Ado, j’ai abusé de ma cousine

 

 

Un adulte m’écrit

 

Bonjour,

 

J’ai 30 ans, une copine depuis 3 ans et aujourd’hui enceinte de 4 mois.
Si je vous écris aujourd'hui c'est parce que j'ai consulté votre site internet.
Vers l'âge de 17 ans, j'ai abusé sexuellement de ma petite cousine (âgée de 7 ans).
Aujourd'hui la vérité à éclaté au sein de la famille et beaucoup de membres sont au courant et surtout mes parents...    

Je ne sais pas trop quoi attendre d'un échange de mail avec vous ...

Ce que je peux dire en revanche, c'est que aujourd'hui, je ne suis pas un pervers sexuel, ni un pédophile, que ces actes ne se sont plus jamais reproduits.
J'en ai parlé très tôt à ma copine et pour elle il était question que je trouve le moyen d'en parler, avec mes parents, avec ma cousine qui a 20 ans maintenant frère .... Je n'ai malheureusement pas eu le temps, je n'ai pas trouvé le courage de le faire ... paralysé par la honte, le dégoût, et la peur d’être rejeté par ma famille.
Les actes se sont produits plusieurs fois, j'ai le souvenir de 3 fois . Il y a eu des attouchements, le pire a été une fellation ... J'ai une terrible honte, de profonds regrets…

Maintenant je cherche à voir un psychothérapeute, sur les conseils de mon père, de ma mère et de ma copine .... ils y tiennent beaucoup ...

Mais j'aimerais recevoir le jugement d'un spécialiste tel que vous, je voudrais être "qualifié" par un professionnel. Comprendre exactement ce qui c'est passé à ce moment là, et pourquoi je n'ai pas su voir cet interdit et mesurer les conséquence de ce que je faisais .... Car je ne cherchais pas à faire de ma, et même j’ose dire que j’aimais bien ma petite cousine ... il n'y a eu aucune violence - j'ai usé de mon pouvoir de grand frère, et de mon influence psychologique sur elle ... Je ne voulais pas lui causer du tort.     

J'ai très peur  de ce qui vas se passer maintenant ... Est-ce que je dois aller en prison pour "payer" de mes actes ? Est-ce que je vais perdre définitivement tout ou une partie de ma famille ? Comment je dois m'y prendre pour me montrer courageux et assumer mes actes ? Comment est-ce que je peux réparer quelque chose ? si cela est possible ?    
Avez-vous l'adresse d'une personne compétente qui pourrait m'aider ? Peut-être vous même ?
Sincèrement ...


Je lui réponds

 

Cher Monsieur,

 

D’abord, je vous remercie de votre confiance.

Le récit et l’analyse de votre personne et de son avenir que vous faites dans votre courriel me semblent bien adéquats.

Vous n’êtes pas le seul « grand frère » à avoir choisi de jouer de son pouvoir de grand frère à des fins sexuelles pendant un certain temps. A ce moment-là, l’affection positive que l’on peut éprouver aussi pour le petit enfant ne fait plus le poids. C’est un moment de dérapage, où la pression sexuelle est trop forte et où l’on s’enivre et s’aveugle à cause du pouvoir que l’on a … et puis, quand on est normal, on se reprend assez rapidement, on est très embarrassé par ce que l’on a fait ... on  a honte …

Sur base de ce que vous écrivez, je ne pense pas moi non plus que vous êtes pédophile : simplement, votre petite cousine a-t-elle été l’espace d’une mauvaise passe ce qu’il y avait de plus commode à vous mettre « sous la main » si j’ose dire … je pense que si vous aviez eu à l’époque une copine de votre âge bien intéressée par l’amour et le sexe, vous n’auriez jamais touché une enfant, mais voilà, il n’y en avait probablement pas et les grands ados n’ont pas toujours une moralité à toute épreuve … ni l’audace nécessaire pour aller à la conquête d’une fille, même et surtout une « facile »

 

Vous vous êtes bien repris par après, et c’est ça qui compte ! Seulement, hélas, nos actes nous suivent et nous rattrapent parfois : c’est ce qui arrive … dommage que vous n’avez pas trouvé le courage de parler avec votre cousine quand votre copine vous l’a conseillé et de lui demander pardon du fond du cœur !

 

Que faire alors, si ce n’est faire preuve autour de vous, dans le dialogue verbal, de l’authenticité dont vous faites preuve dans votre lettre !

 

Si vous étiez belges, de tels actes pourraient être poursuivis par la Justice dix ans après la majorité des victimes. Pour le France, je ne sais pas mais ça doit être très proche. Mais je ne suis pas sûr que votre cousine veut faire une plainte pénale , lourde à gérer pour tout le monde ( et vous même vous étiez mineur à l’époque ) Donc, le risque de vous retrouver avec de vrais ennuis judiciaires est  petit : vous pourriez au plus avoir à vous expliquer !

 

Le plus important, c’est en effet que votre cousine soit reconnue comme victime de votre moment de débordement sexuel. C’est que vous lui demandiez pardon à elle et à toute la famille, mais, tout autant, que vous vous pardonniez. C’est aussi de lui demander à elle comment réparer, et puis, que vous repartiez de l’avant en pensant à tout ce qu’il y a de bon en vous !

 

Devez-vous voir un bon psychothérapeute ? Peut-être si vous continuez à vous sentir coupable et déprimé après avoir fait tout cela. Je puis vous aider éventuellement à en trouver un.

 

Cordialement,                                                 

 

 

Il me répond

 

Bonjour, ,

Je tenais à vous remercier pour votre réponse,  et pour le temps que vous avez pu m'accorder ...

 

Je ne sais pas trop comment faire pour renouer le contact avec ma cousine ... pour lui demander le pardon ...
Mon père m'a dit que pour le moment elle ne le souhaitait pas, qu'il fallait laisser passer un peu de temps sur tout ça ...  
Je n'ai pas trop envie d'aller à l'encontre de cela, ma copine me conseille quand-même d'essayer de le faire au plus vite ... Ce n'est pas facile ...  J’ai peur que beaucoup ne veulent plus entendre parler de moi ...


Bien cordialement 

 

Je lui réponds

 

Je pense que votre père est un sage, il faut respecter le rythme et la motivation de votre cousine maintenant.

Le pardon ne viendra peut-être pas dans le chef de certains ... c'est dur bien sûr mais l'important est votre sincérité, que VOUS vous pardonniez et que désormais vous semiez autour de vous amour et gentillesses.

 

Bien à vous

 

Mots clé

 

ABUS SEXUEL, abus sexuel intrafamilial, conséquences de l'abus sexuel, culpabilité sexuelle, pardon.

 

 

si vous voulez en discuter avec moi

 

Pour télécharger en Word 2000 

 



 

Normal style='text-align:justify'>