Hayez Les racines et les ailes. Ressources, tâches et embûches de la famille. Giovanni Abignente.
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Les racines

et

les ailes

* biographie et recueil de publications scientifiques du professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.

Jean-Yves Hayez
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soit la couverture soit le dos du livre
soit le texte qui est au dos du livre. soit le résumé
soit le texte intégral de la préface du livre par J.-Y. Hayez
soit le texte intégral de l'introduction du livre.
soit la postface du professeur Pierre Fontaine.
soit la table des matières du livre.
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Les racines et les ailes

Résumé du livre.

Cet ouvrage, écrit dans une langue accessible à tous, offre une analyse de la famille telle que nous la vivons aujourd'hui dans nos sociétés occidentales contemporaines.

Lieu de milliers de dynamiques, la famille pose la question primordiale de la recherche d'un équilibre entre deux forces contraires, l'identification aux proches et la différenciation : être dedans et être dehors.

Lorsque le jeune adulte parvient à se réapproprier ses propres racines familiales pour y puiser un ressourcement, il peut alors déployer ses ailes et fonder à son tour un nouveau cycle familial, sans nier son passé ni en être le clone.

C'est ce mouvement de la vie, avec ses inéluctables tensions, qui est décrit et analysé par l'auteur tout au long de son livre.

La dernière partie de l'ouvrage, consacrée aux transformations que connaissent les familles de nos jours, aborde la problématique des familles séparées, recomposées et adoptantes.

En interrogeant les situations qui nous sont les plus familières, le livre propose une réflexion approfondie surtoutes les grandes questions relatives à la famille. Il offre au lecteur une mise en perspective de sa propre expérience familiale.

Cet ouvrage est destiné aux professionnels de la santé mentale et de la famille ( thérapeutes, médiateurs, etc.) mais aussi à tous ceux, adultes et grands adolescents, qui souhaitent mieux comprendre leur parcours familial il leur offre une mise en perspective intelligente et sensible de leur propre expérience familiale.

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Les racines et les ailes

La couverture du livre

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Les racines et les ailes

le texte qui est au dos du livre

Carrefour des psychothérapies

Les racines et les ailes



Préface et adaptation française de J.-Y. HAYEZ
Postface de P.-J. FONTAINE

Cet ouvrage, écrit dans une langue accessible à tous, offre une analyse de la famille telle que nous la vivons aujourd'hui dans nos sociétés occidentales contemporaines.


Lieu de milliers de dynamiques, la famille pose la question primordiale de la recherche d'un équilibre entre deux forces contraires, l' identification aux proches et la différenciation être dedans et être dehors. Lorsque le jeune adulte parvient à se réapproprier ses propres racines familiales pour y puiser un ressourcement, il peut alors déployer ses ailes et fonder à son tour un nouveau cycle familial, sans nier son passé ni en être le clone. C'est ce mouvement de la vie, avec ses inéluctables tensions, qui est décrit et analysé par l'auteur tout au long de son livre.

La dernière partie de l'ouvrage, consacrée aux transformations que connaissent les familles de nos jours, aborde la problématique des familles séparées, recomposées et adoptantes.

En interrogeant les situations qui nous sont les plus familières, le livre propose une réflexion approfondie sur toutes les grandes questions relatives à la famille. Il offre au lecteur une mise en perspective de sa propre expérience familiale.

Cet ouvrage est destiné aux professionnels de la santé mentale et de la famille ( thérapeutes, médiateurs, etc.) mais aussi à tous ceux, adultes et grands adolescents, qui souhaitent mieux comprendre leur parcours familial; il leur offre une mise en perspective intelligente et sensible de leur propre expérience familiale.

Giovanni ABIGNENTE ( 1950-2003 )
psychologue et psychothérapeute italien de renom spécialisé dans les questions liées à l'adolescence et la famille, inspiré notamment par les modèles et méthodes systémiques, fut enseignant et chercheur à l'Université de Salerne ( Italie ) et à l'Université catholique de Louvain ( Belgique ). Outre de nombreux articles et contributions à des ouvrages collectifs, il a publié les livres Identikit del preadolescente (1990) et Adolescenti e genitori Un dialogo (im)possibile ? (1998)

Jean-Yves HAYEZ
est pédopsychiatre et professeur ordinaire à l'Université catholique de Louvain. Il a publié récemment La sexualité des enfants.
C'est en hommage à G. Abignente qu'il a préfacé et supervisé la traduction et l'adaptation française de l'ouvrage " Les racines et les ailes. "

ABRACAIL
ISBN 2-8041-4669-3
ISSN 1780-9517

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Les racines et les ailes

le texte intégral de l'introduction du livre
Introduction

Deux choses que les parents doivent offrir à leurs enfants les racines et les ailes.

Proverbe du Québec

J'ai découvert ce proverbe canadien il y a quelques années. Enonçant de façon synthétique l'engagement requis des mères et des pères soucieux de bien réussir l'éducation de leurs enfants, il m'est aussitôt apparu comme un véritable condensé de sagesse populaire, un traité minimal sur l'amour parental. Que faut-il de plus à un être humain, pour grandir et s'affirmer dans la vie, qu'une base solide qui le nourrisse, au point de vue aussi bien matériel qu'affectif, et de laquelle il pourra partir pour explorer et habiter le monde, grâce aux instruments qu'il a reçus et appris à utiliser ?

Mais donner racines sûres et ailes fiables pour aider à grandir, ce n'est pas uniquement la tâche des parents. C'est également la fonction qui peut être assignée à la famille tout au long de son cycle vital, à l'égard de tous ses membres.

En effet, aux enfants et aux adolescents, la famille devrait offrir l'assurance émotionnelle qui s'acquiert dans l'expérience d'une appartenance chaleureuse au travers de soins affectueux ; elle devrait en outre leur offrir la possibilité de développer progressivement les compétences nécessaires pour devenir autonomes, se séparer, prendre leur envol vers le monde des relations sociales et de l'âge adulte.

Aux adultes, la famille devrait garantir la sérénité et le bien-être propres à ceux qui se perçoivent comme faisant partie d'un système de relations affectives positives, protectrices ; qu'ils y trouvent l'élan nécessaire pour accomplir à l'extérieur les nombreuses fonctions, souvent difficiles et frustrantes, liées à l'activité du travail et aux contacts avec la commu- nauté sociale.

Aux personnes âgées, s'approchant de la fin de leur existence, la famille devrait réserver la satisfaction apaisante qu'on éprouve lorsque l'on est conscient d'avoir produit et offert de bonnes choses pour les générations qui suivent. Cela permet aux anciens, grâce au bilan positif des affects donnés et reçus tout au long de leur vie, de se préparer plus paisiblement et de se laisser aller en douceur vers le mystère de la mort.

Voilà entre autres pourquoi j'ai choisi de donner ce titre à un livre qui présente une exploration du monde familial. Mais il y a plus : les racines et les ailes évoquent des images opposées : quoi de plus éloigné de la stabilité solide de profondes racines, qui ancrent à la terre et nourrissent des troncs puissants, que la légèreté, le dynamisme, la liberté, l'ampleur des espaces évoqués par des ailes déployées ?

Comment peut-on avoir à la fois des racines et des ailes ? Cette dialectique entre l'appartenance, l'assurance qu'on éprouve à l'intérieur d'un monde familier et protecteur, et la séparation qui nécessite des mouvements d'éloignement, avec le renoncement à la sécurité du " dedans ", caractérise une grande partie de toute expérience individuelle et familiale. Cette dialectique se retrouve à plusieurs niveaux :

entre le besoin d'identification d'une part, qui permet de reconnaître en soi-même avec plaisir des caractéristiques personnelles - physiques, affectives, comportementales, éthiques - qui sont également le patrimoine de ses parents, de ses frères et soeurs, et d'autre part le besoin d'individuation, celui de se percevoir comme un être différent, unique, original, non reproductible;

entre l'envie de protéger les petits en les gardant tout près de soi, et le devoir de les pousser à s'en aller, en affrontant l'anxiété produite, aussi bien chez les enfants que chez les parents, par les risques inévitables que l'éloignement entraîne;

entre des sentiments d'amour et de tendresse et des sentiments opposés de colère, de refus, de mise à distance voire de haine, susceptibles de colorer toute relation interpersonnelle significative;

entre des genres sexuels différents, puisque toute famille naît de la rencontre d'un homme et d'une femme, et grâce à la différence qui les rend complémentaires;

entre des lignages distincts, puisque la femme et l'homme qui s'unissent proviennent de contextes d'appartenance et de cultures familiales plus ou moins différentes;

entre générations - personnes âgées, adultes, jeunes gens, enfants - unies par un invisible lien de loyauté qui traverse le temps, mais ayant également des exigences différentes, souvent en conflit entre elles.

C'est précisément cette dialectique entre des élans, des sentiments, des besoins opposés qui rend utopique l'idée que la famille puisse constituer le lieu de l'harmonie constante et de la pleine satisfaction pour tous ses membres. De façon plus réaliste, la famille est le lieu où des personnes, en partie unies par des liens de sang, en partie liées par des sentiments intenses même s'ils sont contradictoires, en partie rapprochées par des choix de vie partagés, essaient de croître ensemble, en affrontant les défis et les risques que toute croissance entraîne. Mais c'est aussi le lieu où des lacérations dramatiques, des violences cachées, de subtiles culpabilisations, des refus radicaux, d'amères déceptions, des solitudes désespérantes, des manipulations réciproques, de tumultueux courants de sentiments négatifs peuvent se produire parmi les individus qui l'habitent.

Finalement, une dernière raison m'a fait voir l'image des racines et des ailes comme une métaphore possible d'une expérience familiale réussie. Une famille, même si n'y vivent que deux générations - un couple de parents avec leurs enfants - ne peut pas exister et ne peut pas être comprise à fond si l'on fait abstraction des familles dans lesquelles les deux parents ont trouvé leur origine et ont appris à vivre : les familles des grands-parents. Le regard posé sur une famille doit embrasser au moins trois générations. J'aime voir les parents de la famille actuelle comme le tronc qui, dans le présent, relie le passé, les racines de la famille - les grands-parents - aux ailes qui prennent l'envol vers l'avenir - les enfants. Ce sont les parents qui assurent la continuité de l'histoire familiale et en même temps en rendent possible la croissance, en inscrivant les nouvelles générations, porteuses d'évolution, dans le sillon de la tradition affective tracé par les générations précédentes.

Dans les pages qui suivent, j'exposerai ce que j'ai appris grâce à mes expériences familiales - dans ma famille d'origine et dans ma famille actuelle - et grâce aux connaissances acquises par l'étude et la recherche, par les rencontres que j'ai eues au sein de mon activité de psychothérapeute, avec des gens qui vivaient leur appartenance familiale de mille manières différentes.

Mais je ne prétends pas que mon discours sur la famille soit exhaustif, valable en absolu et applicable à toute réalité familiale existante.

Toute observation et toute description d'une réalité - à plus forte raison lorsqu'il s'agit d'une réalité formée par des personnes et des relations entre des personnes - s'imprègnent inévitablement de la subjectivité de celui qui observe et décrit. Les sciences sociales nous expliquent que l'intervention même de l'observateur, aussi discrète soit-elle, modifie la réalité. Je suis donc conscient que ma lecture est filtrée et influencée par mon affectivité, par mon histoire personnelle, par mes expériences, par mon idéologie, par ma propre manière d'interpréter la réalité que j'observe et dans laquelle je vis.

Par ailleurs, parler de famille ( ou de personne, de groupe, d'homme, de femme ...) implique une abstraction et une réduction. Il n'existe pas un seul modèle de famille qui contienne en soi toutes les caractéristiques de cette entité que nous nommons « famille ». Il existe des centaines de millions de familles, chacune d'entre elles ayant des aspects qui la rendent semblable à beaucoup d'autres, mais aussi qui la différencient et en font une réalité unique. S'il est nécessaire à toutes les sciences qui étudient le comportement humain de faire des généralisations, pour décrire des classes de phénomènes et d'individus qui font l'objet de l'observation, il est également fondamental de ne jamais oublier que la réalité est toujours infiniment plus variée et complexe que la description la plus minutieuse qu'on puisse en tracer.

Aussi, je souhaite que chaque lecteur considère ce texte non pas comme un guide ni comme un manuel pour connaître la réalité de la famille, mais plutôt comme un stimulus à la réflexion et à la confrontation; s'il le désire, il peut l'utiliser pour mieux comprendre son expérience familiale personnelle.

Giovanni Abignente
Mars 2002



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Les racines et les ailes

Le dos du livre

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Les racines et les ailes

Pour stimuler votre intérêt

Je vous propose quelques pages du livre. ( pages 200 à 206 y/c. )


LA CRISE COMME SIGNE DE NORMALITÉ.

Les difficultés inévitables liées à l'adolescence seront affrontées avec plus de sérénité et d'efficacité si les parents réussissent à considérer les comportements peu agréables de leurs adolescents pour ce qu'ils sont, à savoir les manifestations presque toujours normales d'une phase de croissance. S'ils se réfèrent à leur propre vécu d'adolescents - aidés en cela peut-être par le témoignage de leurs parents - ils réussiront mieux à voir dans la façon d'être de leurs ados les signes d'une crise évolutive normale. En effet, derrière un comportement de rupture à première vue étrange, inexplicable, l'adolescent exprime presque toujours la tentative de satisfaire un désir nouveau, né de sa maturation.

Ainsi, s'opposer aux parents en toutes choses, refuser d'entendre leurs demandes, contester leurs décisions, remettre en question leurs choix idéologiques ( politiques, moraux, religieux ) jusqu'à les dénigrer et les ridiculiser, rechercher et affirmer des convictions différentes, tout cela exprime le besoin de se différencier et d'affirmer sa propre identité par rapport à ceux qui, jusqu'alors, constituaient la référence, le modèle à suivre.

Se lier aux amis avec une dévotion quasi absolue, sortir souvent avec eux, leur téléphoner ou « chatter » interminablement avec eux, attribuer une importance énorme aux opinions du groupe des pairs, adhérer avec fidélité à ses valeurs et à ses règles, suivre de façon exaltée les mythes partagés par les jeunes ( courants musicaux, chanteurs, acteurs, lieux de retrouvailles, rituels des loisirs, activités sportives ... ), tous ces comportements signent l'exigence vécue de l'intérieur de se distancer de la famille, en réservant son intérêt, son temps et ses énergies à tout ce qui peut se dérouler en dehors de celle-ci.

Le refus des conseils et des goûts parentaux quant à la façon de s'habiller et au look, le refus de leurs préoccupations pour la santé, l'hygiène, l'alimentation, la tentative d'échapper à leur contrôle pour tout ce qui concerne les comportements liés à la sexualité, sont autant d'attitudes par lesquelles l'adolescent cherche à dégager son propre corps de la prise en charge parentale - propre à l'enfance - afin d'en assumer la responsabilité autonome.

Le fait de cacher soigneusement ses effets personnels, de s'enfermer à clé, de revendiquer âprement le droit au désordre de sa chambre, traduit l'exigence de protéger son territoire propre, réel ou symbolique, l'adolescence familiale des invasions extérieures même si elles sont le fait de personnes chères.

De même refuser grossièrement l'aide, les conseils, la sagesse des adultes, avec parfois la conscience de commettre des erreurs manifestes, est une manière d'affirmer et d'éprouver son autonomie de choix et d'action, une façon de dire son désir de chercher des solutions originales et différentes aux problèmes plutôt que de mettre ses pas dans ceux de la génération précédente.

S'enfermer en soi-même, être introverti, se taire, ne pas partager ses expériences personnelles petites ou grandes, aussi futiles ou significatives soient-elles, taire ses sentiments, tenter de masquer ses états d'âme sont autant de façons plus ou moins conscientes d'affirmer et d'accroître sa propre autonomie émotionnelle, c'est-à-dire sa capacité de vivre ses émotions sans devoir nécessairement recourir au soutien d'autrui.

Vues sous cet angle, la plupart des manifestations propres aux adolescents perdent leur aspect préoccupant même si, à certains moments, il peut s'avérer difficile pour les parents de les affronter et de les gérer; elles prennent valeur de signes, témoins de croissance et de maturation. Au fond, si on y réfléchit, la construction d'une identité propre, l'autonomie, l'aptitude à prendre soin de soi-même et à rechercher son bien-être personnel, la protection de son intimité, le désir de gérer personnellement ses émotions en dehors d'une recherche constante d'étayage, le désir et le courage d'expérimenter du neuf plutôt que de s'arrêter toujours, automatiquement, à une situation déjà connue et par là rassurante, toutes ces dimensions ne sont-elles pas celles de la personnalité mature et riche qui devrait caractériser l'adulte ?

Ce qui perturbe passablement les parents confrontés aux nouveaux comportements de leurs adolescents est la façon exagérée dont ils les expriment.

Pères et mères s'interrogent souvent : pourquoi doit-il crier si fort pour dire non, barrer l'accès à sa chambre et à ses affaires, s'enfermer dans un mutisme aussi obstiné, passer tant de temps devant l'ordinateur, penser toujours le contraire de ce que je pense moi, rentrer aussi tard à la maison le samedi soir, écouter sa musique à un tel volume, se maquiller de façon aussi voyante, en faire toujours à sa tête et ainsi de suite.

Le caractère excessif des comportements et des attitudes des adolescents peut parfois être signe d'un malaise ou d'une difficulté particulière. Cependant, dans la majeure partie des cas, il s'explique par l'état d'ambivalence et de conflit intérieur que ceux-ci ont à vivre en cette phase de leur développement. Devenir grands est ressenti comme une conquête de taille, mais le fait de devoir devenir grands peut susciter en eux des angoisses face au futur; ils craindront peut-être de ne pas y parvenir, ils auront l'impression de ne pas disposer de suffisamment d'énergie et de compétences pour affronter les responsabilités de la vie adulte. Ils peuvent vivre qu'ils ne sont pas prêts à faire le pas. Face à ces angoisses, la tentation peut être de regarder en arrière pour se réfugier dans un passé plus rassurant fait de protection et de prise en charge familiales, d'absence de responsabilité, de routine tranquille à l'intérieur de la maison; en un mot, se réfugier dans l'enfance. Le conflit intérieur naît du fait que chacune de ces perspectives - devenir grand/rester petit - présente des avantages et des inconvénients. Rester petit signifie éviter les angoisses et les préoccupations de la vie adulte, mais comporte aussi le renoncement à tous ses privilèges et à ses possibilités excitantes. Grandir signifie avoir accès à ce monde enthousiasmant, mais aussi perdre la chaude sécurité de la dépendance. C'est de ce dilemme que naissent souvent les exagérations des adolescents. La nature veut que, bon gré mal gré, on aille de l'avant. La croissance est un processus irréversible. Alors, pour réussir à avancer au moment où la tentation de revenir en arrière se fait plus forte, ces derniers doivent se donner un coup de fouet, c'est-à-dire accélérer ou amplifier des façons d'être qui permettent de se détacher et de se séparer du passé.

Une image métaphorique rend bien l'idée de cette poussée que l'adolescent doit se donner pour pouvoir grandir si l'on doit rejoindre un point déterminé dans l'espace, on emploiera une quantité déterminée d'énergie physique pour se mettre en mouvement et marcher vers le but à atteindre. Cependant, si l'on est retenu par un grand élastique, atteindre l'objectif réclamera une plus grande quantité d'énergie puisqu'il faudra vaincre la force opposée par la traction du ressort. Les séductions de la dépendance infantile représentent chez un certain nombre d'ados le grand élastique qui retient. Les comportements excessifs, l'emphase qu'ils mettent à affirmer leur différence, à se dire autonomes, le parti qu'ils prennent de jouer les durs, parfois jusqu'à la parodie, représentent l'énergie supplémentaire nécessaire pour atteindre cet objectif qu'est l'âge adulte (4) .

Ces expériences de l'adolescence offrent une matière inépuisable à l'inspiration des écrivains, poètes, musiciens, metteurs en scène et artistes divers. J'ai plaisir à rapporter ici quelques vers d'une chanson récente de E. Guccini (5) . Sous la forme d'un message adressé par un père à sa fille, ce texte saisit et décrit avec délicatesse et profondeur le dépaysement personnel et relationnel d'une jeune fille aux prises avec le devoir de devenir grande et celui de ses parents.

« ... Et un jour tu vas par le chemin et tout à coup tu comprends
Que tu n'es pas la même que celle qui s'en allait le matin à l'école,
Que le monde, là-dehors, t'attend et toi, tu t'y abandonnes presque
Comprenant que battement après battement c'est l'âge qui s'envole.
Et ton père te semble plus vieux
Et chaque jour se fait plus lointain,
Ne te raconte plus de conte et désormais ne te prend plus par la main.

Il semble qu'il ne comprenne pas tes songes
Toujours tendus entre espoir et réalité
Et suspendus entre des désirs alternés de partir et de rester.
...

Et ta mère lointaine et présente
Sur tes songes a à faire et à dire
Mais il se peut qu'elle n'arrive pas à savoir quels songes gèrer.
...

Puis un jour, dans un livre ou dans un bar, tout deviendra clair,
Tu comprendras que d'autres se sont fait les mêmes questions,
Qu'il n'est pas que la douceur qui t'attende, mais beaucoup d'amour
Et que devenir grande se paie d'un prix salé.
Tes disques, tes posters seront pour toujours oubliés
Tu laisseras, en souriant, s'éteindre des mythes heureux
Comme des jouets de petite fille, lointains et poussiéreux,
Tu trouveras de nouveaux chemins, d'autres buts et tu te feras de nouveaux amis. »

LES RESSOURCES.

Le futur et le passé comme ressource

La tendance naturelle des ados à se tourner vers le futur, même si elle est conflictuelle, est une des principales ressources sur laquelle la famille peut s'appuyer dans cette phase de sa croissance. En se projetant dans l'avenir, les adolescents doivent pouvoir utiliser leur créativité, leur besoin d'originalité, celui de se démarquer du passé ; ils doivent pouvoir faire usage d'une énergie constructive, surgissant de leur besoin de remettre en question ce qui est donné pour acquis, absolu et immuable par la génération qui les a précédés (6) . Les propositions de nouveauté qu'apportent les adolescents, même s'ils le font souvent de façon incohérente, confuse, velléitaire ou explosive, peuvent constituer un excellent stimulus; ils empêchent la famille de se fixer dans des positions de statu quo, commodes et rassurantes certes, mais rigides et étouffantes au point d'entraver l'évolution de ses membres.

Le futur et le nouveau comme ressource donc. Toutefois et de façon complémentaire, le passé familial peut, lui aussi, se révéler un excellent soutien à la transformation et à la croissance. Le vécu positif d'appartenance à un groupe lié par une histoire commune et par un tissu de relations positives, la confiance en soi créée et alimentée par cette appartenance, le fait d'avoir pu éprouver la disponibilité et la loyauté de personnes chères toujours fiables, tout cela offre une base de sécurité au moment où l'accélération des changements propres à l'adolescence est susceptible de générer un stress et des tensions inconnues jusque là.

Les parents qui ont à affronter les diverses manifestations de la crise d'adolescence puiseront une ressource supplémentaire dans un retour à leur propre adolescence pour y retrouver les sensations, les états d'âme et les souvenirs qui y sont accolés. Ce saut dans le passé peut contribuer à susciter leur empathie pour le vécu émotionnel de leurs enfants; il peut rendre plus compréhensibles et moins irritants certains de leurs comportements ; il peut les ouvrir à un dialogue fondé sur le partage plutôt que de s'obstiner dans des heurts basés sur la critique réciproque.

Puissent donc les parents se souvenir du sentiment de solitude éprouvé lorsque leurs propres parents jugeaient sans comprendre ; du bouleversement lié au deuil d'un rêve d'amour impossible; des tâtonnements, expériences et inquiétudes liées à leur sexualité ; du découragement face à un échec scolaire répété ; du tumulte physique et émotif causé par un premier béguin ; de l'excitation au moment de la première rencontre avec l'amie ou l'ami de coeur; du véritable désespoir, auquel père et mère réagissaient peut-être avec sarcasme et irritation, devant le retour des vilains boutons la veille d'une fête avec des amis. Puissent-ils se souvenir de l'inexplicable euphorie qui les prenait à certains moments, de la peur face à un devoir ou une interrogation; du désir irrépressible de faire une chose déterminée, jugée comme absolument indispensable ; de l'impression d'avoir subi un tort considérable sans que personne ne s'en soit rendu compte; du sentiment d'ennui et d'inutilité dont certains jours sont pleins; de la rage bouillante éprouvée devant un interdit injustifié ... sans pour autant superposer indûment le vécu et les désirs des adolescents d'hier et d'aujourd'hui.

Lorsque le parent utilise de la sorte sa capacité de remémoration et d'empathie avec le vécu de l'adolescent, ils pourront peut-être mieux, ensemble, se dégager d'impasses relationnelles et trouver de nouvelles voies pour affronter un problème actuel. Cette démarche présente un autre bénéfice : celui d'aider le parent à dénouer un noeud de son propre passé lointain. Revivre dans un souvenir, suscité par un vécu analogue de l'adolescent, une émotion ou une tension éprouvée jadis, mais le revivre avec les outils de compréhension de la maturité, peut avoir un effet libératoire.

notes.

(4). Naturellement, il se peut aussi que des comportements excessifs débordent le champ des manifestations normales de la croissance et constituent des signes d'un trouble important. Par la rapidité de ses changements spécifiques, tant personnels que relationnels, l'adolescence est certainement l'âge de la vie où le repérage de la frontière entre le normal et le pathologique s'avère le plus délicat à apprécier, parfois pour des professionnels chevronnés eux-mêmes. Ainsi, pour ce qui concerne le point qui nous occupe - les comportements adolescents excessifs - il faut tenir compte de leur intensité relative ( dans quelle mesure ils sont plus marqués que ceux que l'on observe chez d'autres adolescents ), de leur consistance dans le temps ( combien de temps durent-ils, quelle est leur fréquence ), de leur aspect invasif ( combien de fois se répètent-ils dans diverses situations et conditions données ) et, par-dessus tout, de leur qualité ( en quoi sont-ils destructeurs et auto-destructeurs ). Ainsi, par exemple, le fait de ne pas respecter l'heure de rentrée à la maison ou de dissimuler un échec scolaire peut constituer une transgression banale liée à la satisfaction et au besoin de s'opposer et de se différencier des parents; poser un acte criminel ou s'adonner à l'alcool ou à l'héroïne sont, sans conteste, des transgressions qui, de par leur portée destructrice, ne peuvent plus être considérées comme de simples manifestations d'une évolution normale. Ou encore si, contre l'avis de ses parents, une jeune fille décide de suivre un régime amaigrissant, elle peut vouloir affirmer son droit de s'occuper elle-même de son corps ; par contre, si elle réduit drastiquement son alimentation au point de devenir anorexique, il s'agit là d'un comportement excessif qui ne peut pas ne pas alerter sa famille. Par ailleurs, la plupart des comportements adolescents ouvertement pathologiques et destructeurs traduisent certes une difficulté à affronter le changement, mais cette difficulté peut n'être pas seulement celle de l'adolescent, mais aussi celle de son système familial.

(5). « E un giorno », tiré de l'album « Stagioni », paroles et musique de Francesco Guccini, 1999.

(6). De nos jours, la créativité et l'originalité des adolescents et des jeunes sont passablement attaquées par la pression martelante du conformisme consumériste propagé par les mass media : en effet, la nature des adolescents comporte une tendance à adhérer de façon conformiste aux propositions du groupe des pairs mais hélas, les modèles proposés à ce groupe sont puissamment imposés par les adultes, conformément aux exigences de la production et du marché. Il en résulte une massification des comportements et des attitudes qui finissent par être assimilés à ceux des adultes, entraînant la destruction de toute originalité juvénile. Que l'on pense simplement, à titre d'exemple, aux propositions incessantes de vêtements et d'accessoires griffés ou à la diffusion des téléphones cellulaires dès le plus jeune âge.


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Les racines et les ailes

Une dédicace du livre

Le 31 mai 2005, j'offre au docteur De Saedeleer, mon webmaster bénévole, fourmi persévérante et créative le livre sur lequel il a bien travaillé et j'écris la dédicace suivante :

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Les racines et les ailes

Sommaire

Préface

Introduction

Première partie. La famille aujourd'hui

Chapitre 1. Transformations : les changements de la famille
Chapitre 2. A quoi ça sert ? : les fonctions de la famille
Chapitre 3. La géographie familiale : distances, territoires, frontières
Chapitre 4. L'organisation familiale : les règles et les rôles
Chapitre 5. La communication familiale : paroles et silences

Deuxième partie. Le cycle de vie de la famille

Chapitre 6. La croissance de la famille : les phases du développement
Chapitre 7. Rencontre et passion amoureuse : la naissance du couple
Chapitre 8. Vivre à deux : la naissance de la famille
Chapitre 9. Les enfants : la famille avec enfants
Chapitre 10. Passage : l'adolescence familiale
Chapitre 11. Entre partir et rester : la famille avec de jeunes adultes
Chapitre 12. Grands-parents : le couple âgé

Troisième partie. Autres parcours de la famille

Chapitre 13. Après le divorce : la famille séparée
Chapitre 14. Refaire une famille : la famille reconstituée
Chapitre 15. L'enfant venu du dehors : la famille adoptive

Postface. Allers et retours entre les racines et les ailes

Bibliographie


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Les racines et les ailes

la table des matières du livre

Préface

Sommaire

Introduction

Première partie. La famille aujourd'hui

Chapitre 1. Transformations : les changements de la famille

La famille qui tient bon
La famille qui change
Unis pour acheter: la famille, unité de consommation
Ensemble, mais peu nombreux : la famille nucléaire
De moins en moins unis, de plus en plus en dispute,
     de plus en plus fréquents : séparation, divorce, nouvelles familles
Ensemble, mais libres : le couple et la famille de fait
Ensemble mais différents : la famille multiethnique
Un parent seul, un seul parent
Mères-épouses-travailleuses
Les nouveaux pères
Le monde rentre à la maison: la famille ouverte à l'extérieur
Tous ensemble pour longtemps : la famille durable
Deux générations très (trop ?) rapprochées
La séduction de l'adolescence et l'angoisse de la maturité

Chapitre 2. A quoi ça sert ? : les fonctions de la famille

La continuation de l'espèce : les soins et l'éducation
Ce à quoi l'institution ne parvient pas : remplir des carences
Le bien-être psychologique
Etre comme les autres, être différent des autres : appartenance et individuation
Prévenir le préjugé et l'intolérance
Le dedans et le dehors: la famille à deux faces
Et pour les adultes ?

Chapitre 3. La géographie familiale : distances, territoires, frontières

Une famille qui fonctionne bien
Etre bien ensemble : la cohésion familiale
Trop proches, trop distants : enchevêtrement et désengagement
La distance adéquate : les frontières familiales
Les frontières se modifient avec le temps

Chapitre 4. L'organisation familiale : les règles et les rôles

Les règles
La clarté des règles
La signification des règles
Le respect des règles et la cohérence
La souplesse et la disponibilité au changement
Les rôles
Les rôles au sein de la famille
Les rôles joués pour la famille
Les rôles joués en société
Les rôles et le bon fonctionnement familial
L'accord sur la façon de concevoir les différents rôles
L'habileté à jouer divers rôles
La complémentarité des rôles
La clarté des rôles

Chapitre 5. La communication familiale : paroles et silences

Deux axiomes de la communication
En famille
Savoir communiquer
Le double niveau
Assumer la responsabilité de la communication

Deuxième partie. Le cycle de vie de la famille

Chapitre 6. La croissance de la famille : les phases du développement

La famille qui grandit
D'autres expériences
Ressources, tâches et embûches de la famille

Chapitre 7. Rencontre et passion amoureuse : la naissance du couple

Un début important
Les ressources
L'énergie de la jeunesse
L'héritage du passé
Les tâches
Maturité et autonomie personnelles
La valise à préparer
De la passion à l'amour
Apprendre à communiquer
Les embûches
La difficulté de partir
Le couple comme fuite

Chapitre 8. Vivre à deux : la naissance de la famille

Un lien stable
La participation des familles
Un rituel significatif
Les ressources
Une condition nouvelle
Le bagage d'expériences
Les tâches
L'équilibre entre la protection et l'ouverture
La découverte de l'autre
Individualité et diversité
Apprendre à négocier
Partager les sentiments
La division des rôles
La divergence et le conflit
Les embûches
La dépendance non résolue
Les frontières
Des conflits dangereux
La passivité et l'habitude

Chapitre 9. Les enfants : la famille avec enfants

Une présence nouvelle
Les ressources
La solidité du couple
Le désir d'enfant
Les modèles de parentalité appris
Le soutien familial et social
Les tâches
L'élargissement des espaces
Apprendre à prendre soin
De nouveaux canaux de communication
La construction de la sécurité de base
Lorsque la famille s'agrandit
Pas seulement parents
La naissance des grands-parents
Le changement continu
Les enfants ne sont pas seuls à grandir
Les embûches
L'enfant sauveteur
L'enfant geôlier
L'enfant miroir magique
L'enfant clone
Les parents parfaits
Trop ou trop peu parents
L'enfant otage dans le conflit
Ne pas voir le changement
L'invasion des familles

Chapitre 10. Passage : l'adolescence familiale

Une période de calme plat
Menace de bourrasque
La crise comme signe de normalité
Les ressources
Le futur et le passé comme ressource
Pas seulement dans la famille
Les tâches
Accepter l'ambivalence
La famille pont
La modification des frontières
Rôle et responsabilités
Un modèle encore important
Il n'y a pas que les parents
Les devoirs des grands-parents
Les embûches

La peur du changement
L'angoisse de la séparation
L'annulation des distances
Autres temps, autres personnes
La triangulation
L'adolescent super-parent

Chapitre 11. Entre partir et rester : la famille avec de jeunes adultes

Une adolescence prolongée
Une phase longue
Les ressources
La confiance en soi
Expérimenter l'état adulte
Autonomie des parents et modèles positifs
Intimité et distance : le modèle familial
Les tâches
Croissance et détachement
Nouveaux rôles, autres frontières
Nouveaux investissements
Détachement et perte
Les embûches
Incapacité ou refus de l'élaboration de la perte
Crises du couple
Le manque de confiance en soi des jeunes
Départ précoce
Chapitre 12. Grands-parents : le couple âgé

Une nouvelle condition
Le troisième âge ou les jeunes anciens
Le quatrième âge ou les très âgés
Le retour des enfants
Les ressources
La qualité des liens
Bilans, projets, liberté
Les tâches
Un nouvel équilibre
Une nouvelle façon d'être parents
Vivre la vieillesse
Vivre la mort
Les embûches
Une séparation incomplète
Involution/Évolution
Refus de la réalité

Troisième partie. Autres parcours de la famille

Chapitre 13. Après le divorce : la famille séparée

La séparation : un long processus
Les enfants
Conjoints et parents : deux rôles distincts
L'enfant comme soutien
Différentes façons d'être des parents séparés
Séparation et familles d'origine

Chapitre 14. Refaire une famille : la famille reconstituée

Sentiments
Histoires et modèles familiaux
Territoires et frontières
Râles
Règles
Communication
Un projet absorbant

Chapitre 15. L'enfant venu du dehors : la famille adoptive

L'impossibilité de procréer
Le double manque
Appartenance et individuation
Fantasmes
La crise de l'adolescence
Autres embûches
Par-delà la famille

Postface. Allers et retours entre les racines et les ailes

L'espace
Le temps
Famille saine et formation


Bibliographie

Table des matières


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Fin du dossier























































































































































































Les racines et les ailes

Bibliographie du livre
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le texte intégral de la préface du livre par J.-Y. Hayez.

Voici un beau livre, dans lequel beaucoup se reconnaîtront. C'est un hymne à la vie qui fait son chemin et à l'espérance. C'est aussi une sorte d'hommage à la majorité silencieuse des familles, à celles qui ne sont caractérisées ni par la violence ni par l'inceste, pas plus que par les fugues incessantes de la fille aînée, l'alcoolisme de la mère ou l'homosexualité du père.

Existent-elles encore, ces familles sans problèmes affectifs majeurs, où l'on peut goûter le bonheur de se sentir bien ensemble tout en reconnaissant la liberté d'être de chacun ? Oui, bien davantage que ne le met en scène l'univers dramatisant des médias, et le livre Les racines et les ailes l'illustre joliment.

Ces familles sont là, bien présentes et fortes en ce début de XXIe siècle : les descriptions et discussions de Giovanni Abignente n'ont rien de désuet. Il part de la constatation que: « malgré des crises récurrentes, malgré les attaques dont elle a été l'objet, malgré ses limites soulignées sans pitié, la famille " tient bon " ... » étant bien entendu que: « comme tout organisme vivant, la famille change pour survivre en s'adaptant aux transformations du milieu culturel pour pouvoir continuer à en faire partie ...

Et d'intégrer alors, dans la description de ces familles qui restent majoritaires à aller suffisamment bien (1) des composantes contemporaines comme : l'union libre, les disputes et séparations des adultes la monoparentalité ou la reconstitution familiale, le statut toujours plus complexe des femmes ( épouses, mères, travailleuses à l'extérieur ... et au foyer ), la grande longévité de la famille, le départ tardif des jeunes adultes vers leur vie autonome, etc.

Toutes passées au goût du jour qu'elles soient, les familles vivantes au coeur de ce texte ont et se reconnaissent des racines spirituelles et amènent chacun de leurs membres à déployer ses ailes. Chacun, et notamment la jeune génération: lorsque la famille fonctionne bien, celle-la s'en trouve invitée de l'intérieur à aller les déployer dans de nouveaux lieux de vie qu'elle conquiert, ces ailes à la fois personnelles et colorées de façon indélébile par les racines qui les ont nourries.

La démarche de Giovanni Abignente est constamment double : il décrit et il invite.

Il décrit ce qui se passe dans les familles, tout au long du cycle de vie, en distinguant quelques grands moments dans les étapes de leur développement. Il le fait avec des mots simples, les mots de tous les jours auxquels recourent naturellement les plus grands auteurs, ceux qui savent avouer leur ignorance à l'occasion, et n'ont pas besoin de jeter un brouillard de théorisations abstraites entre les lecteurs et leur propre narcissisme. Il raconte, partageant tranquillement son expérience de vie et son savoir, et il raconte très bien. On voit s'animer sous nos yeux, avec la saveur du vécu, la douceur des moments passés avec les enfants jeunes, l'impertinence des adolescents, les allers-retours des jeunes adultes quand il faut partir pour de bon, la tristesse des anciens qui se sentent inutiles, etc.

L'auteur prend son temps pour illustrer et nous faire goûter ces mille expériences jamais anodines dont est tissé le quotidien. Il est dans son livre comme je l'ai connu dans la vie : « suçant toute la moelle secrète » de celle-ci, un des thèmes fondamentaux du film Le cercle des poètes disparus ( P. Weir, 1992 ) sans doute « pour ne pas s'éveiller au seuil de sa vieillesse et découvrir qu'on n'avait pas vécu ». Giovanni Abignente aimait vivre et regardait avec une curiosité futée et bienveillante les événements humains dont il était témoin; il aimait parler pour le plaisir de la communication, autour d'un espresso bien tassé comme il se doit, avec sa famille, ses amis, ses collègues ; il n'était pas fait pour les US entreprises obsédées par le rendement quantitatif maximal, coach à l'appui. Cette ambiance est très perceptible dans son livre. Que de fois ne nous sentons-nous pas conviés à nous imprégner d'un tableau impressionniste ?

les trésors expérientiels des anciens et vivre la piété filiale - pour les plus jeunes -; accepter la différence de ceux qui nous succèdent, accepter de leur laisser la place et de décroître soi- même - pour les aînés -; communiquer, communiquer beaucoup et clairement, négocier, se faire des concessions, renoncer au rêve de l'Autre idéal; faire preuve d'une saine autorité quand il le faut - pour les aînés - et, lorsque le dialogue ne suffit pas, imposer des règles qui garantissent une convivialité suffisamment bonne ; ne pas refuser non plus de jouer les rôles que le cours naturel du développement assigne aux différents âges de la vie: rôle parental, conjugal, fraternel, rôle de l'enfant, tous rôles souples et complémentaires qui évitent les extrêmes dommageables de la parentification rigide de l'enfant ou de la confusion incestuelle.

Je vous l'avoue, ça m'a fait du bien de lire un de ces textes où l'auteur ose encore poser des repères. Notre société occidentale s'est trop laissé aller à la facilité; elle prône trop comme valeur ultime la réalisation du désir personnel, dont l'objet est souvent matériel, de l'ordre de la consommation. « You like it ? Just do it », dit-on si souvent autour de nous. Et s'éclater, ou en tout cas agir chacun pour son propre compte comme il l'entend, c'est censé conduire ... mais au fond, conduire à quoi ?

En contrepoint, voici un texte où l'on affirme, gentiment mais clairement, que tout et son contraire ne sont pas équivalents, que certaines attitudes conduisent davantage que d'autres à la joie de se sentir pleinement humain et à la capacité pour chacun de réaliser un optimum du potentiel original dont il est porte un

Présenter le coeur du livre de la sorte, c'est dire que Giovanni Abignente recommande en douce certaines attitudes familiales parce qu'elles sont au service de valeurs précieuses à ses yeux.

Valeurs ? Le terme, plus complexe qu'il ne paraît, peut désigner une sorte de consigne intérieure à laquelle on adhère profondément ( à la différence d'une règle, à laquelle il est prudent d'obéir, mais en quoi on ne croit pas nécessairement ) : à la suivre, on atteint ce que l'on croit être une qualité d'être supérieure. En même temps, on a l'intuition que cet état meilleur a une dimension idéale et donc qu'il ne sera jamais vécu pleinement que transitoirement, pour être plus ou moins vite perdu, puis cherché à nouveau ... « Etre juste a de la valeur à mes yeux » : je vais donc m'astreindre, sans rechigner, à des comportements parfois coûteux en énergie, en conflit avec d'autres tendances en moi, qui concourent à ce que j'exprime mon désir de justice. Et quand je le ferai, je me sentirai heureux, congruent avec mes aspirations profondes, je me sentirai un type bien, sans que personne ne m'ait soufflé à l'oreille en quoi ça devrait consister. Mais hélas, je sais aussi que je ne demeurerai pas éternellement « au top de la justice » : je suis divisé de l'intérieur et d'autres voix en mot m'attireront paffois ailleurs; il me faudra donc me battre avec moi-même pour correspondre à mes valeurs.

Ainsi définies, quelles sont les valeurs qui sous-tendent le livre ? Giovanni Abignente n'en fait pas une recension synthétique et théorique. Il ne se pose probablement même pas la question de l'intérêt d'une telle recension. Il faut vagabonder dans son livre, se laisser aller et scruter à la fois et finalement les découvrir par petits bouquets, comme des fleurs des bois bien cachées parmi ses descriptions concrètes.
En voici quelques-unes que j'ai cru repérer, sans prétendre être exhaustif :

apprécier ce que la vie apporte, tant les petits plaisirs du quotidien que les joies liées aux relations affectives;

pour chacun, avoir confiance en ce qu'il est unique; se donner le droit de se différencier, de trouver sa rime originale et de la réaliser ( pour faire une autre allusion au Cercle des poètes disparus ).

Ce n'est pourtant pas la même ambiance que le « You like it ? Just do it » déjà évoqué. Les ailes qui se déploient dans le livre ne sont pas principalement matérialistes ni égocentriques. Elles sont fondamentalement marquées du sceau de la convivialité;

avoir confiance dans l'aventure de la vie, dans l'évolution, dans le changement qui surprend jusqu'à la mort : rien n'est jamais définitivement terminé; la scène familiale bouge sans cesse, il ne saurait y avoir un modèle unique de référence, et ce n'est évidemment pas un hasard si l'auteur s'attarde avec tendresse et amusement sur l'adolescence, moment inégalable de crise de création;

investir la sociabilité et la convivialité, la famille élargie constituant le lieu par excellence où elles peuvent s'exercent. Mais il ne s'agit pas d'une sociabilité mièvre : le conflit, affirmé et négocié, est d'une grande importance positive. La famille, rappelle l'auteur, c'est le lieu où des gens essaient de croître ensemble en affrontant les défis que toute croissance entraîne ; c'est un lieu d'affrontements, d'expériences et de sentiments négatifs dont il faut faire quelque chose de viable.

Au lecteur de découvrir bien d'autres valeurs proposées, en conservant néanmoins la liberté d'être lui-même. Il la goûtera, car il devinera bien que, pour témoigner de ce qui est important pour lui, Giovanni Abignente n'est néanmoins pas directif. Il propose une colonne vertébrale intéressante pour le développement de la famille, mais ne va pas au-delà : il ne dit pas avec quelle chair chacun et chaque famille peuvent l'habiller.

Il ne prétend pas qu'il sait; il ne se prend ni pour Dieu, ni pour l'incarnation de la Raison et se limite à témoigner paisiblement de son expérience. Ce n'est donc pas dans son texte que l'on trouvera de sévères prédictions psychopathologisantes qui enverraient à l'enfer du déséquilibre mental tous ceux qui s'écarteraient de ses vues.

En lisant Les racines et les ailes, je me suis senti apaisé et conforté dans ma confiance en la vie. En plus, ce n'est pas un livre ardu ni ennuyeux à lire : les valeurs de l'auteur imprègnent également son écriture et le désir de bien communiquer avec ses lecteurs est omniprésent. Le texte est clair, accessible, sans jargon : un désir d'être bien compris, fondamental chez l'auteur et opérant en miroir de son désir de bien comprendre les autres, l'amène à reprendre ses idées, avec des mots un peu différents ; j'ai déjà fait référence à ce propos à la musicalité du Boléro de Ravel. C'est un livre qu'il faut siroter et savourer et ne pas vouloir expédier comme du fast food. Alors, Si l'on prend le temps, on sera sensible à l'humour qui s'en dégage, à la tendresse pour l'être humain, lecteurs inclus, à l'amour pour la vie qui se distille à travers mille petits détails judicieusement perçus.

Le livre Les racines et les ailes intéressera donc les thérapeutes familiaux et tous les professionnels de la santé mentale, parce qu'il raconte très bien mais aussi et surtout parce qu'il évoque subtilement ce qui est souhaitable pour que l'on se sente bien en famille. Pas assez technique pour les thérapeutes chevronnés qui le consulteraient ? En effet, on ne trouvera pas une seule recette dans le livre. Ainsi était Giovanni Abignente dans sa vie : il ne donnait pas de conseils et ne dirigeait pas la pensée de ses vis-à-vis. Il écoutait, simplement, et pourtant il émanait de lui une référence. En repensant à l'intérêt et au plaisir que j'ai eu à le lire et au sentiment de paix qu'il m'a procuré, je ne dirais pas que le livre est trop simple, mais qu'il va au fondamental. C'est autre chose.

Mais Les racines et les ailes s'adresse aux familles elles- mêmes. Lu directement par les grands adolescents et les adultes, lu, commenté et discuté en couple ou entre générations, lu par passages à l'intention des plus jeunes lors de réunions du groupe familial.

Voici quelques utilisations possibles de l'ouvrage. Redisons- le, il rassure; pas à bon compte, pas avec des pseudo- consolations qui n'en sont pas : il dit ce que nous sommes et comment nous évoluons et suggère des pistes pour que ça se passe bien, sans nier la part des manques ni celle des conflits, et sans apporter de réponses faciles. S'efforcer d'adhérer aux valeurs que l'auteur vit et procéder aux mouvements relationnels qu'il recommande peuvent apporter beaucoup de joie à chacun et l'inviter à déployer ses ailes avec confiance.

Jean-Yves HAYEZ

Notes.

(1). Suffisamment bien ? Le grand pédiatre et psychanalyste anglais D.W. Winnicott avait dit, dans une déclaration restée célèbre, que la vraie bonne mère, celle que ses enfants et sa famille étaient en droit d'attendre, ne pouvait jamais être qu'une mère suffisamment bonne. La perfection n'est pas de ce monde trop la rêver ou trop la viser conduit régulièrement au désastre. On peut transposer cette qualification à de nombreuses réalités humaines, pour définir leur état le plus souhaitable. On doit même ajouter qu'il est impossible d'être suffisamment bien en permanence ...

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Fin du dossier























































































































































































Postface

Allers et retours entre les racines et les ailes

Pierre Fontaine (1)

Le livre que nous venons de lire traite de l'équilibre mobile entre deux pâles entre les racines et les ailes dans le fonctionnement et dans le cycle de vie d'une famille. Je voudrais discuter ces éléments.

Giovanni Abignente et moi, nous avions commencé à travailler ces thèmes ensemble, il y trente ans, quand il était jeune psychologue, boursier étranger à l'Université Catholique de Louvain. Nous avons chacun évolué séparément mais, lors d'échanges au sujet de ce livre, nous nous sommes retrouvés proches. Nous avions l'intention de nous rencontrer plus longuement pour en parler. Cette postface constitue en quelque sorte cette discussion posthume. Mais elle est publiée, donc elle est adressée en même temps aux lecteurs engagés et intéressés par la vie de leurs familles et à des professionnels qui les accompagnent. Je voudrais alors les rendre sensibles au travail de recherche et de réflexion universitaire, qui constitue l'armature de cet ouvrage contacts avec d'autres auteurs et d'autres théories, contacts et recherches avec des familles sur le terrain.

L'ouvrage (2) comprend deux grandes parties, qui décrivent les familles dans deux de leurs dimensions-clés. Une première partie ( chap. 2-5 ) dépeint les familles dans l'espace avec les notions de proximité et distance, territoires et râles, frontières et règles, moyens de communication. Une seconde partie ( chap. 6-12 ) les suit dans le temps, dans le déroulement de leur cycle de vie, de la naissance du couple au couple âgé. Dans ces deux dimensions, espace et temps, l'équilibre dynamique entre les pâles racines et ailes jouera indéfiniment. Examinons donc ce jeu spatio-temporel; nous le ferons successivement, tout en sachant que cette division est didactique et que, dans la vie, tout fonctionne ensemble.

L'ESPACE

Une des fonctions de la famille est d'être articulation et système tampon entre l'individu et la société. La famille assure la socialisation de l'individu (" Dis bonjour à Monsieur ") ç'est-à-dire son ouverture et son intégration sociales ; elle exerce donc une fonction d'ouverture. D'autre part la famille assure son individuation, son unicité qu'elle protège contre la société (" Tu as eu peu de points à l'examen, mais tu as été malade et tu as bien travaillé, je le sais ... ") : c'est sa fonction de fermeture.

Pour chaque membre de la famille, s'individuer, c'est " être soi " ; se socialiser, c'est " être avec les autres ".

" Etre soi ", l'auteur l'appelle " identité positive ", c'est " se dire et affirmer aux autres: "Moi, c'est moi; j'ai le droit d'être moi; il y a en moi des choses originales dont je suis fier" " ( v. p. 56 ) C'est voler de ses propres ailes.

" Etre avec les autres ", l'auteur l'appelle " l'appartenance à un groupe et le partage de ce qu'il vit, pense et fait " ( v. p. 58 ). C'est s'enraciner.

Si ces deux aspirations de l'être sont poussées à l'extrême, l'individuation devient isolement et l'appartenance devient fusion (3) . Ce peuvent être des réactions saines et transitoires à des situations très anormales, mais Si elles perdurent, elles s'accompagnent alors souvent de souffrance morale et de troubles des comportements.

figure 1

Pour le groupe familial dans son ensemble, ces deux aspirations existent également et se décrivent par des termes partiellement différents : la famille est vue comme individuée ou cohésive, ou aux extrêmes, comme désengagée ou enchevêtrée ( v. p. 67 ). " Une famille équilibrée occupe donc une aire moyenne entre ces deux pâles extrêmes " ( v. p. 70 ).

figure 2

L'auteur emploie des termes variés pour décrire ces pâles d'aspiration. Ainsi pour le pâle " Individuation ", il parle d'individualisation, identité, différentiation, sauvegarde de la diversité, autonomie, éloignement, goût de l'espace, etc. Et à l'extrême du pâle, l'on trouve les termes: isolement, solitude, marginalisation, refus, abandon, etc. Ainsi le pâle apparaît moins pur, mais plus riche.

Relations entre les pôles " être soi " et " être avec ". L'auteur parle d'une dialectique, d'équilibre, d'un point d'équilibre qui se déplace continuellement, d'oscillation entre deux expériences opposées, d'alternance, d'inter-jeu entre des mouvements complémentaires, d'allers-retours. Il y a des oscillations à très courte échéance comme au cours d'une conversation, où chacun peut être présent ou absent à son interlocuteur Certains auteurs y ont appelé ces oscillations, en général synchrones, une chorégraphie. Il y a aussi des alternances suivant le rythme de la journée. Dans certaines familles, le matin, les membres sont plus distants, chacun dans sa bulle, déjà à ses propres affaires, soucieux d'arriver à temps sur son lieu d'occupation; le soir par contre, il y a plus de chaleur, d'échange et de cohésion.

Synergie. L'auteur se demande: " Comment peut-on avoir à la fois des racines et des ailes ? " ( v. p. 18 ). En effet l'équilibre qu'il invoque ne veut pas dire que la famille idéale à ses yeux oscille autour de 50 % d'individuation, d'être soi et 50 % d'être ensemble. Ces deux aspirations de l'être ne s'excluent pas ; elles peuvent être en synergie, c'est-à-dire travailler de pair: ainsi on pourrait être, disons à 85 % soi et à 85 % avec les autres. L'on peut être formidablement soi-même, bien dans sa peau, développer son identité, se reconnaître et être reconnu, à l'intérieur d'une relation amicale ou amoureuse. S'affirmer soi et s'ouvrir à l'autre permet un ressourcement meilleur personnel et réciproque. Les racines et les ailes de chacun peuvent se renforcer et l'on peut voler en équipe. Illusion ? Oui, parfois, mais cela peut aussi être très vrai et l'on connaît alors un bonheur sain.

Extrêmes. Un dicton populaire dit que les extrêmes se touchent. On le cite quand, par exemple, " amour " et " haine " s'intriquent dans un amour jaloux. En famille, il arrive que des parents ou des éducateurs en détresse alternent des positions autoritaires et d'autres de laisser-faire, surtout s'ils suivent des conseils de sévérité plus stricte qu'on leur donne et puis s'effraient de leur propre sévérité.

LE TEMPS

L'image les racines et les ailes, invite aussi à se représenter un déroulement dans le temps, un passage des racines aux ailes. " À chaque étape, l'enfant est poussé dehors, mais principalement par lui-même " ( v. p. 62 ).

Une deuxième fonction de la famille se situe dans le temps: la famille assure continuité et changement, conservation et transformation. " Le développement (de la famille) n'est possible que grâce à deux forces opposées et complémentaires : d'un côté, la conservation, c'est-à-dire le maintien... et de l'autre, la transformation, c'est-à-dire les nouvelles conduites. " ( v. p. 128 ).

figure 3

Synergie. Les forces de maintien et de changement de niveau modéré, que nous avons appelé Stabilité et Flexibilité peuvent- elles aussi travailler ensemble, être en synergie (4) . Il n'y a pas de maintien qui soit possible au niveau de la personne ou au niveau de la famille, sans changement, sans transformation. Et les changements ne sont possibles que grâce à un certain maintien. " Comme tout organisme vivant, la famille change pour survivre " ( v. p. 25 ). Elle change sous la pression du milieu de vie et de la société, elle change aussi et encore plus radicalement sous la pression interne du développement de ses membres.

Extrêmes. Ici aussi, la rigidité et le chaos peuvent être bien proches, et de brusques changements y immerger la famille. Transitoires et liés à de dures circonstances externes, ce peuvent encore être des réactions de santé : ainsi par exemple, des familles pauvres (5) , après avoir subi les cahots des évènements et l'effondrement de réalisations, peuvent passer par des périodes de rigidité léthargique et de réclusion: les volets sont baissés et personne ne répond quand des amis frappent et appellent et ce pendant des jours. Les mères racontent plus tard, que quand rien ne va plus, elles se mettent au lit avec un minimum de nourriture et tâchent de dormir. Je l'interprète comme une hibernation, dans des situations rudes : quand on ne peut plus rien faire, se retirer, économiser ses forces, faire le mort pour tâcher de survivre, cela peut être une réaction saine.

Niveaux. La famille assure conservation et transformation à différents niveaux : (1) dans le va-et-vient des rythmes de vie journaliers, hebdomadaires, annuels et des incidents (2) dans les phases de sa propre évolution (3) dans les passages transgénérationnels d'une famille d'origine dans laquelle on naît vers une famille de procréation, qu'on crée avec son conjoint et ses enfants.

Dans ce va-et-vient journalier de la vie une règle, par exemple l'heure du coucher d'un enfant, peut changer parce que tante Mimi vient passer la soirée, parce que ce sont les vacances ou que l'enfant devient plus grand et entre à l'école primaire. Ces changements sont des changements simples, en plus ou en moins (6) .

Les différentes phases d'évolution de la famille sont caractérisées par des changements dans la nature des relations entre ses membres. Quand une femme accouche de son premier enfant et devient mère, tant elle que sa famille changent dans leur façon d'être, dans leur structure. Quand un adolescent peut s'affirmer comme tel, parents et adolescent se regardent autrement. C'est une autre relation, pas un changement en plus ou moins, mais un changement discontinu, une marche qui est franchie (7) . Quand une écolière s'affiche un jour avec un petit foulard bien noué autour du cou, le père qui n'avait pas remarqué ou qui avait réagi négativement à d'autres signes de changement, peut en une fois voir sa fille en future adulte et en femme, et plus en enfant. Alors, il peut mettre en oeuvre une réaction positive (8) face au changement de comportement de la jeune-fille, induisant une transformation des relations.

Abignente décrit ce changement qui peut être discontinu par les paroles d'une belle chanson de Guccini : " Et un jour tu vas par le chemin et tout à coup tu comprends que tu n'es pas la même que celle qui s'en allait le matin à l'école. " Il évoque aussi, à plusieurs reprises " cette poussée que l'adolescent doit se donner pour pouvoir grandir ".

Ainsi, lors des transitions entre les phases de développement, les relations peuvent être fortement dans l'impasse. Un exemple ? (9)
Peter, treize ans, n'aime pas d'aller en classe. Mère et fils se disputent chaque matin quand il doit se lever: " Tu devrais aller à l'école, non parce que je te le dis, mais parce que tu es maintenant grand assez pour comprendre l'importance de l'école et te sentir responsable de ton avenir ". Le garçon ne sait pas comment réagir: on le veut grand et il veut l'être; en même temps, s'il va en classe sans faire d'histoires, il obéit simplement à sa mère et se comporte comme un enfant. C'est un message du genre " Sois donc spontané! ", ou encore " Tu es mon enfant, mais plus un gosse, quoi ! ", messages inévitables dans ces moments de transition. La situation coincée se résout par un saut spontané d'évolution. Ici le garçon va s'intéresser à une jeune fille du voisinage. Celle-ci prend un bus plus tôt pour aller en classe. Il va se lever plus tôt, se débrouiller pour son déjeuner et être à temps en classe. Il s'affirme grand d'une autre façon, qui est acceptée. Parmi les phases de développement de la famille, le déclen- chement de certaines est davantage déterminé par la nature, par exemple, par la puberté au début de l'adolescence. D'autres phases sont plus influencées par des facteurs culturels et sociaux: ainsi en est-il de tous les stades entre la puberté et la naissance d'un premier enfant ( chap. 10 et 11 de même que 7 et 8 ).

Différences culturelles. En parlant des transformations que la famille a connues ces dernières décennies, Abignente cite " la famille durable " ( v.p. 40 ). Tout un temps, les auteurs ont parlé d'adolescence prolongée, puis décrit un nouveau phénomène, celui du " jeune adulte sans liens " ( unattached ), assez indépendant de ses parents sur les plans domestique et financier, mais pas engagé de façon stable dans la création d'une famille. " La famille durable ", c'est un autre modèle dominant dans le sud de l'Europe, surtout en Grèce et Italie. Il est décrit au chap. il : c'est le jeune adulte, continuant à vivre avec ses parents, mais d'une autre façon. Ce mode de vie n'est présent que chez environ 4 % des jeunes danois, 20 % des Belges mais est dominant en Italie. L'on remarque une tendance à l'augmentation dans nos pays de sorte qu'il est intéressant de la connaître.

D'autre part il y a des différences sociales. Retarder la venue des enfants est une tendance nette dans la classe socio-économique dominante. Pour des familles vivant la pauvreté (10) , les risques de grossesse involontaire sont moins bien contrôlés, mais surtout l'enfant constitue une valeur sûre pour une jeune fille; il lui donne une appartenance, un statut respectable de mère, une identité et un sens à sa vie, là où les résultats de ses études et les perspectives professionnelles qui l'attendent sont tellement décevants et ne peuvent la valoriser. Par contre, des couples de jeunes sortis de l'université, désireux de construire chacun une carrière, retardent la venue de leur premier enfant, car la carrière joue une fonction importante dans leur statut et identité sociale, dans la satisfaction qu'ils espèrent de la vie. On peut avoir un premier bébé à 17 ans ou à 34 ans et ces phases de la vie familiale peuvent être télescopées ou étirées, mais ce sera la jeune femme pauvre, en décalage avec le modèle dominant dans notre société qui sera accusée d'avoir 2 enfants à 20 ans et pas de quoi les élever. La société demande aux psychologues d'établir des normes. Peut-on établir des normes qui respectent vraiment l'essence du projet de vie de chacun ?

FAMILLE SAINE ET FORMATION

Famille équilibrée. Cette question des normes soulève celle des familles normales, non pathologiques, sans symptômes, saines, fonctionnant bien, suffisamment bonnes, ordinaires, etc. Tous ces termes ont été critiqués car normatifs et statiques, négatifs et médicaux, hygiéniques ou fonctionnalistes, définitions de bonne femme, etc. Alors, tant qu'à faire, autant se limiter à un terme et tâcher de te faire comprendre. Ainsi j'ai choisi, fin des années septante, le terme " sain " dans son acceptation courante, non médicale, comme on dit " des idées saines ", " une fille saine ". Dans la suite, je l'ai abandonné, je parlais plutôt de santé dans toute famille et du fonctionnement de toutes sortes de familles, dont les familles pauvres, et j'étais frappé par la lutte positive de beaucoup de celles-ci pour bien vivre, par leurs forces, leur résilience. Abignente ne parle pas de familles saines, il parle " des familles ", parle peu de pathologies et entre donc peu dans cette polarisation. Il titre un bref chapitre " Une famille qui fonctionne bien " ( v. p. 65 ) mais parle beaucoup d'équilibre et parfois d'" une famille équilibrée ". Il dit " une " famille, pas " la " famille, car " il n'existe pas un seul modèle de famille ... Il existe des centaines de millions de familles ... " ( v. p. 20 ).

Comment se présentent des familles fonctionnant bien ? L'équilibre y est important et dynamique: c'est un perpétuel mouvement entre des pâles opposés et complémentaires, synergiques. Pôles qui correspondent à un vaste répertoire de comportements. C'est tout le contraire de l'être rigide, fixé à un pôle avec un répertoire d'idées, de sentiments et de comportements qui s'appauvrit chaque jour.

Formation. Pour bien vivre le métier de parent, Les racines et les ailes est un livre important. Il structure, il analyse les éléments dont il donne une manne de petits exemples concrets. L'auteur l'a voulu comme " un stimulus à la réflexion et à la confrontation. S'il ( le lecteur ) le désire, il peut l'utiliser pour mieux comprendre son expérience familiale personnelle " ( v. p. 20 ). Jean-Yves Hayez qui a aussi une expérience de président d'école de parents en propose la discussion en couple ou entre générations. G. Abignente a entre autres puisé ( et donné ) son savoir dans des groupes de rencontre de parents d'adolescents. Pour des adoles- cents, il est important d'avoir un groupe d'amis ( v. p. 207 ) de pouvoir parler à des pairs, de les entendre parler de leur famille et de voir des familles différentes de la leur. Pour des parents d'adolescents, de même, il est important de rencontrer d'autres parents, d'entendre leur vécu et par moments de s'imaginer vivre encore - quelques instants ... - à la place des adolescents.

À l'intérieur de la formation de professionnels qui se destinent à accompagner des familles, il est souhaitable qu'ils connaissent les fonctionnements adéquats dans leur diversité avant d'étudier les dysfonctionnements. Minuchin, thérapeute de familles, avait régulièrement des entretiens avec une famille ordinaire pour pouvoir s'imprégner de son fonctionnement et il soulignait le danger des fins limiers qui dépistent la pathologie. Un équilibre voyageur entre les deux pôles reste nécessaire. Dans l'accompagnement et la thérapie, l'on réalise de plus en plus l'importance d'avoir des vues positives sur la famille, de pouvoir s'appuyer sur ses forces vives, sa résilience et de permettre à la famille de se réapproprier ( empowerment ) sa vie familiale.

Nous croyons donc à l'utilité d'un contact assez intime, permettant un vécu commun avec d'autres familles que la sienne, afin de pouvoir se référer à plusieurs modèles (11) . Ainsi qu'à l'utilité de la compréhension de la vie familiale dans d'autres cultures que la sienne. Elles nous révèlent nos préjugés non conscients: un exemple ? Celui d'une confrontation compréhensive avec le vécu du temps de familles non occidentales (12) .

Pour les thérapeutes de famille en formation, un travail personnel se fait souvent grâce à des sculptures et à des génogrammes de leur famille d'origine et grâce la confrontation avec ceux des autres membres du cours.

Pour des psychologues, travailleurs sociaux, éducateurs, infirmiers psychiatriques non-systémiciens, bien qu'ils soient amenés à travailler avec des familles, cette réflexion sur leur propre famille est moins fréquente en cours de formation. Heureusement, le présent ouvrage est destiné à être " un stimulus à la réflexion et à la confrontation " ( v. p. 20 ) pour eux aussi.

Trois remarques pour terminer : (1) Les familles, c'est encore infini- ment plus varié que ce qui en est décrit dans le livre. (2) Nous avons analysé et séparé règles et rôles, phases qui se suivent, temps et espace, mais tout fonctionne heureusement ensemble, comme un tout. (3) Ce tout qui a été décrit est un système familial, mais ses membres font partie d'autres systèmes comme le scolaire, le travail, le système économique etc., systèmes qui influencent la vie de famille. Il faut s'en souvenir. Bonne participation à la vie!

Pierre Fontaine

P.S. Je reviens à Giovanni Abignente et aux chercheurs auteurs. Y a-t-il aussi dans leur démarche spécifique et dans leur mode de vie professionnel un équilibre à trouver ? Un balancement entre, d'une part, abstraire pour pouvoir trouver ce qu'il y de commun entre nous et d'autre part rester proche du concret et des vécus si différents de chacun ? Et peut-on en même temps se mettre toujours en question comme chercheur et s'engager activement pour la vie ?

Notes.

(1). Professeur émérite à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l'Éducation de l'Université Catholique de Louvain à Louvain-la- Neuve, Belgique.

(2). Le présent échange de vues au sujet de l'ouvrage de Giovanni Abignente est imprégné de mes propres vues sur les familles et leur fonctionnement. Voir Fontaine P ( 1985 ), Familles saines I. Esquisses conceptuelles générales, Thérapie Familiale, vol. 6, pp. 267-282 et Fontaine P. ( 1989 ), Familles saines, in Pourtois, J.-P. (Ed.), Les thématiques en éducation familiale, Bruxelles, De Boeck, pp. 67-83.

(3). Nos conceptions et celles de D. Olson se rejoignent. Olson appelle " Cohésion " l'axe Individuation - Socialisation décrit ci- dessus. Dans son échelle d'auto-évaluation des familles, il croise les dimensions Cohésion ( Espace ) et Changement ( Temps ). Voir Fontaine P. ( 1988 ), Évaluation de Familles. Échelles et modèles, in Benoit J.-Cl. e.a. (Éd.), Dictionnaire clinique des thérapies familiales systémiques, Paris, ESE, pp. 189-195.

(4). A. Maslow a repris le terme de R. Benedict, anthropologue, qui avait décrit des tribus indiennes où l'individuation et le lien avec la tribu allaient de pair. Maslow, dans une étude de personnes particulièrement créatives, avait trouvé qu'elles ne faisaient pas de choix dichotomiques et pouvaient allier coeur et tête, sérieux et humour, acceptation et révolte.

(5). Fontaine P. ( 1992 ), Le temps et les familles sous-prolétaires, Thérapie familiale, vol. 13, pp. 297-326 et Fontaine P. ( 2002 ), A la rencontre du temps de familles défavorisées, Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratique de réseaux, Bruxelles, De Boeck, vol. 28, pp. 175-202.

(6). Watzlawick P., Weakland J., Fisch R. ( 1975 ), Changements, paradoxes et psychothérapie, Paris, Seuil.

(7). C'est ce que Watzlawick ( op. cit.) appelle un changement de deuxième ordre, un changement 2.

(8). La réaction ou rétroaction négative corrige la déviation et ramène à la situation antérieure et a une fonction de maintien ( homéostasie ). La réaction ou rétroaction positive, ou le feedback positif accentue au contraire la déviation et a donc une fonction de changement.

(9). Que nous reprenons très simplifié de Hoffman L. ( 1989 ), The family life cycle and discontinuous change, in Carter B., Mc Goldrick M. (Ed.), The changing family life cycle, Boston, Allyn & Bacon. Elle décrit ces situations comme de simples contraintes ( simple bind ) différentes de la double contrainte par le fait qu'il n'y a pas interdiction d'en parler et de clarifier.

(10). Fontaine P. ( 1992 ), Le temps et les familles sous-prolétaires, Thérapie familiale, vol. 13, pp. 297-326 et Fontaine P. ( 2002 ), A la rencontre du temps de familles défavorisées, Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratique de réseaux, Bruxelles, De Boeck, vol. 28, pp. 175-202.

(11). Comment réaliser ceci ? Parmi les moyens que nous avons utilisés : les étudiants en fin de formation de psychologie ont fait, en équipe de deux, des observations du fonctionnement sain d'une famille dans son milieu naturel avec l'aide d'un enregistrement vidéo. A la présentation de leur travail en séminaire, la famille pouvait être activement présente. Voir Fontaine P. ( 1993 ), Une observation naturaliste de familles, aidée par vidéo, Thérapie familiale, vol. 14, pp. 123-133.

Pour des personnes en formation à la thérapie familiale dans un centre de consultation pour enfants, nous avons régulièrement été observateur d'une famille qui consulte, lors de son deuxième entretien. Celui-ci était alors destiné à situer la famille dans son stade de développement avec ses difficultés, et voir les ressources de la famille et son côté sain.

(12). Elle nous permet de comprendre la polychronie ( où l'on gère plusieurs choses à la fois ) et de nous rendre compte de notre tendance monochronique ( traiter les choses consécutivement ). Voir Hall E. T. ( 1984 ), La danse de la vie. Temps culturel, temps vécu, Paris, Seuil.


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Les racines et les ailes

Caractéristiques du livre

Auteur : Giovanni Abignente.
Adaptation française : Jean-Yves Hayez
Préface : Jean-Yves Hayez
Collection : Carrefour des psychothérapies
Année : 2004.
Editeur : De Boeck & Larciers s.a.2004
Editions De Boeck Université, rue des Minimes 39, B-1000 Bruxelles.
Edition : Première édition
Pages : 344 pages
Prix : 32,50 EUR
ISBN 2-8041-4669-3
ISSN 1780-9517
Langue : français
Illustrations : Non
Couleurs : noir et blanc
Titre original : Le radici e le ali
Sous-titre original : Risorse, compiti et insidie della famiglia
Langue originale : italien
Editeur original : Liguori
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Les racines et les ailes

Ce qu'on peut trouver sur le web au sujet du livre

Les racines et les ailes

mm12-55
Les racines et les ailes, De Boeck Université
... Abignente Adaptation française : Jean-Yves Hayez Préface : Jean-Yves Hayez Collection : Carrefour ... noir et blanc Date de publication : 2004 Prix recommandé ...
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Les racines et les ailes - Ressources, tâches et embûches de la ...
... Edition 2004 344 pages Imprimer Imprimer cette fiche suggérer ce titre ... de la famille Giovanni Abignente Adaptation française : Jean-Yves Hayez Préface : Jean ...
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2005-022
Les racines et les ailes - Ressources, tâches et embûches de la ...
... Giovanni Abignente Adaptation française : Jean-Yves Hayez Préface : Jean-Yves Hayez Collection : Carrefour des psychothérapies ...
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2005-045
Paul Thielen site personnel
... Cette année 2005, les kots à projets de LLN fêtent leur 30e anniversaire. ... Préface : Jean-Yves Hayez Collection : Carrefour des psychothérapies ...
www.ibelgique.com/paulthielen/ - 115k -

2005-056
Résultat de Recherche
... Goldbeter-Merinfeld Edith, Elkaïm Mony - paru le 01/02/2005, Lire le résumé ... Abignente Giovanni, Hayez Jean-Yves - paru le 08/11/2004, Lire le résumé ...
www.decitre.fr/.../-/typeRech-REBOND/ type-collection/critere-PSYCHOTHERAPIES/page-0/index.dhtml - 88k -

2005-058
UniSa: Le News
... JEAN-YVES HAYEZ Università Cattolica di Lovanio; Adolescenti speciali ... 5 e 15 Aprile - Progetti PRIN 2005: Proroga scadenza compilazione modelli ...
www.unisa.it/utility/newsgest/dettaglio.asp?codice=572 - 8k -


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Les racines et les ailes

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Les racines et les ailes, De Boeck Université

... Abignente Adaptation française : Jean-Yves Hayez Préface : Jean-Yves Hayez Collection : Carrefour ... noir et blanc Date de publication : 2004 Prix recommandé ...
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... Edition 2004 344 pages Imprimer Imprimer cette fiche suggérer ce titre ... de la famille Giovanni Abignente Adaptation française : Jean-Yves Hayez Préface : Jean ...
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Les racines et les ailes - Ressources, tâches et embûches de la ...

... Giovanni Abignente Adaptation française : Jean-Yves Hayez Préface : Jean-Yves Hayez Collection : Carrefour des psychothérapies ...
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Création le 12 avril 2005.
Dernière mise à jour le dimanche 02 mai 2010.
Le livre prêté en avril 2005 et donné le 31 mai 2005 a servi à cette présentation .

DS.ds


 


Fin du dossier























































































































































































... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 

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Bravo de m'avoir trouvé

Félicitations

Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







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Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez


je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos : jyhayez@uclouvain.be












 







































































































































































































































































































































































































... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 

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Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.








Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )
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La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
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Jean-Yves Hayez


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- Notes automatiques. -

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Note 1.


(1). Suffisamment bien ? Le grand pédiatre et psychanalyste anglais D.W. Winnicott avait dit, dans une déclaration restée célèbre, que la vraie bonne mère, celle que ses enfants et sa famille étaient en droit d'attendre, ne pouvait jamais être qu'une mère suffisamment bonne. La perfection n'est pas de ce monde trop la rêver ou trop la viser conduit régulièrement au désastre. On peut transposer cette qualification à de nombreuses réalités humaines, pour définir leur état le plus souhaitable. On doit même ajouter qu'il est impossible d'être suffisamment bien en permanence ...

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Note 4.


(4). Naturellement, il se peut aussi que des comportements excessifs débordent le champ des manifestations normales de la croissance et constituent des signes d'un trouble important. Par la rapidité de ses changements spécifiques, tant personnels que relationnels, l'adolescence est certainement l'âge de la vie où le repérage de la frontière entre le normal et le pathologique s'avère le plus délicat à apprécier, parfois pour des professionnels chevronnés eux-mêmes. Ainsi, pour ce qui concerne le point qui nous occupe - les comportements adolescents excessifs - il faut tenir compte de leur intensité relative ( dans quelle mesure ils sont plus marqués que ceux que l'on observe chez d'autres adolescents ), de leur consistance dans le temps ( combien de temps durent-ils, quelle est leur fréquence ), de leur aspect invasif ( combien de fois se répètent-ils dans diverses situations et conditions données ) et, par-dessus tout, de leur qualité ( en quoi sont-ils destructeurs et auto-destructeurs ). Ainsi, par exemple, le fait de ne pas respecter l'heure de rentrée à la maison ou de dissimuler un échec scolaire peut constituer une transgression banale liée à la satisfaction et au besoin de s'opposer et de se différencier des parents; poser un acte criminel ou s'adonner à l'alcool ou à l'héroïne sont, sans conteste, des transgressions qui, de par leur portée destructrice, ne peuvent plus être considérées comme de simples manifestations d'une évolution normale. Ou encore si, contre l'avis de ses parents, une jeune fille décide de suivre un régime amaigrissant, elle peut vouloir affirmer son droit de s'occuper elle-même de son corps ; par contre, si elle réduit drastiquement son alimentation au point de devenir anorexique, il s'agit là d'un comportement excessif qui ne peut pas ne pas alerter sa famille. Par ailleurs, la plupart des comportements adolescents ouvertement pathologiques et destructeurs traduisent certes une difficulté à affronter le changement, mais cette difficulté peut n'être pas seulement celle de l'adolescent, mais aussi celle de son système familial.


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Note 5.


(5). « E un giorno », tiré de l'album « Stagioni », paroles et musique de Francesco Guccini, 1999.


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Note 6.


(6). De nos jours, la créativité et l'originalité des adolescents et des jeunes sont passablement attaquées par la pression martelante du conformisme consumériste propagé par les mass media : en effet, la nature des adolescents comporte une tendance à adhérer de façon conformiste aux propositions du groupe des pairs mais hélas, les modèles proposés à ce groupe sont puissamment imposés par les adultes, conformément aux exigences de la production et du marché. Il en résulte une massification des comportements et des attitudes qui finissent par être assimilés à ceux des adultes, entraînant la destruction de toute originalité juvénile. Que l'on pense simplement, à titre d'exemple, aux propositions incessantes de vêtements et d'accessoires griffés ou à la diffusion des téléphones cellulaires dès le plus jeune âge.


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- Notes automatiques de la postface. -

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Note 1.


(1). Professeur émérite à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l'Éducation de l'Université Catholique de Louvain à Louvain-la- Neuve, Belgique.


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Note 2.


(2). Le présent échange de vues au sujet de l'ouvrage de Giovanni Abignente est imprégné de mes propres vues sur les familles et leur fonctionnement. Voir Fontaine P ( 1985 ), Familles saines I. Esquisses conceptuelles générales, Thérapie Familiale, vol. 6, pp. 267-282 et Fontaine P. ( 1989 ), Familles saines, in Pourtois, J.-P. (Ed.), Les thématiques en éducation familiale, Bruxelles, De Boeck, pp. 67-83.

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Note 3.


(3). Nos conceptions et celles de D. Olson se rejoignent. Olson appelle " Cohésion " l'axe Individuation - Socialisation décrit ci- dessus. Dans son échelle d'auto-évaluation des familles, il croise les dimensions Cohésion ( Espace ) et Changement ( Temps ). Voir Fontaine P. ( 1988 ), Évaluation de Familles. Échelles et modèles, in Benoit J.-Cl. e.a. (Éd.), Dictionnaire clinique des thérapies familiales systémiques, Paris, ESE, pp. 189-195.

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Note 4.


(4). A. Maslow a repris le terme de R. Benedict, anthropologue, qui avait décrit des tribus indiennes où l'individuation et le lien avec la tribu allaient de pair. Maslow, dans une étude de personnes particulièrement créatives, avait trouvé qu'elles ne faisaient pas de choix dichotomiques et pouvaient allier coeur et tête, sérieux et humour, acceptation et révolte.


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Note 5.


(5). Fontaine P. ( 1992 ), Le temps et les familles sous-prolétaires, Thérapie familiale, vol. 13, pp. 297-326 et Fontaine P. ( 2002 ), A la rencontre du temps de familles défavorisées, Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratique de réseaux, Bruxelles, De Boeck, vol. 28, pp. 175-202.


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Note 6.


(6). Watzlawick P., Weakland J., Fisch R. ( 1975 ), Changements, paradoxes et psychothérapie, Paris, Seuil.


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Note 7.


(7). C'est ce que Watzlawick ( op. cit.) appelle un changement de deuxième ordre, un changement 2.


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Note 8.


(8). La réaction ou rétroaction négative corrige la déviation et ramène à la situation antérieure et a une fonction de maintien ( homéostasie ). La réaction ou rétroaction positive, ou le feedback positif accentue au contraire la déviation et a donc une fonction de changement.


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Note 9.


(9). Que nous reprenons très simplifié de Hoffman L. ( 1989 ), The family life cycle and discontinuous change, in Carter B., Mc Goldrick M. (Ed.), The changing family life cycle, Boston, Allyn & Bacon. Elle décrit ces situations comme de simples contraintes ( simple bind ) différentes de la double contrainte par le fait qu'il n'y a pas interdiction d'en parler et de clarifier.


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Note 10.


(10). Fontaine P. ( 1992 ), Le temps et les familles sous-prolétaires, Thérapie familiale, vol. 13, pp. 297-326 et Fontaine P. ( 2002 ), A la rencontre du temps de familles défavorisées, Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratique de réseaux, Bruxelles, De Boeck, vol. 28, pp. 175-202.


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Note 11.


(11). Comment réaliser ceci ? Parmi les moyens que nous avons utilisés : les étudiants en fin de formation de psychologie ont fait, en équipe de deux, des observations du fonctionnement sain d'une famille dans son milieu naturel avec l'aide d'un enregistrement vidéo. A la présentation de leur travail en séminaire, la famille pouvait être activement présente. Voir Fontaine P. (1993), Une observation naturaliste de familles, aidée par vidéo, Thérapie familiale, vol. 14, pp. 123-133.

Pour des personnes en formation à la thérapie familiale dans un centre de consultation pour enfants, nous avons régulièrement été observateur d'une famille qui consulte, lors de son deuxième entretien. Celui-ci était alors destiné à situer la famille dans son stade de développement avec ses difficultés, et voir les ressources de la famille et son côté sain.


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Note 12.


(12). Elle nous permet de comprendre la polychronie ( où l'on gère plusieurs choses à la fois ) et de nous rendre compte de notre tendance monochronique ( traiter les choses consécutivement ). Voir Hall E. T. ( 1984 ), La danse de la vie. Temps culturel, temps vécu, Paris, Seuil.


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Les racines et les ailes. Ressources, tâches et embûches de la famille. Giovanni Abignente.


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liste des mots-clés du site au 28 septembre 2005.

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