et seize heures trente. Et on ne grignote pas entre !

Lors des repas principaux, la patience souriante est le maître-mot. Il ne faut pas  mendier ( « Si … tu auras » ), ni menacer, ni ruser ( « Ouvre le petit garage. » )

Simplement lui rappeler à l’occasion, de loin en loin,  que un jour, il a eu peur de la nourriture solide parce qu’il s’est étouffé. Qu’il a peut-être encore un peu peur aujourd’hui, mais que vous êtes là pour le protéger. Donc qu’il ne lui arrivera rien de mal avec du solide. Et que manger du solide, c’est important pour devenir fort ( s.v.p. pas de menaces ! ne pas lui dire « Si tu ne manges pas … tu ne grandiras pas. » )

En parlant de temps en temps ainsi, lui présenter de petits morceaux de solide en insistant un peu, avec le sourire. Si rien ne se passe après trois, quatre minutes, arrêter d’insister et lui donner son mets préféré, sans râler, ni se décourager. Donc en ajoutant « Bah, bientôt tu sauras manger comme les grands ! Ca va venir ! »

Garder l’espérance et la confiance bien vivantes !

 

Bonne chance :

 

Mots clé

 

PHOBIE ALIMENTAIRE, refus alimentaire,  troubles alimentaires, étouffement, évitement, opposition alimentaire, psychothérapie mère-enfant.

 

 

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