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Sexualité saine

des mineurs d'âge

et abus sexuel :

de l'intérêt à secouer quelques idées recues.

* biographie et recueil de publications scientifiques du professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.

Jean-Yves Hayez
a le plaisir de vous proposer



Sexualité saine des mineurs d'âge et abus sexuel :
de l'intérêt à secouer quelques idées reçues.



J.-Y. HAYEZ

Le Docteur J.-Y. Hayez est directeur du département de pédopsychiatrie à la Faculté de médecine de l'Université Catholique de Louvain (Belgique).

Il s'occupe de problèmes de maltraitance infantile depuis que la Belgique a commencé à s'y intéresser officiellement (1978) : dans ce cadre, il est vice-président de la commission gouvernementale permanente de l'enfance maltraitée, et coordinateur de l'équipe " SOS - enfants-familles " des Cliniques Universitaires Saint-Luc à Bruxelles.

Il a publié de nombreux ouvrages et articles dans le domaine de la lutte contre la maltraitance physique et sexuelle. Les deux plus importants, rédigés en collaboration avec le docteur de Becker, sont recensés dans la bibliographie du présent article (le chapitre sur l'abus sexuel de l'encyclopédie médico-chirurgicale en 1999, et un livre sur l'abus sexuel aux Presses Universitaires de France en 1997).


Nous avons beaucoup tracassé nos enfants et la population en général, avec l'idée de l'abus sexuel et de la nécessité de se défendre contre lui. Des affaires douloureuses, dont le paradigme belge est l'affaire Dutroux, ont augmenté l'insécurité de tous. L'on en arrive alors, et plutôt vite, vers un résultat social paradoxal où :

- D'une part, les enfants vivent à nouveau davantage la sexualité comme dangereuse et mauvaise ; les adultes, eux aussi, voient des abuseurs potentiels partout : ils ne risquent plus de contacts physiques de tendresse avec les enfants dont ils s'occupent et, en outre, ils perçoivent trop les activités sexuelles entre mineurs comme initiées chaque fois par des Dutroux en culottes courtes : retour de balancier, après deux ou trois décades où la sexualité a été présentée comme consommable à peu près à n'importe quel prix?

- D'autre part, la protection effective contre les quelques abus avérés n'est peut-être pas de meilleure qualité qu'avant tout ce déploiement d'énergie officiel : davantage de vent et de promesses que d'efficacité, et pas mal de victimisation secondaire, générée par ceux-là même qui prétendent aider.

Face à ce paradoxe, je souhaite redire :

- D'une part, combien le développement et la pratique de la sexualité restent, pour la majorité d'entre nous, une activité humaine saine et épanouissante. Je l'illustrerai en décrivant le développement sain de la sexualité à l'âge de l'école primaire, et en battant largement en brèche le dernier concept à la mode de mineurs abuseurs.

- D'autre part, en passant en revue la politique actuelle de prise en charge de l'abus, en l'évaluant et en émettant mes critiques et souhaits à son propos.

CHAPITRE I
LA SEXUALITE DE LA GRANDE MAJORITE D'ENTRE NOUS
RESTE SAINE ET EPANOUISSANTE


§ I. PREMIERE APPLICATION : LE DEVELOPPEMENT DE LA VIE SEXUELLE PENDANT L'AGE DE L'ECOLE PRIMAIRE.

I - Les déterminants d'une vie sexuelle saine

Par vie sexuelle, nous entendons le développement de représentations psychiques, d'affects et d'activités concomitantes à contenu sexuel. Une vie sexuelle saine résulte de l'implication en nombre et en proportions chaque fois variables des dynamismes psychiques que voici (Hayez, Perspectives psychiatriques, 1999) :

A - La curiosité.

Désir de connaître la nature et le fonctionnement du corps, jusqu'à ses domaines les plus intimes; expériences faites sur lui; comparaisons effectuées sur l'autre, identique ou complémentaire ; désir de savoir ce que c'est que cette fameuse sexualité dont parlent tant les grands : appropriation progressive du concept, en partant des gros mots et des blagues obscènes, d'abord pas très bien compris, jusqu'à l'inspection sur le Net et aux exercices pratiques.
Les réponses du terrain à la curiosité de l'enfant contribuent à un savoir et à des acquisitions stables : connaissance de la réalité, externe et de soi, et capacité de la manier; certitude de plus en plus définitive quant à la permanence de l'objet; installation ("sentiment") d'une identité de plus en plus précise, qui va bien plus loin que l'identification et l'appropriation du corps : identité de l'être, identité sexuée... (Gavshon, 1990)

B - Le désir et le processus d'identification aux grands et aux adultes.

A l'inverse de l'époque victorienne, les enfants sont des témoins usuels de la vie sexuelle de ceux-ci : pas essentiellement des ébats de papa et de maman (ou, pour faire moderne, d'un de ceux-ci avec son partenaire homo ou hétéro du moment), qu'il faut toujours surprendre par le trou de la serrure, mais, de façon plus ouverte, de l'espèce adulte, qu'on ne peut pas ne pas voir forniquer à la télévision ou sur Internet, ou dont les médias apprennent qu'elle a un drôle d'usage du cigare : si le Père fait l'amour sur le place publique, ses fils, pour grandir, vont jouer à l'avance les rôles qu'ils devront tenir un jour, puis comme dans toute identification, vont avoir envie de le faire pour de vrai.

C - Le défi face aux règles.

Même si les interdits sexuels contemporains sont moins cruels, le langage des adultes continue largement à situer la pratique de la sexualité comme leur domaine réservé : "Tu peux - si pas : tu dois ! - savoir... la sexualité, c'est chouette... mais tu es trop petit pour la pratiquer (et si je t'y prends, je crie sur toi : ainsi fut puni Prométhée pour avoir voulu voler le feu des dieux; un vautour le castre pour l'éternité)". Eh bien, face à ce qui reste un interdit, beaucoup d'enfants ont envie de transgresser à l'occasion, précisément parce que c'est interdit. (1).

D - L'affirmation d'une puissance ressentie en soi.

S'intéresser au sexe, c'est être grand, se le prouver et le montrer aux autres. Dans le cadre de cette affirmation de puissance, se situent les enfants dominants qui prennent l'initiative d'entraîner les autres à l'aventure, ici, sexuelle, tout en finissant par respecter leur éventuel refus. Ce ne sont donc pas des enfants abuseurs, même si, au moment de la découverte des faits, les autres ont tendance à les lâcher et à prétendre qu'ils ont été entraînés contre leur gré.
C'est aussi dans le contexte de l'identification aux adultes, de l'affirmation d'une puissance- compétence ainsi que d'une camaraderie d'aînés vers des cadets qu'on trouve les enfants initiateurs, qui mettent au parfum du sexe des ignorants ou des naïfs de leur âge ou un peu plus jeunes.

E - Un enfant sain n'est pas exempt d'angoisses, ni même de légers sentiments de culpabilité irrationnelle......

Ces sentiments pénibles font partie de toute vie. Mais, paradoxalement, leur existence n'inhibe pas systématiquement la réalisation des désirs et des comportements dont, pourtant, la mise en oeuvre les accroîtra encore. On est dans un véritable cercle vicieux : pour être quitte de son angoisse, l'enfant va poser un acte pour savoir, pour vérifier, pour vaincre l'ennemi ... mais cet acte ne soulage rien à long terme : au contraire, il amplifie la crainte de l'agression en retour.
Autant pour la culpabilité : pour en savoir plus sur les intentions punitives prêtées à l'adulte et sur le pouvoir de discernement de celui-ci, l'enfant peut poser le comportement interdit, en laissant même parfois des traces qui mènent à lui. La punition précise qui suivra est censée être préférable à un vécu diffus de culpabilité.

A l'âge de l'école primaire, parmi les angoisses inhérentes à la normalité , citons :
- Surtout chez les plus jeunes, des angoisses liées au simple jeu de l'imagination qui pallie les lacunes momentanées de l'intelligence et d'un bagage informatif correct (Hayez, Annales médico- psychologiques, 1999) : pas encore de certitude tranquille quant à la permanence de l'objet, et partant, quant à l'inéluctabilité et à la stabilité des différences sexuelles, etc. ... il existe donc des vérifications anxieuses - scientifiques de ce qu'il en est.
- Surtout chez les plus âgés, angoisses liées à l'existence structurante d'une phase de névrose infantile pas trop serrée : ici, avant que l'enfant ne trouve ses solutions mentales rapidement et spontanément - via les identifications, les sublimations et la simple mise à distance intelligente et spontanée des consignes Sur-Moïques les plus archaïques - certains de ses désirs sont momentanément vécus comme conflictuels : désirs oedipiens, désirs masturbatoires (c'est-à-dire désirs de pratiquer déjà une sexualité, comme les grands). Leur simple existence et leurs velléités de réalisation déclenchent un rien d'angoisse et de culpabilité. Mais ces vécus pénibles n'arrêtent pas l'enfant. La poussée du désir est toujours là, d'une part. De l'autre, pour en avoir le coeur net, pour savoir si le sexe peut être puni pour avoir fonctionné, il est pressé de vérifier s'il fonctionne toujours bien, ou d'inspecter si, chez son petit ami ou sa petite amie, il existe des différences d'intégrité par rapport à lui.
- Et même quand il n'existait pas d'angoisses préalables, les enfants, après avoir ouvert une porte à la sexualité en eux, devinent bien qu'ils ouvrent une porte au non-logique, non rationnel, souvent non parlé ; ils ouvrent une porte à la violence de l'instinct, et ça fait spontanément peur, tout comme ils imaginent toujours quelque peu que la scène primitive des parents est un acte sadique.

F - La camaraderie ou l'amitié

et les partages qu'elle inclut : pour faire plaisir au copain ou à la copine qu'on aime bien, on lui montre, le coeur un peu battant, l'image pornographique acquise de dure lutte, voire une partie intime du corps propre (2). , comme un secret précieux, qu'on portera ensuite ensemble ; on procède avec lui aux premières explorations et activités vraiment sexuelles, à la découverte des mystères et plaisirs qui y sont liés, etc ...

G - Et en effet, le plaisir de la manipulation sexuelle,

celui de (se) toucher ou d'être touché, constitue également un déterminant partiel de l'activité sexuelle infantile. Et ceci, même s'il n'a encore que peu à voir avec l'intensité des plaisirs et orgasmes éprouvés autour de et après la puberté. S'ajoutent à ce plaisir strictement physique et local, d'autres plaisirs plus spirituels liés aux déterminants déjà invoqués : plaisir de savoir, d'expérimenter, de grandir, de défier, etc ... La recherche du plaisir n'est cependant ici qu'un but parmi d'autres ; il n'existe pas, comme dans la perversion, un culte raffiné et quasi-exclusif de l'érotisme (3).

H - A côté de ces dynamismes psychiques principaux, et sans prétendre d'ailleurs en avoir dressé une liste exhaustive, il faut encore évoquer des facteurs d'un autre ordre, comme :

- Le corps : son équipement n'est pas le même d'un enfant à l'autre : certains ont des besoins, une excitabilité et une sensibilité sexuelles plus forte que d'autres.

- La vitesse du développement général et pulsionnel, variable elle aussi. Elle est déterminée en partie, et en partie seulement, par les attitudes de l'environnement. Certains enfants quittent plus vite et plus radicalement que d'autres leurs investissements oraux, sphinctériens, génitaux solitaires, ... d'autres s'y attardent ou ne les abandonnent que partiellement.

II - Caractéristiques des activités sexuelles susceptibles d'en résulter (4).

La mise en oeuvre de ces dynamismes aboutit souvent à des activités sexuelles saines qui ont les caractéristiques que voici :

- Primauté des activités génitales. Parmi celles-ci, primauté des activités de toucher ( masturbations; jeux sexuels, s'accompagnant souvent d'un bref scénario mais allant vite au but ) ; une minorité d'enfants plus âgés ou/et plus précoces peut réaliser occasionnellement, pour l'expérimenter, une activité sexuelle à l'instar des adultes ( pénétration, fellation, ...) ; des fixations prégénitales peuvent se prolonger momentanément ou se remanifester occasionnellement; des moments minoritaires d'exhibitionnisme ou de voyeurisme peuvent également exister. Ce dernier est très sollicité par les stimuli modernes ( cassettes ou films porno, internet, etc ...).

- Ambiance affective autour de l'acte : elle est largement sereine, avec un zeste d'excitation (satisfaction de la curiosité) ; un zeste d'angoisse ; le plaisir érotique y a une place plutôt modeste (mais pas avec le culte exclusif des pervers).

- L'enfant assume l'activité comme voulue par lui : elle ne s'impose pas à lui comme une compulsion (du moins le sait-il dans son for intérieur; face à ses pairs, il peut également reconnaître ses intérêts sexuels; mais face aux adultes susceptibles de le punir, c'est plus variable ! ) ; il la réalise avec d'autant plus de discrétion qu'il grandit ; l'activité est plutôt récréative ( il n'est pas obsédé par sa reproduction à +/- haute fréquence) ; il y a diversité et progression dans les nuances de l'acte ( il n'est pas fixé à tel scénario étroit : un peu tout l'intéresse et, progressivement, il se rapproche de ce que font les adultes).

- S'il y a un (des) partenaire(s) : respect mutuel; on se parle, on coopère, on s'amuse ensemble; les âges sont proches.

§ II. PEUT-ON PARLER DE MINEURS ABUSEURS?

Introduction

Il est de mode de désigner des adolescents et même des enfants prépubères comme "abuseurs, agresseurs sexuels, délinquants sexuels. Cette étiquette restrictive me semble injuste et dangereuse, que l'on se réfère au statut des activités sexuelles entre mineurs ou aux structures de personnalité impliquées.

Pour y voir clair, je distinguerai schématiquement trois catégories d'activités sexuelles générées par eux en dehors de la fratrie, et je discuterai chaque fois les problèmes qu'elles posent. Ce sont les activités sexuelles non abusives, les abus clairs et nets, et les activités au statut incertain. Je terminerai par quelque mots sur la sexualité vécue dans la fratrie.

Préalablement, il n'est pas inutile de distinguer trois concepts-clé, souvent objets de confusion.

- Les abus sont des activités sexuelles réalisées sans consentement significatif chez ceux qui les subissent ( les victimes ). Passer outre ce consentement entraîne déjà, en soi, un certain degré de désorganisation psychique de celles-ci ( sentiment d'impuissance, angoisse, etc. ). En outre, l'acte lui-même est souvent porteur d'autres destructions ( lésions physiques et vécu psychique à propos de celles-ci ; vécu psychique à propos de ce qui s'est pratiqué, etc. ).

- Les transgressions sexuelles sont des activités sexuelles qui vont contre les grandes Lois humaines ou/et les règles émises par les adultes. Par définition, tous les abus sont des transgressions, et des transgressions graves au moins parce qu'elles nient la liberté de la victime.

Mais, même quand il y a consentement bilatéral, beaucoup d'activités sexuelles infanto-juvéniles vont contre les règles posées par les adultes et ceux-ci les appelleront à tout le moins "transgressions sexuelles".

Ils devraient s'en tenir là, mais il peut arriver qu'ils les appellent quand même et indûment " abus ", par confusion intellectuelle ou par malignité. A remarquer au passage que les sous-groupes d'adultes avec lesquels l'enfant doit vivre n'ont pas toujours les mêmes règles et que sera donc parfois appelé transgression à la maison ce qui ne fait pas l'objet d'une règle interdictrice à l'école, ou dans le mouvement de jeunesse.

- Corollairement les activités sexuelles licites sont celles qui ne font pas l'objet d'interdictions dans le chef des adultes : ceux-ci soit les tolèrent sans plus, soit en reconnaissent explicitement l'acceptabilité ou la valeur positive.

Ce que nous souhaitons faire remarquer, c'est le hiatus fréquent et important entre ce que dit l'adulte à l'enfant au sujet de la sexualité, et la manière dont il réagit quand il surprend des exercices pratiques.

D'une part, et dans beaucoup de familles, on lui signale : " La sexualité, c'est bon ... c'est important pour le développement, du moins si l'être humain respecte l'une ou l'autre règle-clé à son sujet ".

D'autre part, si l'enfant est surpris à la pratiquer, même en respectant les dites règles- clés... c'est rarement bien vu : le licite effectivement ouvert par les adultes est plutôt étroit, et ils crient vite au transgressif : inquiétude réelle pour la santé morale future de l'enfant? Jalousie face à ce petit Prométhée ? Retour d'images traumatiques accumulées chez l'adulte, à propos de la conquête difficile de sa propre sexualité - et des rapports qu'il a eus avec ses parents à cette occasion ? Etc. .
I - Les activités sexuelles non abusives en dehors de la fratrie

A - Brève description

1) C'est le cas de la majorité des activités sexuelles entre enfants prépubères proches en âge :

- Beaucoup sont des jeux sexuels, sains, librement et bilatéralement consentis. Ce consentement, immédiat ou d'occurrence très proche, n'exclut pas que, dans la négociation de l'activité, il existe un preneur d'initiative, personnage souvent dominant dans la vie relationnelle quotidienne, et un autre, le plus souvent dominé, qui se laisse convaincre et qui finit par adhérer au projet et à y prendre plaisir.

- Il n'est pas exclu qu'une relation amoureuse puisse exister aussi et se manifester entre enfants prépubères, mais c'est plus rare ; en outre, ces relations amoureuses enfantines sont le plus souvent platoniques, imprégnées de respect et de crainte du corps de l'autre, si différent !

- C'est le cas aussi de toutes ces activités sexuelles enfantines mutuellement consenties, mais qui témoignent d'une organisation psychopathologique, momentanée ou non chez au moins un des deux partenaires ( sexualité liée à l'angoisse, à la névrose, sexualité post-traumatique ; début d'orientation perverse... ) ( Hayez, 1999 ).

2) On peut raisonner de la même manière à propos de beaucoup d'activité sexuelles consenties entre adolescents assez proches en âge, homo ou hétérosexuelles. Elles ont elles aussi le statut, soit d'être des actes d'explorations ou/et de recherches de plaisir ou/et de défis à l'ordre adulte bilatéralement consentis, soit d'être les symptômes d'une pathologie mais sans violence sur autrui, soit celui d'être intégrées dans une relation amoureuse par définition réciproque. Mais si les faits sont découverts, certains de ces adolescents, surtout les filles ou/et les plus jeunes, oublient leur part de consentement : face à la rage de l'ordre adulte; ils prétendent alors avoir été contraints ...

3) Ce qui est plus délicat à apprécier, c'est le statut des activités sexuelles entre adolescents et enfants prépubères. Lorsque la différence d'âge reste assez faible, nous plaidons pour que des consentements bilatéraux puissent toujours être possibles : la " psychologie " du plus âgé n'est pas toujours très éloignée de celle du plus jeune! Leur langage, leur culture, leur image du monde et de la sexualité, tout comme leurs besoins, peuvent parfois moins différer que ce que laisse supposer leur âge biologique ; il peut en aller de même de l'impression de puissance dominante qui émanerait de l'un ou de l'autre ...
Nous discuterons plus loin le problème posé par les grandes différences d'âge.

B - Discussion

- Les adultes ne reconnaissent pas toujours adéquatement la dimension pathologique de certaines de ces activités abusives : ils en ignorent toute signification (minimisation : "C'est normal à son âge") ou, plus souvent, lui attribuent le statut d'un acte volontairement transgressif de leurs règles si pas fondamentalement mauvais. Par exemple, le caractère compulsif d'une masturbation en référence à l'angoisse est nié, et l'enfant est positionné comme " vicieux ".

- De regrettables confusions existent aussi à propos des activités sexuelles qui expriment le développement normal de l'enfant ou du jeune : elles sont étiquetées comme maladives ou comme mauvaises, parce qu'elles déçoivent l'adulte, l'insécurisent ou transgressent ses règles.

Pourtant, c'est un retour sur le sens de ses règles que celui-ci devrait faire constamment. La seule qui est vraiment indispensable, c'est celle qui exige de respecter le partenaire (5)

Une autre a du sens, mais s'assimile progressivement, c'est celle qui demande que la pratique de la sexualité soit discrète. Toutes les autres, autour des formes et des quantités admises, sont dictées par le relatif des cultures sociales et familiales et par la conception par les adultes de ce qu'est leur pouvoir : entre la tyrannie et la démission dans le chef de ceux-ci, elles pourraient être négociées ! Ensuite, c'est l'adulte éducateur qui garde le pouvoir de décision sur les règles culturelles qui resteront en vigueur à la maison. Si, par après, il persiste quand même une transgression, celle-ci devrait être reconnue comme telle, et non comme un acte intrinsèquement mauvais.

II - Les abus en dehors de la fratrie

A - Seule, une minorité des activités sexuelles commises par des mineurs mérite clairement le nom d'abus. Ici, le mineur incriminé cherche principalement son plaisir et/ou son pouvoir, sans considération importante pour la personne de l'autre qu'il ignore, menace, désinforme ou/et séduit (pseudo-gentillesse, cadeaux, etc. ) : cette séduction a une intention claire de tromperie, visant à s'emparer du corps et parfois même de l'intelligence, de l'affectivité et des valeurs de la victime. Le paradigme de ces activités abusives, c'est le viol, quel que soit l'âge de la personne violée. Mais il y aussi l'exhibition, l'attentat à la pudeur, l'obligation de regarder de la pornographie ensemble, etc. . Dans bien des cas, il reste malaisé de tracer les frontières par exemple entre l'abus obtenu sous la menace, voire avec violence physique, celui qui est arraché à l'usure, la victime finissant par renoncer à exprimer son opposition, et par ailleurs, ce qui n'est plus de l'ordre de l'abus mais la relation sexuelle consentie passivement, sans vrai désir.

B - Toutefois, même si des mineurs peuvent commettre des abus sexuels, je redis mon opposition à ce qu'on les stigmatise comme abuseurs (ou agresseurs, ou délinquants) sexuels. En effet :

1. Dans le cours de leur vie, ces mineurs ont des motivations, des projets et des pratiques d'une grande variété ; on peut chaque fois les évaluer comme excellentes, bonnes, médiocres ou mauvaises ; disqualifier leur personnalité en la réduisant à son seul aspect délictueux/sexuel est une réaction sociale désespérante !

2. Parler de mineurs abuseurs fait penser à une structure de personnalité chronifiée. Or, rien n'est moins vrai : beaucoup d'abus commis par des mineurs - même les viols les plus horrifiants - restent des faits occasionnels, voire isolés, liés à une mauvaise passe de la vie. La personnalité de ces jeunes est en phase d'organisation, mouvante dans sa structuration, et en résonance profonde avec des facteurs d'environnement eux-mêmes toujours susceptibles de changer. Lorsque surviennent des changements positifs, lorsque l'exclusion diminue et que l'image de soi se restaure, lorsqu'une saine vigilance entoure ces mineurs et que leur temps est bien occupé, utilement et égréablement, alors on peut les voir se détourner de projets où un autre, plus faible, apparaît comme un trophée à conquérir sexuellement ou un punching-ball sur qui se défouler.

3. Les statistiques épidémiologiques qui établissent des corrélations effarantes vers le passé adolescentaire sexuel d'adultes auteurs de transgressions sexuelles graves, ou qui font des prédictions tout aussi effarantes vers le futur d'adolescents auteurs de délits sexuels, doivent être analysées avec énormément de précautions (taille des groupes étudiés ; existence ou non de groupes contrôles ; manière de recueillir les données, etc. ...). Des corrélations existent, hélas, mais pas avec l'inéluctabilité grossière (et commerciale) qui y est avancée. Elles existent surtout si on n'a rien fait à temps pour aider les jeunes concernés !

4. Recourir au vocable abus, agression sexuelle implique une connotation de gravité assez souvent disproportionnée aux faits et à leur pronostic.

Nous y reviendrons dans la rubrique suivante.

III - Activités sexuelles au statut incertain en dehors de la fratrie

A - Le statut incertain dont il est question porte sur la qualification "abusive" ou "non-abusive". On ne le sait pas vraiment au regard de l'acte ; pourtant celui-ci entraîne souvent des réflexes immédiats de dramatisation ("C'est un abus") ou plus rarement de minimisation !

Quand on cherche à comprendre ce qu'il en est vraiment, on constate que la première réaction réflexe de l'adulte avait été "emportée" par des critères comme : la nature du lien préalable avec l'initiateur de l'activité et celle de l'image qu'on a de lui ; autant à propos du (des) pair(s), victimes ou partenaires, qu'il a sollicités ; jouent également des enjeux institutionnels, etc. .

De rares fois, même après investigation soignée, on reste dans l'incertitude : le mieux alors, est de continuer à dialoguer avec les jeunes concernés sur ce thème précis et à les éduquer en leur faisant part de cette incertitude vécue.

B - Voici quelques illustrations :

1. Dans une maison d'enfants, la règle institutionnelle, au demeurant sensée, "No sex (inside)" est transgressée. Un adolescent (15-16 ans) a l'air d'en être l'initiateur. C'est un jeune habituellement difficile, vécu assez négativement par les adultes. Il sollicite une fille un peu plus jeune, plutôt passive (ou/et peu développée intellectuellement) (et de surcroît peut-être bien maternée dans l'institution) qui consent plus ou moins vite, plutôt passivement ou avec enthousiasme.
Les faits une fois découverts, et même si la fille admet son consentement, on ne l'écoute guère, et l'on fait de l'initiateur transgresseur un abuseur, que l'on traîne chez le juge... La réaction des adultes est encore plus dure si par honte ou par peur de la punition, la fille nie sa part de consentement.
2. Deux (ou plus de deux) enfants (par exemple entre 7 et 11 ans) procèdent à une activité sexuelle très technicisée, que l'on n'attend guère à leur âge : fellation, sodomisation... Ici, c'est le choc émotionnel provoqué par la prouesse technique qui fait penser tout de suite que l'on est dans un champ très pathologique (perversion, hédonisme tous azimuts) et très mauvais (abus). La qualification abus sera d'ailleurs d'autant plus réflexe qu'un des enfants a l'air plus jeune ou/et plus fragile et qu'il commence par contester sa part de consentement.

Pourtant, dans de nombreux cas, ces gestes très adultes n'ont pas la signification inquiétante ou vicieuse qu'on leur prête : simplement ces enfants utilisent-ils de façon judicieuse les moyens techniques (Internet, etc. ) qu'on met à leur disposition, et "s'amusent-ils" à reproduire et comprendre par exercices pratiques ce qu'ils ont vu. Plus rarement, ces actes de sexualité précoce ou de forme déviante sont plus préoccupants et signent la pathologie de ces enfants... ce qui ne veut pas encore dire ipso facto qu'ils abusent l'un de l'autre.
3. Certaines activités sexuelles brutales que l'on voit surtout chez des tout petits (par exemple entre 5 et 7 ans) sont bien des abus au sens étymologique du terme. Ils n'ont néanmoins pas de signification grave pour le présent ni pour le devenir de l'auteur : les trois gamins de de 6-7 ans qui déculottent sous la menace un (ou une) plus petit(e) dans les toilettes de l'école font quelque chose de mal, qui doit être réprimandé sèchement en même temps que la sexualité de ces enfants doit être éduquée. De là à les désigner comme abuseurs et à vouloir les mettre dans des programmes à la nord-américaine...

Quant au vécu de leur victime, il faut certes le prendre en considération et l'aider à retrouver son sourire, sa confiance dans les autres et le sentiment de son efficacité. Il est très rare cependant que les traumatismes psychiques générés par des actes isolés émanant de pairs soient très profonds. De façon plus diffuse et plus préventive, nous pourrions veiller à renforcer le droit et la capacité de ces petites à dire "Non" face à tous les abus des adultes (de pouvoir, surtout)... plutôt qu'à épingler quelques boucs émissaires.

4. Un problème très délicat est posé par les activités sexuelles existant entre partenaires d'âge très différent. Certes, on peut se simplifier la vie et le résoudre à la Nord-américaine. En 1984, par exemple, Finkelhor et Hotaling proposaient les deux règles que voici : si le sollicité a moins de 13 ans, et le solliciteur au moins 5 ans de plus que lui, c'est toujours un abus... s'il a entre 13 et 16 ans, et le solliciteur au moins 10 ans de plus, c'est toujours un abus.

On connaît néanmoins les grands risques liés à une telle manière de raisonner, et je propose plutôt de nous laisser guider par un état d'esprit :

. Plus s'accroît la différence d'âge, plus il est probable que le grand apparaisse au petit comme une force impressionnante à laquelle il est difficile de résister. Sans qu'il s'en aperçoive toujours clairement, ce grand dispose d'une capacité de maniement du langage et de gestes de séduction tels que l'enfant plus jeune s'en trouve facilement piégé et adopte des positions de conformisme ou d'inhibition, pas toujours clairement perceptibles, et qui ne correspondent pas à son consentement profond.

. Est-ce à dire que le grand veut toujours abuser et qu'il le fait éventuellement de façon soft (ce qui est encore plus vicieux) ? Souvent, oui, mais pas toujours : il existe quelques cas où l'aîné pense de bonne foi avoir demandé et obtenu l'adhésion du petit, alors que celui-ci n'osait pas lui dire non ou qu'il se laisse suggestionner superficiellement. Dans ces derniers cas, on devrait parler de malentendu plutôt que d'abus.

Cependant, si l'on attire l'attention de l'aîné sur cette confusion et qu'il récidive, alors, celle-ci acquiert bien le statut d'abus.

. Ces vérités statistiques ne sont pas universelles : rarement il est des petits plutôt délurés qui déstabilisent des aînés fragiles et indécis.

IV - Les activités sexuelles dans la fratrie

Je me limiterai à énoncer deux principes à leur propos :

- Il faut les regarder d'abord comme des activités sexuelles, en mettant entre parenthèses la possible dénomination "inceste" ; alors, on peut raisonner à leurs propos exactement comme ci-dessus.

- Ensuite, si l'on se pose la question de leur qualification incestueuse ou non, il ne faut pas brader la dénomination "inceste".

Je la réserve le plus centralement aux situations où il y a amour intense, possessif et exclusif soit bilatéral, soit émanant d'un des partenaires, et que cet amour s'accompagne de relations sexuelles (abusives, non abusives, ou ayant un statut incertain en référence à la rubrique ci-dessus) (6).
Je n'exclus pas de l'employer, mais avec déjà plus d'hésitation quant au bien fondé du terme, s'il s'agit d'activités sexuelles, le plus souvent complètes et répétées, seulement centrées sur le plaisir. Elles sont soit abusives soit bilatéralement consenties. Dans ce cas, il n'est pas certain que c'est spécifiquement le frère ou la soeur comme tel qui est recherché, mais plutôt "le corps le plus proche et le plus accessible". Est-ce vraiment cela le sens de l'inceste ?

- Par contre, je trouve ridicule de l'employer à propos de cette foule de petits jeux et d'initiations sexuelles sans amour possessif, type cour d'école (ou découverte à deux de la masturbation) : ici encore, le frère ou la soeur n'est pas recherché en fonction de ce statut, mais parce que c'est un(e) copain (copine) naturel de jeu, et qu'il est proche et accessible.


CHAPITRE II
LA PRISE EN CHARGE DES ABUS ET DES SUSPICIONS D'ABUS


Les pages précédentes ont rappelé que la sexualité constitue une réalité positive pour la grande majorité d'entre nous et celle de nos pratiques, à tous les âges de la vie. Le terme "abus" ne devrait donc pas être bradé !

Néanmoins, l'abus est susceptible de surgir, surtout dans des conditions relationnelles défavorables : à nous de faire tout ce que nous pouvons pour créer des conditions intrapsychiques et relationnelles qui donnent à chacun et à chaque famille envie de se réaliser sans passer par cette voie sinistre : c'est tout le champ de la prévention primaire, que je ne développerai pas dans ce texte.

Et s'il survient quand même, à nous d'en gérer les conséquences efficacement et d'en prévenir la récidive. C'est sur la réflexion à ce propos (7) que je me centrerai, en ayant à l'esprit le modèle belge francophone. Celui-ci me semble proche de ce qui se fait dans les autres pays européens d'inspiration latine. Quant au Québec... au lecteur d'en juger !

I - Quelques mots sur l'organisation générale

A - Pour faire face aux abus avérés et aux fortes suspicions, nous avons misé sur un équipement institutionnel lourd et hautement spécialisé (du moins dans les déclarations officielles). A quelques nuances près selon les pays, nous dirigeons les cas vers des équipes psycho-médico-sociales de plus en plus spécifiques et vers deux catégories d'autorités judiciaires : les Tribunaux pour mineurs ou/et les autorités répressives.

B - La logique des deux premières de ces Instances est une logique de protection des victimes (ici, essentiellement les mineurs) et d'aide (assistance sociale et thérapie), avec un pouvoir spécifique d'aide contrainte dévolu au Tribunal pour mineurs. Par contre, la logique des autorités répressives est irréductiblement différente : elle est centrée sur la sanction pénale, le contrôle sur la récidive et la tranquillisation de la réaction sociale (Furniss, 1993).

Si l'on désigne du terme générique "prise en charge" l'action de toutes ces Instances, force est de constater que cette prise en charge tire souvent à hue et à dia, et qu'enfants et familles sont régulièrement écartelés par des visées très différentes (8).

C - Nous pratiquons une incroyable politique de l'autruche à propos des quantités d'équipement nécessaires : rien que pour prendre en charge énergiquement et le temps qu'il faut les abuseurs avérés (ou/et ceux dont on a l'intime conviction qu'ils le sont), il faudrait construire des villes- hôpitaux couplées à des villes-prisons.

Les gouvernements sont incapables de prendre les mesures quantitatives corrélatives à la promotion qu'ils font de l'équipement lourd, et on a donc créé l'impasse que voici : campagnes de sensibilisation et pressions plus ou moins énormes faites vers le signalement spécialisé d'une part, et d'autre part, listes d'attentes et incapacité de gérer vraiment les urgences chez les spécialistes. C'est probablement une partie non avouée des raisons pour lesquelles Parquets et juges classent sans suite de nombreux cas très plausibles ; quant aux institutions psycho-sociales, elles jouent au jeu commode "C'est pas pour moi ; c'est pour le suivant" : le cas n'étant jamais vraiment pris en charge dans ce carrousel superficiel, finalement, le passage sans fin de la patate chaude épargne du temps à tous : "On va (toujours) t'aider"... mais ce sera toujours le suivant !

D -Pour chaque cas particulier, les institutions à l'oeuvre ne se soucient pas assez de coopérer, c'est- à-dire de concevoir et de réaliser un programme d'ensemble où des objectifs fondamentaux soient tous poursuivis, sans hiérarchisation et de façon harmonieuse : protection des enfants et des faibles, surtout s'ils ont été victimes ; meilleur respect des grandes Lois humaines et des lois de la cité (9) incluant la sanction (10) des transgressions graves qui ont existé ; amélioration du fonctionnement intrapsychique et relationnel de chaque partenaire de l'abus ( et donc de leur famille si l'abus est intra- familial ), ce qui constitue le garant le plus fondamental de la non-récidive.

Reste alors à statuer sur l'opportunité de la sanction pénale, surtout si l'abus est intra-familial. Il n'est pas acceptable que, à cause d'elle, une destruction encore plus grande s'abatte sur la victime et sur sa famille; il n'est pas acceptable non plus que son existence ou ses modalités rende impossible la poursuite des objectifs fondamentaux.

Nous devons veiller à ce que des progrès substantiels soient faits pour que ces synergies inter- institutionnelles existent; nous ne pouvons plus nous en tenir à acter que les institutions "ont des logiques différentes", et que chacune a le droit de poursuivre la sienne aveuglément, soucieuse d'abord de maintenir son pouvoir propre et son confort ... et que c'est très bien ainsi : une société doit rester au service de l'humain, globalement, et pas à celui des institutions à qui elle a délégué des pouvoirs.

Ceci implique, entre magistrats et intervenants psycho-sociaux, un dialogue humble, au service de ces tiers que sont les enfants victimes, leurs familles et même les adultes auteurs, en grande difficulté eux aussi. Des réalités comme : la sanction, la Loi, l'aide, la thérapie, les mesures de protection, doivent être au service des gens, et pas des mots creux ou des recettes passe-partout assénés d'en haut, de façon clivée.

II - Composantes plus précises de la prise en charge

Nous les décrirons selon un ordre chronologique approximatif :

A - Les intervenants de première ligne, et parfois les autres, confondent trop Intensité de l'engagement (pour aider énergiquement l'enfant en danger) et Précipitation de la première intervention (11)
La précipitation avec laquelle on signale et on passe la main tient aussi bien au sentiment d'impuissance et à l'angoisse des professionnels de première ligne, qui ne savent pas très bien comment gérer une situation sur place, qu'aux pressions faites sur eux pour qu'ils signalent vite même leurs simples suspicions.

1. Pourtant, on pourrait laisser plus longtemps dans son milieu l'enfant seulement suspect d'être abusé, du moins si l'on pense qu'il n'existe pas un danger grave et proche pour sa vie (12).
Les adultes alertés (enseignants, chef d'un mouvement de jeunesse, pédiatre... ) pourraient veiller à ne pas ébruiter leurs soupçons au-delà d'un petit groupe de réflexion, dans lequel ils incluent éventuellement l'un ou l'autre aidant plus spécialisé (psychologue scolaire, membre d'une équipe spécifique, etc. ). Ce petit groupe :

. délègue un membre, dans toute la mesure du possible familier de l'enfant, pour "apprivoiser" celui-ci (au sens de Saint Exupéry) et lui indiquer délicatement qu'il a le droit de parler de ses éventuels soucis et qu'il s'en trouverait probablement soulagé ;

. organise éventuellement une récolte discrète d'informations supplémentaires ;

. prend des décisions au fil du temps et en référence à des critères pertinents (révélation ou non par l'enfant ; accroissement des indicateurs indirects ; degré de gravité du danger, degré de collaboration ou de résistance prévisible dans le chef des agents possibles de la maltraitance, etc. ...).

Ces décisions portent sur les axes que voici :

. Qui continue à s'occuper du cas : les intervenants de première ligne ? une équipe spécialisée ? judiciarisation complémentaire ou non ?

. Intervention active (se confronter aux supposés auteurs de la maltraitance) ; non- intervention active (contact gardé avec l'enfant moyennement suspect ; limites imposées par des situations potentiellement très résistantes (13), etc. ) ; allégement ou abandon de la surveillance, etc. ...

2. Face à l'enfant qui a déclaré un abus, et en dehors du danger proche pour sa vie, nous pourrions nous interdire tout activisme avant de nous être donnés un temps de réflexion ! la programmation issue de celle-ci devrait intégrer le moins mal possible des objectifs pas toujours compatibles à 100% comme : construire une protection efficace autour de l'enfant ; sanctionner la transgression grave ; aider à mieux fonctionner (sollicitude thérapeutique et sociale pour l'enfant, sa famille, l'abuseur).

B - En cours de programme, l'enfant est souvent entendu par de "vrais" spécialistes de la gestion de l'abus : policiers, psychologues, experts. Des progrès substantiels ont été réalisés pour améliorer l'ambiance et les procédures de ces entretiens, leur contenu et l'exploitation de leurs résultats. Par exemple, une grille d'analyse standard et bien validée comme le SVA (Yiulle, 1989) permet une évaluation fine de la fiabilité du discours après l'âge de 5, 6 ans (14)
Encore faut-il que les professionnels concernés, et notamment ceux du monde judiciaire, soient bien convaincus que la praole de l'enfant, correctement recueillie et scientifiquement analysée, constitue un élément de preuve très fort et assez souvent le seul accessible. Cette conviction devrait être stable c'est-à-dire ne pas fluctuer au gré du statut social des accusés et de la qualité de leurs défenseurs : il est inadmissible que cette parole soit aléatoirement prise en considération ou méprisée, parfois par le même magistrat ! Des progrès doivent donc encore être faits dans des domaines comme :

- La formation de tous, pour éviter soit des séductions soit des rejets de principe : c'est la scientificité qui doit être à l'oeuvre, et non les émotions.

- Le travail sur les résistances émotionnelles, qui vont et viennent, autour de l'acceptation que des adultes s'en prennent sexuellement à des enfants : le combat intérieur qu'a connu et qu'a perdu Freud, à propos de l'enfant soit réellement traumatisé, soit fabulateur, reste d'une cruelle actualité (Bonnet, 1999 - première partie, très bien documentée).

C - Dans tous les cas où un programme non judiciarisé ne progresse pas, essentiellement parce que la famille ne collabore pas, et pour peu que l'on ait l'impression que l'enfant a besoin d'aide extérieure, le Tribunal pour mineurs devrait prendre ses responsabilités et exercer clairement son pouvoir d'aide contrainte, en concertation avec les intervenants qui l'ont précédé et qui restent souvent à l'oeuvre.

Il en va de même dans tous les cas où les autorités répressives voient leur travail s'enliser ou s'orienter vers un non-lieu fautes de preuves.

D - Des progrès ont également été réalisés dans la conception et la réalisation des dimensions thérapeutiques de la prise en charge, mais du chemin reste encore à parcourir :

1. Et d'abord, à propos de l'enfant victime de l'abus

S'enquiert-on chaque fois et précisément de son éventuelle traumatisation psychique ? Entre l'extrême du PTSD ou de la dépression graves et l'autre du pervertissement, l'enfant n'est pas chaque fois aussi blessé qu'une mauvaise littérature, à vagues relents commerciaux, voudrait le faire croire. Mais cherche-t-on à savoir ce qu'il en est sans a priori ?
Dispose-t-on de propositions thérapeutiques individuelles ou de groupe suffisamment diversifiées, avec des thérapeutes respectueux, capables d'écouter sans plonger tout de suite dans des pseudo- réassurances superficielles (type "Tu n'es coupable de rien du tout" avant même d'avoir écouté) ? Respecte-t-on la liberté de l'enfant d'accepter ou de refuser de l'aide ? Croit-on suffisamment qu'il peut se réparer tout seul (ou en tout cas, sans nous) ? A l'inverse, avec les enfants les plus phobiques ou les plus dépressifs, qui fuient l'aide, peut-on être un peu insistant, gentiment, sans les violenter ni les renvoyer sans plus dans le fond noir de leur puit ?
Tient-on compte que des entretiens avec l'enfant ou une thérapie stricto sensu doivent s'accompagner dans toute la mesure du possible d'une meilleure protection de sa personne (15) , de mesures sociales pour sa famille et de l'engagement parallèle de celle-ci dans une réflexion sur son fonctionnement à elle ?

2. Ensuite, à propos des membres de sa famille qui n'ont pas été les agents directs de l'abus

Tout comme pour l'enfant, on peut s'enquérir de leur éventuelle traumatisation psychique (culpabilité de ne pas avoir vu ou de ne pas avoir aidé ; angoisse par rapport à l'avenir ; ambivalence ou colère face à l'abuseur... ou à l'enfant, etc. ). De l'aide peut leur être proposée, dans le même état d'esprit qu'à propos de l'enfant. Des efforts doivent être menés dans la limite du raisonnable pour que des relations positives se maintiennent ou se renouent entre l'enfant et eux : l'expérience montre que le fait que l'enfant ait des protecteurs positifs à la maison est une condition importante pour qu'il puisse y rester et s'y réparer.

3. Enfin, à propos de l'auteur

On devrai lui proposer un programme psychothérapeutique intégré (16) , dont chaque composante a une égale importance : dimension d'intrsopection approfondie, dimension cognitivo-behavioriste et travail systémique avec son milieu de vie habituel.

S'il n'est pas intéressé à s'engager dans une psychothérapie - démarche libre où l'on vise surtout la rencontre et la libération de soi -, on peut lui imposer des entretiens : ce sont des rencontres de paroles demandées par les professionnels, où ils s'efforcent de mettre sur le tapis des thèmes de réflexion -clé et qui peuvent s'avérer à la longue d'une grande fécondité. Même quand il y a psychothérapie, les entretiens devraient lui coexister, comme signe d'engagement et de vigilance de la communauté face à lui.

La proposition de psychothérapie et l'imposition des entretiens gagne a être systématique et entre autre être rendue possible même pendant l'emprisonnement. Par contre, nous sommes des plus réticents face à tout ce qui ressemble à une alternative à la sanction pénale constituée par la psychothérapie : à notre sens, amélioration de soi par la parole et sanction sont importants mais indépendants ; supprimer ou atténuer la sanction pénale moyennant promesse ou premiers pas d'engagement dans une psychothérapie compromet la sincérité et la fiabilité des "progrès" réalisés en thérapie.

III - En guise de conclusion : l'engagement de la première ligne

Le grand chantier à mettre en oeuvre, c'est celui d'une meilleure utilisation de l'énergie et des compétences potentiellement disponibles en première ligne informelle (voisins et amis de la famille concernée), ou professionnelle (enseignants, médecins généralistes, etc ...). Certes, l'organisation de cette mise en oeuvre ne sera pas facile; elle demandera beaucoup de créativité et de vigilance, pour éviter des dérives type "vengeance directe, sauce extrême-droite". Il s'agit de stimuler une solidarité de proximité, et non une paranoïa.

Nous avons donné des précisions à ce propos dans l'ouvrage collectif "Criminologie et psychiatrie" (Alberhne, 1997, v. p. 748 et sq.) et nous les résumons ici :

1. Un certain nombre de situations d'abus pourraient être gérées sur place, dans le tissu social même où elles ont jailli.

2. Les agents directs de cette gestion pourraient être chaque fois des petites équipes (4-5 personnes) constituées de professionnels de première ligne, en association pour la circonstance (médecins généralistes, pédiatres, travailleurs sociaux, psychologues scolaires, etc. ). S'y inclueraient éventuellement, s'ils sont identifiés comme compétents, sereins et capables d'une grande discrétion, l'une ou l'autre personne familière de l'enfant, de sa famille, voire de l'abuseur, comme : un prêtre, un enseignant, voire un voisin, un ami, un membre de la famille élargie. Appelons ces équipes, groupes de solidarité. S'ils en ont besoin, ces groupes doivent pouvoir recevoir la supervision d'une structure spécialisée.

3. Leur gestion locale de l'abus aurait pour objectifs :

. Se solidariser avec l'enfant abusé ; constituer avec lui une force qui dit "Non" et qui lutte pour sa protection ; renforcer le rôle actif de l'enfant.

. Se confronter à l'abuseur, lui exprimer la conviction du groupe et le fondement de celle-ci, avec une persistance tranquille, et obtenir de lui une reconnaissance des faits ; lui rappeler la Loi et le dissuader de récidiver (sanction sociale) ; l'inviter à réparer et à donner le meilleur de lui-même à l'avenir ; lui montrer éventuellement l'intérêt d'une psychothérapie.
Au fil d'un dialogue probablement d'abord difficile, le groupe de solidarité peut montrer à l'abuseur qu'il le considère comme un être humain, porteur d'une part de souffrance morale, d'une part de rapport libre au Mal (destruction d'autrui), mais aussi d'une part de richesses qui pourraient être mieux exploitées : il n'est pas tout à fait juste de cibler 5 à 10 % de nos concitoyens comme les parfaits monstres-épaves du troisième millénaire, là où tous les autres seraient les "bons" !


. Se solidariser avec la famille de l'enfant et l'aider à mieux fonctionner.

. Avec l'enfant, sa famille (y inclus l'ex-abuseur s'il en est membre) chercher comment la protection de l'enfant sera bien assurée.

. Si l'intervention du groupe est acceptée, constituer un lieu de soutien et de vigilance de longue durée.
La réalisation de ces objectifs entraîne que la gestion de l'abus sexuel sorte un peu du strict cercle familial, mais il s'agit d'une sortie discrète, donc plus acceptable, sans la publicité large qu'exigent de facto les grandes institutions.

4. Le corollaire de ce qui précéde, c'est un changement partiel du contenu des campagnes de sensibilisation :

. S'adressant à la communauté et aux intervenants de première ligne, elles peuvent les inviter à une prise de responsabilité directe, dans une ambiance de vigilance et de solidarité.

. S'adressant aux enfants déjà victimes, elles peuvent continuer à les inviter à parler de ce qui leur arrive, mais sans leur faire croire qu'on les écoutera facilement ni que l'aide viendra d'abord et principalement des grandes institutions judiciaires ou psycho-sociales : qu'ils s'adressent d'abord à des intervenants de première ligne familiers. Ensuite, et plus ils sont âgés, qu'ils participent, aux côtés du groupe de solidarité, au refus actif que ça continue et à la mise en place de leur propre protection.

5. Nous proposons donc que ce soit des stratégies de proximité et de concitoyenneté qui prennent d'abord et souvent en charge des fonctions de confrontation, de sanction sociale et de protection qui, jusqu'à présent, étaient transférées et réservées à des institutions très spécialisées. Celles-ci doivent rester en place, mais avec des missions spécialisées ou subsidiaires.

Missions spécialisées ? Nous avons déjà évoqué l'intérêt possible d'une supervision du groupe de solidarité par une équipe spécialisée. Par ailleurs, le dialogue entre l'enfant, l'abuseur et sa famille, d'une part, et le groupe de solidarité, de l'autre, pourraient provoquer que les premiers ou certains d'entre eux demandent des soins psychologiques ou/et une aide sociale très formalisée qu'ils ressentent comme nécessaire : celle-ci devrait leur être accessible.

Missions subsidiaires ? Même si l'on gagne du terrain par rapport aux pratiques existantes, il restera des cas assez nombreux où le groupe de solidarité ne pourra pas se constituer, estimera qu'existe un danger grave et proche ou/et que les risques d'une intervention non spécialisée sont trop élevés, ou échouera dans sa mission. Alors, l'enfant abusé ou/et le groupe doivent pouvoir faire appel à des institutions plus spécialisées, purement psycho-sociales ou judiciaires du type Tribunal pour mineurs (à cause du cadre contraignant qu'il est à même d'imposer si l'enfant est en danger).

Quant aux autorités répressives, nous proposons de limiter leur intervention aux cas les plus inacceptables. Reste à en dresser une liste approximative : nous y mettrons pour notre part les abuseurs externes (pédophiles) inaccessibles au groupe de solidarité, les cas de récidive, l'entretien de réseaux de prostitution ou de pornographie, les abuseurs-collectionneurs d'enfants, ceux qui blessent les corps, etc ... : la discussion est ouverte !

Si on restreint leur champ d'intervention, reste à espérer que ces autorités répressives interviennent énergiquement et en référence à des critères scientifiques : qu'elles fassent ce qu'il faut pour améliorer leur compétence, et qu'elles n'acceptent plus que les églises, loges et autres copinages politiques cherchent à étouffer des poursuites méritées, tant par les puissants de ce monde que par les humbles.


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BIBLIOGRAPHIE

ALBERHNE T. (sous la direction de),
Criminologie et psychiatrie, Ellipses, 1997.

BONNET C.,
L'enfant cassé, Albin Michel, 1999.

FINKELHOR D.H., HOTALING G.J.,
Sexual abuse in the national incidence study of child abuse and neglect, Child abuse and neglect, 1984, 8, 23-32.

FURNISS T.,
The multiprofessional handbook of child sexual abuse, London & New-York, Routledge, 1993.

GAVSHON A.,
The analysis of a latency boy. The developmental impact of separation, divorce and remariage, Psychanal. Study Child, 1990, 45, 217-223.

HARTLING P., Ben est amoureux d'Anna, Kid Pocket 128, 1998 (réed. d'un ouvrage de 1981).

HAYEZ J.-Y., de BECKER E.,
L'enfant victime d'abus sexuel et sa famille : évaluation et traitement, Coll. Monographies de la psychiatrie de l'enfant, Paris, PUF, 1997.

HAYEZ J.-Y.,
Peurs, anxiété et angoisses de l'enfant : modélisation et traitement, Annales médico- psychologiques, 1999, 157-5, 308-319.

HAYEZ J.-Y.,
Sexualité des enfants en âge d'école primaire, Perspectives psychiatriques, 1999, 68-4, 288-289.

HAYEZ J.-Y., de BECKER E.,
Abus sexuel sur mineurs d'âge, Encyclopédie médico-chirurgicale, Psychiatrie, Paris, Elsevier, 1999, 37-204-H-10.

LAMB M., COAXLEY M.,
"Normal" childhood play and games, differentiating play from abuse, Child abuse and neglect, 1993, 17, 4, 515-526.

YUILLE J.-C., (éd.)
Credibility assessment, Dordrecht, The Netherlands, Kluwer.

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Notes.

(1). Ce désir de transgresser présent chez le petit humain, pour se sentir vivre et être fort, connaît néanmoins des limites spontanées; même des petits enfants sont "retenus de l'intérieur" quand la transgression est repérée par eux comme ayant un effet trop destructeur. Par contre, ils s'en prennent régulièrement aux symboles, rites et insignes des adultes. Une belle illustration, qui porte cette fois sur la connaissance de la mort, en est donnée dans le dessin animé Le roi Lion : Simba et Nala s'en vont joyeusement explorer le territoire interdit par le Père, le territoire noir, à l'ombre, principalement parce que c'est interdit.

(2). Il arrive que, une fois découverte la nudité de celui (celle) qu'on aime bien, on ne sache pas très bien qu'en faire ... et qu'il s'installe une gène un peu triste, puis que l'on n'y revienne plus. C'est très joliment décrit dans le roman Ben est amoureux d'Anna de P. Hartling (1981). Et si, par ailleurs, le petit Spirou désire ardemment connaître les dessous de Suzette, ce n'est pas par hasard qu'il n'y arrive jamais : la fête serait peut-être finie du même coup.

(3). Lamb ( 1993 ), dans une vaste recherche rétrospective, note que la recherche d'excitation érotique n'est citée que 14 fois sur 100, parmi les grandes catégories de buts recherchés. Les autres grands buts fréquemment invoqués sont : l'imitation de la manière d'être des adultes ( 30 % ), puis la satisfaction de la curiosité et la maîtrise de l'angoisse, via les " jeux de docteur " ( 16 % ).

(4). Dans l'article Sexualité des enfants en âge d'école primaire (Hayez, 1999) nous décrivons ces caractéristiques de façon plus détaillée ; nous les différencions également des caractéristiques d'une sexualité pathologique.

(5). Le respect du partenaire va, à mon sens, jusqu'à ne jamais solliciter sexuellement les enfants très jeunes (± avant 6 ans) qui ne me semblent pas capables d'un vrai consentement éclairé.

(6). S'il y a ce type d'amour sans le sexe, on peut parler de climat incestueux.

(7). Les considérations que j'émets à propos de l'abus sexuel s'appliquent également dans une large mesure à la maltraitance physique ou/et psychologique ou/et à la négligence grave et intentionnelle.

(8). Certains essaient de récupérer un semblant d'unité dans les objectifs en avançant que la sanction pénale (de l'abuseur) est aussi thérapeutique (pour lui et pour la victime). Néanmoins, tel n'est pas son but, et l'effet thérapeutique " par surcroît " est très loin de constituer un acquis général!

(9). Par " grandes Lois humaines " nous entendons les énoncés généraux fondateurs d'une viabilité digne et conviviale : tabou du meurtre et de l'inceste, dans une acceptation stricte et large, et avec un versant positif ( faire quelque chose pour l'autre ). Par " lois de la cité " ( lois positives, dont une partie sont les lois pénales ) nous entendons les constructions humaines organisatrices de la vie en société, et qui essaient - ou/et prétendent - traduire les grandes lois.

(10). La sanction citée ici ne se réduit pas à la sanction pénale et ne l'inclut pas nécessairement : il peut s'agir de l'interdiction verbale commentée, de la demande de dédommagement ou de réparation plus ou moins formellement instituée, de l'écartement du milieu de vie, et de plusieurs catégories de punitions, dont la sanction pénale.

(11). Cette précipitation de l'extraction de l'enfant hors du milieu supposé nocif, et la brutalité avec laquelle on le confronte à l'équipement, lui et sa famille, ne concernent assez souvent que la toute première étape de la prise en charge. Une fois le cas référé aux structures spécialisées, le rythme peut redevenir plus lent si pas inacceptablement bureaucratique, et la vigilance peut s'effriter (une reprise de contact sauvage, ponctuelle ou non, entre l'enfant et l'abuseur ne constitue pas une rareté).

(12). Cette impression de danger grave existe surtout pour les enfants très jeunes et qui semblent déjà physiquement violentés ou en passe de l'être. Des mesures d'urgences ont leur sens alors, et il est prudent qu'elles soient confiées à des équipes spécialisées pour ce type de situations.

(13). Bien que ceci puisse paraître choquant, l'expérience nous a enseigné que, dans de rares cas identifiés comme très lourds, il était tout à fait prévisible que l'intervention active n'allait amener que des résistances intenses, l'éjection des intervenants, le non-lieu judiciaire, et la fermeture du système maltraitant sur l'enfant, plus prisonnier de lui que jamais. Quand on essaie néanmoins d'intervenir, la prédiction se réalise 9 fois sur 10. Quand nous sommes convaincus d'être dans un tel contexte, assumer notre impuissance et nous limiter à une non-intervention active ne constitue-t-il pas alors la moins mauvaise façon d'assister une personne en danger ? D'autant plus que, très souvent, la dite personne a l'intuition forte qu'elle ne doit pas en demander plus, et supplie qu'on n'en fasse pas plus.

Par non-intervention active nous entendons : manifester discrètement de la solidarité à l'enfant ou l'adolescent, l'écouter, chercher avec lui si l'on trouve des moyens réalistes de meilleure protection de sa personne; mais ne pas se précipiter pour en échafauder des artificiels de l'extérieur, tout juste bons à se briser sur la résistance de l'entourage et à accroître la maltraitance.

L'espace nous manque pour développer ce point très délicat. Pour plus de détails, se référer à Hayez et de Becker, 1997, p. 245 et sq.

(14). La fiabilité des dires des tout petits, et celle de leurs indicateurs comportementaux reste d'appréciation beaucoup plus délicate : les méthodes d'investigation qui les concernent devraient constituer une préoccupation centrale des chercheurs; il n'est évidemment pas acceptable de s'en tenir à dire qu'on ne peut rien conclure ni empêcher, et qu'on ne peut poursuivre personne parce qu'ils sont petits! Le minimum est que l'on mette au point des procédures efficaces qui protègent leur avenir, quand le présent est fait de doutes!

(15). Dans toute la mesure du possible : le plus souvent, il faut mettre beaucoup d'énergie pour que cette protection soit plus effective. Rarement, nous avons plaidé pour l'attentisme et la seule rencontre avec l'enfant comme constituant la moins mauvaise mesure ( cfr. foot note 1, p. II-4 ). Jamais la réflexion sur la protection ne doit être négligée!

(16). Nous ne prétendons pas pour autant que commettre un abus n'est qu'un fait pathologique qui ne relève alors que de la thérapeutique. C'est aussi et en partie un choix libre et mauvais, qui relève de la sanction sociale dans l'acception large que nous lui avons donnée.

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Création le 25 mars 2003.
Dernière mise à jour le dimanche 02 mai 2010.
Issu d'un fichier en traitement de texte word 6.0 reçu du professeur Jean-Yves Hayez
DS.ds


 


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... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 

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Félicitations

Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )

Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez


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PLAN.


CHAPITRE I
LA SEXUALITE DE LA GRANDE MAJORITE D'ENTRE NOUS
RESTE SAINE ET EPANOUISSANTE

Introduction.
§ I. PREMIERE APPLICATION : LE DEVELOPPEMENT DE LA VIE
       SEXUELLE PENDANT L'AGE DE L'ECOLE PRIMAIRE.
I  -  Les déterminants d'une vie sexuelle saine
A - La curiosité.
B - Le désir et le processus d'identification aux grands et aux adultes.
C - Le défi face aux règles.
D - L'affirmation d'une puissance ressentie en soi.
E - Un enfant sain n'est pas exempt d'angoisses, ni même de légers sentiments de culpabilité irrationnelle.
F - La camaraderie ou l'amitié
G - Et en effet, le plaisir de la manipulation sexuelle,
H - A côté de ces dynamismes psychiques principaux, et sans prétendre d'ailleurs en avoir dressé une liste exhaustive, il faut encore évoquer des facteurs d'un autre ordre, comme :
II - Caractéristiques des activités sexuelles susceptibles d'en résulter
§ II. PEUT-ON PARLER DE MINEURS ABUSEURS ?

Introduction
I  - Les activités sexuelles non abusives en dehors de la fratrie
II - Les abus en dehors de la fratrie
III - Activités sexuelles au statut incertain en dehors de la fratrie
IV - Les activités sexuelles dans la fratrie
CHAPITRE II
LA PRISE EN CHARGE DES ABUS ET DES SUSPICIONS D'ABUS

I - Quelques mots sur l'organisation générale
II - Composantes plus précises de la prise en charge
III - En guise de conclusion : l'engagement de la première ligne
BIBLIOGRAPHIE.

Notes.


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Notes automatiques.

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Note 1.


(1). Ce désir de transgresser présent chez le petit humain, pour se sentir vivre et être fort, connaît néanmoins des limites spontanées; même des petits enfants sont "retenus de l'intérieur" quand la transgression est repérée par eux comme ayant un effet trop destructeur. Par contre, ils s'en prennent régulièrement aux symboles, rites et insignes des adultes. Une belle illustration, qui porte cette fois sur la connaissance de la mort, en est donnée dans le dessin animé Le roi Lion : Simba et Nala s'en vont joyeusement explorer le territoire interdit par le Père, le territoire noir, à l'ombre, principalement parce que c'est interdit.


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Note 2.


(2). Il arrive que, une fois découverte la nudité de celui (celle) qu'on aime bien, on ne sache pas très bien qu'en faire ... et qu'il s'installe une gène un peu triste, puis que l'on n'y revienne plus. C'est très joliment décrit dans le roman Ben est amoureux d'Anna de P. Hartling (1981). Et si, par ailleurs, le petit Spirou désire ardemment connaître les dessous de Suzette, ce n'est pas par hasard qu'il n'y arrive jamais : la fête serait peut-être finie du même coup.


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Note 3.


(3). Lamb ( 1993 ), dans une vaste recherche rétrospective, note que la recherche d'excitation érotique n'est citée que 14 fois sur 100, parmi les grandes catégories de buts recherchés. Les autres grands buts fréquemment invoqués sont : l'imitation de la manière d'être des adultes ( 30 % ), puis la satisfaction de la curiosité et la maîtrise de l'angoisse, via les " jeux de docteur " ( 16 % ).


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Note 4.


(4). Dans l'article Sexualité des enfants en âge d'école primaire (Hayez, 1999) nous décrivons ces caractéristiques de façon plus détaillée ; nous les différencions également des caractéristiques d'une sexualité pathologique.


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Note 5.


(5). Le respect du partenaire va, à mon sens, jusqu'à ne jamais solliciter sexuellement les enfants très jeunes (± avant 6 ans) qui ne me semblent pas capables d'un vrai consentement éclairé.


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Note 6.


(6). S'il y a ce type d'amour sans le sexe, on peut parler de climat incestueux.


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Note 7.


(7). Les considérations que j'émets à propos de l'abus sexuel s'appliquent également dans une large mesure à la maltraitance physique ou/et psychologique ou/et à la négligence grave et intentionnelle.


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Note 8.


(8). Certains essaient de récupérer un semblant d'unité dans les objectifs en avançant que la sanction pénale (de l'abuseur) est aussi thérapeutique (pour lui et pour la victime). Néanmoins, tel n'est pas son but, et l'effet thérapeutique " par surcroît " est très loin de constituer un acquis général!


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Note 9.


(9). Par " grandes Lois humaines " nous entendons les énoncés généraux fondateurs d'une viabilité digne et conviviale : tabou du meurtre et de l'inceste, dans une acceptation stricte et large, et avec un versant positif ( faire quelque chose pour l'autre ). Par " lois de la cité " ( lois positives, dont une partie sont les lois pénales ) nous entendons les constructions humaines organisatrices de la vie en société, et qui essaient - ou/et prétendent - traduire les grandes lois.


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Note 10.


(10). La sanction citée ici ne se réduit pas à la sanction pénale et ne l'inclut pas nécessairement : il peut s'agir de l'interdiction verbale commentée, de la demande de dédommagement ou de réparation plus ou moins formellement instituée, de l'écartement du milieu de vie, et de plusieurs catégories de punitions, dont la sanction pénale.


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Note 11.

(11). Cette précipitation de l'extraction de l'enfant hors du milieu supposé nocif, et la brutalité avec laquelle on le confronte à l'équipement, lui et sa famille, ne concernent assez souvent que la toute première étape de la prise en charge. Une fois le cas référé aux structures spécialisées, le rythme peut redevenir plus lent si pas inacceptablement bureaucratique, et la vigilance peut s'effriter (une reprise de contact sauvage, ponctuelle ou non, entre l'enfant et l'abuseur ne constitue pas une rareté).


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Note 12.


(12). Cette impression de danger grave existe surtout pour les enfants très jeunes et qui semblent déjà physiquement violentés ou en passe de l'être. Des mesures d'urgences ont leur sens alors, et il est prudent qu'elles soient confiées à des équipes spécialisées pour ce type de situations.


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Note 13.


(13). Bien que ceci puisse paraître choquant, l'expérience nous a enseigné que, dans de rares cas identifiés comme très lourds, il était tout à fait prévisible que l'intervention active n'allait amener que des résistances intenses, l'éjection des intervenants, le non-lieu judiciaire, et la fermeture du système maltraitant sur l'enfant, plus prisonnier de lui que jamais. Quand on essaie néanmoins d'intervenir, la prédiction se réalise 9 fois sur 10. Quand nous sommes convaincus d'être dans un tel contexte, assumer notre impuissance et nous limiter à une non-intervention active ne constitue-t-il pas alors la moins mauvaise façon d'assister une personne en danger ? D'autant plus que, très souvent, la dite personne a l'intuition forte qu'elle ne doit pas en demander plus, et supplie qu'on n'en fasse pas plus.

Par non-intervention active nous entendons : manifester discrètement de la solidarité à l'enfant ou l'adolescent, l'écouter, chercher avec lui si l'on trouve des moyens réalistes de meilleure protection de sa personne; mais ne pas se précipiter pour en échafauder des artificiels de l'extérieur, tout juste bons à se briser sur la résistance de l'entourage et à accroître la maltraitance.

L'espace nous manque pour développer ce point très délicat. Pour plus de détails, se référer à Hayez et de Becker, 1997, p. 245 et sq.


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Note 14.


(14). La fiabilité des dires des tout petits, et celle de leurs indicateurs comportementaux reste d'appréciation beaucoup plus délicate : les méthodes d'investigation qui les concernent devraient constituer une préoccupation centrale des chercheurs; il n'est évidemment pas acceptable de s'en tenir à dire qu'on ne peut rien conclure ni empêcher, et qu'on ne peut poursuivre personne parce qu'ils sont petits! Le minimum est que l'on mette au point des procédures efficaces qui protègent leur avenir, quand le présent est fait de doutes!


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Note 15.


(15). Dans toute la mesure du possible : le plus souvent, il faut mettre beaucoup d'énergie pour que cette protection soit plus effective. Rarement, nous avons plaidé pour l'attentisme et la seule rencontre avec l'enfant comme constituant la moins mauvaise mesure ( cfr. foot note 1, p. II-4 ). Jamais la réflexion sur la protection ne doit être négligée!


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Note 16.


(16). Nous ne prétendons pas pour autant que commettre un abus n'est qu'un fait pathologique qui ne relève alors que de la thérapeutique. C'est aussi et en partie un choix libre et mauvais, qui relève de la sanction sociale dans l'acception large que nous lui avons donnée.


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Sexualité saine des mineurs d'âge et abus sexuel :
de l'intérêt à secouer quelques idées reçues.


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