Quand persiste la culpabilité sexuelle

 

 

 

Une jeune adulte m’écrit

 

Cher Monsieur,

Je me permets de vous écrire au sujet de mon expérience personnelle.
J'ai lu quelques-uns de vos écrits au sujet de la sexualité infantile, qui tendent à me rassurer un peu. J'ai 22 ans, je vis avec mon conjoint, mais je reste un peu "perturbée" par certaines activités sexuelles que j'ai eues étant plus jeune. Ces inquiétudes resurgissent lorsque ma sexualité d'adulte n'est pas épanouie.
Lors de mon enfance, environ de 10 à 13-14 ans, j'ai développé des activités sexuelles avec mon frère de 2 ans plus jeune que moi. Il n'y a jamais eu de pénétration ni d'affectif, seulement des contacts physiques, parfois de sexe à sexe. Le but était en fait de ressentir un plaisir presque immédiat. Je ne me souviens plus qui était à l'initiative de ces "jeux" mais nous étions tous les deux consentants. Ces "jeux"  n'étaient pas très fréquents (5 à 6 fois par an) et sont toujours restés entre nous. A l'époque, je savais que ces jeux étaient "mal" mais je ressentais un plaisir très fort à chaque fois, presque automatique. Nous avons naturellement cessé lorsque ma puberté à commencé, le sentiment de culpabilité avait pris une trop grande place.

Aujourd'hui, j'ai du mal à tirer un trait sur cette période, parce qu'elle a un impact sur ma sexualité actuelle. Je n'ai jamais réussi à retrouver ce déclic du plaisir, et je garde une sorte de culpabilité vis-à-vis de ma sexualité. Je me demande aussi si ces "jeux" tiennent de la découverte sexuelle ou s'ils doivent être considérés comme abusifs. Je vous remercie par avance de m'apporter votre point de vue sur ces éléments.

Cordialement,
Valérie.

 

 

Je lui réponds

 

 

 

Chère Madame,

 

Dans mon livre « La sexualité des enfants » ( Odile Jacob, 2004 ) je parle durant quelques pages des activités sexuelles dans la fratrie et j’explique que, à mon sens, beaucoup de ces activités sexuelles sont normo-développementales, et ne doivent nullement s’appeler inceste quand il n’y a pas amour possessif, ni à fortiori abus quand les enfants sont consentants ( ce qui était votre cas )

 

Or, vous « vivez » ces quelques timides jeux sexuels avec une culpabilité assez dramatique : « Je savais que c’était mal » dites-vous ! Mais pourquoi diable aurait-ce été mal ?? Le sexualité est une force intérieure de vie, qui doit s’exprimer de temps en temps, notamment, assez fréquemment, via jeux sexuels dans la fratrie avant la puberté, et c’est très bien ainsi.

 

Avez-vous culpabilisé d’autres activités sexuelles après coup ? ( la masturbation par exemple ? )

 

Je crains que vos parents, ou l’ambiance dans laquelle vous avez baigné comme enfant, ne vous ai donné un regard noir sur la sexualité, ou sur vos droits à avoir des désirs et à vous affirmer !

 

Faites un voyage en vous-même ( ou éventuellement allez voir un psychothérapeute ) et essayez de comprendre l’origine de ces sentiments de culpabilité excessifs et de les envoyer aux orties …

 

En parler à votre conjoint n’est pas une obligation : nous avons tous l’un ou l’autre jardin secret. Ne le faites donc pas par devoir mais seulement si vous en pressentez du soulagement !

 

Bien cordialement

 

                                                                 

Mots clé

 

CULPABILITE SEXUELLE, jeux sexuels, sexualité des enfants, développement sexuel, sexualité dans la fratrie, culpabilité.

 

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