Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
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A propos des refus

de visite exprimés

par les jeunes enfants

* biographie et recueil de publications scientifiques du professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.
Jean-Yves Hayez
a le plaisir de vous proposer



Paru dans La revue trimestrielle du Droit de la Famille, 1984, 2, p. 183-193.

A propos des refus de visite exprimés par les jeunes enfants.


Introduction

Ce chapitre constitue une application de la méthodologie générale de l'expertise civile telle qu'elle a été développée dans le chapitre 3. L'application est particulièrement délicate : elle porte sur les enfants jeunes, avant l'âge de l'école primaire, dont on dit qu'ils font des scènes terribles, d'angoisse et de colère, au moment où le parent qui n'en a pas la garde se présente pour la visite : le plus souvent, il s'agit du père et c'est à propos de lui que l'article se situera. Le contexte de ces cas est typique : la mère est une femme jeune; son couple n'a pas tenu très longtemps, ils se sont séparés avec violence. Elle reste seule avec l'enfant en bas âge et, assez souvent, elle retourne vivre chez ses propres parents. Le tribunal juge bien que des visites du père doivent exister, mais celui-ci se heurte, du côté de son ex-épouse, à un bloc d'adultes anxieux ou/et hostiles.

Ce chapitre a été rédigé dans un contexte un peu particulier : en 1984, le rédacteur en chef de la La revue trimestrielle du Droit de la Famille nous a demandé de faire quelques commentaires à propos de deux ordonnances de jugement successives, dans une même affaire où, de toute évidence, la mère avait très fortement irrité le magistrat parce qu'il interprétait comme son refus de présenter l'enfant au père. Les deux ordonnances réimposaient avec vigueur l'exercice du droit de visite, vitupéraient, et contre les certificats médicaux couvrant vaille que vaille l'immobilisme de la mère, et même contre l'idée d'une expertise, demandée par un des avocats. En Belgique, de telles situations peuvent très mal finir, par exemple devant un tribunal correctionnel qui peut envoyer la mère en prison. Dans ce chapitre des références sont donc faites au texte des deux ordonnances, mais elles sont tellement claires que nous n'avons pas cru devoir en reproduire le contenu intégral en annexe.

I. Je voudrais dire d'abord que je partage le scepticisme du magistrat

qui a rédigé ces ordonnances et même l'irritation qu'on lui devine, lorsqu'il s'érige contre les certificats médicaux « suspects » et « contradictoires » qui tentent de démontrer l'intérêt que cet enfant ne voie plus son père ou, au minimum, la nécessité de ne pas déplacer l'enfant, les vendredis soir où il est un peu fiévreux. Habituellement, semblables certificats sont bâtis à partir de critères superficiels - les paroles de la mère, écoutées une dizaine de minutes, l'observation d'un enfant un peu malade - qui ne démontrent pas qu'il a un mauvais père, ni que les visites à celui-ci sont inadéquates, mais bien qu'il existe une tension grave entre père et mère! La déontologie des médecins est bien trop laxiste lorsqu'ils acceptent de rédiger de tels certificats ... et autant celle des avocats, lorsqu'ils recommandent à leurs clients d'y recourir!

Je me permettrai de parler davantage pour les premiers, parce qu'ils sont de ma confrérie : ils devraient très strictement se limiter à décrire ce qu'ils ont vu objectivement : un enfant fiévreux, agité, diarrhéique, sans y adjoindre des interprétations rapides et hasardeuses, dont ils soupçonnent mal les drames injustes qu'elles entraînent parfois. A mon sens, ils devraient même s'abstenir de décréter qu'un enfant pas trop malade est intransportable, ce qui entraîne la suppression légalisée de la visite. Ils mesurent mal combien, ce faisant, ils contribuent à faire de l'enfant un futur malade psychosomatique, c'est-à- dire quelqu'un qui se sert de la souffrance organique pour obtenir un résultat relationnel ... Je préfère pour ma part que l'on transporte dans une couverture l'enfant qui fait de la fièvre pour une infection banale ( le bon sens vous fait comprendre, j'imagine, que je n'en dirais pas autant pour des maladies graves et avérées! ).

II. Je voudrais dire ensuite combien je comprends l'irritation diffuse que l'on sent courir dans ces deux ordonnances.

Il est vrai qu'un certain nombre de mères, parce qu'elles sont très fâchées contre leur ex-conjoint, ou/et parce qu'elles ont très peur de lui - elles sont encore pleines des mauvais souvenirs qu'il leur a laissés et des menaces qu'il a proférées pour l'avenir - se dressent comme un rempart entre l'enfant et son père, pour protéger celui-là d'un ennemi, imaginaire ou non et pour se venger de celui-ci. Il est vrai que ces mères-là sont parfois intransigeantes. Et quand un magistrat - ou un médecin, un psychologue - réellement soucieux de l'intérêt de l'enfant, essaie de leur dire, comme c'est justement dit dans l'ordonnance : « L'enfant est le fruit de l'union de son époux et d'elle- même, il est important pour l'équilibre de l'enfant qu'il garde des contacts affectifs avec son père ... » - il se heurte à un refus d'autant plus farouche qu'il se montre insistant et persuasif. Alors la déception, le souci d'assurer envers et contre tout des solutions théoriquement idéales pour l'enfant, l'impression d'être « roulé » peuvent parfois aveugler et faire entamer une terrible épreuve de force. Il n'est d'ailleurs pas indifférent de constater que ce sont là plutôt des réflexes d'homme face à des femmes qui leur résistent; en ces hommes sommeillent certainement des pères, susceptibles d'être dépossédés eux aussi un jour ... et qui réagissent donc vigoureusement pour défendre les droits universels des hommes.

III. Personne n'est de bois

et il est déjà arrivé à tous d'être emportés dans des escalades analogues. Cependant, si nous voulons conserver la tête froide et penser plus sereinement à l'intérêt de l'enfant, j'attire votre attention sur les quelques réflexions que voici :

A. La forêt ne doit pas cacher les arbres.

Si souvent nous avons affaire à des mamans qui confondent leurs sentiments personnels et la réalité objective de la situation - c'est-à-dire, ici, qui pensent vraiment que le père est détestable parce qu'elles le sentent ainsi - dans une minorité de cas, elles ont vraiment vu juste : le père peut avoir été violent, négligent, odieux avec un enfant qu'il ne savait pas bien supporter, ... ou plus soucieux de se venger en exigeant l'enfant que d'aimer vraiment celui-ci. Or, à première vue, les unes et les autres emploient le même vocabulaire et évoquent le même genre de souvenirs : comment savoir, autrement que par des entretiens sereins et approfondis que les premières amplifient les faits et que les autres relatent ce qui est?

Par ailleurs, si les premières amplifient, il n'est pas question de les appeler pour autant de « mauvaises mères » : la plupart du temps, dans leur relation conjugale, elles ont vraiment vécu des moments pénibles, subjectifs et objectifs, qui leur restent sur le coeur. Même si le père n'est pas le croque-mitaine qu'elles pensent, leur bonne foi ne doit pas nécessairement être mise en question et il leur est impossible, à elles, de parler positivement de cet homme, comme c'est exigé dans la première des deux ordonnances.

B. Un enfant de cinq ans n'est pas le pur produit de la volonté, des désirs et des injonctions de ses parents :

il a déjà sa propre personnalité, ses idées et ses sentiments, en partie originaux et indépendants. Donc, ce n'est pas parce que, malgré elle ou sciemment, sa maman essaie de lui donner une mauvaise image de son papa, que ça marchera à tous les coups : cela marchera s'il décide, lui aussi, d'y être réceptif ... Et quand ça marche, quand l'enfant a laissé grandir en lui une mauvaise image de son père, il est toujours difficile - même pour un psychologue très expérimenté - de déterminer dans quelle proportion cela provient d'une influence de son entourage ou du libre arbitre de l'enfant, qui a sélectionné précisément ce type d'image- là. Cette existence d'un certain libre arbitre, d'une « auto-construction » perpétuelle de l'être humain, n'est pas qu'une spéculation philosophique. Elle se fonde sur des expériences multiples où l'on voit que l'enfant, même très jeune, se conduit très différemment de ses parents. Elle se fonde aussi sur le discours rétrospectif de l'être humain sur lui-même où l'on entend que, « depuis toujours », il est un mélange de réceptivité, mais aussi de refus et d'originalité par rapport à ce que sont ses parents.

C. Quand on considère ce mélange d'influences et d'originalité qui fonde l'enfant,

on peut admettre, que dès cinq ans, celui-ci peut déjà avoir une peur très profonde et chronique de son père. Même si nous voudrions qu'il en soit autrement, même si nous aimerions tant écrire que : .... Un si jeune enfant ( est ) incapable ... » ( texte de l'ordonnance ). Bien des raisons peuvent composer cette peur : la nature du père lui-même, qui peut être violent, maladroit ...; l'influence de la mère, qui dresse l'enfant contre son ex- mari; l'organisation affective de l'enfant, aussi : quatre- cinq ans, c'est l'âge dit « de l'Oedipe »; déjà, dans des conditions d'éducation normales, un petit garçon vit souvent une certaine ambivalence à l'égard de son père : il l'aime, certes, mais le père est aussi le rival qu'il a envie de défier, celui à qui il a envie de disputer la « possession » de la maman. Les sentiments de défi de l'enfant produisent, en retour, une certaine angoisse. Mais quand le malheur veut que le couple se sépare et que l'enfant reste seul à « posséder » sa mère, il a parfois l'impression que c'est lui qui a gagné, qui a chassé son père, et cette idée - fausse 999 fois sur mille - peut provoquer de formidables angoisses. Lorsque le père veut prendre l'enfant en visite, que cela ne se passe pas bien et que, dépité, il s'emporte, ou fait appel à la police ou à un huissier et que la tension monte dramatiquement, on pourrait presque dire qu'il creuse sa propre tombe : l'enfant renforce de plus en plus l'image de son père comme d'un être terrible et menaçant!

D. Malheureusement, contrairement à l'opinion émise dans l'ordonnance,

il ne suffit pas que la mère « explique la situation à son fils pour que celui-ci perde toute crainte à l'égard de son père ». D'abord, nous l'avons vu, cette explication n'est pas émotionnellement à la portée de beaucoup de mères : c'est leur demander quelque choee d'impossible! Mais il y a plus : même des tiers bienveillants, par exemple une assistante sociale du tribunal, ou le médecin de famille, en expliquant sereinement ce qu'il en est ( des causes de la séparation, de la personne du père ... ), ne parviennent pas toujours, loin de là, à changer la mentalité de l'enfant! Au contraire, à vouloir le persuader, ils font souvent pire que bien : ils constituent une force externe supplémentaire, qui écartèle les pensées de l'enfant dans une troisième direction.

Dans ce domaine, seul le temps arrange parfois les choses. Et le temps nécessaire court souvent sur un ou deux ans. Dans les meilleurs des cas - et nous reviendrons plus loin sur leurs modalités - on a pu mettre ce temps à profit pour une reprise de contact prudente et progressive père-enfant et l'enfant a eu l'occasion de vérifier, par des rencontres concrètes, que son père n'était pas le monstre qu'il s'imaginait ou/et qu'on lui avait décrit. Dans les cas moins favorables, aucune rencontre ne s'est passée, parce que l'on a estimé que le moindre traumatisme pour l'enfant était qu'il en soit ainsi. Même alors, surtout si des tiers ont dit et redit à l'enfant qu'il pouvait exprimer ses propres souhaits à l'occasion, et si son père a su lui faire comprendre qu'il ne l'abandonnait pas, il peut arriver que les dispositions d'esprit de l'enfant changent et qu'il exprime le souhait de revoir son père.

IV. Quelques mots encore à propos de l'expertise.


Dans le texte de l'ordonnance, il est écrit que « faire expertiser un enfant de cinq ans, nous paraît comme une mesure de nature à perturber davantage l'enfant, et une véritable atteinte à l'intégrité physique et morale d'un mineur ...». Inutile de dire, et que je suis peiné de cette opinion et que, d'une certaine façon, je me sens mal placé pour défendre l'expertise : on pourrait me rétorquer que je suis juge et partie et je n'ai à opposer à cette remarque que la certitude intérieure de ma conscience professionnelle ... Peut-être le magistrat qui a écrit ces lignes a-t-il été confronté à des caricatures d'expertise, où l'on avait demandé sauvagement à l'enfant, parfois à la sauvette, en cour de récréation : « Qui préfères-tu, ton papa ou ta maman? » Peut-être a-t- il été irrité parce que, tout comme les médecins somaticiens, certains psychologues ou psychiatres, acceptent trop facilement de faire des rapports unilatéraux, systématiquement contestés, culpabilisés par l'enfant qui « se livre » en cachette, et légitimement suspects d'être d'une objectivité douteuse? Il y aurait bien des choses à écrire sur la déontologie et la compétence de certains intervenants psychosociaux!

Mais peut-être la position de ce magistrat est-elle plus radicale et traduit-elle sa conviction profonde, de principe, face à tout examen médico-psychologique? Alors, je voudrais lui répondre ceci : une vraie expertise procède avec délicatesse. Elle emploie des moyens d'investigation qui sont adaptés à l'âge et aux possibilités mentales et émotionnelles de l'enfant : dialogue, dessins, jeux, modelage ... Elle ne force pas l'enfant à répondre à des questions angoissantes et culpabilisantes, mais elle lui donne l'occasion de parler de son présent et de son avenir, s'il le souhaite : « Y a- t-il des différences a vivre chez papa ou chez maman? Existe-t-iI un milieu où il se sent le mieux pour vivre sa vie de tous les jours? pour grandir? » Voilà bien les questions centrales, qui sont abordées directement ou indirectement, et vis-à-vis desquelles il a l'opportunité de se libérer, de s'exprimer nettement, d'hésiter ou de se taire : une vraie expertise accepte le silence de l'enfant : l'expert peut comprendre que certains soient tout à fait indécis, ou veuillent protéger leurs sentiments et préfèrent se taire : il accueille cette pudeur, sans se sentir un mauvais expert et recourt alors à d'autres paramètres, par exemple une analyse de la personnalité des parents, pour faire des recommandations au tribunal.

Lors d'une expertise, l'enfant est donc écouté : ses sentiments difficiles - chagrin, colère, angoisse de l'avenir, culpabilité - sont l'occasion de s'exprimer, peut- être pas la première fois, parfois moyennant un « petit coup de pouce », et ils sont entendus et développés par une personne sereine et bienveillante, qui peut les dédramatiser et soutenir l'enfant. Celui-ci n'est pas laissé seul avec ses questions les plus angoissantes : des informations lui sont données éventuellement, dans la mesure où l'expert possède des éléments de réponse, et sans pour autant dorer la pilule à l'enfant : « Pourquoi mes parents à moi se sont-ils séparés? Qu'est-ce que je vais devenir? Qu'est-ce que je risque? Est-il possible que je sois " lâché ", moi aussi? Mes réactions sont-elles normales? Est-il normal d'en vouloir à son papa comme moi je le montre, etc? » Ces questions, l'enfanti ne les conceptualise et ne les pose pas dans les termes clairs qui viennent d'être évoqués, mais il les a sur le coeur et il faut pouvoir les deviner et lui donner une certaine réponse. Et cela, même et surtout lorsqu'il est très jeune, donc qu'il n'appréhende pas très correctement la réalité extérieure, donc que ses fantasmes peuvent être torturants. Ainsi conçue, l'expertise ne constitue donc pas « une atteinte à son intégrité morale », mais un acte de respect, de meilleure compréhension de celle-ci.

V. Quelle procédure recommander, qui tienne compte de toutes ces difficultés?


A. Dans ces contextes, il est très délicat d'apprécier où est le moindre traumatisme pour l'enfant :

-  D'une part, manquer de son père en est très souvent un, même si un autre monsieur finit par être présent dans la vie de sa mère, ou si le grand-père maternel participe à l'éducation de l'enfant. En effet, outre que l'enfant est directement privé de la part de relation père est susceptible de nouer avec lui, à travers la disparition de celui-ci et les critiques à son sujet, il peut vivre qu'une partie de lui-même aussi n'est pas de très bonne qualité, puisqu'il est l'enfant de ce père, dont il continue le plus souvent à porter le nom. Il peut penser également que le pouvoir des femmes est excessif et menaçant pour lui, qui est aussi un petit homme, et se défendre d'une façon ou d'une autre contre cette angoisse.

-  D'autre part, si le père s'obstine à réclamer ce qu'il appelle son droit, et cela de plus en plus violemment, l'image qu'il transmet de lui - et que l'entourage de l'enfant fait encore flamber - est de plus en plus négative, menaçante et violente. Tous les moyens deviennent bons pour lui résister, moyens auxquels l'enfant est prié de s'associer, en se taisant, en dénigrant son père, en tombant malade ... Tout ce processus aussi peut être la source de graves traumatismes psychiques.

B. Il ne faut en tout cas pas que l'enfant fasse les frais de nos colères d'adultes,

quelles que soient leurs justifications. Même si un magistrat est certain qu'il est « possédé » par une mère de mauvaise volonté, s'il se mettait à exiger d'elle de plus en plus d'obéissance à la loi, jusqu'à la mettre en prison pour non-présentation de l'enfant, c'est quand même chez celui-ci d'abord qu'il augmenterait la souffrance et l'écartèlement! Involontairement, il se conduirait exactement comme les parents en dispute dont il stigmatise la conduite : pour lui non plus, la souffrance de l'enfant ne ferait plus le poids face à sa colère et à ses revendications légitimes!

C. Toutefois, le seul appel à la raison et au bon sens ne parviendra pas à convaincre un certain nombre de mères d'être plus accommodantes;

donc, pour éviter à l'enfant ce traumatisme d'être privé de son père, il faut engager avec elles et leur entourage une certaine épreuve de force, à condition d'être moralement sûr que, après un laps de temps raisonnable ( par exemple deux à trois mois ), le bilan traumatique sera moins grand chez l'enfant que si l'on n'avait rien fait du tout. Or, pour surveiller ce dernier point, il faut des experts, psychiatres d'enfants ou psychologues cliniciens expérimentés, susceptibles d'étudier les répercussions sur la personnalité de l'enfant de ce qui est en train de se passer.

D. Si l'on adhère à cette idée, comment la mettre en route concrètement?

Le plus simple semble être que, lorsque le tribunal ordonne une mission d'expertise dans ces circonstances, dans la description de la nature de la mission, il donne explicitement aux experts le pouvoir d'expérimenter les formes de visite - ou l'absence de visite - qu'ils jugent utiles pour se faire une idée de l'intérêt de l'enfant et qu'ils leur donnent un délai suffisamment long avant de remettre leur rapport, par exemple six mois. Avec cette délégation d'un pouvoir d'expérimentation, l'expert pourra organiser un programme de visites selon les modalités qu'il juge les plus utiles à l'enfant et l'imposer aux parents. Ensuite, sa mission d'observation et ses aptitudes professionnelles le prédisposent à rester émotionnel- lement serein, même si ce programme ne s'exécute pas comme il l'avait prévu sur papier. Même s'il est amené à insister quelque peu, il ne fera pas nécessairement de la désobéissance de la mère, le drame de sa vie.

E. Mais en fonction de ce qui se sera passé,

il aura la responsabilité de faire au tribunal une recommandation précise, dans une des trois directions que voici :

-  Dans une minorité de cas, son expérimentation aura été suivie d'effets positifs et les visites du père se seront progressivement réinstallées : il suffira alors de confirmer que l'on doit poursuivre ce qui vient d'être commencé.

-  Dans la majorité des cas, il sera impossible de diluer suffisamment l'angoisse et la révolte de la mère, et le moindre traumatisme pour l'enfant sera alors de suspendre les visites du père. Ici, nous ne recommandons pas de « supprimer le droit de visite », mais plutôt, et de le reconnaître comme droit, et, dans le même temps, d'en suspendre l'exercice dans l'intérêt de l'enfant. Idéalement, à notre sens, il faudrait alors revoir la situation de loin en loin, par exemple tous les ans et étudier si le vécu émotionnel de l'enfant - et de ses parents - ne se modifie pas dans un sens plus favorable. Ne serait-il pas possible alors, dans le champ judiciaire, que le juge ordonne la réouverture des débats ou refixe la cause à une date ultérieure, par exemple après un an, en ayant préalablement chargé l'expert d'une mission complémentaire de mise au point? Au fur et à mesure que l'enfant grandit et peut mieux comprendre la situation, l'expert ou un autre tiers bienveillant - pourrait patiemment lui expliquer ce qui se passe : son père ne l'a pas abandonné et s'intéresse toujours à lui mais, jusqu'à présent, on a estimé plus sage de suspendre ses visites, vu l'excès de tensions qu'elles créent dans tout son système de vie.

-  Dans une minorité de cas, on estimera que le plus grand traumatisme pour l'enfant est d'être privé de contacts avec son père : ce sera par exemple si l'enfant souffre très fort de la destruction de la référence paternelle ( dépression + doutes sur sa propre valeur de petit homme ) et que, par ailleurs, sa personnalité est plutôt forte, capable de nouvelles adaptations. Alors, on peut recommander que la garde soit confiée au père, pour peu que les conditions suivantes soient remplies :

 . intransigeance de la mère et de son entourage dans leur refus du père;

 . désir du père de reprendre l'enfant chez lui; constitution normale de sa personnalité; présence de qualités pédagogiques;

 . possibilité d'une « garde à l'essai » et, après sa mise en oeuvre, expérimentation sur le droit de visite à la mère : le père doit l'autoriser moralement et la mère ne doit pas le saboter et mettre l'enfant sous tension. Sinon, proposition d'autres aménagements.

Mais tout en affirmant clairement que cette troisième possibilité existe, j'ajoute aussi que je suis inquiet à l'idée de la déclarer tout haut : il serait monstrueux que ce texte donne à d'aucuns l'idée de l'employer comme une arme suprême dans une escalade agressive contre la mère. On ne peut y recourir qu'après une étude soignée de la personnalité et des besoins de l'enfant et de la personnalité de son père!


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je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be

 

Création le 01 mai 2006.
Dernière mise à jour le dimanche 25 avril 2010.
Issu d'un texte prêté par le professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds

 


Fin du dossier























































































































































































... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 
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Félicitations

Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







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Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )

Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez

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