Nos enfants, les twin towers et la guerre.
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Nos enfants,

les twin towers

et la guerre

* biographie et recueil de publications scientifiques du professeur Jean-Yves Hayez.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va et d'employer l'esprit à le justifier." Jean Guéhenno.

Jean-Yves Hayez
a le plaisir de vous proposer




Paru dans Arch Pédiatr 2001; 8:1297-301
© 2001 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés
S0929693X01006728/EDI




Nos enfants, les twin towers et la guerre



J.-Y. HAYEZ. (1)

Editorial


       Les gravissimes agressions terroristes du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis, l'agitation de l'opinion publique et les représailles qui en ont suivi n'ont évidemment pas laissé indifférente la majorité des enfants (2)
       Beaucoup, surtout avant la puberté, ont développé un état de stress aigu, en train de se résorber, mais que certains épisodes les plus violents des représailles pourraient réveiller et aggraver d'autres, moins nombreux et peut-être déjà prédisposés, souffrent d'un syndrome de stress post-traumatique plus tenace, parce qu'ils ne trouvent pas de solutions, ni mentales, ni comportementales qu'ils estiment significativement efficaces par rapport à leur insécurité persistante.

       Pour certains de ces enfants, les plus socialisés, les plus sensibles, une véritable tristesse a pu s'adjoindre à leur état d'insécurité, au moins momentanément: ils se sont sentis solidaires de la souffrance et du deuil de tant de familles, injustement victimes de la haine des hommes. Les adultes ont d'ailleurs bien remarqué les signes de ces souffrances d'enfants: angoisses nouvelles, pleurs inexpliqués, commentaires dramatiques sur ce qui pourrait arriver; sursaut et peur au passage d'avions bruyants ; régression et " collage " aux parents ; énervement plus diffus dans les cours de récréation ; bagarres plus faciles ; petits enfants qui crient " je vais te tuer ", ou «on va me tuer », etc. A l'inverse, il y a la minorité des indifférents, surtout certains adolescents qui " n'en avaient rien à cirer " et aussi quelques joyeusement excités, assimilant ce qui s'est passé à un " méga " jeu vidéo, et même quelques racistes, faisant vraiment leur le slogan politique du combat entre les soi-disant forces du Bien et celles du Mal.

       Notre responsabilité éducative et soignante est grande à l'égard de ces deux catégories schématiques de jeunes, celle qui a souffert et souffre toujours moralement, et celle, moins nombreuse, qui vit l'indifférence ou l'excitation agressive. Il nous a semblé utile de réfléchir à ce que nous pouvions faire pour bien les accompagner, comme parents ou/et comme soignants, d'autant que semblables catastrophes collectives, intentionnelles ou non, sont susceptibles de se reproduire.

       Cette réflexion commence par une brève évocation de deux préliminaires:

- l'ensemble de la communauté humaine, adultes inclus, a vécu et vit toujours jusqu'à un certain point les mêmes bouleversements que vivent les enfants; prétendre aider ceux-ci, c'est aussi nous aider nous-mêmes et c'est très bien ainsi, simplement ne faut-il pas le nier;

- les enfants disposent de forces de vie qui stimulent leur autoguérison, sans qu'ils demandent notre avis. Beaucoup ont donc essayé de s'en sortir tout seuls, en utilisant intuitivement bien des techniques que nous détaillerons par la suite. Le résultat en est variable et parfois très bon. Il faut donc nous réjouir de toutes les conversations de cours de récréation, des jeux guerriers qui ont été opportunément intensifiés pour maîtriser les " mauvais ", et de tous les nouveaux salons de chat et groupes de discussions qui sont apparus sur Internet, tout cela dans la perspective de se libérer par la parole ou par l'action ludique. Néanmoins, cette spontanéité sympathique ne suffit pas toujours et elle ne nous rend pas quittes de notre travail d'éducateurs ou/et de soignants.

A PROPOS DES ENFANTS STRESSES ET CHAGRINES

De la place de la parole.

       Aujourd'hui, il est de bon ton d'affirmer qu'il faut " aider à parler ", et non pas " faire parler ", les personnes psychiquement traumatisées, et que l'opération va les libérer.

       Or, si c'est souvent vrai, c'est à certaines conditions - en tout cas dans une ambiance de délicatesse - et pour peu que l'on ne s'en tienne pas à la seule démarche : " On vient faire un petit tour de parole près du traumatisé... et puis l'on s'en va ". Nous allons donc proposer la procédure, la dynamique dans laquelle peut s'inscrire l'échange de paroles entre celui qui est traumatisé et celui qui l'écoute, puis en indiquer les contenus possibles. Ensuite, nous décrirons d'autres démarches, nécessaires elles aussi.

Comment procéder?

       Pour beaucoup d'enfants, cela a l'air facile: ils ne demandent qu'à raconter ce qui les a impressionnés parmi les faits, et l'on peut commencer par leur reconnaître ce temps de parole et par se montrer attentifs à ce qu'ils y disent. Pour commencer, on devrait d'ailleurs les écouter sans les critiquer, en les aidant à déployer leur point de vue subjectif, sans en sourire ni vouloir trop vite le rectifier. La " réponse adulte " peut venir un peu après. Pour d'autres enfants, il suffit de poser une " petite question " et la machine de leur mémoire se met en route, tout heureux qu'ils sont que leur discours apparaisse important à l'adulte. Néanmoins, plus les enfants sont introvertis, timides ou opposants, moins ils racontent spontanément leur imagerie mentale ou leurs sentiments. On peut certes insister avec délicatesse ( par exemple leur demander de faire un dessin qui montrerait ce qu'ils retiennent des événements, mais cela ne " marche " pas avec tous les enfants : il faut finalement s'incliner devant leur liberté de dire non ), leur signaler qu'on attache une réelle importance à connaître leur point de vue, et que celui-ci nous aiderait à nous faire une opinion plus complète ( nous préférons faire appel à l'idée du service qu'ils pourraient rendre, plutôt que de leur dire " ça te fera du bien ", ce qu'ils ressentent parfois comme une emprise infantilisante ). Mais il y a une limite, et notre insistance amicale ne doit jamais devenir pression désagréable ni violence. Peut-être pouvons-nous nous en tenir, avec tel enfant qui ne veut pas parler, à créer une occasion naturelle où nous, adultes, nous nous exprimerons devant lui, entre nous, sans l'obliger à s'y joindre, par exemple lors d'une réunion familiale.

       Dialogue, évoquions-nous plus haut? Il ne s'agit pas de pousser l'enfant à se " mettre à table " face à un adulte qui demeurerait silencieux. Nous aussi, nous avons été davantage impressionnés par ceci ou cela, nous vivons des sentiments spécifiques, nous avons des points d'interrogation en tête: nous pouvons les partager avec lui, sans l'étouffer, en lui laissant de la place mais sans faire non plus semblant d'être d'accord avec toutes ses opinions : il est par- faitement possible de faire part d'un vécu ou d'une opinion différente, sans pour autant mépriser l'enfant.

       De tels bouts de dialogues peuvent prendre place dans bien des lieux et souvent de manière informelle: par exemple à la maison, parce qu'un parent a saisi au vol les signes de souffrance de son enfant, ou parce qu il a besoin de parler rapidement, lui aussi, de ce qu'il vit, lors d'un repas familial, ou le soir, lors de la mise au lit, lorsque des choses plus intimes se disent. Mais ce peut être aussi le médecin consulté face à un changement de comportement de l'enfant, qui aborde sereinement la question des éventuelles peurs ou soucis de celui-ci. Ce peut être encore en classe qu'on en parle parce que l'instituteur a remarqué le surcroît d'énervement des enfants, ou parce qu'un enfant plus extraverti a fait un commentaire précis.

Le contenu des paroles échangées.

       En ne perdant pas de vue qu'aussi bien l'adulte que l'enfant peuvent s'y mettre pour partager leurs impressions mais en pensant davantage à la part de l'enfant, l'écoute de ses dires devrait se centrer sur:

- les faits : ce qui a impressionné la " rétine psychique de l'enfant "; comment il en comprend la mise en place et l'enchevêtrement; éventuellement, leur amplification ou/et leur déformation dans des images encore plus effrayantes ou/et dans des rêves cauchemardesques; éventuellement aussi l'évocation d'autres situations d'agression, qu'il a vécues et auxquelles les faits lui font penser;

- " Pourquoi? ", question centrale de la curiosité humaine que la majorité des enfants se pose spontanément mais dont ils ne se hasardent pas toujours à exposer " leur réponse ", par peur de ne pas être accueillis. Pourquoi est-ce arrivé ? Il y a des réponses partielles, techniques, immédiates autour de l'efficacité des contrôles, explications que ces petits ingénieurs-informaticiens que sont tant d'enfants, sont intéressés à bien saisir. Mais il y a des pourquoi infiniment plus profonds et plus radicaux, auxquels ils pensent déjà un peu tout seuls et auxquels nous pouvons d'autant plus les sensibiliser qu'ils grandissent : un interdit majeur a de toutes façons été transgressé et appelle sanction, c'est celui de la vengeance directe; mais toute cette haine sous-jacente, qui est à la source de l'attentat, n'est-elle le fait que de fous ou de pervers? Ne s'explique-t-elle pas aussi dans l'injustice du monde et dans la souffrance des exclus ? Et dans un autre ordre d'idées, n'est-ce pas l'occasion de reparler avec les aînés du fait que l'omnipotence humaine est une illusion? Le risque zéro n' existera jamais : nous avons à assumer en permanence une part d'incertitude sur notre destin et à veiller vaille que vaille sur nous-mêmes, avec l'aide de nos proches;

- et le " comment? " Comment faire pour réduire le risque de récurrence d'une telle agression? En veillant et en surveillant encore mieux? Oui, peut-être un peu, et il faut sans doute dire, notamment aux plus jeunes, que leurs parents et leur entourage prendront garde à bien les protéger. Mais, ne faut-il pas parler aussi aux enfants de l'importance de construire un monde plus juste, où les biens sont plus équitablement répartis, où l'exclusion vise à disparaître et où l'on communique les uns avec les autres, d'égal à égal, sans se mépriser? Et ce projet là, ce n'est pas pour après-demain, c'est aujourd'hui, dans le cercle de la famille et dans la cour de l'école qu'ils peuvent commencer à le concrétiser: voilà qui diminuera radicalement la haine et augmentera la solidarité dans le monde, goutte à goutte, à partir de petits gestes qui sont déjà à leur portée.

Encourager l'enfant à se remettre debout, sans précipitation.

       Dans les premiers temps où l'enfant est la victime passive d'une agression, même si, comme c'est le cas ici, c'est par procuration, il se sent terriblement impuissant, abattu, vulnérable pour l'avenir. Réagissant à ce vécu, une minorité d'enfants, probablement les plus toniques, sortent rapidement leurs griffes et se montrent plus nerveux, plus agités, plus diffusément agressifs, mais de façon stérile ; la majorité des autres ont plutôt tendance à perdre confiance dans le pouvoir protecteur des adultes, à se déprimer un peu, voire à régresser pour tenter quand même de retrouver une protection, comme quand ils étaient bébés. Le travail de parole que nous venons d'évoquer permet déjà souvent d'alléger une partie de cette angoisse et de remplacer une partie des idées désespérantes par d'autres, plus toniques.

       Mais on peut faire plus pour amplifier le sentiment de ces enfants d'avoir des forces positives en eux. On peut leur demander de s'associer d'une manière ou d'une autre à la reconstruction de ce qui est détruit, à la mesure de leurs forces et sans leur faire violence s'ils rechignent d'abord. Ils peuvent le faire par des actes symboliques ( participation à des cérémonies, dessins ou pétitions pour la paix, dessins ou jouets envoyés à des petits Américains victimes, etc...). Ils peuvent le faire encore plus radicalement, en prenant en charge, avec notre soutien, les démarches de changement liées au " comment " que nous venons d'évoquer: comment rendre mon environnement plus juste, plus amical? Comment lutter contre l'exclusion de certains, à l'école ? A eux d'ouvrir de la sorte la voie pour faire perdre de la façon la plus radicale la haine des autres. Cependant, à plus court terme, et en raison de ce que nous avons signalé de l'impossibilité du risque zéro, il restera probablement toujours quelques agresseurs aveugles, et l'on peut donc explorer avec l'enfant son désir d'améliorer dans l'immédiat ses moyens de self-défense et lui en donner l'opportunité.

       Tous ces encouragements doivent cependant respecter son rythme: dans les premiers temps, un enfant agressé a souvent besoin de se mettre à l'ombre de papa et maman, et de régresser quelque peu, et il faut le laisser faire patiemment.! Tôt ou tard, parfois avec un petit coup de pouce, les forces de vie reprennent le dessus.

Les réassurances directes émanant des adultes.

       Les démarches décrites jusqu'à présent contribuent le plus radicalement à rassurer l'enfant autant que faire se peut, sans restituer pourtant l'ingénuité illusoire qu'il a vécue au début de sa vie. A travers l'écoute respectueuse des adultes, elles contribuent à réinstaller en lui l'idée que ceux-ci peuvent aussi le protéger, que lui-même possède de la force, qu'il peut faire quelque chose de positif dans le monde, et qu'il existe une place pour l'espérance.

       En matière de réassurance, les parents, surtout eux, peuvent encore en faire davantage pour les plus jeunes des enfants, en veillant à filtrer les informations qui leur parviennent: on peut mettre un enfant de trois ans au bain à l'heure du journal télévisé, et apprendre à modérer son langage devant lui. À cet âge-là, on peut se souvenir que nos mots le pénètrent parfois cruellement, au premier degré, et qu'il a du mal à les relativiser: il va penser par exemple, que la guerre, c'est " la totale ", et que c'est pour cette nuit. On doit donc être particulièrement attentifs à ses signes d'angoisse, qu'il " montre " particulièrement dans ses jeux, et le rassurer avec des mots simples, sans entrer dans trop de nuances. Comme toujours, avant de lui débiter des informations rassurantes, mieux vaut écouter ses questions et ses craintes à lui. Souvent l'essentiel sera qu'il sache que papa et maman veillent bien sur lui, que des méchants ne vont pas l'attaquer et que la guerre, c'est petit et très loin.

       Les adultes peuvent encore essayer de changer les idées des enfants qui ne feraient que penser à ça - ainsi que les leurs, si c'était le cas - en amenant toute la famille à s'intéresser à d'autres événements et à s'engager dans des activités constructives ou divertissantes. Pour les plus sensibles des enfants, un léger somnifère ou un léger tranquillisant peut les aider à dépasser l'étape pénible de leurs angoisses les plus aiguës. Pour la petite minorité chez qui l'état de stress persisterait, malgré la mise en oeuvre de toutes ces attitudes, une consultation chez un psychothérapeute peut s'avérer utile : il est rare que ce soient des enfants " simplement " hypersensibles, par tempérament. Plus souvent, ils ont déjà été fragilisés par d'autres traumatismes, ponctuels ou non, dont la trace est peut-être devenue inconsciente, mais qui continuent à les insécuriser basiquement.

Se mettre en question en tant qu'adultes.

       Ces questions de retour sur nous-même, elles sont nombreuses. Nous n'imaginons pas, ni que nous puissions nous les poser toutes, ni, à fortiori, leur apporter chaque fois les éventuels changements de mentalité ou/et de comportement qu'elles requerront. Sans nous culpabiliser de nos imperfections, elles peuvent cependant nous aider à mobiliser, de-ci de-là, des paroles ou des attitudes par lesquelles l'enfant sera mieux soulagé. Evoquons-en quelques- unes, en allant du plus aspécifique des traumatismes psychiques aux tragiques événements survenus aux Etats-Unis.

       Pouvons-nous simplement imaginer la possibilité d'un malaise, d'une résonance intérieure pénible chez l'enfant ( notre enfant, l'enfant qu'on nous amène, l'enfant que nous soignons )? qu'il a besoin de notre sollicitude particulière ? qu'il a peut-être quelque chose sur le coeur dont il n'ose pas parler?

       Et nous, sommes-nous dans notre état normal ? Le traumatisme nous a-t-il aussi affecté? En résulte-t-il quelque chose de différent, dans notre manière d'être, d'éduquen de parler en général et de parler à l'enfant ? Quel effet pouvons- nous produire sur lui? Que ressent-il de nous pour le moment? Comment peut-il être impressionné par notre énervement, notre angoisse, notre colère, nos commentaires philosophiques? Est-ce que nous ne l'interpellons pas différemment, peut-être plus négativement, parce qu'il n'est pas comme d'habitude?

       Et, plus spécifiquement dans l'application que nous vivons, qu'est-ce que nous en disons? Comment est-ce que nous partageons avec l'enfant nos " pourquoi " et nos " comment "? Sommes-nous prêts à faire quelque chose, autour de nous, pour nous remettre debout ? Et ce quelque chose peut-il contribuer à atténuer la haine autour de nous, dans notre communauté, et à moyen terme dans le monde, ou au contraire, à amplifier les rapports de forces?



       Nous en distinguons deux sous-groupes: les réactions d'indifférence et/ou de racisme manichéen, et celles d'excitation joyeuse. Aucun de ces deux sous-groupes ne sera vraiment transformé par une réponse éducative immédiate ; aucun ne mérite non plus notre colère ni notre rejet, mais plutôt que nous nous interrogions sans détours sur la raison d'être de leur fonctionnement.

       Une minorité de fois, nous serons en droit de penser que ce sont des adolescents qui " friment " en affichant des positions opposées à celles de leur entourage : plutôt que de les combattre, ils gagnent à s'entendre dire très sobrement : " Penses comme tu veux " et à constater que les adultes maintiennent leurs opinions, mais en en discutant avec d'autres qu'eux. Mais bien plus souvent, le fonctionnement interpellant de ces jeunes est plus basal et ne relève pas principalement du défi.

Face aux jeunes indifférents et/ou aux racistes manichéens.

       Ce ne sont pas des désapprobations et des moralisations faites sur le champ qui vont les faire changer de conviction, encore que nous gagnons à leur faire savoir sobrement la façon différente dont nous analysons et vivons les événements. Fondamentalement, c'est une remise en question de nous, adultes, portant sur le passé et sur l'avenir, qui pourrait peut-être mobiliser lentement et jusqu'à un certain point leurs vécus profonds et leurs valeurs.

       Interrogation du passé? Il n'est pas rare qu'un jeune indifférent ait lui-même été perçu comme pas très important et/ou élevé sans trop de sensibilité. Il en est de même pour le raciste du moment, qui a souvent connu des attitudes significatives d'exclusion, où de soi-disant " bons " le positionnaient comme le " mauvais " ; ou alors, c'est toute la culture d'éducation ( familiale, scolaire ) qui a été marquée par l'indifférence, le matérialisme, le mépris des faibles. Est-il inéluctable que tout cela reste immuable ? Ne peut-on vraiment pas, à l'occasion, reconnaître que des erreurs ont été faites ou que des valeurs sont à revoir? Ne peut-on donc jamais évoquer des moments de tensions injustes et demander pardon?

       Et pour l'avenir? Ne peut-on pas, dans des lieux divers, à la maison, à l'école, à l'hôpital, là où l'on est et sans toujours trop s'occuper de ce que font les autres, ne peut-on pas veiller à une grande qualité humaine des relations, entre autres avec ces jeunes-là? Ne peut-on pas leur donner le meilleur de soi-même, ce qui finira par les ouvrir à la réciprocité? Alors, quand un dialogue plus sensible s'engagera, à nous de témoigner de nos valeurs les plus profondes, autour du droit de chaque être humain d'exister dans la dignité.

Face aux enfants excités par le jeu de la guerre.

       Ce sont souvent des enfants plus jeunes qui ne comprennent pas bien les enjeux réels de la situation. Beaucoup d'entre eux ont déjà l'imagination saturée et intoxiquée par trop d'images violentes, celles des jeux vidéo et de la télé, devant lesquelles on les avait laissés trop seuls et trop longtemps. On les y a laissés aussi dans le silence, imprégnés à foison par les dimensions sensationnelles excitantes des images, sans que des dialogues soient menés, par exemple, sur les souffrances qu'elles connotaienr pour leurs victimes.

       Certes, on peut toujours désapprouver la confusion ludique de ces enfants, s'exprimer soi-même, et tenter de les sensibiliser sur le champ aux enjeux réels des événements : certains de ces enfants, plus jeunes, se laisseront guider mentalement pour cette fois, mais sans changement réel de leur structure. Ici aussi, l'heure est à la remise en question de nous, adultes, autour de la qualité de vie relationnelle offerte à ces enfants : l'image subie passivement ne constitue-telle pas trop un exutoire commode pour eux et pour nous ? Bénéficient-ils assez de notre présence à leurs côtés, de dialogues autour des images difficiles ? Et, plus radicalement, osons-nous réglementer les temps d'images et proposer à l'enfant d'autres distractions créatives, et à la famille des projets et autres moments de relation à deux, à trois, ou ensemble?


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Mots clés - Keywords.


MOTS CLES:

guerre, traumatisme psychique.

KEYWORDS :

war, post traumatic stress disorder, child

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- Notes. -


(1). Jean-Yves HAYEZ, psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, coordonnateur de l'équipe SOS Enfants-Famille et responsable de l'Unité de pédopsychiatrie, Cliniques universitaires Saint-Luc, 10, avenue Hippocrate, B-1200 Bruxelles.
* Correspondance et tirés à part.
Adresse Courriel : jyhayez@uclouvain.be ( Jean-Yves Hayez ).
Reçu le 3 octobre 2001; accepté le 5 octobre 2001.

(2). Dans ce texte, les termes " enfants", " mineurs d'âge " ou "jeunes " utilisés sans autre spécification désignent tous les mineurs. Lorsque des spécifications sont nécessaires, nous emploierons les termes " enfants d'âge préscolaire " ( avant l'école primaire ), enfants jeunes ( avant sept-huit ans ), enfants prépubères et adolescents ( à partir de treize-quatorze ans ).

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Création le 27 avril 2003.
Dernière mise à jour le dimanche 02 mai 2010.
Issu d'un tiré-à-part remis par le professeur Jean-Yves Hayez.
DS.ds


 


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... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut.

... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez.





































 

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Félicitations

Ce site a été composé par un bénévole sans aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié du professeur Hayez.

C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.

L'hébergement du site est situé sur lycos depuis le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir pratiqué cette action bénévolement également avec beaucoup de professionnalisme.

Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a été supprimé par Lycos le 15 octobre 2006 pour une raison non expliquée. Nous le regrettons vivement et ceci altère fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.



... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a été retirée par souci de simplicité.







Vérification d'accessibilité

Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et Netscape ( quelques instructions ignorées )

Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP

La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.


Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez


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A PROPOS DES ENFANTS STRESSES ET CHAGRINES
De la place de la parole.
Comment procéder?
Le contenu des paroles échangées.
Encourager l'enfant à se remettre debout, sans précipitation.
Les réassurances directes émanant des adultes.
Se mettre en question en tant qu'adultes.
ET LA MINORITÉ D'ENFANTS QUI RÉAGIT À L'INVERSE?
Face aux jeunes indifférents et/ou aux racistes manichéens.
Face aux enfants excités par le jeu de la guerre.

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* Correspondance et tirés à part.
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Reçu le 3 octobre 2001; accepté le 5 octobre 2001).


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abus sexuel, accompagnement éducatif, adolescents abuseurs, adolescents, allégation d'abus sexuel, angoisse de séparation, angoisse, anxiété, assuétude, autorité parentale, beaux-parents, besoins psychiques des enfants, bizarrerie sexuelle infantile, cadre thérapeutique, confidences, confidentialité, conformisme, culpabilité, debriefing collectif, délinquance, dépendance, dépression, destructivité, deuil compliqué, deuil pathologique, éducation sexuelle, enfant abuseur, enfants, énuresie, éthique, équipes SOS-Enfants, famille, famille reconstituée, Familles restructurées, guerre, identité, infanto-juvénile, intervention de crise, Jean-Yves Hayez, jeux sexuels, livres, mendiants, mort, mort d'un proche, mots-clés, pédopsychiatrie, perversion sexuelle infantile, perversion sexuelle, peur, pornographie, protection, psychiatrie de liaison, psychothérapie, publications, relation de soin, réparations, réseau de santé, sanctions, secrets de famille, séparation parentale, sexualité infantile, sexualité normale, signalement, soins pluridisciplinaires, stress, SOS-enfants, suggestibilité, syndrome de stress post-traumatique, traumatisme psychique, trouble de l'endormissement, trouble du comportement, trouble psychique, urgences, violence, vulnerabilité.